Piran, une perle de l’Adriatique en Slovénie

Florent Oumehdi
par Florent Oumehdi

22 juillet 2025

Piran
© kasto - stock.adobe.com

Que voir, que faire à Piran en Slovénie ?

La Slovénie a beau n’avoir que 47 km de côtes, elle a su cajoler son accès sur l’Adriatique, coincé entre l’Italie et la Croatie. Il y a, du nord au sud, Koper, Izola et surtout Piran, à 1 h 15 de voiture de Ljubljana, qui attire chaque année des milliers de touristes.

La ville, sous la coupe vénitienne pendant cinq siècles, recèle de charmes, de ruelles sinueuses, d’anciennes maisons au passé romantique, à admirer au fil des rues d’un centre-ville préservé. 

Cité grecque puis romaine (Piranon) réputée pour son sel (les marais salants de Sečovlje, 750 ha), elle a été conquise par Venise au XIIIe siècle et s’y est fort bien accoutumée, lui témoignant une loyauté sans faille. Tant et si bien que la Sérénissime couvera cette nouvelle venue, quasi autonome, pendant près de cinq siècles, lui donnant son visage actuel. Un visage gothico-vénitien qui ne laissera personne de marbre.

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La place Tartini, cœur de Piran

Place Tartini - Piran
Place Tartini © Kennymax - stock.adobe.com

Il est là, le cœur vibrant de Piran. Une place plus ou moins ovale qui s’ouvre sur le petit port de la ville, qui, longtemps, a pris ses aises jusqu’ici avant que la darse ne soit comblée à la fin du XIXe siècle (1894). Tartinijev trg (en slovène) se sertissait alors de ses plus fiers monuments : l’hôtel de ville et le palais de justice.

Aujourd’hui, tous les chemins de Piran mènent à elle. On ne saurait trop vous conseiller d’y prendre un verre en soirée, lorsque les pierres pastel se couvrent d’ambre, sous le patronage de l’église Saint-Pierre et de la claire Benecanka (possibilité d’y dormir), une maison vénitienne du XVe siècle, profuse en balcons.

Statue Giuseppe Tartini - Piran
Statue Giuseppe Tartini © malajscy - stock.adobe.com

Elle aurait, en effet, été construite par un riche marchand vénitien par amour d’une jeune Piranaise. Une idylle fort commentée à l’époque qui lui fit rajouter sur la façade « Lasa pur dir » (« Laisse-les dire »). Mais ce joli-cœur n’est pas le grand monsieur du lieu.

Non, le vrai gardien en est le compositeur Giuseppe Tartini (1692-1770), l’enfant du pays, pas avare en concertos et sonates pour violon et qui lui a donné son nom. Il a même droit à sa statue de bronze (par le sculpteur vénitien Antonio Dal Zotto) au cas où l’hommage ne serait pas assez appuyé. Bref, la belle de la « Floride slovène », l’un des sobriquets de Piran, est à ne manquer sous aucun prétexte

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Sans surprise, la maison natale du compositeur Tartini donne sur la place éponyme. Si sa visite (4 €, espèces seulement) vaut surtout pour les mélomanes et admirateurs de ce virtuose du violon, sa terrasse avec vue plongeante sur Piran devrait séduire les moins fanatisés. Sinon, il reste les fresques murales et les œuvres contemporaines qui égaient les salles. Entre fin août et début septembre, la ville accueille dans plusieurs lieux, le festival Tartini.

Les beautés de Piran

Cathédrale Saint-Georges - Piran
Cathédrale Saint-Georges © Reise-und Naturfoto - stock.adobe.com

La place Tartini a beau faire de l’épate, elle n’est pas toute seule à Piran. La concurrence est rude et la ville égrène les bâtisses remarquables. La première pierre de la nouvelle cathédrale Saint-Georges (3 € le clocher et 1,50 € l’accès à la cathédrale), du nom du saint patron de la ville, a été posée au XVe siècle en lieu et place d’une église gothique.

