Santé
L'Inde, comme tous les pays du sous-continent indien, est l'un des pays du monde où l'hygiène laisse le plus à désirer. Le niveau d'hygiène d'un pays dépend en effet de deux facteurs principaux :
- le PNB par habitant : il est en Inde environ 50 fois plus faible qu'en France ;
- le climat : de type tropical dans la plus grande partie du sud du pays, particulièrement favorable à la prolifération de germes en tout genre et de leurs vecteurs.
De plus, par philosophie, ou religion, les Indiens n'ont qu'une faible propension à lutter contre les causes les plus évidentes des maladies infectieuses : cadavres d'animaux ou même d'humains abandonnés le long des routes, animaux dans les rues et les habitations, jusqu'aux rats qu'on laisse proliférer, voire que l'on adore dans certains temples... Rien d'étonnant à ce que la peste soit présente dans ce pays à l'état endémique et explose parfois de manière épidémique, comme en 1994.
Autant dire que les précautions « environnementales » les plus strictes doivent être appliquées pour tout séjour en Inde. En toute première priorité, les précautions alimentaires « universelles » doivent être strictement suivies : ne boire aucune eau non contrôlée sauf si elle est désinfectée (Micropur DCCNa®), ou portée à ébullition, ou microflitrée (type Katadyn®) ; proscrire les glaçons et si possible les pailles (à usage répété et simplement rincées avant d'être réutilisées), éviter les légumes crus et les fruits non lavés, non pelés, non cuits, le lait et ses dérivés non industriels et s'abstenir de tout produit qui aurait pu être congelé (car décongelé, recongelé...).
Ces recommandations ne s'appliquent pas pour les restaurants très chic (et très chers) des principales métropoles indiennes, qui sont effectivement aux normes internationales. Restez prudent tout de même en toute occasion.
- Contre le mal des transports, mieux vaut s'équiper avant de partir d'un antinauséeux et antivomissement, à prendre 30 mn avant le départ.
- Barbier : évitez de vous faire raser par l'un de ces nombreux barbiers aux doigts agiles qui œuvrent dans les rues passantes et autour des gares. Car, sans tomber dans la parano, la moindre coupure avec un instrument souillé peut représenter un risque de transmission du virus du sida, de l'hépatite C, de l'hépatite B (mais vous êtes bien sûr vacciné), très répandus en Inde.
Diarrhées
Des médicaments stoppant les diarrhées peuvent être achetés en pharmacie sans ordonnance, avant votre départ.
En cas de diarrhée, deux possibilités :
- elle s'accompagne d'une fièvre élevée et/ou d'émissions de glaires, pus ou sang : il faut consulter rapidement un médecin. Idem s'il s'agit d'émissions type « eau de riz » : ce peut être un choléra, répandu en Inde (mais heureusement rare chez le voyageur) ;
- il s'agit simplement de selles anormalement molles et normalement colorées sans fièvre, une simple « désinfection » intestinale par un antibiotique et un ralentisseur du transit intestinal suffisent.
Paludisme
Rassurez-vous : il n'y en a pas partout et pas tout le temps. Bien noter :
- qu'il n'y a pas de paludisme dans le centre des grandes villes (nous disons bien « centre » !) ;
- qu'il n'y a risque de piqûre contaminante que du coucher au lever du soleil ; si bien qu'il n'y aura de risque que si vous envisagez de dormir en brousse, dans une petite ville ou dans des banlieues et bidonvilles. Bien entendu, le risque en question est encore démultiplié pendant la mousson.
Si vous considérez que votre séjour vous exposera au risque de paludisme, il vous faudra adopter les mesures suivantes ;
- dès le coucher du soleil, ne porter que des vêtements recouvrant le maximum de surface corporelle ; pour les parties qui restent découvertes, utiliser des crèmes, pommades ou sprays répulsifs antimoustiques réellement efficaces (toutes les 4h le plus souvent) ;
- la gamme la plus complète de ces produits antimoustiques, conforme aux recommandations de l'OMS et du ministère de la Santé, est Insect Ecran ; sinon, on trouve sur place un produit très efficace : l'Odomos, une crème qui a en plus l'avantage de sentir plutôt bon (et d'être beaucoup moins chère que les produits européens). Également la gamme Good Knight ;
- ne dormir que sous moustiquaire préimprégnée d'insecticide : ces moustiquaires ne sont pas très faciles à trouver en France. Elles peuvent être achetées par correspondance (ou sur commande dans certaines pharmacies) :
Les précautions contre les moustiques sont d'autant plus utiles qu'elles contribuent à protéger contre les autres maladies qu'ils transmettent, en particulier la dengue (maladie épidémique fréquente qui donne une sorte de grippe très cognée), le chikungunya (qui a touché 1,5 million d'Indiens en 2006), l'encéphalite japonaise (important départ épidémique en Uttar Pradesh à l'automne 2009) ou la redoutable leishmaniose viscérale (kala azar).
