Le meilleur de Madagascar

30 novembre 2018

Madagascar est une terre de fantasmes pour les voyageurs et les amoureux de la nature, notamment parce que l'île Rouge s'est développée en marge du continent africain depuis plusieurs dizaines de millions d'années.
Il en résulte un monde complètement à part, qui cultive ses singularités et recèle une faune et une flore aussi magnifiques qu'insolites. Au-delà des célèbres lémuriens et des baobabs sacrés, la Grande île compte 90 % d'espèces endémiques – c'est-à-dire qu'on ne les trouve nulle part ailleurs !
Impossible de se lasser de Madagascar : avec ses 587 000 km2, l'île-continent offre une variété de climats et de reliefs propices à d’impressionnants changements de décor.
Des archipels édéniques du nord aux prodiges géologiques du sud, en passant par les parcs luxuriants des Hautes Terres, voici notre sélection de sites à ne pas manquer.



Le meilleur de Madagascar, côté nord
Le nord de Madagascar comprend de remarquables îles, archipels et péninsules à la végétation verdoyante. Lorsqu'on s'éloigne des côtes, d'étonnantes villes juchées sur les Hautes Terres dessinent le visage urbain de la grande île. La capitale Antananarivo, cité chaotique et tentaculaire, en est l'un des traits les plus affirmés.
Antananarivo

Grâce à sa situation géographique centrale, la capitale malgache constitue le point de départ idéal pour s'élancer sur les routes du pays. Antananarivo est donc souvent la porte d'entrée de Madagascar pour les voyageurs. Si son énergie et sa densité paraissent étourdissantes, direction la Vieille ville (ou Ville haute) pour un premier contact en douceur avec le pays.
En grimpant de jolies ruelles ocre et arborées depuis la place de l'Indépendance, on accède au palais de la Reine. Il y règne une certaine tranquillité qui contraste avec la frénésie des quartiers situés en contrebas. La visite guidée est idéale pour plonger dans les intrigues passionnantes de la royauté malgache !
Pour ne rien gâcher, le vaste jardin attenant offre une vue somptueuse sur toute la ville et son cadre environnant. D'ailleurs, inutile de parcourir des kilomètres au-delà de « Tana » pour découvrir de magnifiques paysages naturels : sur les versants extérieurs des collines qui composent la ville s'étendent déjà de magnifiques rizières émaillées de petits villages paisibles.
Parc national d'Andasibe-Mantadia

En empruntant la RN2 depuis la capitale, on se dirige vers la côte est et ses mangroves particulièrement fertiles. En chemin, le parc national Andasibe-Mantadia témoigne de l'abondance propre à la région : la réserve spéciale Indri-Indri du parc est l'une des réserves de Madagascar qui abritent le plus de lémuriens. Les vedettes de la Grande île trouvent en effet leur bonheur dans cette forêt largement composée de bambous et d'eucalyptus.
Qu'est-ce que les indris ? Il s'agit de lémuriens au pelage souvent noir et blanc, qui peuvent mesurer jusqu'à 1 m de haut. La réserve abrite environ 850 individus ! Le cri puissant et entêtant de l'indri résonne bien avant que ces fascinants mammifères ne montrent le bout de leur nez : pour les apercevoir, il faut – littéralement – se lever tôt, c'est-à-dire dès l'ouverture du parc.
Cette précaution permet aussi d'admirer plus facilement les autres espèces de lémuriens qui habitent la réserve (comme le lémur à ventre roux ou le lémur fauve), ainsi que le corpulent caméléon de Parson, à la teinte vert fluo, et la centaine d'espèces d'oiseaux aux couleurs chatoyantes, pour ne citer qu'eux. La balade sylvestre est d'autant plus agréable si l'on se donne le temps de repérer ces innombrables créatures.
Tamatave

Si l'appel de la mer se fait sentir, cap sur Tamatave ! On relie cette cité portuaire en continuant sur la RN2 depuis Andasibe. Située sur la côte est, Tamatave arbore la splendeur décrépie des anciennes villes coloniales. Ses vastes allées parfaitement symétriques jalonnées de palmiers sont arpentées par de nombreux pousse-pousse et cyclo-pousse. Entre les vestiges de la colonisation et les influences asiatiques, le premier port commercial de Madagascar est un voyage spatio-temporel à lui tout seul.
L'un des sites les plus intéressants de Tamatave est sans doute le parc zoologique Ivoloina, situé au nord de la ville. Ce parc remarquablement agencé et très bien entretenu sensibilise petits et grands à l'écologie : un sujet important s'il en est à Madagascar (la déforestation, notamment, y fait des ravages), grâce à des explications sur l'environnement adaptées à tous les âges. On y découvre avec d'autant plus d'intérêt les 13 espèces de lémuriens qui évoluent ici en semi-liberté aux côtés d'une faune inattendue, comme les tortues naines et les impressionnantes grenouilles-tomates !
Île de Sainte-Marie

