Le petit pays des Pyrénées, à cheval sur la frontière franco-espagnole, a longtemps fait figure d'exception. Peuplée il y a une cinquantaine d'années, cette montagne opulente, sans une goutte de pétrole, a su pourtant se constituer son propre « or noir ». Car l'Andorre, havre du libéralisme et éden de la consommation, tire sa richesse de son commerce. Devenu tour à tour banquier, promoteur immobilier et commerçant, l'Andorran a récolté les dividendes de son statut de « super duty-free shop » de l'Europe.
Mais le plus visible dans ce micro-État est peut-être aussi l'arbre qui cache la forêt. Dans la tranquille « terre des princes », on ressent la présence des éléments. L'Andorre, c'est avant tout l'ivresse des hauts sommets. Tout commence par une nature qui, chaque hiver, dépose patiemment son tapis d'« or blanc ». Une neige providentielle, qui flotte souvent au-dessus des nuages et élevée au rang de patrimoine.
Puis l' « or vert » vient à la rescousse. À la fonte des neiges, la petite musique des ruisseaux s'enclenche et annonce le temps des premières fleurs perçant la mousse humide. Quand les montagnes déchirent les nuages, une foule de marcheurs débarque sur les sentiers de randonnées.
Figure d’exception, encore, pour son identité. Face à la fière Catalogne, grande gagnante de l’Espagne qui marche, l’Andorre est marquée par un petit complexe d’infériorité. À la fois charnière, verrou et tampon, elle souffre de sa taille lilliputienne.