Les plus belles randonnées d’Espagne

Randonneuse dans le parc national d'Ordesa et du Mont Perdu - Espagne
Parc national d'Ordesa et du Mont Perdu © Pablo Eskuder - stock.adobe.com

L’Espagne, ce n’est pas que playa, fiesta et paella. Pour se dégourdir les jambes, notre voisin ibérique compte nombre de sentiers de randonnée. Que ce soit en montagne ou au bord de la mer, on découvre à son rythme une Espagne souvent rurale, authentique et spectaculaire.

De la Galice à l’Andalousie et de la Costa Brava à Almeria, voici notre sélection des plus belles randonnées d’Espagne continentale.

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Les plus belles randonnées d’Espagne : Nord

Pour de nombreux marcheurs, l’Espagne, surtout au nord du pays, rime à la fois avec Pyrénées et chemins de Saint-Jacques.

Dans cette sélection, les treks pyrénéens et voies jacquaires sont bien présents, avec quelques-uns des plus beaux itinéraires de ces deux grands thèmes de la randonnée espagnole.

Néanmoins, d’autres parcours, sur les côtes et à travers d’autres massifs montagneux, complètent ce panorama du nord de l’Espagne.

Camino francès, de l’Aragon à la Galice

Camino francès - Leon
Camino francès - Leon © GDM photo and video - stock.adobe.com

Le Camino francès reste la voie jacquaire la plus célèbre d’Espagne et de loin la plus fréquentée. La richesse patrimoniale, la diversité paysagère et l’ambiance si particulière de ce parcours justifient amplement ce statut. Son tracé passe par les belles villes de Pampelune, Burgos, Leon, Astorga et plonge aussi les pèlerins au cœur d’une Espagne rurale, où certains villages ne vivent que grâce à leur passage.

Le Camino surprend, par ses paysages attrayants et emprunts de sérénité des Pyrénées à la Navarre, puis par cette longue et difficile – mais paradoxalement très riche et marquante – traversée du désert de la Meseta, aux étendues arides et parfois monotones, contrastant avec ses villes animées aux multiples richesses patrimoniales.

Le monde entier marche ici, sur les traces des pèlerins médiévaux, vers le champ d’étoiles qui garde le tombeau de l’apôtre. On y vient pour des raisons religieuses, parfois, spirituelles souvent, mais aussi et surtout pour la découverte, l’introspection et les belles rencontres. Le Camino francès reste incontournable lorsque l’on veut découvrir l’ambiance et le charme si particulier des chemins de Saint-Jacques.

Distance : 811 km

Durée : 33 jours

Difficulté : technique : 1/5 ; physique : 4/5. Les sols sont réguliers et le dénivelé assez faible sauf en Galice. Néanmoins, les longues lignes droites de la Meseta et la durée du voyage représentent un vrai challenge.

Parcours : chemins-compostelle.com

Camino del Norte, du Pays basque à la Galice

Camino del Norte
Camino del Norte © poliki - stock.adobe.com

Le Chemin du Nord vers Compostelle, qui longe de près le littoral atlantique de l'Espagne, est assurément une alternative pleine de charme au Camino francés. Le parcours est vraiment agréable : de très belles vues marines, mais aussi de beaux paysages montagneux, au départ, dans le Pays basque, puis sur la fin, dans les monts de Galice. Bien moins fréquenté que le Camino francès, il offre une expérience différente et plus intimiste.

Autre atout, le Camino del Norte est presque dépourvu de passages « ingrats » : peu d'entrées de ville pénibles (ni à Bilbao, ni à San Sebastian notamment), pas de longs passages de plaines agricoles monotones. Les courtes traversées en bateau renforcent le charme.

Distance : 878 km

Durée : 39 jours

Difficultés : technique : 2/5 ; physique : 5/5. Les pentes sont prononcées au début de l’itinéraire, dans le beau Pays basque, où certaines étapes sont de véritables marches en montagne. Cela demeure assez dur ensuite, notamment sur la partie finale, dans les monts de Galice. Ce tracé exigera, pour mieux l'apprécier, une condition physique un peu plus poussée que son « rival » de l'intérieur des terres.

Parcours : chemins-compostelle.com

Camiño dos Faros (Galice)

Costa da Morte
Costa da Morte © btPhot - stock.adobe.com

Tout au bout de l’Espagne, au nord du Portugal, la Galice est une terre promise pour les marcheurs. Sa côte découpée et spectaculaire avait déjà marqué les esprits des pèlerins de Compostelle qui poussaient jusqu’à Finisterre (Fisterra).