Parallèlement à la côte orientale de la Grande Terre s'étire la petite île de Sainte-Marie. Une navette assure la liaison entre Tamatave et le port de Soanierana-Ivongo, d'où les bateaux larguent quotidiennement les amarres vers ce petit coin de paradis.
Sainte-Marie réussit l'exploit de déployer un décor enchanteur sans se départir de son âme : il fait bon y profiter à son rythme de la végétation luxuriante qui s'étend sur 49 km de long, des petites criques qui sertissent le littoral et de la mer qui s'y fait turquoise et peu profonde. Le mora mora, expression malgache invitant à la lenteur et à l'harmonie, est ici roi !
Sainte-Marie a même les faveurs des baleines à bosse, qui viennent mettre bas pendant l'hiver austral dans les eaux tièdes séparant l'île de la Grande Terre. De nombreux hôtels organisent des sorties en mer entre juillet et octobre pour observer ces géantes des mers. On peut alors espérer admirer des femelles et leurs petits, voire les sauts spectaculaires que les baleines à bosse se plaisent à effectuer hors de l'eau ! Veillez à ce que le prestataire adhère à la charte de l'association « CétéMada » pour que la sortie se fasse sans déranger les mégaptères.
Archipel de Nosy Be

Plus au nord, l'archipel de Nosy Be affiche lui aussi une beauté insolente au large de la côte est. La plus grande île éponyme se montre particulièrement riche en infrastructures touristiques et attire donc beaucoup de monde. On lui préfère les éclats de terres qui l'auréolent, bien plus tranquilles et authentiques.
Mais avant d'embarquer pour ces pépites insulaires, une visite du parc national de Lokobe s'impose pour les amoureux de la nature. Cette petite réserve naturelle se trouve au sud-est de Nosy Be et peut se rejoindre en bateau depuis le village d'Ampasipohy. On y rencontre de nombreux lémuriens en liberté, des boas, des hiboux de Madagascar... La flore est elle aussi remarquable, car la réserve abrite ce qu'il reste de la forêt primaire de Nosy Be. La partie immergée du parc comprend quant à elle un superbe massif corallien.
Pour prolonger l'exploration marine, direction Nosy Tanikely. Cet îlot enchanteur permet de pratiquer la plongée quel que soit son niveau et en toute tranquillité. Au sud-ouest de Nosy Be, Nosy Iranja est aussi une véritable oasis de quiétude où des tortues de mer irisées viennent pondre leurs œufs. Les deux petites îles qui composent Nosy Iranja comptent en tout et pour tout une seule et sympathique adresse d'hébergement, ce qui n'est pas pour déplaire.
Côte de la Vanille et péninsule de Masoala

De retour sur la Grande Terre, pourquoi ne pas aller s’enivrer de parfums gourmands ? Comme son nom l'indique, la côte de la Vanille est la première région productrice de cet or brun. Se rendre au nord-est de Madagascar est évidemment l'occasion de se familiariser avec la récolte de la précieuse épice, mais aussi de découvrir des richesses naturelles insoupçonnées et de faire de superbes randonnées.
Sorte d'excroissance terrestre de la côte de la Vanille, la péninsule de Masoala permet d'aborder la région tout en ravissant les routards férus d'aventure. Cette presqu'île verdoyante est en effet propice aux excursions plutôt ardues, que viennent récompenser des paysages incomparables et un contact privilégié avec la population locale.
On peut ainsi relier le cap Masoala à la petite ville de Maroantsetra en une semaine. La présence d'un guide est indispensable pour traverser la forêt primaire qui sépare les deux sites ! S'il n'est pas donné à tout le monde de crapahuter parmi les bois précieux et les effluves exotiques dans un climat tropical, le jeu en vaut la chandelle. L'accueil n'en est d'ailleurs que meilleur dans les lodges qui ponctuent le parcours.
Diego-Suarez et sa baie

