Angleterre : Brighton, la reine des stations balnéaires

31 juillet 2025

Que voir, que faire à Brighton, à 1 h 20 de train de Londres ?
Envie d’ajouter une escapade balnéaire à un séjour à Londres ? Direction Brighton ! Seulement 1 h 20 de train sépare la capitale britannique de l’extravagante station du comté de Sussex.
Devenu Brighton & Hove en fusionnant avec la bourgade voisine, cet ancien village de pêcheurs connaît ses premiers émois touristiques au XIXe siècle : le prince de Galles, futur George IV y fait ériger un Pavillon royal des plus exotiques ; s’y ancre le train avant de devenir ville de curistes.
Aujourd’hui, c’est une destination en vogue, notamment grâce à sa dynamique communauté gay.
Blindée de festivals, fourmillant de bonnes adresses, London-By-The-Sea – son surnom – a conservé une ambiance bonne enfant, un délicieux parfum d’antan entre sa jetée plus que centenaire et son architecture préservée.
Le Pavillon royal de Brighton : merveille d’excentricité

C’est le joyau extravagant de Brighton. Sa construction débute en 1787 pour le prince de Galles, qui put enfin l’utiliser une fois devenu le roi George IV à son achèvement en 1820. Résidence royale donc, désormais classée monument historique, il offre au regard un flamboyant style indo-sarrasin.
Tout en minarets et dômes tarabustés, l’œuvre de l'architecte John Nash a également hébergé Guillaume IV et la reine Victoria qui, lui préférant une maison sur l’île de Wight, le revend à la ville en 1849 en emportant meubles et objets d’art. Un temps transformé en hôpital pour les soldats indiens durant la Première Guerre mondiale, laissé à l’abandon, il subit plusieurs restaurations d’importance.

Si l’extérieur éblouit par son excentricité, que dire des intérieurs tout en tentures soyeuses, lustres dégoulinant de pampilles, œuvres d’art précieuses, mêlant éléments d’origine et reproductions.
C’est au même architecte que l’on doit les jardins, réaménagés comme à l’époque. Des jardins à l’anglaise qui hébergent, entre autres, une collection unique d’ormes. Dès que le soleil pointe, nombreux sont les habitants qui viennent y flâner et y pique-niquer.
Adjacent au palais, le musée et galerie d'art de Brighton présente des collections du XVIIe siècle à nos jours et vante des expos permanentes ou temporaires originales, notamment celle en collaborations avec les communautés LGBTIQ+ de la ville.
Le front de mer, de Brighton à Hove

On commence par Brighton Pier, peut-être la jetée la plus célèbre d’Angleterre. Construite en 1899, dotée d’une fête foraine délicieusement désuète, elle connut maints incendies et tempêtes mais résiste toujours. Des odeurs de barbe à papa et de fish and chips, l’ambiance est familiale.
Bien qu’un peu chère (18,50 £/21,30 €), Brighton i360 est appréciée des enfants : depuis la capsule qui vous hisse à 138 m, le panorama découvre Brighton, les South Downs et jusqu’à l’île de Wight.
En dessous, les vestiges de West Pier, la jetée érigée en 1866, rouillent doucement sous le roulis des vagues. Détruite en 2003, son squelette se pare d’une scintillante nostalgie au soleil couchant.

On poursuit la balade sur la plage de galets jusqu’à Hove, rattachée à Brighton en 1997. Hove, c’est un peu la discrète grande sœur. Aristo aussi, avec Brunswick Town, longue rangée de maisons Regency face à la mer, œuvre de l’architecte Charles Busby.
Tout aussi iconiques, les Brighton Beach Huts, cabanes de plage en bois début XXe siècle, s’alignent telle une armée aussi géométrique que bariolée – seule la couleur de la porte est choisie par le propriétaire.
On vient y déposer ses affaires, se mettre en maillot, garder les bières au frais. Enfin, à l’extrémité, on aperçoit les villas de Western Esplanade, surnommée Millionaire’s Row en raison des célébrités qui y vécurent, de Fatboy Slim à Adèle en passant par Paul McCartney.
Au n° 33 Palmeira Mansions, une maison érigée en 1889 pour un original. Vitraux, portes d’acajou sculpté, cimaises en marbre, plafonds outrageusement peints et mobilier opulent se laissent admirer certains jours en visite guidée.
Kempton, le gay Brighton

