Histoire Milan

La Commune : transition milanaise

Amorcé sous les Carolingiens, l’essor milanais continua, s’appuyant sur des industries textiles (déjà la mode milanaise !) et métallurgiques prospères ainsi que sur le commerce local et international.
L’année 1081 marqua la naissance de la Commune de Milan, organisation dotée d’un consulat, dont les consuls étaient issus d’une nouvelle classe, celle des hommes d’affaires milanais. La Commune étendait son influence aux campagnes alentour, sur lesquelles elle exerçait un droit d’imposition, levait des troupes et s’approvisionnait en denrées alimentaires.
Rapidement, la cité élimina ses principales rivales économiques lombardes, Crémone, Lodi et Côme. La réaction ne se fit pas attendre et, en 1158, Frédéric Ier Barberousse prit la ville, tentant de restaurer l’autorité impériale en y installant un podestat, une charge tenue par des étrangers (à la ville). Il fut renversé au bout d'une année mais rasa Milan en 1162. Les villes nord-italiennes s’organisèrent alors au sein de la Ligue lombarde, une alliance d’assistance militaire en cas d’invasion.
En 1168, les Milanais récupérèrent leur ville. En 1183, les communes de la Ligue signèrent avec Barberousse la paix de Constance. Dès lors, l’empereur ne fut plus que symbolique et les communes furent dotées du pouvoir régalien (juridictions, impôts, corvées). Vers 1200, avec 90 000 habitants, Milan était la cité la plus puissante d’Italie du Nord.

La Renaissance

La Renaissance ne fut pas seulement artistique, elle fut aussi politique. L’élection en 1447 du pape Thomas de Sarzana, un humaniste respecté, marqua une période harmonieuse et épanouie dans l’histoire de l’Église, qui aboutit à la reconnaissance de la souveraineté des papes.

Le XIIIe siècle milanais ne fut que guerres intestines et territoriales. La ville prit la tête d’une principauté territoriale, le Milanais. En 1311, après 50 ans de lutte entre les clans Torriani et Visconti, ces derniers finirent par vaincre et régnèrent sur Milan jusqu’en 1447. En 1386, ils lancèrent la construction du Duomo. En 1450, leur dynastie s’éteignit, laissant le pouvoir aux Sforza, qui ordonnèrent la réalisation du sastello Sforzesco. Milan, prospère et puissante, comptait alors près de 200 000 habitants. Le traité du Cateau-Cambrésis, en 1559, signa la fin de la domination des Sforza et le début de la régence espagnole.

Pendant 2 siècles, la région s’appauvrit, notamment à cause de l’administration espagnole. En 1630, une épidémie de peste ravagea le Milanais. La population était terrorisée et, parmi la paranoïa et l’ignorance, grandit la croyance des « untori » (des « badigeonneurs »), des hommes corrompus qui auraient sciemment propagé la maladie en graissant les murs et les portes publiques.

Milan et le Nord passèrent à l’Autriche sous les Habsbourg, pendant un siècle environ.

Milan aujourd’hui

Ville symbole du « miracle italien » des années 1960, Milan assume pleinement sa fonction de « capitale économique » et donne le tempo au pays.
Pourtant, les années 1970 marquent la fin de la grande saga industrielle, il faut trouver un second souffle. Elle s’oriente alors vers le tertiaire (services, ventes, etc.) et s’impose aujourd’hui comme ville phare des médias, de la mode et du design. On y trouve les principales agences de publicité, entreprises de presse écrite (4 quotidiens nationaux fabriqués à Milan), maisons d’édition (dont Mondadori, détenue à 50 % par Fininvest) et les plus importantes chaînes de télévision privées (dont Mediaset, contrôlée par la famille Berlusconi).
Autant d’atouts confortés par le marché boursier (la Borsa Italiana, l’unique Bourse des valeurs du pays y a son siège), les grandes banques étrangères et les foires commerciales du pays (Fiera di Milano).
Sur la scène internationale, Milan est réputée pour l’élégance de sa mode et le savoir-faire de ses couturiers, dont les défilés rivalisent avec ceux de Paris, de Londres et de New York. Enfin, sa position de carrefour mondial du design vient parachever une réputation de ville en perpétuelle recherche de créativité.

Forte d’une population cosmopolite (la ville compte 200 000 résidents étrangers, soit 15 % de sa population), la métropole lombarde doit affronter des problèmes de racisme et d’intégration. Mais elle s’est aujourd’hui forgé une nouvelle image, notamment depuis 2011 et l’élection de Giuliano Pisapia à la mairie de Milan, un avocat pénaliste membre du parti de gauche. Grâce à un slogan rassembleur (« La force gentille pour changer Milan »), il a réussi à vaincre la candidate de Berlusconi.

Milan, c’est une ville postindustrielle, branchée, dynamique, une ville qui a gagné définitivement le titre de città delle occasioni, la « ville des possibles »...
Chose que la mafia semble avoir bien comprise puisque, comme l’écrivait récemment Roberto Saviano (auteur de Gomorra), Milan est devenue la nouvelle capitale économico-financière de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise. Fin 2011, le tribunal de Milan a condamné 110 personnes, accusées d’en être membres.

Malgré cela, Milan a réussi son pari en 2015 en accueillant 20 millions de visiteurs pour l’Exposition universelle consacrée à l’alimentation dans le monde. Elle avait pourtant mal débuté, marquée par des scandales de corruption et des malversations financières entraînant des retards de construction.
Au final, plus de 6 milliards d'euros de recettes touristiques. Pas si mal pour un événement qui était très mal parti. Le maire Giuliano Pisapia a été réélu dès le premier tour des élections en mai 2016. Beaucoup de choses restent en suspens, comme la gestion du site de l’expo (1 million de m²).

Le successeur du maire Giuliano Pisapia, élu en 2016, est Giuseppe Sala, du Parti démocrate. Cet économiste n’est autre que l’ancien commissaire délégué du gouvernement pour l’exposition universelle. En 2018, il tente encore de se dépêtrer des scandales de corruption de 2016, impliquant à la fois Milan et Rome, autour de l’expo universelle.
Sala a été accusé de « faux matériel » et de « faux idéologique ». Jouant la carte de la transparence, il s’est fait auto-suspendre. En 2017, toujours maire, Sala se fait remarquer par son souci de préserver les espaces verts. En 2018, à l’heure de l’instabilité politique et de la montée de la Ligue, il assure que Milan doit demeurer « un rempart contre les populismes ».
Au Festival du développement durable « SDG’s Climate and the future of Europe », il déclare : « Milan se dégonfle comme un soufflé sans la présence du monde dans notre ville ». Au moins, c’est clair.

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