Spécialités culinaires
L'art et l'argent faisant, malgré tout, bon ménage, la prodigalité des vacanciers
permet à certains grands chefs de parer la cuisine locale d'un vernis de raffinement.
Mais ces petits sommets gourmands jouxtent des abîmes insondables, si l'on fréquente
trop les stations de ski. On ne peut pas demander à des montagnards de dresser
partout la table de Lucullus ! Outre les quelques produits fournis par l'altitude
(génépi, gentiane...), les Alpes se contentent de produire de la crème et des
fromages, du porc et des poissons, des pommes de terre et des fruits. Les Savoyards
accommodent du mieux qu'ils peuvent ces maigres trésors, en empruntant à Lyon
(quenelles), à la Suisse (fondue) et à l'Italie (l’omniprésente polenta)...
Cela suffit à réjouir les estomacs fourbus - et même à les lester, si grand
qu'ait été l'effort de la journée, de quelques kilos supplémentaires... Voici
les grands moments de ces robustes fêtes.
- Viande : presque toujours consommée salée ou fumée... Le
cochon, appelé « caïon » en Savoie et en Dauphiné, est décliné sous toutes ses
formes : atriaux , sang de caîon et une infinité de saucisses. Ne pas manquer
le jambon cru local et le délicieux poulet aux écrevisses.
- Poisson : friandise inattendue dans ces montagnes, il constitue
une agréable alternative au fromage. Au bord du Léman ou du Bourget, il faut
goûter le féra ou les perches au vin.
- Plats de résistance : quelques bonnes recettes, comme le lièvre « à la royale » du cru ou le veau aux marrons, offrent une alternative à l'inusable
pomme de terre, localement désignée sous mille noms dérivés de « tartufe » :
trafola, tiffère, etc...
- Gratins : on connaît le célèbre gratin dauphinois, composé de
couches de pommes de terre émincées, cuites au four avec du lait et de la crème
fraîche. La variante savoyarde utilise du bouillon et du fromage râpé. Plus
au sud, gratins de courges, de cardons à la crème, de pâtes fraîches (toujours
à la crème bien sûr).
- Fromages : dans le club des meilleurs dérivés du gruyère, le
beaufort talonne le comté franc-comtois. Excellents fromages de chèvre, chevrotins
des Aravis, picodons et autres pélardons. Populaire, la tomme de Savoie, et
sa cousine plus rustique, la tome des Bauges. Mais le meilleur fromage de Savoie
n'est-il pas le reblochon, onctueux, adouci par de fréquents lavages ? Et que
dire des fameux fromages de l'Isère : le saint-marcellin dont l'affinage demeure
encore le secret de quelques fromagers, le bleu de Vercors-Sassenage à la belle
pâte persillée...
- Fondues & Co : empruntées à la Suisse, la raclette, la fondue
et les croûtes (coulée de fromage sur tranche de pain) sont devenues de grands
classiques savoyards.
- Pâtes et feuilletés : pâtes fraîches, dont les ravioles, fréquemment
servies en raison de l'influence italienne dans toutes les Alpes.
Quant aux feuilletés, ils réservent bien des surprises. Jadis, ils servaient
de fourre-tout aux restants de viandes ou de légumes. Le feuilleté aux morilles
est le plus célèbre.
- Tartes salées et sucrées : tout est prétexte à la tarte.
Le jambon, les pommes de terre, les courges, et bien sûr le fromage blanc, les
fraises, les framboises, les myrtilles, les noix.
- Desserts : à l'ombre du fantastique gâteau de Savoie, pâte mousseuse
et légère, prospèrent toutes sortes de friandises : rézules (rissoles) de poire,
riame (brioche en anneau) et la version sucrée du célèbre matafan...
Vins et alcools
Depuis que certains bistrots à vin les servent à Paris, les vins de Savoie ne se contentent plus d'abreuver les fiestas d'après-ski. Issus de cépages locaux, ce sont en majorité des blancs, toujours secs et même un rien pétillants, soit 22 crus regroupés en 4 AOC. Le vin est tantôt désigné par son cépage, tantôt par le lieu de production, tantôt par la méthode de vinification.
L'AOC roussette de Savoie regroupe 4 vins blancs. Viennent ensuite le crépy et le seyssel. Restent tous les autres, vendus sous l'appellation générique « Vins de Savoie », parmi lesquels le succulent chignin-bergeron, le rare château Ripaille, l'original abyme, le sympathique marin, l'apremont, le chignin, le pétillant de Savoie, etc. Sans oublier quelques vins rouges (et rosés) de Savoie, de gamay et de pinot.
Mais les vins de l'« Y » grenoblois ont aussi leurs amateurs ! Les vins de pays des Balmes dauphinoises commencent eux aussi à faire parler d'eux. Après tout ça, vous saisirez l'occasion de redécouvrir le vermouth de pépé - spécialité de Chambéry -, un vin doux macéré de multiples aromates. Et pour finir, essayez quelques eaux-de-vie : framboise, mûre, gentiane, un marc de Savoie ou une chartreuse. À moins que vous ne préfériez un génépi (liqueur de plante, l'armoise mutelline).
- Comité interprofessionnel des vins de Savoie : 3, rue du Château, 73000 Chambéry. Tél. : 04-79-33-44-16. Internet : www.chez.com/vinsavoie. Pour obtenir la liste des producteurs et toute la documentation nécessaire.