À l’est de la ville, Kempton étonne. D’abord par son architecture, finalement très classique. Il y eut le Royal Crescent, fin XVIIIe, puis au XIXe siècle, Thomas Read Kemp, un promoteur, engage les architectes Charles Busby et Amon Wilds pour construire un ensemble de maisons, toujours de style Regency. Il faudra attendre les années 1930 pour que le quartier prenne réellement son envol.
Après l’animation de North Laine, on s’attendait à un Kempton déjanté : le quartier gay brille par sa tranquillité. Fief des activistes et des artistes, des webdesigners et des musiciens, on y salue ses voisins, en promenant son chien. Quelques devantures flashy, un ou deux drapeaux arc-en-ciel, et l’on se prend à flâner dans St James et St Georges, les artères principales.

Louvoyer dans les rues latérales vaut aussi le coup : on débusque une bonne affaire dans l’un des nombreux Charity ; on s’arrête devant le mausolée indo-sarrasin d’un homme politique du XIXe siècle ; on passe devant le Marlborough, pub et théâtre historique de la communauté LGBTIQ+.
Invariablement, on redescend vers la mer. Depuis 2023, Sea Lanes offre 50 m d’un bassin chauffé… à 19 °C. Ne reste plus qu’à se réchauffer dans l’un des bars de plage.
Visez le chemin de fer qui longe la plage, le premier électrifié du pays installé par Magnus Volk, un entrepreneur local. L’été, on l’emprunte pour aller au bout de Madeira Drive, jusqu’au Volks Club, un lieu musical et événementiel, festif le week-end.
North Laine et The Lanes, le cœur vibrant historique

On dégringole de la gare pour rejoindre North Laine, un maillage de twittens, des venelles très étroites bordées de cottages comme Trafalgar Terrace, et de rues colorées bardées de commerces.
Repaires d’art et d’artisanat, de tatoueurs et de disquaires, de boutiques de fringues vintage ou avant-gardistes : pas de doute, le quartier bouge ! Les pubs classiques snobent les cafés douillets, les restaurants rivalisent pour offrir toutes les cuisines du monde. Amusant : ici, presque tout est veggie et dog friendly !

Puis on s’enfonce dans le lacis de ruelles pavées des Lanes, dont certaines remontent au XVIe siècle. Des maisons décorées de galets qui hébergent bijouteries, restos bistronomiques et pubs parmi les plus anciens de Brighton.
Une ode à la photographie, à commencer par les nombreuses fresques qui habillent parfois un mur entier. La plus connue ? Kissing Coppers, le pochoir de Banksy créée en 2004 représentant deux policiers s’embrassant goulûment, dont on admire toujours la copie sur la façade du pub Prince Albert, rue Trafalgar.
Vous aimez chiner ? Chaque samedi matin un petit marché aux puces s’installe dans Upper Gardner Street : quelques meubles, beaucoup de vêtements, neufs ou d’occasion et 50 stands dans le North Laine Bazaar.
Seven Dials, Preston et Hove : Brighton hors des sentiers battus

À l’origine, la colline de Seven Dials n’était que champs et moulins à vent, quelques briqueteries aussi. L’arrivée du chemin de fer et des touristes au XIXe siècle change la donne. « Seven », comme les sept artères qui partent d’un gros rond-point. Un carrefour un peu popu puis on s’enfonce dans les rues adjacentes, plus résidentielles, où s’invitent de jolies boutiques.
Coquettes aussi les villas Regency de Clifton Terrace avec leurs volets battants, leur auvent de cuivre. Deux cabines téléphoniques au rouge éclatant, converties en micro-galerie d’art, Dog and Bone Gallery par une artiste locale Sam Toft ; photos, tableaux, installations : jetez un œil à l‘intérieur.