Ce nouveau Camiño dos Faros permet de mieux découvrir sa côte, allant de phare en phare, de villages de pêcheurs en ports, de plages en falaises. Il relie aussi plusieurs sites marqués par le pèlerinage jacquaire, comme Muxía et Fisterra.

Le nom lugubre de cette côte galicienne, la Costa da Morte (« Côte de la mort », donnée par la fréquence des naufrages sur ce littoral découpé) est vite démenti : les plages, les panoramas spectaculaires sur l’océan, les villages préservés – où l’on admire un patrimoine religieux important – et les dolmens se succèdent. À l’étape, il est bon de se détendre devant un verre de cidre local.

On marche en observant la force des vagues, le vol des très nombreux oiseaux qui peuplent ce milieu protégé, battu par les vents. Les phares nous guident d’étapes en étapes, comme ils le font pour les navires. Chaque jour est marqué par la beauté de leurs sites, que l’on atteint après de bonnes journées de marche, entre 7 et 9 heures d’efforts si agréables sous les embruns et le soleil de Galice.

Distance : 200 km

Durée : 8 jours

Difficulté : technique : 3/5 : physique : 2/5. Un parcours au profil aussi découpé que la côte qu’il parcourt, avec des pentes brèves mais sèches !

Parcours : caminodosfaros.com

Camin de Sant Jaume (Catalogne)

Monastère de Montserrat
Monastère de Montserrat © lizaelesina - stock.adobe.com

Peu connu, le chemin catalan de Saint-Jacques entraîne, au départ de la côte (par El Porte de la Selva) ou de la frontière française (le col de la Jonquera), à travers la province, en vous faisant découvrir des régions souvent méconnues.

Après un passage à Figueres, la ville de Salvador Dalí, vous continuerez votre chemin par les collines avant d’arriver à Girona. Prenez le temps de visiter le centre historique de cette belle localité.

Ensuite, direction les « petites Pyrénées » qui vous charmeront vraiment : vous marcherez à travers une nature très préservée, de villages en ermitages romans. C’est certes un peu plus vallonné que la moyenne des voies jacquaires, mais cela en vaut vraiment la peine.

L’itinéraire se poursuit ensuite vers Manresa, puis grimpe jusqu’au monastère de Montserrat, un lieu mythique de la Catalogne perché sur une montagne aux formes impressionnantes.

Ce Camin de Sant Jaume se poursuit ensuite vers l’Aragon, se confondant avec le Camino de San Ignacio (à contresens) pour remonter vers Logrono (où il rejoint le Camino francès) et poursuivre au nord vers le Pays basque (pour les marcheurs qui veulent poursuivre sur le chemin de saint Ignace). Peu connue, cette route possède pourtant bien des atouts : très belle nature, patrimoine historique, belles villes... et le balisage est très correct.

Distance : 450 km

Durée : 15 jours

Difficulté : technique : 2/5 ; physique : 4/5. Le parcours est vallonné et certaines étapes, assez sauvages, sont plutôt longues (30 km). Il s’adresse donc aux « pèlerins confirmés ».

Parcours : catalunyaexperience.fr

GR®7, de la Catalogne à l’Andalousie

GR®7
GR®7 © Sylvain Bazin

Partie intégrante d’un des plus longs itinéraires pédestres d’Europe, le chemin E4, le GR®7 espagnol prend la suite du GR®7 français, puis andorran, qui suit la ligne de partage des eaux. Il traverse l’Espagne sur un axe sud-est de la Catalogne jusqu’à Tarifa.

En Catalogne, il permet de découvrir des massifs et des zones rurales peu connus et pourtant plein de charme. Cette grande itinérance fait découvrir la Catalogne de l’intérieur, des Pyrénées jusqu’aux terres de l’Ebre.

Le GR®7 file vers les zones rurales préservées autour de Sant Pere Sallavinera, Rubió et Bellprat puis le massif du Port, près du delta de l’Ebre.

Après les contreforts pyrénéens et le parc naturel de l’Alt Pirineu, le parcours descend sur les collines jusqu’à la Sierre Miramar et les campagnes intactes autour de Sant Pere Sallavinera, Rubió et Bellprat.

Il aborde la chaîne de montagnes de Llaberia, avant de suivre le cours de l'Ebre et de monter sur le massif du Port.

Distance : 384 km

Durée : 24 jours

Difficultés : technique :3/5 ; physique : 4/5. Une itinérance exigeante, sur des terrains variés, souvent montagneux ou très vallonnés.