La côte de la Vanille comprend aussi le troisième port de Madagascar. Diego-Suarez est un ancien comptoir musulman où s'agglomère une population métissée parmi des bâtisses aux teintes pastel. Là aussi, l'époque coloniale a laissé son empreinte architecturale et son lot de vague à l'âme. Diego n'en demeure pas moins une ville qui bouge, comme en témoigne notamment le Bazar Kelly, un marché haut en couleur et très animé. C'est bien simple, on y trouve de tout !
Formée par d'ancestrales coulées de lave, l'immense baie de Diego-Suarez semble tenter de contenir l'océan. Impossible de manquer le massif rocheux qui émerge en son milieu, mais n'espérez pas le grimper, ni même y accoster : ce « pain de sucre » est fady (sacré) !
S'il vous démange de prendre de la hauteur, le Windsor Castle est le nec plus ultra. Situé à une quarantaine de kilomètres de la ville, ce promontoire rocheux culmine à 398 m. L'armée anglaise y a installé un poste d'observation qui permet d'embrasser d'un même regard la baie, l'océan indien et le canal du Mozambique...
Les Tsingy rouges

En longeant l'océan Indien vers le sud depuis Diego-Suarez, on découvre un autre spectacle dont seul Madagascar a le secret. Les Tsingy sont de stupéfiantes formations géologiques qui s'érigent telles des cathédrales de calcaire dans trois régions de l'île. Chaque site a cependant sa spécificité : les Tsingy rouges du nord arborent ainsi une palette de nuances à dominante ocre.
Mieux vaut arriver en fin de journée, car les lumières de l'après-midi ou du crépuscule jouent alors avec les teintes de ces silhouettes voilées. Si l'on compare volontiers les Tsingy rouges à un peuple de fantômes surgissant hors du sable, ces belles couleurs chaudes leur ôtent toute dimension inquiétante ! Le phénomène s'explique par le ruissellement croissant des eaux sur la roche, lequel est hélas dû à la déforestation des environs.
Le meilleur de Madagascar, côté sud
Le sud de l'île tranche avec les paysages verdoyants des hautes terres. Les étendues se font plus désertiques, les routes plus accidentées et la latérite embrase le sol à mesure que l'on s'enfonce dans les provinces septentrionales. C'est dans cet environnement aux allures hostiles que se trouvent pourtant les itinéraires les plus authentiques et les monuments naturels les plus spectaculaires !
Route Nationale 7

La Nationale 7 (dite RN7) est une route mythique reliant Antananarivo à la ville de Tuléar, située au bord du canal du Mozambique. 940 km d'artères bitumées serpentent entre la capitale et le sud-ouest de l'île. Même si son état s'est dégradé, la RN7 reste un moyen privilégié d'acheminer les récoltes pour les habitants, et de découvrir le pays en toute indépendance pour les voyageurs. Dans de nombreuses régions de l'île, les routes sont en effet si accidentées que le recours à un chauffeur-guide est indispensable pour les automobilistes.
En empruntant la Nationale 7, les paysages défilent et se transforment, tandis que l'on progresse vers le sud. On y découvre notamment une ruralité bien plus marquée qu'au nord. D'importantes agglomérations et de splendides sites naturels scandent le parcours : la cité thermale d'Antsirabé, la capitale du Betsileo, Fianarantsoa et le parc d'Isalo sont autant d'étapes aussi variées qu'intéressantes.
Les villages Zafimaniry

Bien avant de s'approcher de la côte ouest, la RN7 parcourt les Hautes Terres et s'approche des villages Zafimaniry, classés à l'Unesco. Quelque 25 000 personnes habitent ces belles maisons en bois juchées en altitude, à une centaine de kilomètres au sud d'Antsirabé. Les Zafimaniry constituent l'une des 18 ethnies malgaches et vivent en harmonie avec leur forêt environnante. Ils ont ainsi développé un artisanat délicat : leurs magnifiques boiseries ouvragées peuvent s'admirer sur leurs demeures.
Une agréable randonnée permet de rejoindre en 2 h le village Ifasina depuis Antoetra, la capitale Zafimaniry, et de découvrir une culture à part. Apportez un présent au chef du village (tissu, denrée...) pour ne pas déroger à la tradition ! C'est l'occasion de profiter d'une escapade tout à fait hors du temps avant de reprendre la route.
Train Fianarantsoa - côte est (FCE)

S'il faut s'armer de patience pour emprunter la ligne qui relie Fianarontsoa à la côte orientale de l'île, on est assuré de vivre une expérience unique et très différente d'un trajet en voiture. Le rythme est lent et les arrêts fréquents, mais le FCE permet de découvrir d'incroyables paysages qui sont pour la plupart invisibles autrement, et ce tout en partageant le quotidien des Malgaches.
Avant d'embarquer à Fianarantsoa, on peut gagner la vieille ville pour une promenade particulièrement plaisante au gré de ses charmantes ruelles. Lovée dans les Hautes Terres, la capitale du Betsileo offre plusieurs splendides points de vue sur la région, et a fortiori depuis ce quartier réhabilité où les gouverneurs avaient autrefois leurs habitudes. De quoi profiter d'un calme bienvenu avant de se lancer dans l'aventure ferroviaire !
Parc national de l'Isalo

