Kyoto, nos coups de cœur

sanctuaire Fushimi-Inari - Kyoto
Torii du sanctuaire Fushimi-Inari © superjoseph- Adobe Stock

Kyoto, qui fut capitale impériale pendant plus de mille ans, reste le cœur battant artistique et culturel du Japon. Avec près d’un million et demi d’habitants, la ville, au patrimoine exceptionnel, est lovée dans un écrin de collines verdoyantes. Kyoto est étendue mais se parcourt facilement à vélo ou à pied, notamment grâce à un bon réseau ferré. Les trains permettent de rejoindre rapidement des sites plus éloignés, présentant un grand intérêt et souvent à l’écart de la foule. Voici nos expériences préférées, variées et plus ou moins centrales.

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Les temples Kinkaku-ji et Ryoan-ji : icônes de Kyoto

Kinkaku-ji,
Kinkaku-ji © PhotoSpirit - stock.adobe.com

Tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, ces temples, distants d’environ 1 km, comptent parmi les plus fréquentés de Kyoto. Non sans raison : ce sont de véritables splendeurs.

Le Kinkaku-ji, ou Pavillon d’Or, était à l’origine une résidence bâtie en 1397 pour la villégiature du shogun Ashikaga Yoshimitsu. À sa mort, conformément à ses vœux, la villa devint un temple bouddhiste zen.  Détruit par un incendie en 1950, le pavillon principal, à trois niveaux, a été reconstruit à l’identique, mais avec davantage de feuilles d’or sur ses façades. 

Son reflet sur la surface de l’étang attenant est une merveille. Il a inspiré l’un des plus grands romans japonais du XXᵉ siècle : Le Pavillon d’or de Yukio Mishima.

Jardin zen du temple Ryōan-ji - Kyoto
Jardin zen du temple Ryōan-ji © SeanPavonePhoto - stock.adobe.com

Le temple Ryōan-ji est réputé pour son jardin zen d’environ 250 m², qui remonterait au début du XVIᵉ siècle. Il est constitué de sable, de gravier et de quinze pierres, disposées de telle sorte qu’il est impossible de les voir toutes en même temps. Ce nombre étant symbole de perfection, la composition suggère que celle-ci ne peut jamais être atteinte.

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À environ 7 km à l’ouest ou au sud du jardin sec de Ryōan-ji, deux options verdoyantes s’offrent à vous : la bambouseraie d’Arashiyama, qui forme une magnifique voûte au-dessus d’une allée d’environ 1 km ; le jardin de mousse Kokedera du temple Saihō-ji, accessible sur réservation.

Le Ginkaku-ji, le Pavillon d’argent, et le chemin des Philosophes

Ginkaku-ji - Kyoto
Ginkaku-ji © bennymarty - stock.adobe.com

C’est le petit-fils d'Ashikaga Yoshimitsu, seigneur à l’origine du Pavillon d’or, qui fit ériger le Ginkaku-ji ou Pavillon d’argent à la fin du XVe siècle, sur le modèle de celui de son aïeul. Lui aussi shogun, Ashikaga Yoshimasa se retirait dans cette villa, transformée en temple après sa disparition.

Malgré son nom, et le projet initial, l’édifice ne fut jamais recouvert d’argent. Il n’en est pas moins sublime et il appartient, désormais, au patrimoine mondial de l’Unesco. Juste devant, le jardin sec présente un monticule de sable évoquant le mont Fuji.

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Le chemin des Philosophes a été baptisé en l’honneur d’un professeur de philosophie de l'université de Kyoto. Il pratiquait la marche méditative au fil de ce sentier de 2 km qui longe un charmant petit canal. L’une de ses extrémités se situe au niveau du Pavillon d’argent. La balade est particulièrement séduisante au printemps, quand les nombreux cerisiers sont en fleur.

