Chartres insolite

Chartres insolite
Scénographie : Spectaculaires, les Allumeurs d'Images - photo : Cité et Patrimoine

Chartres ne se résume pas à sa  merveilleuse cathédrale gothique. Autour de cette ville de « la Lumière et du Parfum », des pierres légendaires et des visites curieuses forment un ensemble séduisant et mystérieux, souvent méconnu et propice aux balades romantiques.  Chéri(e), surprends-moi : emmène-moi à Chartres !

Dans le labyrinthe de la cathédrale

Ici, à Chartres, le choc est éternel. La statuaire des porches et des chapiteaux de la cathédrale Notre-Dame stupéfie. Le bleu cobalt des vitraux émerveille. 172 baies racontent la Bible, la vie des saints et des corporations de cette ville réputée pour ses foires médiévales. Un art qui se poursuit de nos jours auprès des ateliers des maîtres verriers et du Centre international du Vitrail.

L’un des premiers mystères de Chartres tourne autour du célèbre labyrinthe et de ses 276 dalles faisant 261 mètres en boucle et 13 mètres de diamètre. Chemin symbolique inspiré du mythique labyrinthe du minotaure en Crète, il présente le même enroulement, que l’on parte du centre ou de l’extérieur.

Le vendredi, libéré de ses chaises, il s’offre à la lente progression des fidèles, priant et méditant pour certains à genoux… Impressionnant ! Surtout lorsque la lumière du solstice d’été passe par le trou du vitrail d’Apollinaire, le 21 juin, jour d’affluence dans la cathédrale.

Chartres en Lumières ? Le féérique portail royal de la cathédrale s’illumine les soirs d’été, avec une scénographie qui laisse admiratifs les spectateurs sur la place du parvis.

Et quand tombe la nuit, des spots bleus indiquent le parcours des 29 monuments historiques de la ville, animés de projections colorées et gratuites. La balade nocturne nous entraîne à la découverte des chapelles, des façades à pans de bois de la vieille ville ou sur les traces du résistant Jean Moulin.

Drôles de vieilles pierres

Arrêt sur la façade sud de la cathédrale où les sculptures mutilées des copies de deux animaux du 13e siècle se laissent deviner. Les originaux sont dans la crypte.

L’Âne qui veille, tient une lyre et La Truie qui file est plutôt un verrat dont il ne reste que les attributs significatifs… Les visiteurs passent indifférents devant cette illustration d’une fable médiévale. Elle invite à la modestie. « À chacun son métier, ne forçons point notre talent » est le message livré par ces deux mammifères populaires.

La Truie qui file, mais en bois cette fois, se retrouve sur la façade Renaissance de la Maison du Saumon abritant l’Office du Tourisme.

Descendez vers la ville-basse par les jardins de l’Évêché. La collégiale romane Saint-André, devenue centre culturel, est environnée d’un jardin médicinal et de magnifiques maisons à colombages.

Le long du bras de l’Eure (que l’on peut parcourir en barque ou canoë-kayak à la Petite Venise), les petits ponts fleuris mènent de la fontaine Saint-Nicolas jusqu’à la porte Guillaume et sa sarbacane, exploitées en chantier archéologique.

On remonte par la voie ancestrale des pèlerins et la curieuse tour de la reine Berthe vers la Maison du Dauphin. Les murs gallo-romains ne sont pas rares à Chartres, car Autricum était connue bien avant sa cathédrale.

Au sud de la ville, le vaste espace archéologique de Saint-Martin-au-Val et son église forment l’un des plus grand sanctuaire de la Gaule romaine. Les fouilles se poursuivent depuis 2006. Une balade qui demande des chaussures confortables car les pavés et les ruelles de Chartres sont sans pitié !

Trompe-l’œil et vaisselle cassée

 « Embellir sa vie », est le rêve que poursuivra Raymond Isidore (1900-1964), simple balayeur au cimetière de Chartres. En 1930, Raymond achète un terrain sur les hauteurs de la ville, où il se construit un minuscule trois-pièces et un jardin. Un jour, il ramasse quelques débris d’assiettes, les enfonce dans du béton frais, le transformant en une mosaïque de couleurs. C’est la révélation…

Bientôt tout y passe, les sols, les murs, le toit, puis l’intérieur avec le lit, la table, les chaises, le poste de TSF, les pots de fleurs, la machine à coudre, l’armoire de sa femme Adrienne… Les voisins, moqueurs, donnent le surnom de Picassiette à ce Picasso de l’assiette.

Durant 30 ans, il ramasse des millions de débris de vaisselle pour illustrer ses fantasmes. Sur les rares espaces peints, Raymond représente le mont Saint-Michel et la tour Eiffel, sans les avoir jamais vus. La Joconde voisine avec Landru. Après les murs de sa maison, ce sont les allées et l’enceinte de son jardin qui occupent son inlassable travail de décoration. Raymond Isidore finit dans la folie. Devenue propriété de la ville de Chartres, la maison Picassiette fut classée en 1982.

Au nord de Chartres, des fresques murales en trompe-l’œil ont envahi les habitations du quartier Bel-Air, dans une démarche collective bien sympathique. Une autre expression artistique surprenante à découvrir, avec les flèches de la cathédrale pour toile de fond.  

Fiche pratique

Office de Tourisme de Chartres :  Visites patrimoine et archéologie. Pass. Soirées estivales en musique dans la cathédrale, du jazz aux concerts classiques. Découverte de Chartres sur trois roues et sans pédaler, avec le cyclopilote.

. Chartres en Lumières. mi-avril à mi-octobre. 

À ne pas manquer

. Musée des Beaux-Arts, pour ses Zurbaràn.

. Musée de l’Esprit du Parfum, pour son parfum Autrica dédié à Chartres, et sa collection de flacons.

. Maison Picassiette, bus 4.

. Visites à vélo, à louer à la Maison du Vélo près de la gare centrale SNCF. Tél. : 02 37 32 83 51.

. Location de barques, pédalo et canoë à La Petite Venise

Où se loger, se restaurer ?

. L’Hôtel : 28, rue du Grand-Faubourg. Doubles 80-98 €. Central et calme.

. Chambres d’hôtes Le Parvis : 13, pl. de la Cathédrale. Une maison du 17e s. au pied de la cathédrale. Beaucoup de charme.

. Le Petit Bistrot : 12, pl. Billard. L’adresse incontournable de la place du marché . Carte 30 €.

. Restaurant L’Estaminet : 4, rue de la Poissonnerie, près de l’Office de Tourisme. Tél. : 02-37-21-11- 48. Frais, aimable et bon raaport qualité-prix. Compter 25-30 €.

Texte : Anne-Marie Minvielle

Mise en ligne :

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