Parcours : fr.wikiloc.com

GR®11 – La Transpirenaica, du Pays basque à la Catalogne

Randonnée dans les Aigüestortes
Parc national d’Aigüestorte © Alberto Gonzalez - stock.adobe.com

Pendant espagnol du GR®10 français, le GR®11 propose une traversée complète des Pyrénées du cap Higuer de la mer Cantabrique au cap de Creus, sur les rives catalanes de la Méditerranée. S’il est assez facile de combiner ces deux tracés pour traverser les Pyrénées, le versant sud réserve un parcours exigeant mais spectaculaire sur ses 700 km, de refuge en refuge. Il est plus difficile que son homologue français, mais moins que la Haute Route, aux accents sauvages.

La force de ce parcours espagnol reste la diversité des ambiances : on passe ainsi de la fameuse forêt d’Iraty et des vertes vallées de Navarre, aux hauteurs sauvages et minérales du parc national d’Ordesa, puis aux mille lacs du parc national d’Aigüestorte.

Ensuite s’annoncent les étendues plus arides du versant sud de l’Aneto avant de descendre vers la rive catalane de la Méditerranée, dominée par des monastères perchés et de belles forêts de chênes-lièges.

Distance : 704 km

Durée : 50 jours

Difficultés : technique : 5/5 ; physique : 5/5. Une traversée de longue haleine, en milieu montagnard, exigeante tant sur le plan physique que technique. Une bonne condition physique et de l’expérience en montagne sont requises pour bien vivre l’aventure.

Parcours : visugpx.com

GR®92, traversée de la Costa Brava (Catalogne)

GR®92 - Costa Brava
GR®92 - Costa Brava © ttinu - stock.adobe.com

La Costa Brava, souvent injustement réduite à son côté « plages et béton », est une très belle terre de randonnée. Le GR®92 serpente entre ses criques sauvages, ses plages secrètes et ses ports intimistes. On y traverse des villages de pêcheurs, on longe des villas 1900 aux jardins paradisiaques.

Ce sentier côtier n’est ni morne, ni plat : mis à part le long de larges plages, les buttes s’enchaînent de criques en caps. Les vues sur la Méditerranée se succèdent aussi : parfois toute proche du sable, parfois des hauteurs que l’on gravit et qui plongent sur la mer. On grimpe ainsi jusqu'au château de Begur, perché sur une colline.

La réserve ornithologique des Aiguamolls vient compenser le passage peu agréable de la cité balnéaire juste avant. Les oiseaux migrateurs y sont au calme.

Après Cadaques et ses maisons blanches, le port préféré de Salvador Dalí qui y possédait une maison, on chemine vers le cap de Creus. La végétation est devenue plus rase. Les rochers, le littoral découpé créent une ambiance tout à fait particulière. Puis on s’élève à nouveau pour atteindre la frontière française. On peut d’ailleurs poursuivre sur la côte d'Émeraude par un sentier entre vignes et mer jusqu'aux fortifications entourant le coquet port de Collioure.

Distance : 245 km

Durée : 15 jours

Difficultés : technique : 3/5 ; physique : 3/5. Un parcours vallonné, aux nombreuses pentes raides et courtes. Les passages sableux peuvent aussi se révéler assez fatigants.

Parcours : costabrava-wandern.de

Delta de l’Ebre – GR®99 (Catalogne)

Ebre - flamants
Ebre - flamants © Alexey Fedorenko - stock.adobe.com

Ce sentier invite à suivre le cours de l’Ebre, entre la Cantabrie et la Catalogne. C’est dans cette dernière région qu’il révèle les plus beaux atours en livrant les rives sauvages du fleuve aux marcheurs, à l’approche et dans son delta.

On admire d’abord les bords escarpés, les différents bras qui forment des îles. Le chemin suit les turpitudes du courant, les méandres et les falaises, livrant de très beaux panoramas.

Enfin, le paysage s’ouvre sur les grands espaces plats de l’immense estuaire, abritant une faune aquatique très importante, entre les cultures de riz et les aménagements humains. On marche ainsi jusqu’à la mer à travers le parc naturel du delta de l’Ebre.

Distance : 165 km

Durée : 7 jours

Difficultés : un sentier offrant des étapes aux profils variés, plutôt abordable.

Parcours : senderosgr.es

Picos de Europa – Anillo Vindio (Cantabrie, Asturies, León)

Picos de Europa
Picos de Europa © ttinu - stock.adobe.com

À moins de 40 km de la côte Atlantique, les Picos de Europa sont une chaîne de montagnes qui s’élève rapidement, à moins de 40 km de la mer, à cheval sur la Cantabrie, les Asturies et le León.

Quand on arrive de la mer, on est frappé par le paysage, cette véritable forteresse (souvent prise dans les nuages) qui se dégage des hauts pics calcaires. Il y a plus de 2 500 m de dénivelé entre le point le plus bas et le Torre Cerredo, point culminant à 2 648 m.

