Adieu au lac Mère

Auteur : Yang Erche Namu et Christine Mathieu

Editeur : Calmann-Lévy

326 Pages

Adieu au lac Mère

Ce n’est pas vraiment un récit d’enfance, ni même une étude sociologique. Plutôt une sorte de conte anthropologique intime qui nous fait pénétrer la civilisation moso, une société matrilinéaire des montagnes du Yunnan. À la frontière sino-tibétaine, à 2 700 m d’altitude, 30 000 personnes réparties dans une poignée de villages, qui vivent selon des règles étonnantes : les femmes y sont les chefs de famille, ce sont elles qui transmettent les maisons et les champs, ce qui explique que les Chinois l’appellent le « pays de filles ». Christine Mathieu est l’une des premières Occidentales à avoir pu étudier les mœurs moso : Adieu au lac Mère est le produit de sa rencontre avec Yang Erche Namu, jeune Moso devenue une véritable star en Chine. « C’est le seul peuple au monde, explique Christine Mathieu dans sa postface, à croire que le mariage détruit les familles. » Les unions sexuelles sont donc temporaires, les hommes venant « visiter » les femmes le temps d’une nuit. Tolérance, respect et aide collective sont les valeurs fondamentales de la culture moso.
C’est dans cette extraordinaire société que Namu, « la princesse », a passé les seize première années de sa vie : dans Adieu au lac Mère, elle raconte sa relation douloureuse avec sa mère, son quotidien au milieu des yacks et son désir d’évasion, de voir « derrière les montagnes », qui prend forme, enfin, lorsqu’elle intègre le Conservatoire de Shangaï.
Depuis, elle est devenue une chanteuse de réputation internationale et un mannequin convoité. Égérie de Levi’s en Chine, elle écrit des livres de conseils destinés aux femmes, qui sont presque toujours des best-sellers. Ambassadrice de la culture moso, Namu est aussi devenue un modèle pour beaucoup de Chinoises, en particulier celles issues des minorités. Parfois, quand le goût du thé au beurre de yack lui manque trop, elle rentre chez elle, où elle s’est lancé dans la construction d’un restaurant, d’un musée et d’une école près du lac Lugu, le fameux lac Mère popularisé par le livre et par l’incroyable notoriété de Namu. Sa mère critique toujours la longueur de ses jupes. Et le village, s’il est devenu une destination touristique prisée par les Chinois, est toujours aussi pauvre.

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Texte : Juliette Serfati

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