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Traditions Écosse

Châteaux et fantômes

Carte postale de l'Écosse, le château en ruine au bord d'un loch aux eaux troubles a toujours stimulé l'imagination des âmes romantiques. Les Écossais, en gens avisés, ont bien exploité le filon. Ils ont préservé soigneusement chaque pierre, restauré les châteaux les moins délabrés et les ont ouverts à un public plein de respect et d'admiration pour les chères vieilles reliques de l'aristocratie et leurs occupants... fussent-ils fantomatiques..

Les châteaux médiévaux écossais sont souvent de simples donjons, dévelopés au cours des siècles, jusqu’à devenir de vrai logis parfois transformés en résidences luxueuses durant la Renaissance. Après la Réforme, se sont multipliés les petits châteaux inspirés des donjons, les tower-houses caractéristiques du style « baronial », typiquement anglais.
Le folklore des fantômes est né au siècle dernier sous l’influence du romantisme ambiant. En réalité, les histoires de fantôme constituent une plus-value immobilière non négligeable pour les chatelains ; d’où la multiplication des demeures hantées.

Pour plus d’informations, procurez-vous les dépliants du National Trust of Scotland ou du Historic Scotland.

Clans et tartans

Les clans

Le type de relations qui existe entre les Écossais constitue l'un des traits fondamentaux de la société celte. Le clan, bien sûr, en émane directement. Le mot gaélique clann signifie « enfants », « descendance ». Le clan, ce fut d'abord une famille avec le père pour chef. Son fils lui succédait ; de là vinrent les noms de famille commençant par Mac, qui signifie « fils ». Puis les liens parentaux se sont desserrés, et le terme prit une signification beaucoup plus large : appartenaient au clan tous ceux qui reconnaissaient l'autorité de son chef, dont tous les membres de la tribu portaient le nom. Chaque clan revendiquait sa devise en gaélique, en anglais ou parfois en français.

Les tartans

Le particularisme des clans s'est manifesté dans le port du tartan, un tissu écossais dont les motifs et les couleurs varient d'un clan à l'autre. L'obligation de porter le tartan du clan est une invention de la fin du XVIIIe s.
À l'origine, les tissus arboraient un dessin très simple à deux ou trois couleurs. Les teintures étaient obtenues à partir de produits naturels ; il va de soi que chaque vallée avait ses produits, donc ses couleurs, et les gens d'une même région portaient souvent des étoffes semblables.  Avec l'apparition des couleurs chimiques, les dessins sont devenus plus élaborés et plus variés. Un registre national du tartan devrait bientôt recenser tous les motifs et attribuer un label aux tartans fabriqués en Écosse.
Notez qu'il existe, aux éditions Collins, un petit guide très bien fait, Clans & Tartans, qui explique à travers les tartans l'histoire d'une centaine de clans (en anglais).

Filer à l'écossaise

Ce sont les moines des grandes abbayes qui, dès le XIIIe s, importèrent de France et des Flandres les techniques du tissage et du filage. Toutes les conditions pour passer de l'artisanat à une activité industrielle florissante étaient réunies : riches pâtures constellées de moutons, rivières aux nombreuses cascades et banquiers entreprenants. Rouet, tricoteur et métier à tisser à vapeur furent les étapes techniques qui firent des Borders une région au développement économique précoce.
Si les tartans sont produits à l'échelle industrielle, les fameux lainages des Shetland, tissés de manière artisanale, reproduisent des motifs traditionnels.
Le tweed est né au début du XIXe s, lorsque des tisserands de Jedburgh bousculèrent la tradition des carreaux en introduisant des mouchetures dues à la torsion de fils de couleurs différentes. Des générations entières de gentlemen ont fait du tweed (du nom de la rivière écossaise) le symbole du confort et de l'élégance décontractée. Les mauvaises langues ajoutent aussitôt que son succès est dû à sa qualité de tissu inusable et donc diablement économique.

Kilt et tradition du costume

Le kilt, qui était à l'origine le costume traditionnel highlandais, soit maintenant associé à toute l'Écosse. Le kilt n'est porté que par les hommes et c'est un art. Ils attachent en effet une importance particulière aux accessoires. La bourse, portée sur le devant du kilt, le sporran, est de cuir. Les écussons, les crest badges, aux armoiries du clan, sont arborés avec fierté. Enfin, le couteau (Skean Dhu), glissé dans la chaussette, complète la tenue.

Gaélique et renaissance celtique

Si les habitants du bord occidental de l'Écosse parlant réellement le gaélique sont bien peu nombreux (à peine 80 000 et moins de 1 000 dont c'est la seule langue), la redécouverte du monde celtique est un fait de société qui ne peut passer inaperçu.

Mais surtout la culture celtique est très vivante grâce à la musique traditionelle. En janvier, à Glasgow, se tient le festival Celtic Connection qui rassemble des artistes venus d'Irlande, de France, d'Espagne, du Canada et des États-Unis. D'innombrables festivals folk fleurissent tout au long de la saison et attirent de plus en plus de monde.