Véritable paradis pour les randonneurs et les grimpeurs, le massif est parcouru par de nombreux sentiers. L'Anillo Vindio balaie le massif occidental (El Cornión) des Picos de Europa, entre les provinces de León et Asturies.

Cette itinérance assez abordable, mais spectaculaire, permet de s’immerger pleinement dans ce décor montagnard et son art de vivre, puisqu’il relie des refuges authentiques et quelques villages et hameaux typiques, à l’ouest du massif, tout en faisant découvrir parmi les plus grandioses passages des pics d’Europe. Forêts, lacs et immensités minérales et chaotiques sont au programme.

Distance : 57 km (3 120 m +)

Durée : 4 jours

Difficulté : technique : 4/5 ; physique : 4/5. Si cet itinéraire est considéré comme le plus facile des sentiers de grande randonnée des Picos de Europa, il reste néanmoins un parcours montagnard exigeant. Une bonne condition physique ainsi qu’un minimum d’expérience en montagne sont requis.

Parcours : elanillodepicos.com

Chemins des Bonshommes (Ariège, Catalogne)

Chevaux près de Mérens-les-Vals
Chevaux près de Mérens-les-Vals © alessandrogiam - stock.adobe.com

Entre une nature montagnarde très pure et les traces historiques de la fuite des derniers Bonshommes, les adeptes les plus investis dans la religion cathare, vers l’Espagne, ce tracé à saute-frontière à travers les Pyrénées possède de nombreux atouts.

D’abord, le romantisme des châteaux en ruines et le mystère qui continue de planer sur les sites cathares frappent l’imaginaire. Ensuite, on découvre un riche patrimoine rural et religieux au fil du tracé, qui reprend aussi un axe économique important entre les XIe et XIVe siècles entre l’Ariège et le Bergueda. Enfin, la nature des Pyrénées est ici mise en valeur dans toute sa diversité : des premières pentes ariégeoises au monument naturel de la Pedraforca, la force de ces montagnes préservées et le charme des petites vallées opèrent pleinement.

On goûte au calme des étapes, qu’elles soient « perdues » dans la montagne comme au petit village de Mérens-les-Vals, où paissent quelques petits chevaux de la race emblématique de la région, revigorante à Ax-les-Thermes ou inspirante à Gosol, où Picasso était venu relancer sa créativité.

Un voyage transfrontalier qui touche donc toutes nos fibres, celles des muscles mais aussi celles de l’âme, comme si la spiritualité des cathares venait guider nos pas par-delà les siècles.

Distance : 224 km (8 000 m +)

Durée : 13 jours

Difficultés : une grande itinérance montagnarde, avec un fort dénivelé et des terrains parfois boueux et rocailleux.

Parcours : ariegepyrenees.com

Ordesa et Mont-Perdu (Aragon)

Parc d’Ordesa
Parc d’Ordesa © Lukasz Janyst - stock.adobe.com

Massif calcaire le plus élevé d’Europe, le parc d’Ordesa, dont la vallée du même nom fut déclarée d’intérêt national dès 1918, est un véritable paradis pour les amateurs de rando en pleine nature.

Avec ses cathédrales de calcaire, ses nappes de conglomérats, ses canyons et ses grottes, sa structure géologique est unique. Son climat particulièrement favorable et sa préservation permettent le développement d’une faune et d’une flore exceptionnelles : près de 1 400 espèces végétales notamment.

Les grands rapaces, le gypaète barbu, l’aigle royal ou encore le vautour fauve, y dominent les airs. Véritable sanctuaire de la biodiversité, le parc d’Ordesa et ses 4 vallées (Ordesa, Añisclo, Escuaín et Pineta) est l’une des grandes réserves écologiques européennes.

C’est bien entendu à pied, sur des itinéraires montagnards et exigeants, qu’on découvre le plus facilement ce paradis pyrénéen. La boucle que nous indiquons ici, au départ de Gavarnie, est particulièrement spectaculaire. Il permet de découvrir aussi le fameux cirque et l’impressionnante brèche de Roland, l’un des joyaux minéraux des Pyrénées.

Distance : 53 km (3 300 m +)

Durée : 4 jours

Difficultés : technique : 5/5 ; physique : 5/ 5. Un parcours montagnard qui exige de l’expérience et d’être à l’aise sur quelques passages aériens et raides. Le sol est souvent rocailleux et irrégulier.

