Escapade à Turin

Escapade à Turin
Turin © Marco Saracco - Fotolia

Turin, une bonne idée pour un citybreak printanier. Desservie quotidiennement par le TGV, c’est la grande ville italienne la plus proche de la France, dont elle partage une part de l’histoire, à travers celle de la Savoie. Entre Alpes et plaine du Pô, fleuve qui la traverse, la capitale actuelle du Piémont fut brièvement celle de la toute jeune Italie de 1861 à 1865. Son urbanisme et son architecture, très marqués par la période baroque et le 19e siècle, en font une ville à part au nord de ce magnifique pays. Dans ses rues abondent des commerces en tout genre, entre autres dédiés à la savoureuse gastronomie locale. Andiamo !

Turin, une ville capitale

Turin, une ville capitale
Porta Palatina © Alberto Masnovo - Fotolia

Née au 3e siècle avant J.-C., puis véritablement fondée sous le règne de l’empereur Auguste, Turin a conservé un plan en damier, typique de l’urbanisme romain antique, dans son cœur historique (le quadrilatero romano), ainsi qu’au-delà. Longtemps modeste bourgade enserrée dans des remparts, elle s’est développée lorsqu’elle est devenue la capitale des États de Savoie en 1563 – dont le Piémont faisait partie et qui engloberont ensuite la Sicile et la Sardaigne – à la place de Chambéry.

La muraille naturelle que forment les Alpes était une protection contre l’appétit des Français, mais cela n’a pas empêché ces derniers de s’emparer de Turin durant la Révolution et le Ier Empire. Sous le Second Empire, les mêmes viendront favoriser la naissance de l’Italie en 1861, le fameux Risorgimento, dont plusieurs sites turinois entretiennent la mémoire.

C’est le monarque local, Victor-Emmanuel, qui deviendra le roi de la toute jeune Italie, aidé en cela par son ministre Cavour. Turin en sera la capitale entre 1861 et 1865, avant que ce rôle ne soit tenu par Florence, puis Rome.

Sur le plan économique, Turin a été et reste une place forte en Italie, grâce aux diverses activités agricoles de ses proches environs et d’entreprises telles que Fiat, Olivetti, Lavazza ou Martini.

Balade dans Turin

Balade dans Turin
Églises San Carlo et Santa Cristina © RusskyMaverick - Fotolia

Forte de son statut politique, Turin a été comme refondée entre le 17e et le 19e siècle, ce qui donne à son grand centre un aspect assez homogène. La plupart des immeubles ont été construits en brique et recouverts de stuc, d’où la forte sensation de se trouver dans une ville solide et puissante.

Turin se découvre le long de places, de rues et d’artères bordées d’arcades (elles totalisent 24 km !). S’y manifeste en particulier un style baroque spécifique, dit piémontais, plus sobre qu’ailleurs.

Il est impossible de citer ici la totalité des églises, palais ou musées (souvent installés dans ces derniers) intéressants de Turin. Notez que c’est au cœur de son centre-ville que se trouvent les plus importants sites à visiter. Ce qui est pratique si vous disposez de peu de temps.

Sur la piazza Castello, vous avez le Palazzo Madama qui mélange des morceaux de porte romaine, de château médiéval et une façade baroque ! Il y a là aussi l'église San Lorenzo et sa coupole ornée de fenêtres qui, de l’intérieur, dessinent des visages intrigants (17e siècle), ainsi que l’imposant Palazzo Reale (17e).

Derrière celui-ci : la cathédrale et son campanile (15e), seules véritables manifestations de l’architecture Renaissance de la ville. C’est elle qui conserve le fameux Saint-Suaire, montré épisodiquement. Après des ruines romaines donnant sur un parc, s’élève la Porta Palatina (vestige de remparts romains et médiévaux) ouvrant sur le quadrilatero romano.

À peu de distance, il y a la majestueuse piazza San Carlo, notamment ornée des églises jumelles San Carlo et Santa Cristina (17e), la piazza Carignano et son palais en briques apparentes (17e) où se sont déroulés de grands événements lors du Risorgimento.

Par ici se trouvent également deux des grandes institutions culturelles de Turin, le Museo Egizio (musée égyptien) et le Museo Nazionale del Cinema. Ce dernier est installé dans le Môle Antonelliana (19e siècle), un bâtiment surprenant qui fut d’abord conçu pour devenir une synagogue. Sa flèche s’élève à 167 m. Par un ascenseur central, on s’élève au sommet de ce monument qui rappelle les temples thaïlandais...

