Cap-Vert : Boa Vista, l’île aux dunes

05 mai 2026

Au Cap-Vert, ex-colonie portugaise composée de dix îles, Boa Vista est celle qui est la plus proche du continent africain, à environ 550 km à l’ouest du Sénégal. Elle tient de cet archipel volcanique sa géologie singulière : des étendues plates aux roches noires ou rouille, dignes de la planète Mars. Par endroits, des sommets semblent sortir de nulle part, culminant, avec le Monte Estâncio, à près de 390 m. Sur la plupart du littoral, de sublimes plages s’étalent à perte de vue. Cette terre dont la géologie peut paraître hostile n’en est pas moins très hospitalière ! Car son aridité est compensée par la gentillesse des habitants, par les couleurs vives des maisons et par la douceur de la morna, style musical né à Boa Vista, rendu célèbre par Cesaria Evora et désormais inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.



Les superbes plages immaculées de Boa Vista

Boa Vista abrite la moitié des plages (praias en portugais) du Cap-Vert. Avec une cinquantaine de kilomètres sur l’ensemble de son rivage, elle mérite bien le surnom d’île aux dunes !
Parmi les étendues immaculées de sable clair dont les courbes sont sculptées par les alizés, la plus longue est Santa Monica, au sud-ouest, se déployant sur 18 km environ. Suivie, une fois passé le cap rocheux surmonté d’un phare, de Varandinha : des criques découpées où vivent des tortues dans l’eau et des balbuzards pêcheurs dans les airs.
Toujours en direction du nord, surgissent les splendides dunes de Chaves : leurs ondulations ocres, aux reflets variant avec la luminosité, tranchent avec le bleu du ciel et des flots. Puis la praia Estoril fait le trait d’union avec le chef-lieu de Boa Vista, Sal Rei.

Sur la côte Est, les plages de sable sont protégées, en particulier à Ervatão, pour que les tortues marines (vertes ou caouannes, par exemple) puissent pondre en toute tranquillité, entre juin et octobre. Il est aussi possible d’observer, au large de Boa Vista, une vingtaine d’espèces de cétacés, dont les baleines à bosse de février à mai.
Comme la température de l’océan Atlantique fluctue entre 22 et 25 degrés toute l’année, il est agréable de s’y baigner, en choisissant des secteurs à l’abri des forts courants et des puissants rouleaux. Des vagues qui attirent de nombreux pratiquants de surf, kitesurf et windsurf, notamment de janvier à mars, quand les vents sont propices.
L’étonnant désert de Viana n’est pas en bord de mer, mais dans les terres, au nord-ouest de Boa Vista. Son sable fin d’une blancheur très pure s’est accumulé au fil des siècles par l’action des vents : ce n’est pas un mirage, le Cap-Vert est bien au niveau de la zone Sahel !
Sal Rei, capitale métissée de Boa Vista

Le nom Sal Rei fait référence à l’une des quatre salines de Boa Vista, qui se situe au nord du centre-ville mais n’est plus exploitée, alors que le sel a représenté, pendant des siècles, un véritable or blanc.
Avec ses 20 000 habitants, la « capitale » de l’île possède, dans son cœur historique, des vestiges de la colonisation portugaise. Notamment les sobrados, ces demeures de riches marchands qui profitaient de la position stratégique de l’archipel, au carrefour de plusieurs routes maritimes entre Afrique, Amérique et Europe.

L’un de ces édifices cossus, du début du XIXe siècle, a été restauré en café-restaurant Sodade. Il accueille aussi, à l’étage, l’intéressante Casa da Cultura. Cette « maison de la mémoire » se visite avec un audioguide, au fil des pièces meublées d’antiquités et d’objets d’un quotidien révolu, de tableaux et photos anciennes.
Depuis les fenêtres, au-delà de la place carrée et de la plage d’Diante, s’étire un îlot inhabité avec les ruines d’un fort qui défendait, jadis, la cité face aux fréquentes attaques de pirates.
Quatre rues derrière le petit musée, la Rua Bom Sossego surprend avec ses façades décorées de motifs géométriques colorés et variés. Ils ont été peints par un collectif d’artistes du quartier.
Rabil, à 10 km au sud de Sal Rei, fut pendant longtemps la principale commune de Boa Vista. Car, à ses pieds, coule une rivière permettant les cultures. Posé sur une crête, le bourg est connu pour son école-atelier de poteries traditionnelles fabriquées à partir de l’argile extraite de la colline en face.
Les villages colorés de Boa Vista