Parcours : rando.valleesdegavarnie.com

Les plus belles randonnées d’Espagne continentale : Sud

Si le nord de l’Espagne est le plus connu en randonnée pour ses longues itinérances pédestres sur les chemins de Saint-Jacques ou à travers les Pyrénées, la partie sud du pays offre elle aussi de beaux terrains d’exploration pédestre.

Cette sélection fait la part belle aux canyons, aux sentiers particulièrement impressionnants mais sécurisés qui font découvrir les pans rocheux des sierras andalouses du massif de Guadarrama, tout proche de Madrid, qui procure des sensations et des émotions esthétiques fortes grâce à leurs panoramas imprenables.

Les grandes itinérances ne sont pas oubliées : la Via de la Plata, voie jacquaire aux racines antiques, mais aussi le Camino del Cid ou la Gran Senda de Malaga permettent d’inoubliables explorations du cœur de l’Espagne.

Via de la Plata, de l’Andalousie à la Galice

Salamanque
Salamanque © malajscy - stock.adobe.com

La Via de la Plata est sans doute la voie jacquaire qui permet le mieux de découvrir l’Espagne en profondeur, en traversant des régions rurales peu fréquentées et totalement à l’abri du tourisme de masse.

De Séville, en Andalousie, à Santiago, le parcours reprend principalement le tracé d’une voie romaine, un axe de communication commerciale et culturelle très fort et qui a marqué l’histoire de la péninsule.

Sur les 1 100 km du parcours, on croise d’ailleurs de nombreux vestiges romains, notamment dans les villes de Merida et Salamanque ou encore devant l’arc de Caparra, arc de triomphe antique planté au milieu de la campagne qui marque symboliquement la mi-parcours.

La Via de la Plata, qui circule sur un axe sud-nord à l’ouest de l’Espagne, presque en parallèle de la frontière portugaise, se caractérise par des paysages souvent vallonnés (on franchit même de petites sierras de moyennes montagnes) et une plongée dans la ruralité espagnole et sa variété. On admire le vol des cigognes, on chemine souvent très tranquillement par de vastes étendues.

Le passage sur la Meseta, plate et rectiligne, est là aussi un défi pour l’esprit tant l’on a l’impression de faire du surplace sur cette vaste plaine. Les paysages restent cependant très agréables, bordés de chênes lièges et de champs fleuris.

On peut aussi y admirer un patrimoine architectural très riche, notamment à Mérida, Salamanque bien sûr et Zamora.

Distance : 985 km

Durée : 41 jours

Difficultés : technique : 1/5 ; physique : 5/5. Les sentiers ne présentent guère de difficulté technique mais certaines étapes sont longues et le profil est vallonné.

Parcours : chemins-compostelle.com

Rutas de los Pantaneros (Communauté de Valence)

Rutas de los Pantaneros
Gorges de la rivière Turia © José R. Marqués - stock.adobe.com

À seulement 45 minutes de Valence, le pittoresque village de Chulilla est un point de départ de randonnée bien connu. La route des Pantarenos demeure le parcours phare de la région, car il permet de surplomber les gorges de la rivière Turia, avant de s’enfoncer au cœur de l’impressionnant canyon – en franchissant de nombreux ponts suspendus et passerelles.

On parvient enfin au réservoir de Loriguilla et à son barrage, avant de revenir par le même itinéraire, qui révèle d’autres perspectives dans l’autre sens. L’itinéraire possède aussi un intérêt historique : c’était celui suivi par les ouvriers lors de la construction du barrage.

Ce Verdon à l’espagnole est également un endroit très prisé des grimpeurs, attirés par les immenses parois verticales dominant la rivière. On est tout de même plus à l’aise pour les découvrir sur nos deux pieds sur cette balade somme toute abordable.

Distance : 9 km (550 m +)

Durée : 3 h 30

Difficulté : technique : 2/5 ; physique : 3/5. Des pentes non négligeables mais un sentier bien aménagé qui permet d’admirer sans danger ces reliefs particulièrement spectaculaires et escarpés.

Parcours : spain.info

Sentier des Sept Sommets, Sierra de Guadarrama (Castille-et-León)

Siete Picos
Siete Picos © pintxoman - stock.adobe.com

La sierra de Guadarrama est une chaîne de montagnes qui marque pile le centre de l’Espagne, entre Madrid et Ségovie.

Longue d’environ 80 km, elle s’élève entre les deux plateaux des Mesetas, constituant la frontière naturelle des bassins du Tage et du Duero, deux des grands fleuves de la péninsule ibérique. Ses sommets à plus de 2 000 m d’altitude offrent à moins d’une heure de route de la capitale de très beaux terrains de randonnée pour les Madrilènes.

