Le Nord de Madagascar, de Tananarive à Diego-Suarez

Madagascar Nosy Komba
Claude Hervé-Bazin

Madagascar n’a pas fini d’émerveiller le voyageur, en dépit des convulsions politiques et des crises économiques que l’île Rouge a connues ces dernières années. Certes, les trafics en tous genres prospèrent et la forêt se réduit comme peau de chagrin. Les taxis-brousse et les bateaux tombent en panne. Et alors ?

Les fidèles des tropiques et du sourire inébranlable des Malgaches parcourent encore et toujours ce vaste pays en quête de son âme bricoleuse et de ses plus beaux instantanés. Les lémuriens et les caméléons sont toujours là, les plages paradisiaques et la nostalgie aussi.

En marge du monde globalisé, Madagascar n’a rien d’une destination de papier glacé. Elle affirme même une identité sans concessions superflues au modernisme et aux modes. Madagascar est elle-même et c’est ce qui la rend si fascinante. Le voyage, le vrai, enfin !

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Tananarive : la théorie du chaos

Madagascar Tananarive
Patrick de Franqueville

L’altimètre ne dépasse pas 1 460 m, mais l’oxygène vient vite à manquer à Tananarive (Antananarivo), capitale de Madagascar. Il y a ce trafic incessant, ce bourdonnement continu de véhicules plus ou moins déglingués qui vocifèrent dans les rues tortueuses et souvent pavées.

Il y a aussi ces interminables escaliers qui, lancés au flanc des 18 collines de la ville, relient entre eux les quartiers. Celui qui s’élance des abords du grand stade de Mahamasina vers le palais de la Reine aligne 825 marches. De quoi s’époumoner un bon moment avant d’arriver.

De là-haut, un autre Tana se révèle, apaisé. Sous les yeux, l’enchevêtrement est néanmoins palpable. Vieilles tuiles et tôle ondulée se mêlent. Des murs croulent, d’autres se dressent, inachevés.

Niché dans ce chaos urbain, un cœur apparaît : celui du lac d’Anosy, dessiné par un architecte anglais, vers 1830, pour l’intransigeante reine Ranavalona « La Sanglante » – dont il aurait été, dit-on, un peu amoureux…

L’influence britannique marquait alors davantage la Grande Île que celle de la France, cantonnée encore à quelques comptoirs côtiers mal assurés. Le protestantisme reste d’ailleurs à ce jour une force importante.

Le fier temple d’Ambatonakanga (1867), aux airs d’église de campagne anglaise, et la cathédrale anglicane (1889) néogothique en témoignent. Écho des rivalités coloniales qui animèrent si puissamment le 19e siècle, cette dernière défie la peu remarquable cathédrale catholique, postérieure d’un an…

Dans les pas des reines Ranavalona

Madagascar Tananarive Rova
Rova. Patrick de Franqueville

Si les sanctuaires demeurent, intouchables dans ce pays où le sacré pèse tant, les monuments incarnant le pouvoir ont largement pâti des événements politiques qui déstabilisent épisodiquement le pays.

Le palais d’Andafiaravatra, érigé en 1872 pour un Premier ministre qui survécut à trois reines – en les épousant à tour de rôle ! – est en restauration depuis des lustres. À quelques pas, le palais de justice d’Ambatondrafandrana prend des airs de temple grec, ouvert aux quatre vents. Les sentences y étaient proférées au vu et au su de tous. Un progrès notable dans la procédure… Jusqu’en 1863, les accusés, tenus de boire un breuvage hautement toxique, étaient déclarés innocents s’ils survivaient !

Enfin, se détache le saint des saints malgaches : le palais de la Reine. Les Malgaches, plus proches de la réalité, parlent de rova, la « place fortifiée ». Ce site hautement révéré a donné son nom à la ville : Antananarivo, la « colline des mille » (soldats).

Tous les monarques merinas se sont succédés ici à partir du 18e s. Chacun a voulu y laisser sa marque, bâtissant qui un « palais » en bois, qui une église. Des monuments bien modestes à vrai dire, dont certains évoquaient plus une cabane qu’un château…

L’essentiel a brûlé fin 1995 : accident ou attentat, le mystère demeure. Restent les murs de pierre du grand palais de Ranavalona II, quelques canons et le vieil aigle de bronze offert par Napoléon III, qui côtoie un symbole phallique au sommet du portail…

Sainte-Marie, pleine de grâce

Madagascar Île Sainte-Marie
Île Sainte-Marie. Claude Hervé-Bazin

Avec Air Madagascar (Air Mad, la bien-nommée par les intimes), rien n’est jamais gagné. Un vol à l’heure ? Improbable. Repoussé ? Plus que probable. Des bagages qui arrivent avec 48 h de retard ? Mettez de côté culotte et brosse à dents.

