Histoire et dates-clés Montréal

Les premiers peuplements

On date la 1re présence amérindienne sur l’île de Montréal à environ 4 000 ans. Plutôt nomade d’abord, elle se concentre dans le Vieux-Montréal, sur la rive du Saint-Laurent. Puis, dès l’an 1000, des tribus s’y sédentarisent, tel est le cas des Algonquins.

Entre les années 1000 et 1535, Montréal – ou plutôt Hochelaga comme elle était à l’époque appelée – est habitée par les Iroquois du Saint-Laurent, une nation sédentaire adepte de soupe de maïs et de maisons longues.

L’arrivée des premiers Européens

Jacques Cartier, originaire de Saint-Malo, vient à 3 reprises au Canada avec pour mission très officielle de « découvrir certaines îles et pays où l’on dit qu’il doit se trouver une grande quantité d’or et d’autres riches choses ». C’est lui qui prend possession du Canada au nom du roi de France, en 1534, et fonde la colonie de la Nouvelle-France.

À son 2e voyage, en 1535, Jacques Cartier pénètre l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, qu’il remonte jusqu’au village d’Hochelaga, où il est accueilli par les quelque 1 500 Iroquois qui y vivent.
Le Malouin appelle la colline qu’il découvre mont Réal (mont Royal) en l’honneur de son roi.

La fondation de Montréal

Déjà explorée par Jacques Cartier et Samuel de Champlain, Montréal doit attendre 1642, avec l’arrivée des Français Jeanne Mance et Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, et Jeanne Mance, pour accueillir ses 1ers habitants européens.
Maisonneuve s’implante, en compagnie d’une cinquantaine de colons, autour de l’actuelle place Royale, à l’endroit précis ou se dresse désormais le musée d’Archéologie de Pointe-à-Callière. En hommage à la Vierge, il baptise l’endroit Ville-Marie et plante un crucifix au sommet du mont Royal pour marquer son nouveau territoire.

En 1645, Jeanne Mance inaugure l’hôtel-Dieu, l’un des plus anciens hôpitaux d’Amérique du Nord. La colonie embryonnaire réussit à grandir suffisamment pour assurer sa pérennité. Le commerce de la fourrure peut alors prospérer, malgré les tensions franco-anglaises et la poursuite des hostilités avec les Iroquois.
En 1685, les colons construisent le séminaire de Saint-Sulpice, le plus vieil immeuble de Montréal encore debout aujourd’hui. Pendant 150 ans, les pères sulpiciens sont les propriétaires de l’île de Montréal.

En 1701, le gouverneur de la Nouvelle-France, Louis-Hector de Callière, reçoit à Montréal les représentants de 39 nations amérindiennes. La Grande Paix est signée en août, éliminant la menace iroquoise à Montréal et garantissant le respect de la neutralité par les Cinq-Nations iroquoises en cas de conflit franco-anglais. Un accord respecté jusqu’en 1760, soit la fin du régime français.

La Couronne britannique

Les Français ne sont pas les seuls à s’intéresser au Nouveau Monde, l’ennemi héréditaire est aussi sur les rangs.

Après quelques défaites, les Anglais prennent Montréal le 8 septembre 1760, au terme d’un long siège. Au traité de Paris en 1763, la France perd toutes ses possessions, excepté Saint-Pierre-et-Miquelon. Après 150 ans d’occupation, la Nouvelle-France est abandonnée.

Sous occupation britannique, Montréal devient la capitale québécoise du commerce de fourrures, avec la fondation, en 1782, de la Compagnie de l’Ouest. Au début du XIXe siècle, la ville est en plein essor économique, développant peu à peu le commerce du bois et du blé.

En 1791, le Québec est divisé en 2 par l’Acte constitutionnel : le Bas-Canada (le Québec d’aujourd’hui, dont fait partie Montréal), à majorité francophone, et le Haut-Canada (l’Ontario actuel).
En 1838, les 2 provinces se révoltent contre l’autoritarisme de Londres. Les patriotes du Montréalais Louis-Joseph Papineau proclament l’indépendance du Bas-Canada, mais commettent l’erreur de décréter aussi la séparation de l’Église et de l’État. La rébellion est rapidement écrasée.