Cornemuses

Le chant puissant des cornemuses symbolise à lui toute seule, la fierté des Ecossais. La cornemuse standard se compose d'un sac en peau de chèvre (bag), de flûtes (pipes) et du « chanter », tuyau sur lequel se joue la mélodie. Les trois tuyaux percés (drones) produisent l'accompagnement et le « blow pipe » permet de souffler dans le sac pour le gonfler à pression constante.

La cornemuse est jouée sur deux registres traditionnels : le ceol mor, grande musique écrite pour elle, et le ceol beag, musique légère inspirée des marches, gigues et autres danses populaires (strathspey et reels). Depuis, des musiciens pop tels Paul McCartney, Mike Oldfield et Rod Steward ont intégré la cornemuse dans des morceaux restés célèbres.
Des concours se déroulent durant les « Northern Meeting Piping Competitions » à Inverness en septembre et à Oban pour les « Argyllshire Gatherings ».

Pubs

Tradition typiquement britannique, le pub est le lieu de rencontre. On y vient entre copains, beaucoup, entre copines aussi, entre collègues le vendredi soir ou tout simplement en famille. Pas question dans un pub de rester isolé. Les clients vous intègrent facilement à leur conversation. On parle de tout et de rien.
Vous ressentirez cette extraordinaire atmosphère de fusion des classes ; là, on laisse son origine sociale au vestiaire. Le pub, en général, offre plusieurs salons dont les différences sont de moins en moins sensibles : public bar, lounge bar, saloon bar, private bar (ce dernier est réservé à un club).
Rappelons que depuis mars 2006, il est interdit de fumer dans tous les lieux publics, pubs y compris.

Savoir-vivre et coutumes

- Dire qu'un Écossais est anglais. British, passe encore, English non...
- Serrer la main d'un Écossais, sauf quand on le voit pour la première fois, et on lui fait encore moins la bise, surtout si on ne le connaît pas, shocking !
- Jeter une vieille boîte de conserve par terre entraîne immédiatement une amende si un agent se trouve à proximité. À payer sur-le-champ. Bien fait !
- Resquiller dans une file d'attente. Faire la queue est une institution sacrée. Il faut la respecter, bien qu'il soit parfois difficile de savoir où il convient de la faire. On fait la queue pour prendre le bus ou le train, aux guichets des cinémas et des théâtres, mais pas au bar à l'entracte.
- Fumer dans un lieu public, c'est désormais interdit.
- Dans un pub, faire part de ses idées sur le football, surtout après quelques pintes. À chaque équipe sont associées des convictions religieuses. Cela engendre parfois des tensions qu'il est préférable d'éviter. Voir « Religions et croyances ».
- Manquer de diplomatie sur la question du nationalisme. Attendre de mieux connaître son interlocuteur, pour ne pas heurter les sensibilités. Même topo pour l'Europe, bien que l'Écosse soit plutôt favorable (tant qu'il ne s'agit pas d'agriculture ou de pêche !), la notion est encore lointaine pour certains.

W-C publics

C'est une institution qui provoque la jalousie du reste du monde civilisé. On en trouve dans tous les lieux publics, à proximité des gares, des marchés, des hôpitaux, des rues commerçantes, etc. Ils sont gratuits, plutôt bien entretenus et souvent parfumés. Ils datent de l'époque victorienne, où les principes de l'hygiène étaient érigés au rang des vertus civiques. Vous n'avez aucune excuse pour uriner au bord de la route, d'autant que cette attitude choquera les Écossais.

Fêtes, festivals et jours fériés

- En janvier, les Écossais organisent la Up-Helly-Aa qui est la fête du feu. Cette manifestation fait appel à un rite très ancien, remontant au temps des Vikings. Elle se déroule aux îles Shetland le dernier mardi du mois de janvier.
- Burns Night : le 25 janvier, célébration du poète national, Robert Burns.
- En mars a lieu le festival folklorique international d'Édimbourg, en l'honneur de la musique et des danses locales.
- En juillet et août, de nombreuses villes organisent les Highland Games ou Highland Gathering. Se reporter à la rubrique « Sports et loisirs ».
- En août, le festival international d'Édimbourg et Military Tattoo.
- En octobre se déroule le festival des Borders, avec des manifestations théâtrales et musicales dans plusieurs villes de la région.
- Bonfire Night : le 5 novembre, commémoration de la tentative de Guy Fawkes en 1605 de brûler le Parlement britannique. Au programme, un bûcher pour Guy Fawkes et feux d'artifice.
- Saint-Andrews Day : le 30 novembre. Andrew est l'équivalent écossais du saint-Patrick irlandais.

- Jours fériés (Bank Holidays) : tout est fermé ces jours-là. Les 1er et 2 janvier ; le vendredi précédant Pâques (Good Friday) ; le premier lundi de mai (May Day) ; le dernier lundi de mai (Spring Bank Holiday) ; le premier lundi d'août (Summer Bank Holiday) ; le 25 décembre, et Boxing Day, le 26 décembre.





 

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