Une heure trente (et 7 heures de retard) plus tard, l’ATR 72 survole un décor de carte postale : des eaux turquoise et l’écume blanchâtre d’une barrière de corail ceignent une belle envolée de verdure exubérante. Voilà l’île Sainte-Marie, ancrée dans toute sa longueur gracile au large des côtes orientales de la Grande Île.

Sa renommée, elle la doit au trésor de ses plages, sur lesquelles se penchent abondamment les frondes des cocotiers. On y oublie avec volupté le monde rapide pour sombrer dans la nonchalance douillette et lascive des tropiques.

Tout au bout, comme un point d’exclamation, surgit l’île aux Nattes : le nec plus ultra de cette cure de déconnexion. Sept kilomètres de pourtour, huit peut-être, un radeau sans route ni moteurs, où le mot « normalement » est banni – payez votre amende au bar du Maningory.

Au large, de juillet jusqu’en octobre, de longs ailerons fendent l’eau. Ceux des baleines à bosse qui, parvenues au terme de leur grande migration depuis l’Antarctique, viennent mettre bas et se reproduire à l’abri du chenal peu profond séparant Sainte-Marie de la Grande Terre. Il n’est pas rare, alors, de voir les mâles faire montre de leur puissance, fusant hors de l’eau avant de retomber en un fracas d’embruns.

L'île aux flibustiers

Madagascar Île Sainte-Marie
Île Sainte-Marie. Claude Hervé-Bazin

Une chose est certaine : au 18e siècle, bien avant que les puissances coloniales n’étendent leurs tentacules vers Madagascar, les côtes nord et est de l’île accueillaient déjà des pirates – idéalement positionnés sur la route maritime des Indes.

 C’est même ici qu’ils auraient bâti la mythique Libertalia, patrie rêvée des hommes de peu de foi, bien avant la Révolution française et ses idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité.

Au cœur de la baie, l’île aux Forbans, ceinte de mangrove et recolonisée par une végétation dense, n’a conservé de cette époque qu’un quai délabré, un puits et des fondations. Reste qu’une quinzaine d’épaves ont été découvertes aux abords, sans doute sabordées pour empêcher une opération punitive anglaise.

En vis-à-vis, sur un promontoire dominant avec superbe la rade, le cimetière des pirates invite à se pencher sur des épitaphes témoignant de vies au long cours. Il y a là, à vrai dire, plus de coloniaux que d’authentiques forbans, mais quelques tombes abimées laissent tout de même divaguer l’imagination. Ainsi, celle d’un certain Joseph Pierre Le Chartier, mort en 1836, ornée de l’emblématique tête de mort aux os croisés.

Au large, une autre épave, découverte en 1999, attire les plongeurs : celle du HMS Sérapis, un navire anglais capturé par les Américains durant la Guerre d’indépendance, passé aux Français, qui en firent un navire corsaire. Il prit feu et coula peu après. Ses canons gisent encore par 25 m de fond, incrustés de corail.

Diego-Suarez, l’ombre de la colonie

Madagascar Diego Suarez Camp militaire
Camp militaire à Diego Suarez. Patrick de Franqueville

Deux vols et deux jours plus tard, Diego-Suarez et sa baie mythique, plantée de son propre pain de sucre, sont en vue. Le mercure grimpe encore et, dans les rues tannées de soleil, la sueur coule au bas du dos.

Rue Colbert, les vazaha (étrangers) résidents butinent de terrasse en terrasse, de Pastis en Pastis, de fille en fille… Diego a gardé de son histoire portuaire, plus que millénaire, un héritage culturel métissé et une atmosphère un peu interlope, qui n’est pas pour déplaire aux amateurs de bouts du monde.

À la pointe de la péninsule, les nostalgies resurgissent. Rue Richelieu, le vieux tribunal français (1909) fait face à la Résidence (1892), où demeurait le gouverneur. À deux pas, les ruines fantomatiques de l’hôtel de la Marine, enfant chéri d’un colon enrichi par des mines d’or, rappellent les années fastes de Diego Suarez.

À cette époque, désormais révolue, les bateaux des Messageries Maritimes jetaient l’ancre dans le port voisin – au terme de leur odyssée depuis Marseille, via Suez et la Côte des Somalis. Ils ont cédé la place aux porte-conteneurs, que veille toujours, impassible, le buste en bronze du maréchal Joffre depuis son promontoire.