En 1840, les 2 Canadas et leurs gouvernements respectifs sont réunis par les Anglais afin que les anglophones dominent les francophones. Le 1er juillet 1867, le Canada devient « dominion britannique », une date qui marque officiellement la naissance du pays.
Montréal continue son chemin : construction de nombreux chemins de fer, industrialisation croissante... Montréal voit peu à peu apparaître une élite bourgeoise commerciale, financière et industrielle importante, encore majoritairement anglophone.

En 1931, le Canada acquiert l’indépendance et devient une monarchie constitutionnelle.

« Vive le Québec libre ! »

À partir de 1960, la société québécoise connaît une mutation très importante, un cocktail de modernisation politique et sociale qui sera baptisé la « Révolution tranquille ». Grands programmes énergétiques, industrialisation et dynamisme culturel font émerger le Québec sur la scène internationale.

Dans le même temps, alors que la libération des mœurs balaie l’influence de l’Église, s’impose la question de l’indépendance. En 1967, le centenaire du Canada est fêté avec, en toile de fond, l’organisation de l’Exposition universelle de Montréal. En visite, le général de Gaulle lâche alors une petite phrase qui coupe le souffle du monde : « Vive le Québec libre ! ».
Cela dit, en dehors du choc psychologique créé, le « Vive le Québec libre ! » n’est suivi d’aucune participation concrète de la France pour aider les Québécois à obtenir une quelconque indépendance...

En 1968, un dissident du Parti libéral, René Lévesque, journaliste influent de la TV québécoise, fonde le Parti québécois. En 1970, sa formation obtient 24 % de voix et quelques sièges.
Au même moment, de jeunes Québécois, impatients et peu confiants dans les voies institutionnelles, créent le FLQ (Front de libération du Québec) et se lancent dans le terrorisme.

Trudeau et le FLQ, René Lévesque au pouvoir

Entre-temps, en 1968, Pierre Elliott Trudeau devient Premier ministre (libéral) du Canada. Durant son passage à la Justice, il décriminalise l’homosexualité et l’avortement, légalise le divorce, abolit la peine de mort... Un sacré palmarès pour ce Montréalais ! Favorable à une égalité linguistique, il reste cependant farouchement opposé à toute idée d’indépendance.
De leur côté, les membres du FLQ accentuent les actions terroristes. Ils enlèvent le commissaire aux Affaires britanniques, James Cross, et assassinent le ministre québécois du Travail, Pierre Laporte, durant la crise d’octobre 1970 à Montréal.
Le FLQ est déclaré hors la loi, puis Trudeau invoque la « loi des Mesures de guerre » et envoie 10 000 hommes au Québec pour y effectuer plusieurs centaines d’arrestations sans mandat d’arrêt.
Le choc émotionnel voit l’exode de beaucoup d’anglophones influents du Québec vers Toronto, qui supplante alors Montréal comme capitale financière du Canada.

La question de l’indépendance

Aux élections provinciales de 1976, le Parti québécois l’emporte. René Lévesque institue alors le français comme seule langue officielle de la Belle Province. En 1980, il organise un référendum sur la « souveraineté-association ». La proposition est rejetée.
Le Parti québécois ne se décourage pas pour autant et, à l’occasion de son retour au pouvoir en 1994, organise un nouveau référendum sur l’indépendance. La sécession échoue de (très) peu.

