New York écolo : Green Apple

14 janvier 2011

Pourtant « Big Apple » se mue progressivement en « Green Apple », une ville plus écolo et zen. Des parcs et jardins communautaires sont créés sur des friches postindustrielles, nouveaux havres de paix « eco-friendly ». Les transports alternatifs se développent, tout comme les restos et marchés bio ou privilégiant les produits locaux.
Et la métropole réserve même de belles surprises quand le terminus d’une ligne de métro débouche sur… la plage ou la nature sauvage préservée !



High Line : la coulée verte sur les rails

Celle-ci avait été créée dans les années 1930 pour le fret : lait, viande et autres marchandises étaient transportés en train et déchargés directement dans les entrepôts installés le long de la voie posée dix mètres au-dessus des rues. Un moyen d’en finir avec les fréquents accidents graves entre wagons et voitures ou piétons.
Désaffectée à partir des années 1980, la High Line a échappé de justesse à la démolition, grâce à une association de riverains. Elle s’est muée en belle promenade arborée avec un côté sauvage, comme au temps où les herbes folles avaient envahi les voies. Ce passé n’est pas renié mais mis en valeur : la flore locale est privilégiée et représente 80 % des espèces plantées ; elle côtoie un mobilier urbain inventif et épuré, inspiré de l’univers ferroviaire. Des transats en bois, posés sur des roulettes, peuvent circuler sur les anciens rails.
Réalisation écolo, la High Line offre aux piétons une très agréable balade, qui permet de se déconnecter de l'hyperactivité urbaine, de faire une pause au calme sur les bancs design et d’admirer des installations d'art contemporain ou les immeubles modernes originaux des alentours. Il faut dire qu’elle traverse deux quartiers de l’ouest de Manhattan, branchés et très arty : Meatpacking District, ex-secteur des abattoirs et du marché aux viandes, ainsi que le mythique et bohème Chelsea.
Pour accéder aux jardins, plusieurs escaliers et ascenseurs ont été prévus, entre Gansevoort Street, point de départ, et la 20e rue, terminus provisoire puisque cette année sera ouverte la 2e partie, jusqu’à la 30e rue. En attendant l’aménagement ultérieur de la dernière portion qui atteindra la 34e rue…
La petite reine dans la Grosse Pomme

Même si ce n’est pas tous les jours la voie royale pour les bicyclettes, le réseau de pistes cyclables grandit et l’on peut presque faire le tour de Manhattan en longeant ses rives à l’abri des voitures.
Rouler au bord de l’Hudson River, le nez au vent, procure une euphorie proche d’Easy Rider… sans moteur. Par exemple du Riverside Park, tout au nord de Manhattan, côté ouest, jusqu’à la pointe sud de l’île, au niveau du Financial District : c’est une succession d’espaces verts, aires de jeux, aménagements végétaux originaux, etc. Difficile d’imaginer qu’il y a peu, c’était une friche portuaire, avec ses quais à l’abandon et ses pontons en perdition !
La réhabilitation est très réussie, comme ces jetées transformées en jardins avec bosquets, fontaines et mobilier urbain avant-gardiste, qui ont été agencées à l’approche du Battery Park, au niveau de l’ancien World Trade Center. Ce parc permet de finir la balade en beauté : isolé du brouhaha automobile, il offre des pelouses pour se reposer, mais aussi une vue imprenable sur le New Jersey juste en face, et surtout sur la statue de la Liberté et Ellis Island, au loin. On se croirait à la proue d’un paquebot prêt à appareiller.
Pour pédaler en toute sérénité, des itinéraires sont également proposés à Central Park, qui est fermé aux voitures le dimanche .Du printemps jusqu’à l’automne, de nombreux loueurs de vélo avec leur pancarte annonçant les tarifs (environ 10 $ par heure) se concentrent à l’entrée du parc, côté Columbus Circle.
La « révolution » verte est en marche

C’est anecdotique, certes, mais une véritable lame de fond écolo gagne de plus en plus de New-yorkais, portée, depuis 2007, par la politique du maire Michael Bloomberg : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % d'ici à 2030 ; planter un million d’arbres avant 2017 ; économiser l’eau et l’énergie ; recycler et réduire les déchets ; construire des bâtiments plus respectueux de l’environnement ; convertir tous les taxis au moteur hybride, alors que de plus en plus de bus fonctionnent au gaz naturel ou combinent diesel et électrique, etc.
Des associations comme GrowNYC cherchent à préserver et à multiplier les jardins collectifs (open space greening), anciens terrains vagues métamorphosés en potager, verger, théâtre de verdure, lieu d’expo en plein air, oasis apaisant… Quel plaisir de les découvrir par hasard, en flânant, par exemple, dans Alphabet City, du côté d’East Village !
Un retour à la terre, au terroir qui se traduit aussi par le formidable engouement pour les aliments bio (organic) et pour la « locavore attitude » : elle consiste à privilégier les produits cultivés dans les alentours (New Jersey, vallée de l’Hudson et même Brooklyn !). Les restos les mettent en avant sur leurs menus, les greenmarkets sur leurs étals : ces marchés fermiers prolifèrent, le plus connu restant celui d’Union Square. On croise même des pressings affichant en vitrine « organic cleaning »… À quand le retour des lavandières sur les berges de l’East River !?
Sous les pavés, la plage !