Son campanile, 400 ans à l’état civil, n’a pas grand-chose à envier à celui de la place Saint-Marc de Venise. Faites-nous confiance, les 147 marches gravies ne le seront pas pour rien, la vue sur les toits rouges de Piran et sur le littoral vous récompensant illico presto de tous ces efforts.

En bas, ne zappez pas l’intérieur de la cathédrale, ses tableaux expressifs, son plafond peint à caissons ni son iconique statue de bois, le crucifix de Piran avec son Christ tout efflanqué. Le baptistère octogonal Saint-Jean-Baptiste, moins opulent que ses confrères italiens, vaut un rapide coup d’œil.

Place du 1er mai
Place du 1er mai © Florent Oumehdi

La place du 1er mai (Prvomajski trg), centre administratif de Piran jusqu’au XIIIe siècle qui est devenu celui du quartier de Stara Punta, ne désemplit pas l’été. Elle concentre les restos les plus courus de la ville et deux statues (du droit et de la justice) qui en gardent l’entrée. Celle de Piran a été longtemps protégée par une épaisse ceinture fortifiée, et ce dès le VIIe siècle.

Aujourd’hui, sept portes (les deux de Raspo, Marciana, Mugla, du Dauphin, Campo, Saint-Georges) demeurent et ont « baptisé » des quartiers de la ville. Un petit tronçon (300 m) de remparts élégamment crénelés se visite (3 €). Une fois encore, la vue ne devrait pas vous déplaire.

Eglise Saint-Clément - Piran
Eglise Saint-Clément © rh2010 - stock.adobe.com

Le monastère des Frères mineurs, avec l’église gothique Saint-François consacrée en 1318 et « baroquisée » au XVIIIe siècle, mérite aussi qu’on y traîne ses guêtres. Ne serait-ce que pour son cloître (2 €) qui offre ses portiques et son jardin à de nombreux concerts l’été (dans le cadre, notamment, du Tartini Festival). Un nouvel hommage à Giuseppe Tartini, qui y fit ses humanités et ses premiers pas dans la musique ?

Enfin, il fait bon se perdre dans les venelles serrées et ombragées de Piran pour tomber sur sa « pointe » et son phare de la Punta, non loin de la tour ronde de l’église Saint-Clément.

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Avec tout ce marbre, la chaleur peut être accablante à Piran. Rien de tel, alors, qu’une glace artisanale pour se rafraîchir. Pour ça, vous pouvez faire confiance à Mersii (Kosovelova ulica 2), à deux pas de la place du 1er-Mai. Peu de choix, mais les parfums, concoctés dans l’arrière-boutique, devraient affoler vos papilles. Chocolat-pistache ici (3,50 € le petit pot généreusement rempli), on en salive encore.

Le parc naturel de Strunjan, échappée naturelle de Piran

Salines de Strunjan
Salines de Strunjan © Dean - stock.adobe.com

Si Piran est séduisante à bien des égards, ses plages ne sont pas les plus accueillantes de l’Adriatique. Oubliez les étendues de sable fin. Ici, on pose bien souvent sa serviette à même le bitume. Le sentier pédestre reliant Piran à Fiesa, plus à l’est, permet d’en avoir un bon aperçu.

Pour profiter de criques plus sauvages, il faut reprendre la voiture, une petite vingtaine de minutes, direction le nord-est et le parc naturel de Strunjan, entre Piran et Izola. De là, une balade facile (« circular nature trail » ; 5,3 km ; 15 étapes ; 1 h 30) entre forêt, littoral et salines de Strunjan, permet de découvrir cette côte indomptée et d’accéder à la superbe Moonbay (Mesečev Zaliv).

Falaise de du parc naturel de Strunjan
Moonbay - parc naturel de Strunjan © kato08 - stock.adobe.com

On dit superbe surtout pour cet horizon vert-malachite écrasé par la falaise de flysch (80 m de roche stratifiée et découpée), car la plage, un bandeau très serré et caillouteux soumis aux vagues, n’est pas la plus hospitalière qu’on ait connue. Elle se gagne, en plus, au prix d’un effort très « raide ». Mais on a connu Pir(an).