Au-delà, le quartier militaire, envahi par la végétation, révèle un ensemble de bâtiments austères et fatigués – casernes, logements pour les officiers, magasins, bureaux, ateliers et même tennis – qu’occupaient les quelque 5 000 hommes de la marine française stationnés dans ce « Point d’Appui de la flotte ».

Un tuk-tuk, attrapé au vol, ramène au point de départ. Tarif local : 500 Ar. Tarif vazaha : 1 000 Ar.

Des Tsingy rouges aux Tsingy gris de l’Ankàrana

Madagascar Tsingy Irodo
Tsingy rouges. Claude Hervé-Bazin

En ligne de mire : les Tsingy rouges. Roger, comme tous les taxis de Diego, roule en 4L. Des 4L jaunes, exclusivement, brinquebalant sur les chaussées défoncées et, aujourd’hui, sur cette piste que l’on aurait cru impassable sans 4x4. Au compteur : plus de 500 000 km.

La suspension arrière a été modifiée, la transmission bricolée à partir d’un autre modèle. Les pièces détachées manquent, il faut s’adapter… Madagascar est une grande entreprise de recyclage : tout y survit, tout y revit. Jusqu’à la prochaine panne. La piste, quittant ce qu’il reste de goudron de la RN6, s’étire sur 17 km de passages sablonneux et de coteaux ravinés.

Enfin, les tsingy se révèlent, dans le repli d’un canyon où s’écoule un ru : mangée par l’érosion, la roche tendre a été sculptée en centaines d’aiguilles, polies par le vent et la pluie. Blanches ici, rouges là, sur fond de roches jaunes, verdâtres, ocres ou framboise.

Le lendemain, la montagne d’Ambre affirme une autre couleur dominante : le vert. Là, dans la forêt pluvieuse, arrosée par 3,5 m d’eau par an, s’épanchent des cascades sacrées et se cache l’un des plus petits caméléons du monde : Brookesia tuberculata n’atteint guère plus de 3 cm, queue incluse !

Plus au sud, le massif de l’Ankàrana jette son dédale de tsingy gris au regard. La roche, dure et tranchante, forme ici une houle d’arêtes acérées, entre lesquelles s’insinuent quelques arbres. Nombreux sont ceux qui s’y sont perdus, entre grottes sacrées et antres peuplés de chauves-souris et de scorpions.

La beauté infinie de la mer d’Émeraude

Madagascar Mer émeraude
Patrick de Franqueville

La plage de Ramena, large et blanche, n’est pas la plus belle du monde, mais les gargotes qui s’y alignent, aux pilotis mangés par la marée haute, dessinent une escale sereine à l’heure du déjeuner. On y mange poisson coco, camarons costauds ou langoustes fraîchement pêchées.

Le matin, on embarque à deux pas, après force marchandage, sur une barcasse qui n’inspire pas vraiment confiance. Voile au vent et cap sur l’entrée de la baie de Diego. Sur la passe, chahutée par les vents mauvais de l’hiver austral, le ciré révèle vite son utilité.

Ceux qui ne coulent pas atteignent, soulagés, un petit paradis : l’enclos magique de la bien-nommée mer d’Émeraude et ses îlots de sable pour Robinsons. Au programme : baignade, ramassage des coquillages, PMT (palmes-masque-tuba) et repas de poisson grillé pêché en route par le capitaine Ambroise. Reste à rentrer…

De Ramena, un lambeau de route mène aussi, par-delà un camp militaire hérité de la colonisation, au vieux phare du cap Miné. Peu après débute un long sentier alternant entre forêt sèche et côtes battues par les vents.

Cette balade des Trois Baies ne prend guère que 3 h à marée basse, pour peu que l’on ne s’oublie pas sous un filao ou sur un tapis de sable. Les pressés, eux, filent directement jusqu’à Sakalava : avec ses eaux turquoise peu profondes, la baie a été promue meilleur spot de kitesurf du pays.

En taxi-brousse

Madagascar Taxi brousse
Patrick de Franqueville

Le jour n’est pas encore levé lorsque les premiers taxis-brousse quittent le parcage Sud pour le voyage vers Ankify – un voyage invariablement long et inconfortable.

Sans cesse, l’attelage s’arrête. Repart. S’arrête à nouveau. À chaque fois, le jeu de Tétris reprend. Enlever ici. Remettre là. Déplacer un paquet. Plier une jambe. Charger une cage à poule. Tout est question d’équilibre.

