Chinon, au pays de Rabelais

Chinon, au pays de Rabelais
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En Touraine, rien n’est plus aimable que le pays de Chinon, cultivé de vignobles et de forêts. Autour de cette ville d’Art et d’Histoire et son imposante forteresse royale restaurée, les clins d’œil à l’œuvre de Rabelais, enfant du pays, ne manquent pas, de références littéraires en plaisirs culinaires. À l’ouest de Tours, une idée week-end à la fois gourmande et culturelle, à la douceur toute ligérienne.

Sur les pas de Rabelais

François Rabelais (1485-1553) est l’auteur de cinq Livres qui relatent les aventures extraordinaires de Pantagruel et de Gargantua. Rabelais naît à Chinon où une plaque indique encore l’emplacement de la maison de son père, avocat.

Dans la rue principale, les Caves Painctes sont le siège de la Confrérie des Entonneurs Rabelaisiens. S’il y a belle lurette que les fresques ont disparu, le Temple de la Dive Bouteille et les salles éclairées par des flacons s’enfoncent avec mystère dans le tuffeau.

Franchissant la Vienne, on arrive à La Devinière, modeste maison de campagne à Seuilly où Rabelais passa son enfance. Il s’en inspira pour son œuvre. On y découvre les différents visages de l’humaniste : des livres pour l’homme d’église et le professeur, des pots à pharmacie pour le médecin, des plantes pour le botaniste, des vignes pour le bon vivant.

De là, le circuit pédestre des Guerres Picrocholines (17 km) conduit à Seuilly (jardin de frère Jean des Entommeures), Lerné (Picrochole), La Roche-Clermault (moulin cavier) et Cinais (moulin à eau), évoquant les sites où s’affrontèrent les vilains fouaciers et les gentils bergers. Un récent sentier botanique mène à l’abbaye de Seuilly où Rabelais fit son éducation religieuse.

Mais ne cherchez pas trop à mettre vos pas dans ceux de Rabelais : les lieux de la Rabelaisie sont bien souvent mêlés de fictions dont le message, politique et philosophique, se lit entre les lignes pour s’idéaliser à l’abbaye utopique de Thélème.

Chinon, capitale du bien-vivre

« Chinon…, petite ville, grand renom, assise sur pierre ancienne. Au haut le bois, au pied la Vienne », décrit encore Rabelais.

Créneaux, remparts, tours et logis royal, la forteresse royale de Chinon, restaurée depuis peu, coupe le souffle d’émotion à ses admirateurs, depuis le pont sur la Vienne. Les Templiers, les Plantagenêt et Charles VII qui reçut Jeanne d’Arc dans la salle de la Reconnaissance, ne sont pas les moindres des fantômes évoqués par une muséographie ludique. Le château domine caves, ruelles et hôtels particuliers aux jardins merveilleux, dans la blancheur du tuffeau.

Les commerces et les églises sont nombreux dans cette ville qui sait vivre. C’est au Fournil du Château (16, rue Jean-Jacques-Rousseau) qu’il faut déguster les fameuses fouaces des guerres Picrocholines, c’est au Chinon Gourmet (9, rue Rabelais) qu’il faut acheter rillons et rillettes… pour aller faire un pique-nique sur le chemin de la chapelle troglodyte Sainte-Radegonde et ses fresques (XIIe s.) ou avant une croisière fluviale sur la Vienne et la Loire.

Châteaux, jardins et jeux pour un géant

Dans ces paysages protégés par le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine et inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, les châteaux ne se comptent plus. Si la plupart sont propriétés privées, les très gros sont ouverts au public.

Ainsi, le château du Rivau à Lémeré et ses jardins classés « remarquables » évoquent les fées. Citrouilles géantes, arrosoirs et bottes démesurés pour le potager de Gargantua, mais aussi nains de jardin aux visages d’hommes politiques et paons qui s’admirent devant des miroirs entourés de rosiers, on ne s’ennuie certes pas ici.

À Lerné, le seul musée existant sur le jeu de la Boule de Fort explique avec passion ce jeu déjà pratiqué par Gargantua. Imaginez une boule en bois - de nos jours en plastique - cerclée de métal, asymétrique et lestée d’un côté. Elle roule en biais sur un terrain incurvé de vingt mètres de long. Une boule bizarre et un terrain étrange dont on ne connaît pas l’origine, à voir absolument.

