Les emblèmes et symboles bretons
- Le drapeau : le fameux gwenn ha du (« blanc et noir »). Créé en 1923 par Morvan Marchal, fondateur et militant du mouvement nationaliste
Breizh Atao, il fut déclaré drapeau national breton en 1927. Ses cinq
bandes noires représentent les évêchés de haute Bretagne et ses quatre bandes
blanches les évêchés de basse Bretagne. Le quart gauche est occupé par onze
mouchetures d'hermines. Différentes interprétations accompagnent ce nombre onze
: il rappellerait les onze ducs ou duchesses qui furent à la tête de la Bretagne
ou au nombre de lettres du « slogan » Breizh Dieub (« Bretagne Libre »). En réalité, le nombre de mouchetures d'hermine n'aurait pas de signification.
La tradition veut que l'on porte ce drapeau droit au-dessus de la tête.
- L'hermine : l'hermine est devenue emblème de la Bretagne au
début du XIIe siècle par le mariage d'Alix, héritière du duché de
Bretagne, avec Pierre de Dreux, dit Mauclerc, un duc capétien. En plus de ses
armes, Mauclerc portait en brisure une hermine pour se distinguer des autres
membres de sa famille. Bizarrement, Alix adopta les armes de son mari et non
celles de sa propre famille.
- La triskèle ou le triskell : outre le drapeau, il est avec l'hermine le symbole
le plus répandu en Bretagne. C’est une sorte de croix formée de trois spirales
ou ailes. Ces spirales représentent les trois éléments, l'eau, l'air et le feu.
D'abord utilisé comme motif décoratif par les Celtes, la triskèle fut reprise
à partir de la fin du Moyen Âge dans l'art religieux et dans l'ornement du mobilier
rustique.
- La croix celtique :
symbole essentiel du christianisme, la croix est, en pays celte,
inscrite dans un cercle. On peut assimiler ce dernier au « cercle
druidique » (où se tiennent les rites), mais également au symbolisme de
la roue, très présent dans la tradition celtique. La roue illustre
notamment la notion de temps (pour les Bretons, le temps tourne mais ne
passe pas, et beaucoup d’expressions évoquent cette idée).
Les coiffes et costumes
Ne remontant qu’au XVIe siècle, les origines du costume breton sont relativement récentes. On recense actuellement 66 modes bretonnes, ce qui signifie 66 costumes et coiffes, qui représentaient des communautés aux personnalités différentes (à l’échelle d’un pays ou d’une paroisse). Chaque costume montrait un signe extérieur de richesse. On ne sortait son costume et on ne revêtait la coiffe qu’aux grandes occasions professionnelles ou solennelles.
Les modes vestimentaires paysannes ont ici disparu en 1914, au profit des habits citadins modernes. Les cercles celtiques les ressortent à l’occasion des fêtes bretonnes. C’est à cette occasion que vous pourrez admirer coiffes et costumes. Et si l’image de la bigouden est très répandue, c’est que, outre l’aspect spectaculaire de la coiffe, cette mode a perduré dans le pays bigouden plus longtemps qu’ailleurs.
En tout cas, ne vous attendez pas à croiser des Bretons en costume à tous les coins de rue. Vous aurez peut-être la chance d’en voir dans les festoù-noz, mais c'est rare.
La musique bretonne
Histoire
La musique bretonne est intimement liée à l’histoire de la Bretagne
et de son peuple. Elle a su garder une culture vivace et sa musique se
porte bien. Mais il est difficile de parler d’une seule « musique
bretonne ». On réalise rapidement combien elle est variée. On chantait ainsi différemment à une noce, à une veillée
ou à un fest-noz.
La gwerz, par exemple, est une complainte que l’on chantait le plus souvent a cappella les soirs de veillée. Didactiques à l’époque, les gwerziou sont pour nous aujourd’hui d’extraordinaires témoignages de la vie quotidienne et du légendaire.
La force de la musique bretonne est d'avoir su évoluer dans le temps.
La musique comme l'ensemble de la culture bretonne est un immense métissage,
fait d'apports extérieurs et d'intégration, d'assimilation.
Danses et fest-noz
Les grands classiques sont la gavotte, le plinn et la fisel du
pays des montagnes, l'an dro, l'hanter dro et les laridés du pays
vannetais, sans oublier le kost er c'hoad, la danse Léon, le rond de
Saint-Vincent, de Loudéac, la dérobée de Guingamp et les innombrables variantes.
Arrivées en Bretagne au XIXe siècle pour la plupart, quelques danses
de couple, bien loin de la tradition bretonne, sont néanmoins pratiquées : scottish,
valses, valses écossaises, polkas, champenoises…
La grande révolution s'opère dans les années 60, avec le regain d'intérêt pour
la musique et les instruments traditionnels. L'autre phénomène fondamental est
l'urbanisation du fest-noz.
Ce qui frappe, c'est tout
d'abord le côté collectif et multigénérationnel du fest-noz. C'est ensuite son
caractère gai et vivant. On danse en chaîne, ouverte ou fermée, soudés les uns
aux autres pour que l'énergie de chacun se transmette au voisin.