Le secret du taxi-brousse est simple : pour pouvoir payer la location du véhicule à son propriétaire et les « amendes » pas très honorables discrètement prélevées par la maréchaussée (pour excès de passagers…), le chauffeur se doit d’empiler le plus de gens et d’objets possible. « Lentement mais sûrement » dit la devise, gravée sur la vitre arrière. Lentement, sans doute. Sûrement, reste à voir…

Sur le bord de la nationale, les chars à zébus dépassent de loin en nombre les véhicules motorisés. Moins gourmands en essence, moins enclins aux pannes, disent les Malgaches.

Par les fenêtres, les manguiers géants, les litchis géants, les badamiers géants répondent au patchwork des rizières, lovées dans les replis de collines sèches, déclinant toutes les tonalités du vert – jusqu’au jaune tendre de la récolte prochaine.

Dans les hameaux, chaque maison, chaque cahute se double d’un commerce : ici des achards colorés. Là des fripes. Des cocos. Des oreillers. Des courges. Du lait de zébu. Un zébu tout juste débité. Une pile de tomates. Deux ananas. Quatre oranges. Six sambos (dans une marmite). Prévert devait être un peu malgache.

Nosy Be, porte de l’Orient

Madagascar Nosy Be Distillerie Lemuria Land
Distillerie Lemuria Land. Claude Hervé-Bazin

Le quai de Hell-Ville s’annonce par des clameurs – celles des porteurs et des taxis, qui, parmi les passagers de la navette maritime, ont déjà choisi leurs clients. Vous n’avez pas besoin de leurs services ? Qu’importe ! Ils vous les imposeront. Bienvenue à Nosy Be.

Juste au-dessus du port, le cours de Hell, planté de fiers manguiers, laisse imaginer une grandeur passée. L’administrateur colonial y résidait face aux maisons des notables, aujourd’hui bien décrépites.

Plus loin, le marché couvert ramène à une réalité plus malgache. On y marchande son poisson et ses épices sous l’œil goguenard de ceux qui savent le vrai prix des choses.

Dans les rues encombrées, quelques devantures en arabe, une mosquée au muezzin discret, des visages de femmes aux masques de beauté couleur soleil, témoignent d’un lien ancien avec le monde arabe.

Au vieux port, les boutres se dandinent, comme impatients de repartir en mer. La plupart sont exsangues, leurs voiles trouées, ou confectionnées à partir de sacs de riz remployés.

De là, mille balades s’offrent. Si les plantations de canne à sucre ont disparu, victimes d’une gestion déplorable, restent celles d’ylang-ylang, qui parfument l’île de leur odeur capiteuse et poivrée.

À la distillerie de Lemuria Land, fondée par un père français en 1898, les camions livrent chaque lundi, mercredi et vendredi leur cargaison de fleurs couleur d’or, tout juste récoltées. On se promène ensuite dans le parc et à travers sa forêt de bambous, où vivent des lémuriens en semi-liberté.

Autour de l’île de Nosy Be

Madagascar Caméléon furcifer
Claude Hervé-Bazin

On ne vient pourtant pas à Nosy Be pour la ville, mais pour s’oublier sur une plage. Oubliez Ambatoloaka, médiocre, aux filles un peu trop avenantes, et filez vers Madirokely, qui la prolonge, ou à Andilana, au beau croissant ombragé de palmiers. Le dimanche, tout le monde y converge pour manger Chez Loulou, les pieds dans le sable.

De là, une petite route grimpe vers le mont Passot, point culminant de l’île. Ce n’est pas l’Everest (329 m), mais la vigie suffit, livrant un panorama à 360° sur Nosy Be, la petite île de Sakatia flottant à l’ouest et plusieurs lacs de cratère aux eaux d’un bleu intense. On les dit fady (interdits), mais ils sont surtout habités par des crocodiles…

Pour tout le reste, il faut prendre la mer. Le parc national de Lokobe, au sud-est de l’île, est rejoint en 40 min de pirogue (ramez ferme !) depuis le village d’Ambatozavavy. La balade débute sous la conduite d’Anouar. Entre sentiers boueux, racines et coteaux glissants, le jeune guide jongle avec les noms latins.

Ici se terre furcifer pardalis, l’endormi réunionnais, un caméléon géant (jusqu’à 50 cm) tout vert qui peut même être turquoise. Là se cache uroplatus phantasticus, un gecko à peine croyable à la queue plate, dont la robe se fond à merveille avec l’écorce des arbres…

Un peu plus loin, un lépilémur, nocturne, fait la sieste au creux d’un arbre. Un boa dort, lui aussi. Autrement plus éveillée, une famille de lémurs macacos – eux noirs, elles rousses au ventre blanc – saute de branche en branche. La profusion d’espèces est remarquable.