Parmi les itinéraires les plus remarquables, le sentier des Sept Sommets (Siete Picos) reste un must pour découvrir la nature préservée et l’ambiance de ces montagnes : on débute à couvert des pins sylvestres caractéristiques de l’endroit avant de s’élever à l’étage minéral, pour découvrir des panoramas remarquables, découvrant la Meseta et les pics alentour.

On aura peut-être la chance d’y croiser des bouquetins ibériques, réintroduits ici dans les années 1990 et qui se plaisent désormais sur ces hauteurs marquées par une forte aridité estivale.

Distance : 12,2 km (590 m +)

Durée : 4 h 30

Difficulté : technique : 4/5 ; physique : 4/5. Une randonnée qui va crescendo dans sa difficulté, à mesure que l’on gagne les hauteurs minérales. L’itinéraire est peu marqué et il faut bien suivre la trace pour ne pas s’égarer !

Parcours : alltrails.com

La Pedriza, Sierra de Guadarrama (Castille-et-León)

La Pedriza
La Pedriza - roches © Dartagnan1980 - stock.adobe.com

La formation de roches granitiques de la Pedriza constitue un point d’intérêt majeur au sein de la sierra de Guadarrama. Ces roches aux formes évocatrices, par ailleurs prisées par les grimpeurs pour leurs prises techniques et leurs profils acérés, se laissent découvrir depuis des sentiers parfaitement accessibles.

Le pittoresque village de Manzanares El Real, dominé par le majestueux château des Mendoza (un des plus beaux exemples de l’architecture militaire castillane du XVe siècle) en est le principal point d’accès.

Parmi les itinéraires emblématiques, ce tracé reliant quelques sculptures naturelles parmi les plus stupéfiantes de la Pedriza, notamment le « chameau » et « El Elenfantito », un amas rocheux qui de loin évoque vraiment clairement la forme d’un petit éléphant. On frôle sur ce parcours les fameuses parois appréciées des grimpeurs et la trace demeure sportive, mais le spectacle est assuré !

Distance : 9,7 km (550 m +)

Durée : 4 h 30

Difficulté : technique : 5/5 ; physique : 4/5. Un parcours exigeant, avec quelques passages un peu exposés qui demandent de la vigilance. La distance et le dénivelé restent très accessibles.

Parcours : komoot.com

GR®160 – Camino del Cid, de Castille-et-León à Alicante

Camino del Cid - Gormaz
Camino del Cid - Gormaz © Viajarruteando - stock.adobe.com

Le GR®160 espagnol est l’un des grands itinéraires nationaux, qui fait découvrir pas à pas l’histoire de l’Espagne. Sur ce Camino del Cid, on suit les traces du personnage du Cid Campeador, Rodrigo Díaz de Vivar, chevalier et héros de la Reconquista au XIe siècle et figure de l’histoire nationale espagnole.

Le Cid est certes davantage encore un personnage littéraire, depuis la chanson de geste du XIIe siècle qui célèbre ses exploits jusqu’à la tragédie de Corneille, et c’est aussi cette figure légendaire que le tracé honore.

Surtout, à travers ces 1 365 km entre Vivar del Cid (la ville natale du Cid, proche de Burgos) et Alicante, c’est une immersion dans les paysages du cœur de l’Espagne qui nous est proposée.

L’itinéraire circule à travers plaines et massifs, traversant 70 réserves naturelles et de très nombreux sites historiques, dont huit inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Le parcours est essentiellement rural, à la rencontre d’une Espagne intime, où le marcheur, tout en découvrant ces sites historiques et naturels, pourra se plonger dans l’introspection et apprécier les rencontres.

À l’instar des chemins de Saint-Jacques, dont il reprend les caractéristiques historiques et cette douce itinérance rurale, le Camino del Cid propose au marcheur un Salvoconducto, qui reprend les caractéristiques du credencial et permet d’être mieux accueilli dans les hébergements.

Distance : 1 365 km (17 000 m +)

Durée : 65 jours

Difficulté : technique : 2/5 ; physique : 5/5. Même si ce Camino del Cid peut s’envisager en tronçons et permet des itinérances plus courtes, l’ensemble représente un long voyage à pied. Les terrains sont parfois assez exigeants et leur diversité (vastes plaines, montagnes, forêts et espaces ouverts) demande de l’adaptation. On déconseille l’été (qué calor !).

Parcours : komoot.com et caminodelcid.com

Caminito del Rey (Andalousie)

Caminito del Rey
Caminito del Rey © Melinda Nagy - stock.adobe.com

Ce sentier n’était pas prévu pour la balade : construit pour les travaux de deux barrages hydrauliques sur le tortueux fleuve Guadalhorce, il a été abandonné après l’inauguration des barrages, par le roi Alphonse XIII en 1921, puis était tombé en ruine.