Les langues bretonnes
Il y a le breton à l'ouest, le gallo à l'est. Aux origines de
la Bretagne, on trouve des colonies d'émigrants bretons, venus de Grande-Bretagne
au Ve siècle. Comme le gallois et le cornique, le breton est issu
du brittonique, lui-même rameau historique du celtique. C'est du Ve
au IXe siècle, époque du vieux breton, que datent la toponymie et
les patronymes d'aujourd'hui.
On pouvait aussi s'exprimer en gallo (gallec : l'étranger = le Français
en breton) qui, comme le francien, le picard ou le normand, est une langue romane
dérivant du latin populaire, un riche rameau de l'ancien parler d'oïl. Le breton
serait ainsi une langue d'importation par rapport au gallo.
Depuis la IIIe République, les instituteurs imposant le français
partout, le breton et le gallo reculent simultanément en effectif et en
aires d’influence. Il existe maintenant un breton standard utilisé dans
l'enseignement de la maternelle à l'universiité sur l'ensemble de la
Bretagne.
Les pardons
Aucune terre d'Europe ne possède autant de monuments religieux que la Bretagne.
On édifia des églises, on sculpta des calvaires et des croix. C'est de ce fonds
religieux, transmis depuis des siècles, que les pardons découlent naturellement.
Leur but : rendre hommage annuellement et collectivement au saint local. Chaque
paroisse a le sanctuaire de son éponyme, parfois plusieurs, disséminés dans
la campagne, au hasard des chapelles. Aussi les pardons sont-ils nombreux et
variés.
Les sports traditionnels bretons
- Le gouren : la lutte bretonne.
- L'essieu de charrette : il s'agit d'un essieu de charrette légère
ou de char à bancs, d'arbre carré de section et d'un poids d'environ 47 kg.
Il est présenté sur deux rondins ou deux pierres de même épaisseur, entre lesquels
se tient l'athlète. Le jeu consiste à lever l'essieu à bout de bras au-dessus
de la tête, le plus grand nombre de fois possible en 2 min. Entre chaque lever,
l'athlète doit obligatoirement reposer l'essieu sur les rondins sans le lâcher
des mains.
- Le lancer de la pierre lourde : c'est en réalité un poids de meunier
de 20 kg. Le lanceur dispose d'un élan de 2,13 m et il peut lancer à une ou
deux mains, mais sans se servir de l'anneau. Chaque concurrent a droit à trois
essais mais ne doit pas mordre sur la marque qui lui est imposée.
- Le bâton de bouillie : le jeu se pratique entre deux adversaires
qui s'affrontent selon un tirage au sort préalable. Le bâton est une pièce de
bois de 50 à 60 cm de longueur, de section cylindrique. La planche est fixée
de chant sur le sol, elle a 2 m de longueur, 20 cm de hauteur. Les joueurs sont
assis par terre, face à face, de part et d'autre de la planche, les pieds à
plat contre elle. Une partie se fait en deux manches, plus éventuellement la
belle. Le vainqueur est celui qui fait passer la planche à son adversaire ou
qui lui fait lâcher le bâton. Rien ne vaut la pratique pour une meilleure compréhension.
- Le lever de la perche : elle est d'acier éprouvé, cylindrique et
d'une longueur de 6 m, munie d'un curseur de 23 cm. Le jeu consiste à lever
la perche à la verticale et à la maintenir dans cette position pendant au moins
3 secondes afin que le bas bout pénètre légèrement dans le sol. Une fois ce
bas bout au sol, l'essai est terminé, le joueur se saisit de la perche et la
pose à terre. Chaque concurrent a droit à trois essais par point fixe du curseur.
Ce curseur est déplacé d'une distance appréciée par l'arbitre après chaque essai
réussi.
- Le tir à la corde : d'une longueur de 25 à 32 m, d'un diamètre
de 45 mm. Un témoin central : un ruban jaune de 30 cm et deux témoins latéraux
situés chacun à 3,50 m de part et d'autre du témoin central. Il y a deux équipes
de 6 tireurs chacune plus un hisseur et un remplaçant. Le hisseur ne peut jamais
toucher la corde pendant le jeu ni servir de remplaçant. Le remplacement d'un
tireur se fait au cours d'un match mais jamais pendant un tiré. Les tireurs
sont pieds nus, il leur est interdit de tirer couché ou assis ; si quelqu'un
tombe, il doit lâcher la corde et se relever avant de la reprendre. Le fait
de creuser des trous dans le sol ou de marquer celui-ci à coups de talon disqualifie.
Par ailleurs, le dernier tireur n'est pas autorisé à s'enrouler la corde autour
du corps.
- Le relais avec charge de 50 kg : chaque équipe comprend 6 hommes sans
remplaçant et chaque concurrent parcourt 120 m avant de transmettre le sac de
50 kg à son équipier. La charge doit être remise derrière le piquet de départ,
et tout sac tombé à terre doit être relevé par le coureur sans aucune aide.
Les concurrents franchissent leur obstacle dans leur couloir, et le fait de
jeter la charge n'importe où et n'importe comment disqualifie. Elle doit être
posée debout, au lieu indiqué.