Château Nijo et palais impérial : souvenirs d’une capitale

château Nijo - Kyoto
Château Nijo © coward_lion - stock.adobe.com

Le vaste château Nijo fut, pendant plus de 2 siècles, un défi face à l’affaiblissement des empereurs : c’est le premier shogun d’une longue et puissante dynastie, Tokugawa Ieyasu, qui le fonda en 1603 à un endroit dominant le palais impérial, comme pour mieux le toiser. 

Remanié à plusieurs reprises, l’ensemble montrait le faste et l’opulence des seigneurs de la guerre, abrité derrière une impressionnante muraille. Mais en 1867, il fut remis à l’empereur, en signe d’allégeance. Aujourd’hui, il est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

marché Nishiki - Kyoto
marché Nishiki © pierrick - stock.adobe.com

Quant au palais impérial, entouré d’un immense et somptueux parc, il n’est plus la résidence officielle de l’empereur depuis 1868, au moment où la capitale fut transférée à Tokyo. Néanmoins, il mérite bien une visite !

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À proximité du château et du palais, le marché Nishiki, entre ruelle et galerie couvertes, est un épicentre commerçant et gastronomique de Kyoto. On y trouve tous les ingrédients de la cuisine japonaise et on peut déguster sur place ses spécialités, aussi nombreuses que variées.

Villa impériale Katsura, de sublimes jardins

villa Katsura et jardin
Villa Katsura et jardin © Stéphanie Condis

À 10 km au sud-ouest du palais de l’empereur Go-Yōzei, son frère, le prince Toshihito, se fit construire la villa Katsura, dont seul le parc se visite, sur réservation et lors d’un tour guidé d’une heure en petit groupe. Épargnés par les incendies, les bâtiments ont conservé leur forme initiale, très épurée. 

Le sublime jardin qui les entoure a, lui aussi, gardé son agencement du XVIIᵉ siècle. Sur le principe du bonsaï, l’idée est de miniaturiser une nature parfaite sur environ 7 hectares.

Collines, étang avec îles, plage et criques… ce paysage en modèle réduit a été entièrement façonné par la main de l’homme et s’inscrit dans la perspective des hauteurs boisées entourant Kyoto, qui se dessinent au loin. 

villa Katsura
Intérieur de la villa Katsura © beibaoke - stock.adobe.com

Les maisons de thé étaient choisies selon les saisons, en fonction des plantations alentour, afin d’admirer au mieux la floraison printanière ou les couleurs automnales. Plusieurs promontoires ont également été aménagés pour contempler la lune se reflétant sur l’eau.

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À 12 km au sud de la villa Katsura, l’Asahi Group Oyamazaki Villa Museum of Art  porte un nom qui résume son histoire. Construite à partir de 1912 à Oyamazaki par un homme d’affaires fortuné, la villa fut ensuite sauvée de la démolition grâce à son rachat par le groupe de la célèbre marque de bière japonaise Asahi, afin d’être transformée en musée, inauguré en 1996. 

Un lieu hybride, avec une villa de style anglais entourée d’un parc, à laquelle l’illustre architecte japonais Tadao Ando a ajouté deux annexes en béton dont l’une expose 5 tableaux de Claude Monet. 

Temples Kiyomizu-dera et Sanjusangen-do, prouesses architecturales

temple Kiyomizu-dera - Kyoto
Temple Kiyomizu-dera © SeanPavonePhoto - stock.adobe.com

Le temple Kiyomizu-dera est l’un des emblèmes de Kyoto, dont il offre un panorama grandiose depuis son incroyable terrasse. Celle-ci est soutenue, à 13 m du sol, par une structure de piliers en bois imbriqués… sans aucun clou. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le site occupe le sommet d’une colline à l’est de la ville.

Statues de Sanjūsangen-dō - Kyoto
Statues de Sanjūsangen-dō © Samuel Ponce - stock.adobe.com

À 2 km au sud-ouest de ce temple, Sanjūsangen-dō, quasiment intact depuis 1266, constitue lui aussi une prouesse architecturale en bois, cette fois par sa longueur : étirée sur 120 mètres, la « salle aux trente-trois espaces entre les colonnes », traduction littérale du nom du temple, abrite des centaines de statues dorées, principalement celles de la divinité de la compassion, Kannon. Certaines sculptures remontent même à la fondation du sanctuaire, au milieu du XIIᵉ siècle.