Où la gastronomie a droit de cité

Où la gastronomie a droit de cité
Eataly © Giulio Meinardi - Fotolia

Les commerces abondent au centre de Turin, et notamment ceux qui sont dédiés au bien-manger et au bien-boire (entre autres aux vins de la région, à apprécier sur le tempo moderato, naturalmente).

Mention spéciale au gigantesque marché, pas mal fréquenté par les Français frontaliers, qui se tient sur la piazza della Repubblica, où une partie est réservée aux producteurs locaux : fruits, légumes, fromages, jambons…

On trouve ici des restaurants en tout genre, de la trattoria aux adresses chics. Des boulangers, pâtissiers, chocolatiers ou glaciers artisanaux font, eux aussi, tout pour honorer la réputation gourmande de la ville, tandis que de nombreux cafés perpétuent une vieille tradition dans des lieux parfois somptueux (le San Carlo, par exemple, sur la place du même nom).

Enfin, Turin est le lieu de naissance de la chaîne de magasins gastronomiques de luxe Eataly, qui a lancé son premier magasin près de l’ancien site industriel du Lingotto, aujourd’hui réhabilité et dédié à la culture et aux loisirs. Depuis, l’enseigne a conquis l’Italie et de nombreuses villes du monde. En 2018, elle ouvrira un nouveau temple de la bonne bouffe italienne à Paris, dans le quartier du Marais.

Dans cette ville, on pratique l’art de l’aperitivo qui consiste à faire payer un verre aux clients en échange de quoi, ils peuvent dévorer divers petits mets à volonté. Ne vous étonnez donc pas de voir des masses de jeunes devant certaines adresses, particulièrement dans le quadrilatero romano.

Autour du centre de Turin

Autour du centre de Turin
Venaria Reale © Davide - Fotolia

Sur l’autre rive du Pô, on trouve des quartiers résidentiels à flanc de collines. Dans les environs : le Museo Nazionale dell’Automobile « Avv. Giovanni Agnelli », des palais, châteaux et forteresses, dont le château de Rivoli (musée d'art contemporain) ou la somptueuse Venaria Reale (le « Versailles piémontais »), des parcs naturels, la vallée de Suse, les Alpes…

 De plus, la Riviera et Gênes, Milan, ou le lac Majeur ne sont pas très loin. Si jamais l’envie – fort compréhensible – vous prend de prolonger votre escapade transalpine…

Fiche pratique

Lire aussi notre reportage Turin, le charme discret de l’Italie

Pour préparer votre séjour, consultez notre guide en ligne Italie.

Office du tourisme de Turin

Office national du tourisme italien

Comment y aller ?

- Train. Trois TGV quotidiens depuis la France, en direction de Milan. Principaux arrêts sur la ligne : Paris (départ), Lyon, Chambéry.

- Avion. Aéroport International de Turin. Trouvez votre billet d’avion

- Principales grandes routes. Accès depuis la vallée de la Maurienne ou la vallée de Chamonix et le Val d’Aoste.

Bon à savoir

- Le centre-ville est en grande partie piétonnier.

- Transports en commun : tramway, autobus, une ligne de métro.

- Service de location de vélo de type Vélib’.

Où dormir ?

Trouvez votre hôtel à Turin

Où manger ?

- Porto di Savona. Une bonne trattoria typiquement piémontaise à l’ambiance populaire. Sur la vaste piazza Vittorio Veneto qui donne sur le Pô.

- M**Bun. Un slow fast food ! Quasiment tous les produits viennent des environs de Turin, y compris les vins, les bières et le soda Mole Cola qui fait oublier son concurrent yankee… À la carte : burgers, tartares, soupes, spécialités locales… Prix modiques. Deux adresses à Turin et une à Rivoli.

- Pepino. Un glacier napolitain, installé à Turin en 1884, qui revendique l’invention du pinguino (notre eskimo). Il propose un grand choix de gelati sous diverses formes. Tout est délicieux. Piazza Carignano.

- Il Circolo dei lettori. Un drôle d’endroit. Au premier étage du palazzo Greneri della Rocca (17e-18e siècles) est établi un cercle littéraire. Diverses salles servent à des rencontres avec des écrivains ou à des rendez-vous, ou encore à des séances de travail au calme. Un bar et un restaurant se découvrent dans ce petit labyrinthe en accès libre. Via Giambattista Bogino.

- École Let’s Cook. Des cours de cuisine italienne pour tous les âges et niveaux. Au final, on mange ce que l’on a élaboré avec le chef. Efficace et convivial. Via Vittorio Alfieri.

 

Voyages Italie

Voyages - Italie, 360 pages, 29.90 €

 

Texte : Michel Doussot

Mise en ligne :

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