Au nord, à l’intérieur de Boa Vista, de petites routes pavées desservent plusieurs hameaux dont elles constituent la rue principale. En venant de Sal Rei, c’est d’abord Bofarreira que l’on traverse, avec sa place centrale où jouent des gamins. Derrière la colline, il est possible de randonner dans un canyon. Vient ensuite João Galego : sur le fond bleu d’un mur de l’école, sont dessinés une baleine à bosse et des tortues, symboles de l’île.
D’autres constructions ont adopté de pimpantes couleurs. Tout comme dans la localité d’après, Fundo das Figueiras, qui a vu naître le premier président du pays, quand le Cap-Vert a obtenu son indépendance en 1975. La maison familiale d’Aristides Maria Pereira a disparu mais une plaque commémorative en indique l’emplacement. Ici aussi, les trottoirs pavés sont bien entretenus et plantés de cactus, bougainvilliers et palmiers.

La route se termine par Cabeça dos Tarafes aux façades également bigarrées. L’épicerie qui se trouve dans une bâtisse jaune, sur la droite en arrivant, vend des produits on ne peut plus locaux : des fromages de chèvre et du grogue, cette eau-de-vie typiquement cap-verdienne, élaborée à partir de la canne à sucre et qui s’apparente au rhum agricole.
A la pointe sud de l’île, Curral Velho est un village abandonné depuis 1960 à cause de l’aridité persistante. Y vivaient des pêcheurs mais, surtout, de nombreux troupeaux, de chèvres, vaches et chevaux, que les éleveurs gardaient dans des enclos de pierre, ou curral. Longtemps prospère grâce à ces activités, et à la récolte du sel dans la saline voisine, la localité est devenue fantôme, avec les murs de pierre sèche pour seuls témoins du passé.
Fiche pratique
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Site de l’office de tourisme du Cap Vert
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Comment y aller ?
En avion
La compagnie Transavia dessert Boa Vista avec des vols directs au départ de Paris-Orly, Nantes, Toulouse et Bordeaux. Durée du trajet : environ 6 heures. A partir de 98 € l’aller.
Bonnes adresses
- Hôtel Barceló Marine : praia da Cruz, à Sal Rei. Tél. : +238-351-0770. Chambre double : à partir de 150 € en pension complète. L’hôtel, composé de bungalows en pierre à flanc de rocher, a l’avantage d’être un peu excentré, mais pas trop, dans la partie nord du chef-lieu de l’île, et attenant à une petite plage protégée. Les allées pavées de ce mini-village serpentent entre les cactus, bougainvilliers, palmiers et acacias pour desservir bars-restaurants, grande piscine et 160 chambres au cadre sobre et moderne.
- Café-restaurant Sodade : avenida Amilcar Cabral, à Sal Rei. Tél. : + 238 581 2200. Tlj 8h-14h et 17h-23h30. Plats 8-18 €. En plein centre-ville, la superbe maison restaurée au mobilier ancien et aux deux patios ombragés propose de s’attabler dès le petit déjeuner et jusqu’au dîner. Elle met en valeur la cuisine cap-verdienne (dont le plat traditionnel cachupa ou la pêche du jour) mais aussi la musique du pays, avec des concerts plusieurs soirs par semaine.
- Restaurant Origens : sur la Praia Santa Monica. Tél. : + 238 956 79 04. Tlj 10h-18h. Plats 14-26 €. La terrasse en bois du bar-restaurant de plage ménage un panorama splendide sur l’océan et l’étendue de sable blond. Dans l’assiette, les produits locaux sont bien préparés : poulet, poulpe ou crevettes grillés ; filets de sériole ou thon ; pâtes aux fruits de mer ; ou encore fromage de chèvre.
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