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En face du Sanjūsangen-dō, le Musée national de Kyoto, inauguré en 1897, présente une grande diversité de trésors japonais : céramiques, laques, costumes anciens, calligraphies ou encore peintures bouddhistes. Les collections permanentes sont si riches que les pièces exposées tournent régulièrement dans le bâtiment le plus moderne du site.

Le sanctuaire Fushimi-Inari : des torii par milliers

Fushimi Inari
Fushimi Inari © Sven Taubert - stock.adobe.com

Avec plus de 10 000 portiques rouge orangé, ou torii, enjambant les chemins pentus à l’est du centre, le sanctuaire Fushimi-Inari est l’un des sites majeurs de Kyoto, fascinant par son ambiance presque magique. Mais les galeries formées par les torii alignés les uns derrière les autres sont rapidement bondées, et la promenade en forêt peut devenir très encombrée. Il serait pourtant dommage de se priver d’une telle beauté.

Heureusement, plus on monte au fil des quelque 5 km de sentiers (environ deux heures de marche au total), plus l’affluence diminue. Les plus courageux sont récompensés par un superbe panorama au sommet, avec Kyoto à leurs pieds. 

Pagode - temple Daigo-ji - Kyoto
Pagode - temple Daigo-ji ©

Quant aux lève-tôt ou aux couche-tard, ils peuvent profiter des lieux dans une atmosphère bien plus calme : le sanctuaire est ouvert 24 heures sur 24 et bénéficie, en partie, d’un éclairage public. Le plaisir et l’envoûtement n’en sont que décuplés.

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Un peu plus loin au sud-est, dans l’arrondissement de Yamashina, le temple Daigo-ji offre, depuis son sommet, un splendide point de vue sur la ville. Parmi ses nombreux bâtiments se trouve la plus ancienne pagode de Kyoto : une structure de cinq étages érigée en 951. Dans le même secteur, le quartier de Kiyomizuyaki Danchi est surnommé « le village des potiers », une activité traditionnelle locale depuis le XVe siècle.

Le quartier historique de Gion, kabuki et geisha

Gion - Kyoto
Gion © f11photo - stock.adobe.com

À l’est du centre de Kyoto, de l’autre côté de la rivière Kamogawa et au pied des collines arborées, s’étend Gion, quartier de traditions et d’animations, marqué par deux grandes composantes historiques, chacune emblématique des divertissements à la japonaise. 

D’une part, le kabuki, illustre forme du théâtre nippon. D’autre part, la culture geisha, dont l’art de vivre s’exprime dans les maisons anciennes, ou machiya. Celles-ci abritent aujourd’hui des salons de thé, des restaurants gastronomiques et d’élégantes boutiques.

Se promener dans les rues en partie piétonnes de Gion, c’est s’immerger dans une ambiance fascinante, au charme intemporel… mais aussi devenue très touristique.

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Sur les hauteurs de Gion, la Villa Kujoyama, original immeuble en béton inauguré en 1992, héberge chaque année 15 artistes ou artisans pour 4 à 6 mois. Ce lieu de recherche pluridisciplinaire relève de l’Institut français du Japon. Le premier jeudi du mois, de 14h à 21h, l’ouverture au public, gratuite et sans réservation, permet d’assister à des concerts, projections, performances, conférences, ateliers, etc.

Le monastère Daitoku-Ji, temples et jardin zen

Jardin du Ryōgen-in - Kyoto
Jardin du Ryōgen-in © DS - stock.adobe.com

D’abord fondé au début du XIVᵉ siècle mais détruit par les flammes, Daitoku-ji , dédié au bouddhisme zen, est empreint de sérénité. 