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Si vous voulez des plages (artificielles) de sable, c’est à Portorož, la cossue, qu’il faut vous rendre. Mais attention, il y a foule l’été et la ville aligne à la pelle les transats, les parasols et les mastodontes de béton. Davantage un moins qu’un plus donc. On lui préfère la vieille ville médiévale et le petit port de Koper.

Le chemin de Parenzana, avec vue sur l’Adriatique

Parenzana - entre Koper et Izola
Parenzana - entre Koper et Izola © Uwe - stock.adobe.com

Voilà un chemin qui ravira cyclistes et randonneurs. Cette ancienne voie ferrée austro-hongroise de 123 km, construite au début du XXe siècle, entre Trieste (Italie) et Porec (Croatie), n’est plus en activité depuis 1935, mais ses 32 km slovènes (aussi connu sous le nom de code « D8 ») enchantent plus que jamais ceux qui s’y aventurent.

La Parenzana relie notamment Koper à Piran, en longeant le littoral entre Koper et Izola, puis en s’engouffrant dans les terres avec des passages par les tunnels SaletJagodje) et, surtout, Valeta (544 m) avant de regagner la côte entre Portoroz et Piran. Comptez 18 km environ entre Koper et Izola alors qu’on ne compte plus les points de vue étourdissants sur le Golfe de Trieste sur le chemin.

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Plusieurs sites utiles vous aideront à préparer votre randonnée ou votre sortie à vélo : parenzana.info et parenzana.net

Fiche pratique

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Comment y aller ?

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Piran se trouve à 120 km au sud-ouest de Ljubljana (1 h 32 de route). Liaisons en bus (2-3 h), pas de gare à Piran. Également des ferries au départ de Venise (3 h).

Sachez que le centre-ville de Piran n’est pas accessible en voiture (15 min tolérées pour déposer ses bagages). Il vous faudra garer votre auto en dehors de la ville puis prendre un bus (5 min environ : 1 €, par carte uniquement). Les parkings Fiesa et Arce sont les moins chers (compter jusqu’à 15 € la journée).

Bonnes adresses

– Porta Marciana : Gortanova ulica 1. Juste en dessous de l’une des insubmersibles portes de Piran, vous trouverez le restaurant… Porta Marciana. La carte est longue comme le bras et on retombe, pour notre plus grand plaisir, sur les incontournables bar et daurade (24,90 € chacun, pas de jaloux). Mais il y a aussi des pâtes, des risottos, des pizzas, de copieuses pièces de boucher, un tiramisu du tonnerre. Réservation plus que souhaitable.

– Fritolin pri Cantini : Prvomajski trg 10. Une institution à Piran. Résultat, ça se bouscule et on vous conseille d’arriver tôt (avant midi pour le déj) pour trouver une place assise (pas de résa). On fait son choix au comptoir et on attend qu’un poisson en bois avec le numéro de sa commande soit suspendu à un fil. Côté assiette, des produits de la mer, évidemment. Des calamars frits, grillés ou fourrés (entre 13,5 € et 16 €), du bar (la spécialité de Piran, 17 €) ou de la daurade (17 €). Un régal.

– Gostilna Rostelin : Gallusova ulica 2. Sur la même place du 1er-Mai que Fritolin pri Cantini, vous trouverez la Gostilna Rostelin. Première bouchée et ce n’est pas en Slovénie qu’on se croirait mais bien en Italie. Des pâtes maison, al dente, délicieuses (spaghettis, gnocchis, raviolis et surtout fuzi aux truffes. Entre 13 € et 17 €). Ah, ne vous avisez pas de demander du parmesan à la tenancière. Conseil d’ami. Et autre conseil, venez soit tôt soit tard, vers 22 h, le restaurant ne prend aucune réservation en haute saison.

– Hôtel Piran : Stjenkova ulica 1. L’une des plus belles vues sur la ville et le littoral. Assez chic et inauguré en 1913, il ouvre sa terrasse (Heaven terrace 99) de juin à août et on peut dire que le secret n’est pas bien gardé même si on trouve toujours de la place. La carte fait la part belle aux vins slovènes et aux cocktails. Classique et accessible (entre 8 € et 10 € le cocktail).

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