Copán, un trésor maya au Honduras

Copán, un trésor maya au Honduras
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À seulement 14 km de la frontière avec le Guatemala, Copán, situé au Honduras, est l’un des plus beaux sites archéologiques d’Amérique centrale. Surnommé « l’Alexandrie maya » ou « l’Athènes du Nouveau Monde », il forme un complément indispensable à la visite de Tikal et du pays Maya guatémaltèque. Une incursion hautement recommandable, à faire en une journée au moins, au Honduras.

Copán ou « l’Alexandrie maya »

Copán ou « l’Alexandrie maya »
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Si vous êtes amateur de vieilles pierres et d’archéologie, il serait vraiment dommage de louper le site maya de Copán, au Honduras. Situé à l’est de la capitale, à seulement 14 km de la frontière avec le Guatemala, Copán forme un excellent complément à un voyage en terre maya au Guatemala voisin.

Pas besoin de visa, mais on vous ponctionnera bien sûr une petite taxe à la sortie et puis une autre à l’entrée, histoire de faire marcher le tiroir-caisse. Pour le change, pas de souci, les cow-boys honduriens, avec leurs chapeaux ad-hoc, agitent des liasses de billets dès la frontière afin de changer vos quetzales ou vos dollars en lempiras. Cela dit, si on se contente d’un aller-retour, on peut payer partout en quetzales… Croyez-nous, ça vaut le voyage !

Situé à l’extrême sud du monde maya, le site de Copán est surnommé « l’Alexandrie maya » ou « l’Athènes du Nouveau Monde » par les archéologues. Que ceux qui ont déjà vu Tikal se rassurent, ce n’est absolument pas la copie conforme, au contraire, plutôt un complément indispensable.

Ici, pas de pyramides vertigineuses, mais un ensemble de 16 structures truffées de stèles, toutes sculptées avec une finesse exceptionnelle et inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco. Les historiens pensent que Copán fut d’abord exploité par les Olmèques pour ses gisements de jade.

Mais ce sont les Mayas, grands observateurs du ciel devant l’Éternel, qui transformèrent le site, c’est le cas de le dire, en un véritable laboratoire astronomique à ciel ouvert.

L’âge d’or du Jaguar qui fume et de Dix-Huit Lapins

L’âge d’or du Jaguar qui fume et de Dix-Huit Lapins
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Aux 7e-8e siècles après J.-C., ces rois mayas, obsédés par le temps qui passe, avaient les moyens d’entretenir des astronomes de haute volée. Ceux de Copán furent les premiers à évaluer la durée d’un cycle lunaire, parvenant au résultat de 29,53020 jours. Les astrophysiciens d’aujourd’hui sont arrivés à un chiffre de 29,53059 jours. C’est vous dire le degré de précision…

Ces inventeurs de l’agenda sur pierre pratiquaient aussi le culte de la stèle, chacune représentant une tranche de 20 années, unité de temps fondamentale dans le calendrier maya. Tous les 20 ans, ils en érigeaient donc une nouvelle en l’honneur de la période achevée, sur laquelle figurait la représentation d’un dirigeant ou d’un prêtre avec, au dos, la date d’érection.

D’où la profusion de stèles sur le site de Copán, protégé il est vrai par le climat chaud et sec de la région, contrairement au nord du Guatemala, très humide. Ceci explique donc leur excellent niveau de conservation.

Arrivé sur Gran Plaza, la place principale, vous en découvrirez une dizaine, toutes sculptées dans le tuf volcanique et orientées est-ouest pour bénéficier le plus longtemps possible de la lumière du soleil.

La plupart représente le roi Dix-Huit Lapins sous diverses formes divines, sculpté de face et tenant dans ses mains une barre-serpent cérémonielle. La stèle B, superbe et intrigante, dépeint le souverain en exécutant de Chac, le Dieu de la pluie, comme sortant de la gueule d’un monstre et d’un entrelacs de plantes qui vont le transformer en homme de maïs.

La chute de l’empire Maya

La chute de l’empire Maya
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Alors comment expliquer la chute du monde maya au sommet de sa puissance, entre les 8e et 10e siècles ? Les hypothèses ne manquent pas et semblent plutôt s’additionner que se soustraire.

On parle dorénavant d’une conjonction de problèmes : catastrophes naturelles, croissance démographique incontrôlable, déforestation, guerres…

Toutefois, une hypothèse spectaculaire envisage que les Mayas aient achevé un cycle devant se terminer par la destruction du monde précédent. Ainsi, tout le monde aurait pris la fuite, un peu comme en 2012, lorsque certains annoncèrent la fin du monde... Mais pourquoi les Mayas ne sont-ils pas revenus ? Mystère. 

Pour finir, une anecdote hallucinante. On ne redécouvrit les ruines de Copán qu’au 19e siècle, lorsqu’un explorateur nord-américain du nom de John Lloyd Stephens parvint à racheter le site pour la somme de… 50 dollars. Une bonne affaire, non ?

Ayant beaucoup voyagé au Moyen-Orient, Stephens ne voulait pas croire que les Mayas avaient édifié la cité. À l’époque, on cherchait encore du côté de l’Inde, de l’Égypte et d’Israël… Bref, un peuple encore plus ancien et plus ésotérique.

De plus, le bonhomme voulait démonter les ruines pierre par pierre pour les acheminer par bateau dans les musées de son pays d’origine ! Heureusement, il n’en eut pas le loisir. Si ça peut le consoler, ses ouvrages, qui se vendaient comme des petits pains, inspirèrent grandement un autre écrivain : Edgar Allan Poe, le maître du fantastique.

Fiche pratique

Consulter notre guide en ligne Honduras

Lire également notre reportage sur le Guatemala

Comment y aller ?

En bus depuis Chiquimula, pas de bus direct, et arrêt obligatoire à El Florido, sur la frontière Guatamala-Honduras.

Plus simplement, des agences de voyages et beaucoup d’hôtels-restos à Copán proposent quasiment au même tarif des liaisons en minibus avec la plupart des villes guatémaltèques. Compagnies : agence CAT ou Hedman Alas.

Où dormir ? Où manger ? à l’hôtel Yaragua, la Casa de Café ou encore au superbe Terramaya. Bon resto à la Casa de Todo.

Trouvez et réservez votre hôtel à Copán.

Texte : Fabrice de Lestang

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