Le retour des beaux jours est une excellente occasion de s’adonner aux loisirs nautiques et aquatiques. Du printemps à l’automne, il est possible de louer des kayaks pour voguer sur l’Hudson. Ou de partir en excursion guidée pour atteindre Governor’s Island à la seule force des pagaies. Voire, pour les plus aguerris, de faire le tour de Manhattan en une journée. Quelle sensation inoubliable de contempler la célèbre et imposante skyline depuis son frêle esquif… Souquez, moussaillons !
Mais on peut aussi s’allonger au soleil sur le sable, à quelques encablures de la frénésie de Manhattan. Les plages sont à portée de métro ou de train : Coney Island (photo), la plus proche, qui borde Brooklyn, est populaire ; les Hamptons, à l’autre bout de Long Island, très chic ; sans oublier la plus grande, Rockaway Beach, du Queens, un spot prisé des… surfeurs !
Cette dernière fait partie de la Gateway National Recreation Area, tout comme Jamaica Bay Wildlife Refuge, la réserve naturelle voisine, accessible par la ligne A (station Broad Channel) : ce sont des marécages où nichent des centaines d’espèces d’oiseaux, notamment des migrateurs nombreux au printemps et à l’automne. On les observe en parcourant les chemins de randonnée. Take a walk on the wild side !
Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez nos fiches New York et Etats-Unis
Office de tourisme de New York
Parcs et espaces naturels de New York
- New York City Department of Parks
- La High Line, jardins suspendus à l’ouest de Manhattan
- La réserve naturelle Jamaica Bay Wildlife Refuge
Visites guidées
- Les guides Urban Park Rangers organisent des excursions (en général gratuites) sur la faune et la flore, notamment dans Central Park
- NYC Audubon Society, association de protection des oiseaux, propose des randos (payantes) pour les observer
Initiatives écolos
- L’organisation citoyenne GrowNYC agit pour l’amélioration de l’environnement et la sensibilisation à l’écologie, notamment par la défense des green markets et jardins communautaires.
- PlaNYC 2030 recouvre la politique de développement durable de la municipalité.
Comment se déplacer ?
- En deux-roues :
- en cyclo-pousse ou pedicabs avec Manhattan Rickshaw
- Mai est le mois du vélo à NYC
- site de la municipalité pour les cyclistes
- Sur l’eau :
- location et excursions payantes en kayak avec la Manhattan Kayak Company ou la NY Kayak Company .
- Prêt de kayak gratuit par Downtown Boathouse
Où dormir ?
- Desmond Tutu Conference Center, à Chelsea (180, 10e Av.) : à partir de 160 € environ la chambre double. 60 chambres confortables, à la déco d’inspiration sud-africaine, dans un bâtiment de style gothique du XIXe siècle. Respect de l’environnement par économies d’énergie et utilisation de produits écologiques. En prime, un petit parc attenant.
- Hôtel 70 Park Avenue, près de Grand Central Station (70, Park Av.) : à partir de 190 € environ la chambre double. Les installations de cet hôtel de standing permettent des économies d’eau et d'énergie. Des produits respectueux de l'environnement et des matériaux recyclés sont utilisés, le tri sélectif des déchets est pratiqué et des aliments bio sont proposés.
Trouvez votre hôtel à New York
Où manger ?
- Restos servant des produits locaux et/ou bio :
- Franny’s : 295 Flatbush Av., près de Prospect Park à Brooklyn. Tél. : 718 230 0221. Repas complet : 25 €. Ouvert tous les soirs, ainsi que les samedi et dimanche midis. Un excellent resto italien qui joue le jeu de l’agriculture durable en sélectionnant avec soin les ingrédients à la base de ses pizzas, pâtes, pannacotta, etc. Mais aussi en utilisant des énergies renouvelables et des produits d’entretien verts.
- Josie’s : 300, Amsterdam Av. dans le West Side (Tél. : 212 769 1212), ou 565, 3e Av., près de Grand Central Station (Tél. : 212 490 1558). Repas complet : 20 € environ. Ouvert tous les jours, midi et soir.
Deux bonnes adresses aux menus identiques où la cuisine bio fusionne les influences américaine, mexicaine, asiatique, etc.
- Marchés et supermarchés vendant des produits locaux et/ou bio :
- Les Greenmarket farmers markets à NYC
- Whole Foods Market, chaîne de supermarché bio avec une partie traiteur
Psst... En plus, il y a un cadeau à l'inscription à nos newsletters !
Les derniers reportages sur le meilleur à New York
Infos pratiques
Bons plans voyage New York























