L’Ouzbékistan, au cœur de l’Asie centrale, est un carrefour unique en son genre.
Carrefour des civilisations avec les traces des grands empires : de celui
d’Alexandre le Grand à celui des tsars en passant par ceux de Gengis Khan et
Tamerlan. Carrefour des modes de vie entre les tribus nomades et quelques-unes
des plus anciennes cités sédentaires du monde. Carrefour des religions, à la
croisée des influences bouddhistes, chrétiennes et musulmanes, sans qu’aient
jamais été réellement effacées certaines traditions laissées par le chamanisme
ou le mazdéisme. Carrefour culturel enfin, tout au long de la mythique route
de la soie qui reliait la Chine à l’Occident avant l’avènement des grandes voies
maritimes.
L’Ouzbékistan a gardé trace de chacune de ces facettes, à travers le mode de
vie de sa population et plus de trois mille monuments parmi les plus prestigieux
du monde musulman alors même qu’une nouvelle société apparaissait, faite d’une
mosaïque de peuples, de langages, de traditions, et fruit de l’affrontement
entre l’une des plus grandes idéologies du siècle dernier, le communisme, et
l’Islam.
Après treize ans d’indépendance, le pays profite pleinement des atouts touristiques
légués par le découpage arbitraire des frontières par Staline dans les années 1920
et 1930. Les trois villes légendaires de Samarkand, Boukhara et Khiva drainent
chaque année des dizaines de milliers de touristes avides de placer leurs pas
dans ceux de Marco Polo et de découvrir des monuments historiques illustrant
dix siècles d’architecture musulmane. Une manne financière qui arrive à point
dans un pays en proie à d’immenses difficultés économiques et qui tente de sortir
du système imposé par les Soviétiques durant des décennies.