- Prendre des médicaments préventifs : on recommande pour l'Inde la Savarine® (un comprimé par jour à commencer la veille de l'arrivée en zone à risque, pendant tout le séjour, et 4 semaines après avoir quitté la zone de transmission). La Malarone®, beaucoup plus cher, est tout aussi efficace.
Si ces mesures sont correctement suivies, le risque de paludisme peut être considéré en pratique comme nul.
Vaccinations
Consulter le paragraphe « Vaccinations » de la rubrique « Avant le départ ».
Dangers et enquiquinements
Le ministère des Affaires étrangères
déconseille formellement de se rendre dans l'État du Jammu-et-Cachemire (à l'exception du Ladakh), ainsi que dans la zone frontalière avec le Pakistan en
raison d'affontements armés.
Par ailleurs, le risque d'attentat n'est pas exclu dans les grandes villes, comme à New Delhi ou à Bangalore.
Drogue
La détention et la consommation de drogue, y compris le haschich, ont toujours été interdites en Inde. La loi NDPS (Narcotic drugs and psychotropic substances) a été renforcée en 2001. Il faut savoir que toute personne inculpée au titre de cette loi est emprisonnée d'office, et, bien que variant d'une région à l'autre, il n'est pas rare que l'attente du jugement atteigne 3 ans ! Petit rappel, pour être bien conscient des risques encourus :
- toute personne détenant de 1 à 100 g de haschich sera susceptible d'une peine de 6 mois à 1 an de prison ferme ;
- de 100 g à 1 kg, la peine varie de 1 à 10 ans ;
- au-delà de 1 kg, la peine peut atteindre de 10 à 20 ans.
Ce n'est pas de la blague ! On a déjà vu, dans les trains, sur les
plages et dans les hôtels, des contrôles du genre « opération
coup-de-poing » ne concernant QUE les étrangers.
Ne jamais accepter une boisson ou un gâteau offert par un inconnu. C'est parfois un excellent moyen de vous droguer pour mieux vous dévaliser.
Administration
En cas de difficulté avec une administration, toujours voir le supérieur le plus haut gradé - les subalternes n'ayant ni responsabilités ni initiatives (d'ailleurs, ils ne désirent pas en prendre !). Soyez ferme, sûr de vous et... patient !
Quelques précautions supplémentaires
- Ne jamais confier de documents officiels à quiconque (on a déjà vu de faux contrôleurs dans les trains). Ayez sur vous une photocopie de votre passeport et de votre visa, et présentez-les toujours en premier lieu... même à la police. N'oubliez pas non plus de faire une photocopie de votre billet d'avion, très utile en cas de perte.
- Évitez d'afficher des signes extérieurs de richesse et de laisser traîner vos affaires sans surveillance (surtout dans les gares et les trains, où les vols sont nombreux). De même, ne confiez pas vos bagages à de prétendus porteurs, ou bien ne les lâchez pas d'une semelle. Mais ça, c'est du bon sens !
- Dans de nombreuses villes, des personnes prétendant appartenir aux offices du tourisme vous attendent à la sortie des gares ou des aéroports, cartes en main (fausses, bien sûr !). Ne pas les suivre. Les véritables employés des offices de tourisme, gouvernementaux ou régionaux, vous les trouverez dans leurs bureaux !
- Il faut souvent insister auprès des conducteurs de rickshaws et de taxis pour vous faire conduire à l'hôtel de votre choix.
- Si l'on vous demande depuis combien de temps vous êtes en ville ou si c'est votre premier voyage en Inde, c'est parfois pour flairer en vous la proie facile. Répondez donc que vous êtes ici depuis plusieurs semaines et que c'est votre 3e voyage, par exemple !
- Enfin, les routardes se méfieront des « Eve teasers », bandes de jeunes qui s'amusent à pincer très fort les étrangères passant à leur portée... Évitez de porter jupes courtes, T-shirts décolletés ou encore pantalons moulants. En revanche, les lunettes de soleil ont le grand avantage de vous rendre inaccessible.