Autre quartier à découvrir : Preston, rattaché en 1928 à Brighton, à 20 minutes en bus. Le plus grand parc de la ville y a été aménagé à la fin du XIXe siècle : 26 ha de verdure, un lac, des cafés et même un bois. Paisible à souhait, sauf lorsque, fin août, la Brigthon Pride termine son défilé ici, envahissant les pelouses le temps d’un week-end survolté, tout en concerts et spectacles.
Derrière la façade georgienne du manoir éponyme, un décorum édouardien et une réputation de maison hantée. Dans un recoin, un drôle de cimetière : il accueille les tombes d’animaux de la famille ainsi que George, le chat blanc et noir, hôte du Pavillon royal entre 1965 et 1980.
Dans Preston Road, repérez cette façade baroque, avec sa paire de jambes qui dépasse du toit : c’est Duke of York's Picturehouse, le plus ancien cinéma encore en activité d’Angleterre, inauguré en 1910.
Le parc national des South Downs : falaises et vallées

N’hésitez pas à louer une voiture pour un ou deux jours. D’abord pour filer à l’est, à 30 minutes de Brighton, aux Seven Sisters, sept falaises de calcaire blanc, comme autant de sœurs alignées le long de la côte.
On peut se contenter de jolis points de vue en grimpant un peu ou marcher la journée pour une randonnée très accessible, 100 % iodée.
Parmi les sentiers, celui qui longe les anciens cottages des garde-côtes (équivalent de nos chemins des douaniers) délivre les plus beaux panoramas.
Le site fait partie du parc national de South Downs : 1 500 km² également recouverts de landes, de forêts et d’innombrables collines dévalant l’échancrure de vallées. On y accède en 20 minutes du nord de Brighton, à partir de Devil’s Dyke : bucolique en diable !
Pour un verre sur la terrasse ou un copieux fish and chips, The Devil's Dyke, un pub avec vue sur les collines, s’avère une très chouette halte. Et la limonade maison est délicieuse.
Fiche pratique
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Comment y aller ?
Le plus rapide et le plus écolo : en Eurostar de Paris (2 h 15) ou Lille (1 h 20). À partir de 88 € et gratuits pour les moins de 4 ans. En version luxe, Eurostar Premier facilite le parcours et sert un repas à votre place. À la gare de St Pancras, des trains partent presque tous les quarts d’heure pour Brighton.
Où dormir ? Où manger ?
– Hotel du Vin : 2, Ship Street. À partir de 113 £. À deux pas de la mer, 49 chambres et suites confortables dans une demeure victorienne, toutes différentes en taille et en déco. Pas d’ascenseur mais 3 étages seulement. L’accueil est adorable, le service impeccable. Si vous déclinez le ménage les 2 premiers jours, un verre est offert au bar.
– Shelter Hall : Kings Road Arches. Plat 10-23 £. Installé sur la plage, ce bâtiment victorien abrite un food court : à vous pizzas, hamburgers, tacos, currys, sushis... Grandes tablées au rez-de-chaussée, plus d’intimité à l’étage et pour l’animation, direction la terrasse.
– Permit Room : 32, East Street. Plat 12,5-18 £. Dans le Bombay de la prohibition des années 1950, une permit room désignait un établissement autorisé à vendre de l’alcool. Pas besoin de permis ici pour choisir cocktails, bières ou verres de vin. Dans une déco léchée, de copieux plats indiens – certains relevés.
– Lost in the Lanes : 10, Nile Street. Plat 6-25 £. Planqué dans une ruelle, on y goûte une cuisine bistronomique. Le concept ? Tout partager, de l’entrée au dessert. Amusantes moules au pop-corn – un peu trop salé –, délicieux effiloché de bœuf aux gnocchis et pommes de terre à la truffe à tomber.
Trouvez votre hôtel à Brighton
Où sortir ?
– Bulldog Bar : 31, St Jame’s Street Mews, Kempton. Voici le plus ancien bar gay de Brighton, mais la chaleur de l’accueil n’a pas changé. DJ sets live, karaoké, choisissez votre soirée.
– The Actors : 4, Prince’s Street, Kemptown. Un pub cosy au rez-de-chaussée, surmonté d’un petit théâtre. Du drag, de l’impro, de la musique, des ateliers : on pioche parmi les nombreux événements.
– Revenge : 32-34, Old Steine, Kempton. À partir de 3 £ l’entrée. Sur 3 niveaux et une terrasse sur le toit, c’est la boîte et salle de concert LGBTIQ+. Elle est assortie d’un bar, le R-Bar, avec soirées karaoke, compét de drag-queens et autres joyeusetés.
– Beach Box Sauna Spa : 285, Madeira Drive. À partir de 12,50 £ les 45 min de sauna. Cinq anciens boxes à chevaux transformés en saunas avec vue sur la mer. Une baignoire remplie de glace pour les plus courageux et, à tester en groupe, le fouettage de feuilles.
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