Parmi la vingtaine de temples que compte ce vaste complexe situé dans la partie nord de Kyoto, le plus connu est Ryōgen-in, datant du XVIᵉ siècle. Son petit jardin sec constitue l’essence abstraite de la nature : sur une centaine de mètres carrés, il reproduit en trois dimensions et en version monochrome le paysage peint sur les portes coulissantes de l’entrée. Sa contemplation invite à imaginer le sable strié comme les flots d’une rivière, un caillou posé dessus comme la carapace d’une tortue, un rocher plus loin comme une montagne. 

Le monastère abrite bien d’autres trésors : espaces verts, maisons de thé et lieux dédiés à la cérémonie du thé, très codifiée.

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Près de Daitoku-ji, le temple Kitano Tenmangū remonte à 947. Son édifice principal, datant du XVIIᵉ siècle, est classé « trésor national ». Chaque 25 du mois, un marché aux puces s’installe tout autour du sanctuaire, dès 6 h du matin et jusqu’en fin d’après-midi.

Le musée de l’Artisanat et du Design, un riche patrimoine à découvrir

Museum of Crafts and Design
Museum of Crafts and Design © Sarah Marcadé

Voisin du musée d’art moderne, le Mocad - Museum of Crafts and Design, reflète toute la richesse d’un patrimoine ancestral à travers une scénographie contemporaine et interactive. Situé près du centre, sur la rive est de la rivière Kamo, le musée met en lumière les 74 activités artisanales typiquement locales

Les techniques sont expliquées en détail, notamment grâce à des vidéos, et les pièces issues de ce travail minutieux et rigoureux sont exposées de manière aérée : masques et perruques pour le théâtre, ombrelles et éventails, lanternes en papier et boîtes en bambou, coutellerie, arcs et flèches, tatamis, bougies, saké, poterie… La boutique du musée propose certains de ces objets, aussi esthétiques que pratiques.

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Chaque mois, des démonstrations d’artisanat sont programmées, de la gravure à la marqueterie, en passant par la broderie et la laque.

Le mont Kurama, randonnée dans la nature

mont Kurama
Mont Kurama - escalier de lanternes © peia - stock.adobe.com

Au nord de la ville, le mont Kurama est considéré comme le berceau du reiki, méthode de soins visant à rééquilibrer les énergies. Il est aussi réputé comme le domaine des tengu, créatures mythiques dont le roi, Sōjōbō, est représenté par une statue à la gare de Kurama, reliée en train au centre de Kyoto. 

Un itinéraire de randonnée mène du temple Kuramadera, fondé au VIIIᵉ siècle, au sanctuaire de Kifune-jinja, situé dans le village de Kibune et consacré à la déesse de l’eau. On y accède par un long escalier de pierre jalonné de lanternes rouges. 

Entre les deux sites, la marche de deux à trois heures est particulièrement agréable en été, car les sentiers sont ombragés par les cèdres et l’atmosphère rafraîchie par les ruisseaux.

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Le village de Kibune est réputé pour ses restaurants dotés de kawadoko, terrasses en bois installées au-dessus de la rivière, où l’on déguste une cuisine traditionnelle à l’abri de la chaleur estivale.

Fiche pratique

Consulter notre guide en ligne sur le Japon

Site de l’office de tourisme de Kyoto

Site de l’office de tourisme du Japon

Comment y aller ?

En avion 

Depuis les aéroports internationaux de Tokyo Haneda ou Narita, liaisons ferroviaires à très grande vitesse en Shinkansen, en 2h30 ou 3h environ.

Depuis l’aéroport international d'Osaka-Kansai, environ 1h30 en train.

En train

Depuis Tokyo, en Shinkansen : environ 2h de trajet.

Trains fréquents entre Kyoto et Osaka : environ 30 min de trajet.

Bon à savoir

Pour tenter d’atténuer le surtourisme, la municipalité a d’ailleurs mis en place un système de prévisions d’affluence.

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