Malgré son piteux état, le sentier originel aimantait encore des amateurs de sensations fortes qui, attirés par les panoramas à couper le souffle de ces lieux vertigineux, continuaient d’y braver le danger. Ce Caminito allait construire sa légende à base d’images spectaculaires et d’accidents mortels, gagnant ainsi sa réputation de « sentier le plus dangereux du monde ». Les autorités en interdirent l'accès en 2001, sous peine d’amende : 6 000 € pour décourager les intrépides ! Mais le lieu restait attractif...

La Province de Malaga décida donc de restaurer l’ouvrage. Le nouveau Caminito fut inauguré en 2015. Le sentier étroit composé de dalles de béton écroulées et de passerelles chancelantes, toujours visible en contrebas – et qui n’a effectivement rien de rassurant – a laissé place à un chemin tout à fait sécurisé : une large passerelle suspendue au bord de l’impressionnante falaise, pourvue de rambardes hautes et solides.

La balade, autrefois périlleuse, est aujourd’hui sans danger. Elle peut être qualifiée de familiale. Certes, le casque (de chantier !) reste obligatoire pour l’effectuer, mais on se demande si ce n’est pas pour le folklore, tant les lieux paraissent sûrs.

Si vous veniez pour le frisson, c’est un peu raté ; néanmoins, le site demeure toujours aussi beau, les vues sont fantastiques. Le plaisir du grand vertige et des gorges inaccessibles pour tous !

Distance : 7,7 km

Durée : 3 h

Difficulté : technique : 1/5 ; physique : 1/5. Le parcours parfaitement aménagé ne présente quasiment aucune difficulté.

Parcours : spain.info

El Saltillo (Andalousie)

El Saltillo - pont suspendu
El Saltillo - pont suspendu © Roel - stock.adobe.com

À une soixantaine de kilomètres au nord de Malaga, le petit village de Canillas de Aceituno est la porte d’entrée de ce sentier qui constitue une belle alternative, moins fréquentée et libre d’accès, au précédent parcours.

À la sortie du village, la randonnée débute en suivant un instant une levada, un sentier bordant une canalisation à ciel ouvert, avant de se poursuivre sur des sentiers balcons spectaculaires, parfois aménagés avec des passerelles métalliques. Frissons et panoramas garantis, le climax du parcours arrivant sur le pont suspendu, qui délivre un point de vue imprenable, mais vertigineux, sur le canyon en contrebas.

Distance : 8 km (250 m +) (aller-retour ; plusieurs alternatives existent)

Durée : 3 h

Difficulté : technique : 3/5 ; physique : 2/5. Le sentier ne présente guère de difficulté en lui-même, mais certains passages exposés et à flanc nécessitent de la prudence. On déconseille le pont suspendu et même certaines petites passerelles aux personnes sujettes aux vertiges.

Parcours : saltillocanillas et es.wikiloc.com

Sierra Nevada : cahorros de Monachil (Andalousie)

Cahorros de Monachil
Cahorros de Monachil © ttinu - stock.adobe.com

De la sierra Nevada, le grand public connaît surtout la vue unique sur les sommets – souvent enneigés comme le suggère son nom en espagnol – depuis Grenade et quelques images de station de ski.

La plus haute chaîne de montagnes d’Europe occidentale après les Alpes, qui culmine à 3 479 m au pic de Mulhacem, livre aussi de très beaux sentiers pédestres.

On y marche à travers la nature sauvage et l’air pur de ces hauteurs ou bien à l’exploration de canyons vertigineux, et enfin à la découverte des villages montagnards de l’Alpujarra aux façades blanches comme neige.

Parmi une foule de propositions, retenons les cahorros de Monachil. Au départ du petit village éponyme, facile d’accès depuis Grenade, le sentier parcourt d’impressionnantes gorges, livrant un paysage tourmenté et romantique à souhait, à travers des chaos rocheux spectaculaires, en franchissant là aussi des passerelles vertigineuses (mais bien sécurisées) et des ponts suspendus aux vues indescriptibles. On découvre en chemin une source rafraîchissante à côté de laquelle s’épanouissent plantes et fleurs, petite oasis dans cet univers nettement minéral.

Distance : 8 km (plusieurs variantes possibles depuis le village de Monachil) (400 m +)

Durée : 3 h

Difficulté : technique : 2/5 ; physique : 2/5. Un parcours bien aménagé sur un sentier parfois un peu rocailleux. Les passages de passerelles et ponts suspendus ne posent pas de problème de sécurité particulier. Attention au vertige tout de même.