Cette quasi-victoire souverainiste jette un froid au Canada. Selon la Cour suprême, une « majorité claire » quant à une éventuelle sécession de la province obligerait le gouvernement fédéral à négocier.
La « question du Québec » demeure bel et bien d’actualité. Et cela, malgré la déroute du Bloc québécois aux élections fédérales de 2006, qui hissent à la tête de l’État Stephen Harper (réélu en 2011), un anglophone, chef des conservateurs, évidemment hostile aux ambitions du Parti québécois. Sous sa férule, la TPS (taxe fédérale) baisse de 1 %, les engagements environnementaux du Canada sont soumis à rude épreuve, et le Québec est reconnu comme « une nation au sein du Canada uni ». Un symbole dissipé dans les mémoires, même s’il consolide une fois encore le sentiment d’un statut particulier de la province francophone, alors que la part du français, au Canada, ne cesse de diminuer.

Le « Printemps érable »

L’année 2012 montréalaise fut marquée par la grève étudiante contre la hausse des frais d’inscription à l’université prévue par le gouvernement libéral de Jean Charest (82 % d’augmentation étalés sur 7 ans !). Une crise sociale inédite surnommée le « printemps érable ». Le 22 mars, on comptait entre 100 000 et 200 000 manifestants à Montréal !
Devant cette contestation grandissante et quelques débordements, le gouvernement a fait voter en mai la loi 78, restreignant le droit de manifester. Il fallut attendre le mois de septembre pour que soit annulée cette mesure qui a fait tant de remous. Une annulation entérinée par l’indépendantiste Pauline Marois, la nouvelle Première ministre du Québec.

L'ère Denis Coderre

Les élections municipales de novembre 2013 modifient la carte politique de la ville : c’est Denis Coderre, ex-député libéral, qui l’emporte. Présent sur tous les fronts, le nouveau maire met beaucoup d’énergie dans ce mandat pour redonner à la municipalité une crédibilité écornée par les scandales du précédent mandat.
Il entame notamment le dialogue avec le gouvernement du Québec pour doter Montréal du statut de métropole et lui donner ainsi plus d’autonomie. Mais « l’omnimaire » est attaqué pour son manque de courage politique face à une sécurisation des infrastructures routières devenue pourtant vitale (une cinquantaine de viaducs jugés dangereux).
De nombreux aménagements sont objectivement à revoir, en matière de réglementation de la vitesse comme de partage des rues, très peu de pistes cyclables en site propre ayant été créées sous ce mandat.

Les élections municipales de novembre 2017 sont un dur revers pour Denis Coderre, qui se fait battre à plate couture par sa rivale Valérie Plante (du parti Projet Montréal), au terme d’une campagne durant laquelle le manque de transparence de l’ancien maire a été décrié. Valérie Plante s'efforce depuis d’améliorer le réseau des transports publics et de renforcer la solidarité sociale.

Vers le repli sur soi ?

Si la fin 2017 voit la victoire de Valérie Plante à Montréal, 1re femme élue au poste de maire, l’année 2018 est marquée par la 42e élection générale au Québec, des élections provinciales hors norme qui ont littéralement bouleversé le paysage politique dans la province.

En octobre, suite au vote massif en faveur de la Coalition Avenir Québec portée par François Legault, le 1er ministre Philippe Couillard est sévèrement battu. C’est une surprise. Le nouvel homme fort l’a emporté en créant notamment une gigantesque polémique autour du sujet épineux de l’immigration. À l’avenir, il entend réduire de 20 % le nombre d’arrivants.

Mais ce qui a le plus marqué les esprits, c’est son projet d’imposer un test de valeurs et de connaissance de la langue française aux nouveaux venus après 3 ans sur le territoire. En cas d’échec, les candidats pourraient être expulsés. Le débat fait rage ! À Montréal notamment, où, à la différence du reste du Québec, beaucoup d’électeurs avaient préféré soutenir le Parti libéral du Québec (le PLQ, celui de Philippe Couillard), ou Québec Solidaire (QS, un parti de gauche et indépendantiste).

Au niveau fédéral, les électeurs de l’île de Montréal ont contribué à la (courte) victoire de Justin Trudeau en octobre 2019, en reconduisant à leur fonction tous les députés sortants du Parti libéral dans leurs circonscriptions. Ce n’est en revanche pas le cas dans la couronne montréalaise, où le résultat des urnes est favorable au Bloc québécois.

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