La batellerie de Loire
Pas possible que ce fleuve, le
plus long de France, jadis axe commercial majeur du pays, ne soit guère
plus qu'un monument historique destiné à « faire beau » et à refroidir
les centrales nucléaires.
Alors que les gestes anciens étaient presque
oubliés, quelques nostalgiques ont donc remis ça au goût du jour. Quelques années ont suffi pour qu'une petite communauté naisse en vue de
redonner vie à cette « rivière de Loire », une soixantaine de beaux
bateaux en bois se donnant aujourd'hui en spectacle de Nantes à Saumur
et de Tours à Gien.
Et pourtant, que de gabares, chalands, sapines,
futreaux et autres coches d'eau il y a un siècle et demi, quand les
bateliers y transportaient les matériaux de construction, le bois, le
charbon, les étoffes, le sel, le foin... mais aussi le vin et des
chansons !
Le long de la Loire, plusieurs occasions de faire une balade à bord d'un bateau traditionnel. Embarquez à Chaumont-sur-Loire, à Châteauneuf-sur-Loire, à Blois, à Amboise (reportez-vous aux chapitres concernés)... Ou assistez à l'un des festivals qui ressuscitent l'âge d'or de la batellerie : le festival de Loire à Orléans, qui a lieu fin septembre (années impaires), Tours sur Loire en été...
Moulins de Beauce
À défaut d'avoir un grand attrait touristique, la Beauce a au moins deux richesses : la qualité de sa terre, propice à la culture céréalière, dont le pain fut chez nous la base de l'alimentation, et le vent. Ça tombait bien, car pour moudre le grain qu'elle produisait à perte de vue il fallait bien des moulins ! Et comme l'eau n'était pas son fort, on opta pour le moulin à vent.
En Beauce - Loiret, Loir-et-Cher, Eure-et-Loir confondus -, le premier des moulins à vent fut, et reste le plus répandu, le moulin-pivot. On le reconnaît à sa tourelle carrée en bois montée sur un socle en dur d'un seul tenant, coiffé d'un chapeau conique. On peut en voir des exemples et les visiter à Chapelon, près de Montargis ou à Ymonville en Eure-et-Loir. Parfois, on rencontre des variantes : au lieu de reposer sur un socle d'un seul tenant, la tour est supportée par quatre ou plusieurs énormes madriers. Les ailes sont composées de deux axes, qui en se croisant forment quatre pales.
Au XIXe siècle le moulin-pivot, assez fragile, est remplacé par le moulin-tour, comme celui d'Artenay au nord d'Orléans. En pierre, ou brique et pierre, il est coiffé d'un toit pivotant sur lequel sont fixées les ailes.
Enfin, on rencontre aussi parfois le moulin-cavier, plus fréquent en Anjou. Contrairement au moulin-pivot, ici le socle est plus élevé, telle une tour conique, qui abrite le mécanisme, et la tourelle en bois réduite à une sorte de cabine pivotante, la hucherolle. Si vous empruntez la route qui longe la rive gauche de la Loire, profitez-en pour visiter celui de Saint-Laurent-Nouan, entre Cléry et Chambord.
Le moulin à eau, quant à lui, n'est possible que près des cours d'eau mais dont la Beauce n'est pas riche.