Que l'on accède au parc de l'Isalo en train ou via la Nationale 7, on comprend bien vite son surnom de « Colorado Malgache ». Massif montagneux à perte de vue, canyons, vastes étendues d'herbe... Les maki catta, ces emblématiques lémuriens à la longue queue annelés, figurent parmi les premiers éléments rappelant que l'on est bien sur l'île Rouge.
De nombreuses excursions sont proposées pour découvrir les 82 000 hectares du parc. Toutes sont plutôt sportives. « La grotte des Portugais » est sans doute le parcours permettant d'admirer la plus grande diversité de sites, mais il nécessite une bonne organisation et un goût affirmé pour le trek. Moins ambitieuses, les autres randonnées permettent néanmoins d'admirer un nombre impressionnant de merveilles de la nature, et les panoramas époustouflants guettent les randonneurs à chaque détour !
L'allée des Baobabs

Pour se remettre de ces efforts, cap sur l'ouest de l'île où se donne à voir un spectacle bien plus contemplatif. Près de la cité côtière de Morondava s'élance une longue piste flanquée de somptueux colosses : la célèbre allée des Baobabs. On se sent minuscule en marchant entre ces géants qui paraissent implorer le ciel de leurs branches. Au crépuscule, les lumières violacées rendent la scène formidablement théâtrale.
Et si l'on doute encore de la passion qui semble habiter les baobabs, il suffit d'emprunter la piste qui mène au village de Mangily. Celle-ci sillonne une forêt sèche typique de l'Ouest malgache et mène aux fameux « baobabs amoureux », dont les troncs s'enlacent tendrement. Loger à Mangily est une bonne option pour découvrir un aspect moins touristique et tout aussi intéressant de la région en compagnie des villageois.
Remonter le fleuve Tsiribihina et le canal des Pangalanes

Peut-on sortir des sentiers battus sans risquer de se rompre le cou sur la Grande île ? Et comment ! Au pays du mora mora, deux larges cours d'eau rendent l'aventure indolente. Remonter le fleuve Tsiribihina de la côte ouest jusqu'à Miandrivazo est une expérience rare qui se vit au cœur de la nature malgache. S'il s'agit d'être précautionneux dans le choix de son guide, il n'y a ensuite plus qu'à se laisser porter sur les eaux souvent rougies (latérite oblige) du Tsiribihina en admirant les paysages qui défilent.
Le long de la côte est, le canal des Pangalanes s'étend tout aussi paresseusement sur quelque 700 kilomètres. Il fait bon se la jouer marin d'eau douce parmi les pirogues marchandes entre Tamatave à Farafangana, car s'y révèlent en douceur les villages et la végétation luxuriante qui bordent le canal.
Les Tsingy de Bemaraha

Plus spectaculaires encore que leurs confrères rouges du nord, les Tsingy de Bemaraha se méritent. Les routes d'accès sont très accidentées, et vous ne ferez pas l'impasse sur la traversée du fleuve Manambolo. Une fois arrivé sur le plateau de Bemaraha, difficile d'imaginer que la mer recouvrait autrefois le site tant cette immense forêt de lames acérées semble aride !
Treize espèces de lémuriens (dont le rare Sifaka couronné) ainsi que de nombreux oiseaux et amphibiens endémiques habitent pourtant cette réserve naturelle ; la flore a elle aussi su s'adapter à cet environnement hostile, comme en témoignent les quelques fleurs qui poussent à même les arêtes rocheuses !
On s'en doute, l'exploration des Tsingy est épique. Équipé d'un baudrier et de mousquetons, on franchit les passerelles, les grottes et les sommets de cet océan karstique en apercevant régulièrement la faune et la flore têtues de l'île Rouge, qui ne cesse décidément jamais de surprendre.
Psst... En plus, il y a un cadeau à l'inscription à nos newsletters !
Les derniers reportages sur le meilleur à Madagascar

Madagascar par Thierry Bessou et Thomas Rivallain

Madagascar : deux réserves près d’Antananarivo

Madagascar, l’île-continent

Le Nord de Madagascar, de Tananarive à Diego-Suarez

Madagascar : sur la Nationale 7, de Tana à Tuléar
Infos pratiques
Bons plans voyage Madagascar




















