La Colombie est une société multiraciale, issue
du métissage entre les colons espagnols, les Indiens autochtones et les esclaves
africains amenés pour travailler dans les mines aux XVIe et
XVIIe siècles.
Outre les métis et les mulâtres, les descendants
de famille espagnole pure souche sont appelés « criollos » tandis
que les « zambos » sont les gens mêlant sang africain et indigène.
Les Indiens sont aujourd’hui en grande minorité, mais représentent quelque 80 groupes
ethniques différents qui parviennent à préserver leurs traditions, contribuant
à faire de la Colombie une destination des plus intéressantes en termes de population.
Musique et danse
D’un bout à l’autre du territoire colombien s’étend tout un monde musical qui
mêle influences indigènes, africaines et espagnoles.
La musique la plus connue, la cumbia, puise ses racines dans la musique des
esclaves africains de la côte atlantique. Son nom viendrait de « kumb »,
un terme d’Afrique de l’Ouest signifiant « le bruit ». Elle s’est
ensuite mêlée aux mélodies des groupes indigènes locaux. Elle se caractérise
donc par une forte présence des percussions et des rythmes soutenus ponctués
de flûtes et ocarinas. Lizandro Mesa en est le plus fameux représentant. Côté
danse, les pas essentiels de la cumbia dérivent directement des pas des esclaves
dansant avec leurs chaînes et boulets. La cumbia est aujourd’hui la danse nationale,
reine des boîtes latinos aux côtés du merengue et de la salsa avec Joe Arroya
et Yuri Buenaventura comme stars nationales.
Mais la plus grande représentante de la diversité musicale du pays reste la
phénoménale Toto la Momposina, surnommée la « reine du folklore ».
Sa voix rauque accompagne toutes les influences : cumbia, bullerengue,
chalupa, guaracha...
Plus récent, lancinant comme un boléro, mais plus entraînant, le vallenato incarné
par Carlos Vives, reprend les rythmes de sa Caraïbe natale et y ajoute l’accordéon
européen. Le tout dernier rythme à la mode est la champeta, venue de la population
pauvre. Elle se distingue par son débit saccadé, un peu comparable au raggamuffin.
Représentant du genre, on peut par exemple citer Elio Boom, le « diamant
noir des Caraïbes ».
Enfin, la jeunesse est férue de pop avec sa star internationale Shakira. Côté
rock, le groupe Los Aterciopeladios est une valeur sûre à découvrir.
Peinture
La période coloniale s’inspire naturellement des peintures religieuses espagnoles
et on citera comme représentant du genre Gregorio Vasquez de Arce y Ceballos
(1638-1711), dont le Musée d’art colonial de Bogotá possède une importante collection.
Dans les années 1930, les artistes colombiens développent leur propre originalité,
sublimée ensuite par Fernando Botero et ses fameuses madones aux formes volumineuses.
Le célèbre peintre, né à Medellín en 1932, parcourt les musées et galeries
d’Italie, d’Espagne et de France dès ses 18 ans. Il s’installe à Paris
à partir de 1972. Grand admirateur de Toulouse-Lautrec, il définit ses
personnages comme un mélange d’art populaire latino-américain et de peinture
de la Renaissance italienne. Il s’agit pour lui de réintroduire les volumes
dans la peinture contemporaine. C’est aujourd’hui l’un des peintres vivants
les plus exposés dans le monde et la fondation Fernando Botero à Bogotá est
un lieu incontournable.
Quant à la peinture contemporaine, c’est une des plus dynamiques du continent
et les jeunes artistes sont exposés dans de nombreuses villes.
Littérature
Le genre littéraire colombien n’est qu’une ébauche jusqu’au XIXe siècle,
avec les influences hispaniques coloniales, puis les idéaux romantiques hérités
de la culture européenne.
Le poète José Asuncion Silva qui écrit à la toute fin du XIXe siècle
est considéré comme précurseur de la littérature latino-américaine moderne.
Il se réclame d’Edgar Alan Poe et développe une esthétique symbolique colombienne
qui ouvre à Gabriel Garcia Marquez la voie du réalisme magique.
« Gabo » est pour beaucoup le plus grand écrivain du continent. Prix
Nobel de littérature en 1982, il commence sa carrière comme journaliste
avant de signer quelques œuvres cultes dont Cent ans de solitude publié
en 1967, Chronique d’une mort annoncée en 1981, L’Amour
au temps du choléra en 1986...
Son ami Alvaro Mutis est le second auteur colombien le plus réputé
dans le monde. Grand voyageur, il a signé de nombreux récits dont les aventures
de Maqroll el Gaviero.
Pour les autres auteurs traduits en français, signalons Laura Restrepo
avec les romans Le Léopard au soleil et Douce Compagnie, Santiago
Gamboa, Esteban le héros, et bien sûr Fernando Vallejo,
originaire de Medellín, dont le subversif roman autobiographique La Vierge
des tueurs a été adapté au cinéma.
Médias
Presse
Toutes les grandes villes ont leur quotidien dont les plus importants sont
El Tiempo et El Espectador de Bogotá, El Mundo et El
Colombiano de Medellín, El Pais de Cali.
Du côté des news magazine, l’hebdomadaire Cambio, racheté en 1998
par un groupe de journalistes dirigé par Garcia Marquez, est la référence en
matière d’actualité nationale et internationale. Signalons également la subversive
revue culturelle El Malpensante et le mensuel de reportage Gatopardo
créé en 2000 et diffusé dans une grande partie de l’Amérique latine et
Miami.
Radio
La radio est très développée, chaque petite ville
ou presque ayant sa station locale. On compte des centaines de radio FM et grandes
ondes, essentiellement à vocation musicale.
Télévision
La télévision colombienne est née en 1954.
Il y a actuellement 14 chaînes nationales, mais beaucoup d’habitants des grandes
villes reçoivent la télé par satellite. Comme partout en Amérique latine, les
Colombiens suivent essentiellement les télénovelas, le sport et les films américains.