Vins et vignobles

« À boire ! À boire ! À boire ! », furent les premiers cris du nouveau-né Gargantua… « Trincq ! », oserons-nous dire en pénétrant dans le temple de la Dive Bouteille à Chinon.

Les cépages de cabernet franc pour le rouge et de chenin pour le blanc font ce fameux vin chinonais A.O.C., à boire de préférence frais. Sans lendemain, il était réputé guérir « les humeurs pécantes » et la gravelle sous Rabelais.

Les terrains argilo-calcaires des coteaux et du plateau au nord de Chinon donnent un vin puissant qui demande « un certain temps de réflexion ». Les sols du sud de la Vienne favorisent un cépage aromatique à boire de suite. Le pétillant rosé ou blanc, bien frais, ouvre l’appétit. Encore faut-il « humer le piot ! ».

Voilà de quoi s’arrêter le long de la route des Vins, de la Loire à l’Ile-Bouchard. Et surtout, n’oubliez pas en sortant de la forteresse de Chinon, de vous rendre près du Clos de l’Echo (caves Couly-Dutheil) et de crier bien fort : « Les femmes de Chinon sont-elles fidèles ? ». Et le mur de répondre : « noooooon ! ».

Fiche pratique

Consultez notre fiche destination Châteaux de la Loire.

Comité départemental du Tourisme de l’Indre-et-Loire

Office de tourisme du Pays de Chinon

Où dormir à Chinon ?

- Hôtel Diderot : 4, rue Buffon.. Pour la collection de rosiers anglais qui ornent la ravissante cour-jardin et les innombrables confitures faites par Laurent. Chambres doubles à partir de 56 €, dans une belle maison du XVIIIe siècle. Accueil de qualité.
- Hostellerie Gargantua : 73, rue Haute-Saint-Maurice.. Dans l’ancien palais du Baillage (XVe s.). Escalier en colimaçon et lits à baldaquin pour une ambiance des temps passés. Chambres doubles à partir de 55 €. Service brasserie.

Trouvez votre hôtel à Chinon.

Où manger à Chinon ?

- Au Chapeau Rouge: 49, place. du Général-de-Gaulle.. Menu 19,50 € à midi, en semaine., puis 27-49,50 €. Spécialités régionales et produits frais élaborés avec raffinement par Christophe Duguin : poisson sauvage de Loire, truffes de Marigny-Marmande, safran de Preuilly ….
- À la pause Rabelaisienne, sur la même place : snack et bar à vins.
- Chez Michel et Anne-Marie Pavy, à Rivière (Tél. : 02-47-93-00-40). Accueil chaleureux parmi la cinquantaine de chèvres alpines et de chevrettes. Exquis produits locaux : bûches cendrées de Sainte-Maure fermier, asperges de Richelieu fraîchement cueillies, rillons et rillettes, cochon « Roi Rose » de Touraine, agneau de lait, fouaces.

À faire

- Les marchés de Chinon : marché alimentaire le jeudi matin. Marché à l’ancienne 1900 : 3e ou 4e samedi d’août. Marché médiéval : 1er samedi d’août.
- Musée Rabelais à La Devinière
- Château et jardins du Rivau à Lémeré
- Centre historique de la Boule de Fort à Lerné (initiation et démonstration)

Où déguster et acheter du vin ?

À partir de 5,50 € environ la bouteille. Parmi les nombreux vignerons, nous avons relevé :
- Domaine de Noiré : 160, route de l’Olive à Chinon. Jean-Max Manceau, vigneron-paysan, se fait guide pour la journée avec différentes animations combinées suivant le temps et les envies (sur réservation).
- Château de Coulaine à Beaumont-en-Véron. Tél. : 02-47-98-44-51. Vins bios.
- Cave des Vignerons à Panzoult . Groupement des 15 vignerons de Panzoult (AOC Chinon). Visites libres ou guidées de la cave sculptée retraçant l'histoire de la Sibylle (conte de Rabelais). Ouvert du 17 février au 31 décembre, du mardi au samedi, ouverture les lundis en juillet-août.
- Maison des Vins et du Tourisme à Beaumont-en-Véron.
- Cave Baudry-Dutour à Cravant-les-Coteaux.

Texte : Anne-Marie Minvielle

Mise en ligne :

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