Parcours : treksierranevada.com

GR®249 Gran Senda Malaga (Andalousie)

Genalguacil
GR®249 - Genalguacil © julia_gr - stock.adobe.com

La Gran Senda de Malaga s’étire sur 650 km et permet de découvrir pas à pas une mosaïque de paysages, de villages, de plaines, de sentiers côtiers et de montagnes, décrivant une immense boucle à travers toute la province de Malaga.

Étape après étape, on évolue à travers les champs d’oliviers, les plateaux aux horizons dégagés, ou bien dans les forêts aux senteurs méditerranéennes, au bord des torrents ou le long des vignes.

Les villages pittoresques aux maisons blanches, nichés sur les coteaux, et les très nombreux points d’intérêt culturels et archéologiques pimentent aussi ce parcours unique en Andalousie.

Il propose en effet de coupler la randonnée avec des expériences en kayak, en canyoning ou bien même en vol libre, si le cœur vous en dit !

Vous pouvez aussi vous contenter de marcher sur ces sentiers débonnaires et vous délecter à l’étape des spécialités locales, un autre des points forts déclarés de cet itinéraire construit pour varier les plaisirs, entre côte et terres.

Distance : 650 km

Durée : 35 jours

Difficultés : technique : 2/5 ; physique : 5/5. Un itinéraire de longue haleine, qui se distingue par la diversité de ses terrains, étapes et profils, entre sentiers côtiers, vastes plateaux et reliefs montagneux. Les sentiers parcourus sont faciles sur le plan technique.

Parcours : andalucia.org

GR®240 – Sendero Sulayr (Andalousie)

Sierra Nevada
Sierra Nevada © ttinu - stock.adobe.com

Sulayr était le nom donné par les Arabes à la sierra Nevada. Cette boucle balaie entièrement le massif entre les deux parcs, le parc national et le parc naturel, et les deux provinces de Grenade et d’Almeria.

On marche ainsi dans l’intimité de la sierra Nevada, alternant la découverte de villages paisibles et de tronçons sauvages et isolés, en suivant des sentiers de transhumance, dont l’origine est souvent très ancienne.

Sur cette grande boucle, on côtoie ainsi la réalité rurale de la moyenne montagne tout en côtoyant les hautes cimes, qui livrent des panoramas impressionnants, qui dévoilent parfois jusqu’aux côtes africaines.

Les hébergements rustiques, les cabanes et les petits refuges font aussi partie de l’expérience.

Distance : 298 km (10 000 m +)

Durée : 15 jours

Difficulté : technique : 4/5 ; physique : 4/5. Un parcours montagnard, sur des terrains exigeants et des pentes parfois fortes. Le dénivelé est à prendre en considération et certaines étapes, isolées et sauvages, nécessitent un bon équipement. L’option bivouac est indiquée pour certains tronçons.

Parcours : senderosgr.es

GR®114 – Camino Natural del Guadiana (Ciudad Real, Andalousie, Portugal)

Camino Natural del Guadiana
Camino Natural del Guadiana © luisfpizarro - stock.adobe.com

Le Guadiana est l’un des plus beaux fleuves de la péninsule ibérique et ce sentier propose de suivre son cours, depuis la sierra d'Alcaraz, au cœur de la province de Ciudad Real, jusqu’à son embouchure dans l’océan Atlantique dans le golfe de Cadix, à la frontière du Portugal.

Sur ses ultimes étapes, le tracé passe d’ailleurs d’un pays à l’autre et il faut bien sûr l’envisager ainsi, entre l’Espagne et le Portugal, en Algarve.

Au fil de l’eau, on découvre de vastes marais et zones humides préservées (de nombreux sites sont classés Natura 2000), ainsi que de belles lagunes aux eaux turquoise, bordées par des champs à perte de vue.

C’est une véritable plongée à travers une Espagne rurale où de belles villes s’épanouissent aussi sur les rives du fleuve. Merida marque ainsi une belle étape historique, avec ses importants vestiges archéologiques romains. On croise ici la route de la Via de la Plata, ailleurs celle dédiée à Don Quichotte.

Cette échappée fluviale permet une immersion totale dans une Espagne authentique et préservée. Là encore, on privilégiera le printemps et l’automne pour se lancer, l’hiver et l’été étant marqués par des températures extrêmes.

Distance : 942 km (6 500 m +) (1045 km si l’on poursuit au Portugal)

Durée : 40 jours

Difficultés : technique : 1/5 ; physique : 3/5. Une longue itinérance (mais que l’on peut aborder en différentes sections) sur des chemins et des voies vertes faciles.

Parcours : komoot.com

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