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Comme pour les autres guides de voyage qui existent sur le marché, les équipes sont constituées d'auteurs nomades, ceux qui voyagent, mais aussi de sédentaires, ceux qui relisent les manuscrits, organisent les voyages des autres, et côté éditeur, de gens qui assurent la promo et de commerciaux qui vendent les guides aux distributeurs. La nébuleuse est vaste.
Concrètement, être auteur de guide, c'est prendre son sac et partir pour une destination X ou Y, avec un cahier des charges, une mission à remplir, des infos à rapporter, puis à trier, pendant et après le voyage.


© Olivier Page

Chaque année, le Routard organise plusieurs réunions (appelées " Yalta "), qui vont servir à déterminer les prochaines destinations à créer ou à mettre à jour, et permettre aussi de distribuer les voyages aux enquêteurs.

Une fois le voyage fixé, arrive le temps de la préparation du voyage. L'enquêteur devra prendre le temps de se documenter sur le pays où il se rend. Il devra éplucher le courrier des lecteurs qui, chaque année, envoient conseils, recommandations, coups de gueule et autres bons plans au Guide. Il devra aussi prendre en compte le travail qu'aura réalisé son prédécesseur.
" En fonction du pays, la préparation du voyage peut prendre de trois jours à une semaine. Le travail de préparation et de traitement du courrier des lecteurs n'est pas le même pour la Suède (courrier peu abondant et facile à traiter) que sur l'Espagne ou la Bretagne (grosses ventes, et donc multitudes d'infos à gérer) ", commente Benoît Lucchini, rédacteur en chef adjoint au guide du Routard, et déjà ancien combattant avec seize ans de maison et de voyages.

" Sur place, explique Benoît, les voyages durent entre 2 et 4 semaines. Les journées étant longues, l'exigence de concentration étant très grande, le nombre d'infos à prendre en notes énorme, quatre semaines constituent un maximum, après, on est vidé. Cela dit, on ne réactualise pas un bouquin en 3 semaines, mais seulement une partie d'un guide. Comme on fait partir plusieurs personnes sur un même pays, elles se le divisent pour que le maximum soit réactualisé. "


© Olivier Page

Autre détail d'importance, comme on ne se " fait " pas un pays en 15 jours, on ne part pas non plus systématiquement au bout du monde. L'Europe et la France font aussi partie des grands voyages chaque année, et en bons démocrates, les enquêteurs aiment pratiquer l'alternance dans leurs périples. En gros, c'est chacun son tour !
Le nombre de voyage par enquêteur varie. Certains, qui ne font que ça, peuvent avaler 5, voire 6 destinations par an, ce qui est énorme. D'autres, pour des raisons d'emploi du temps, ou de goût tout simplement, peuvent ne faire qu'un à deux voyages, tout dépend.

Une fois sur le terrain, le métier d'auteur de guide devient technique. Inutile de penser trente-cinq heures ou jour de récupération, un enquêteur est sur le qui-vive en permanence.
Pierre Josse, grand manitou de tous les routards et rédacteur en chef du Guide, explique qu'il lui arrive souvent de dormir tout habillé, soit parce qu'il est trop claqué après une journée et une partie de la nuit à foncer, soit pour être prêt le premier, au cas où quelque chose arriverait.
" Il s'agit avant tout de vérifier que toutes les infos données dans le Routard existant sont toujours d'actualité. C'est ce que j'appellerais le parcours imposé ", rappelle Benoît Lucchini.
C'est un peu comme si on vérifiait que les murs d'une maison sont solides avant de monter un étage. Tout ce qui est écrit doit être passé au crible, adresse par adresse, ligne par ligne, virgule par virgule.
La deuxième grande partie du travail (même si elle se mêle en permanence à la première) est d'enrichir le guide, de trouver de nouvelles adresses, compléter telle ou telle partie un peu faiblarde… Bref, essayer de monter un étage à cette maison dont on aura vérifié qu'elle est solide. »

La journée type s'organise comme suit. On commence par les visites d'hôtels (à l'heure où les chambres sont vides), puis les tests de restaurants dès leur ouverture, les visites de musées, puis arrive l'heure des bars, et encore des restos, puis les boîtes.
Entre-temps, on s'organise pour suivre les excursions, faire des balades sur les marchés, rencontrer des gens du cru, parler, échanger, observer, sentir, toucher, noter et faire de beaux plans de ville.
Comme le dit Benoît, " c'est un mélange permanent et incessant d'infos à vérifier, à récolter, à enrichir, à corriger, à compléter… Ça va en permanence dans tous les sens, d'où la nécessité d'être non seulement curieux, mais aussi organisé et rigoureux. Se faire raconter des histoires merveilleuses sur telle ou telle région sans prendre de notes, sur le plan personnel, c'est extra, sur le plan professionnel, c'est zéro. Vivre le plus grand nombre d'expériences, avec toujours l'objectif du travail : récolter des infos pour guider utilement ceux qui vous liront. "
 
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