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Traditions Écosse

Châteaux et fantômes

Carte postale de l'Écosse, le château en ruine au bord d'un loch aux eaux troubles a toujours stimulé l'imagination des âmes romantiques. Les Écossais, en gens avisés, ont bien exploité le filon. Ils ont préservé soigneusement chaque pierre, restauré les châteaux les moins délabrés et les ont ouverts à un public plein de respect et d'admiration pour les chères vieilles reliques de l'aristocratie et leurs occupants... fussent-ils fantomatiques.

Les châteaux

Déjà à l'âge du fer, les anciens habitants de l'Écosse ont élevé de mystérieuses tours rondes et creuses, maçonnées de pierres, les « brochs ». On peut en voir aux Shetland et aux Hébrides.
Les châteaux médiévaux écossais se limitaient à de simples donjons défensifs. Il fallut attendre la Renaissance pour voir les seigneurs écossais se préoccuper de décoration et de raffinement. La couronne d'Écosse se permit quelques fantaisies inspirées d'outre-Manche comme à Stirling, Linlithgow et Falkland.
Après la Réforme, où les terres de l'Église furent distribuées, on assista à une prolifération de petits châteaux, toujours inspirés du donjon.
Tout en gardant des formes extérieures inspirées des forteresses médiévales, les demeures de prestige se parèrent de plus en plus d'intérieurs influencés par le classicisme et le style palladien.
Sans parvenir à retrouver la veine du « baronial » du XVIIe siècle, les palais de Scone, Abbotsford, Dalmeny House et Balmoral sous Victoria furent les porte-drapeaux d'un style authentiquement britannique face aux influences continentales.

Les fantômes

Les fantômes naissent au XIXe siècle de la fièvre spéculative et du romantisme ambiant. La présence d'un fantôme dans la demeure s'avère une plus-value pour sa valeur immobilière.

Clans et tartans

Les clans

Le type de relations qui existe entre les Écossais constitue l'un des traits fondamentaux de la société celte. Le clan, bien sûr, en émane directement. Le mot gaélique clann signifie « enfants », « descendance ». Le clan, ce fut d'abord une famille avec le père pour chef. Son fils lui succédait ; de là vinrent les noms de famille commençant par Mac, qui signifie « fils ». Puis les liens parentaux se sont desserrés, et le terme prit une signification beaucoup plus large : appartenaient au clan tous ceux qui reconnaissaient l'autorité de son chef, dont tous les membres de la tribu portaient le nom. Chaque clan revendiquait sa devise en gaélique, en anglais ou parfois en français.

Les tartans

Le particularisme des clans s'est manifesté dans le port du tartan, un tissu écossais dont les motifs et les couleurs varient d'un clan à l'autre. L'obligation de porter le tartan du clan est une invention de la fin du XVIIIe siècle.
À l'origine, les tissus arboraient un dessin très simple à deux ou trois couleurs. Les teintures étaient obtenues à partir de produits naturels ; chaque vallée avait ses produits, donc ses couleurs, et les gens d'une même région portaient souvent des étoffes semblables.  Avec l'apparition des couleurs chimiques, les dessins sont devenus plus élaborés et plus variés.

Cornemuses

Lorsque des centaines de cornemuses attaquent à l'unisson les premières mesures de Scotland the Brave aux championnats mondiaux de cornemuse à Glasgow, c'est le cœur de l'Écosse qui se gonfle de fierté nationale.
Cet instrument fut longtemps mis au ban des réprouvés. Le « Highland bagpipe », assimilé par les Anglais à la révolte jacobite, fut en effet interdit, jusqu'à ce que l'état-major britannique en reconnaisse les vertus entraînantes et guerrières, et l'impose dans tous les régiments écossais.
Art écossais par excellence, la cornemuse est jouée sur deux registres traditionnels : le ceol mor, grande musique écrite pour elle, et le ceol beag, musique légère inspirée des marches, gigues et autres danses populaires.

Filer à l'écossaise

Les moines des grandes abbayes, dès le XIIIe siècle, importèrent de France et des Flandres les techniques du tissage et du filage. Toutes les conditions pour passer de l'artisanat à une activité industrielle florissante étaient réunies : riches pâtures constellées de moutons, rivières aux nombreuses cascades et banquiers entreprenants. Rouet, tricoteur et métier à tisser à vapeur furent les étapes techniques qui firent des Borders une région au développement économique précoce.
Si les tartans sont produits à l'échelle industrielle, les fameux lainages des Shetland, tissés de manière artisanale, reproduisent des motifs traditionnels.
Le tweed est né au début du XIXe siècle, lorsque des tisserands de Jedburgh bousculèrent la tradition des carreaux en introduisant des mouchetures dues à la torsion de fils de couleurs différentes. Des générations entières de gentlemen ont fait du tweed (du nom de la rivière écossaise) le symbole du confort et de l'élégance décontractée. Les mauvaises langues ajoutent que son succès est dû à sa qualité de tissu inusable et donc diablement économique.

Kilt et tradition du costume

Le kilt, qui était à l'origine le costume traditionnel highlandais, est maintenant associé à toute l'Écosse. Le kilt n'est porté que par les hommeset c'est un art. Ils attachent en effet une importance particulière aux accessoires. La bourse, portée sur le devant du kilt, le sporran, est de cuir. Les écussons, les crest badges, aux armoiries du clan, sont arborés avec fierté. Le couteau (Skean Dhu), glissé dans la chaussette, complète la tenue.

Savoir-vivre et coutumes

- Dire qu'un Écossais est anglais. British, passe encore, English non...
- Serrer la main d'un Écossais, sauf quand on le voit pour la première fois, et on lui fait encore moins la bise, surtout si on ne le connaît pas !
- Resquiller dans une file d'attente. Faire la queue est une institution sacrée. Il faut la respecter, bien qu'il soit parfois difficile de savoir où il convient de la faire. On fait la queue pour prendre le bus ou le train, aux guichets des cinémas et des théâtres, mais pas au bar à l'entracte.
- Fumer dans un lieu public, c'est désormais interdit.
- Dans un pub, faire part de ses idées sur le football, surtout après quelques pintes. À chaque équipe sont associées des convictions religieuses. Cela engendre parfois des tensions qu'il est préférable d'éviter. Voir « Religions et croyances ».
- Manquer de diplomatie sur la question du nationalisme. Attendre de mieux connaître son interlocuteur, pour ne pas heurter les sensibilités. Même topo pour l'Europe : bien que l'Écosse y soit plutôt favorable (tant qu'il ne s'agit pas d'agriculture ou de pêche !), la notion est encore lointaine pour certains.



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