Au large, l’archipel

Madagascar Nosy Komba
Nosy Komba. Claude Hervé-Bazin

C’est dans l’archipel de Nosy Be que se déroulent les plus belles plages et se révèlent les plus beaux fonds marins.

À cet égard, Nosy Tanikely (15 ha), inhabitée si ce n’est par un gardien, fait figure d’incontournable. Pas tant pour sa plage, semée de débris de corail roulés par la marée, que pour son aquarium naturel. On s’y glisse avec volupté, dans une eau à 28 °C peuplée de myriades de poissons naviguant en solo ou en bancs, en quête des peu farouches tortues imbriquées, survolant patates de corail et herbiers.

Bien d’autres îles entourent Nosy Be. La proche Nosy Komba dresse son gros chapeau de verdure (622 m) à quelques encablures seulement. Sans route ni véhicule à moteur, on n’y trouve que quelques villages endormis, où flottent les nappes brodées des dentelières, et de rares sentiers grimpant jusqu’aux ruines d’un sanatorium français (1895) et de son cimetière reconquis par la végétation. Loin au nord, les Mitsio attirent surtout les pêcheurs au gros, qui savent y ferrer des loches géantes dépassant le quintal.

Aucune, pourtant, ne peut rivaliser avec Nosy Iranja. Là, à marée basse, surgit du néant un incroyable cordon de sable blanc, reliant sur 1,5 km les deux îles jumelles. Côté village, quelques pirogues à balancier dodelinent sur les eaux translucides, face aux cases en falafy et toit de palme assoupies. La plus belle île du monde ? Peut-être.

Fiche pratique

Madagascar Nosy Nanto
Nosy Nanto. Patrick de Franqueville

Pour préparer votre séjour, consultez notre guide en ligne Madagascar.

Comment y aller?

De Paris, Air France, Air Madagascar et Corsair desservent Tananarive par vol direct plusieurs fois par semaine.

De là, seul Air Madagascar permet de rejoindre les différentes villes et îles du pays. Ses tarifs sont élevés (env 250 € par vol), mais ceux qui sont arrivés depuis l’étranger avec la compagnie bénéficient de 50 % de réduction sur les vols intérieurs.

Il existe en outre des vols directs depuis La Réunion : vers l’île Sainte-Marie et Tana avec Air Mad, vers Tana, Tamatave et Nosy Be avec Air Austral. Depuis Mayotte, Ewa Air dessert Nosy Be, Diego Suarez, Majunga et Sainte-Marie.

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Quand y aller?

La saison des pluies, particulièrement marquée sur la côte orientale, s’étire grosso modo de janvier à fin mars. Les pluies, quoique abondantes, tombent pour l’essentiel le soir et la nuit.

Si l’hiver austral peut être froid à Tana et sur les hauts plateaux, les températures restent très plaisantes sur les côtes ; en revanche, la nuit tombe tôt (vers 17 h 30).

C’est entre juillet et octobre qu’il faut venir pour voir les baleines.

Où se loger?

Sur le littoral, la plupart des hôtels sont composés de bungalows en matériaux traditionnels : toits en palmes et murs en falafy (fibres de l’arbre du voyageur).

Il en existe à tous les prix, du plus rustique, avec juste un lit dur (et peut-être une moustiquaire) partageant des sanitaires communs à l’eau froide (douche au baquet), aux plus luxueux avec belle terrasse en bois, sanitaires privés à l’occidentale (eau chaude), coffre, TV, ventilateur et parfois même air conditionné. Ce dernier est néanmoins rare en raison des problèmes d’alimentation en électricité et de son coût prohibitif.

Certaines destinations touristiques comme Sainte-Marie et Nosy Be proposent en outre de belles maisons d’hôtes (le plus souvent tenues par des vazaha) et quelques établissements haut de gamme.

Mis à part ces derniers, les prix sont très abordables : un établissement de catégorie moyenne coûte entre 20 et 30 € la double par nuit.

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Petit vadémécum du voyageur

Pour voyager à Madagascar, il faut :

- aimer partager sa douche avec un margouillat (gecko),

- aimer le zébu (dans l’assiette),

- détester le porc (fady) et éviter les sandwichs au jambon,

- apprendre à compter différemment (dans le taxi-brousse : 3 places = 5 passagers),

- avoir un gros portefeuille (pour faire rentrer tous ces billets de 10 000 Ar, soit 3 €),

- être patient,

- ne pas être pressé,

- savoir prendre son temps…

- et ne pas oublier d’emporter une réserve de coussins (cahots obligent).

Liens Internet

www.madagascar-tourisme.com  

www.madagascar-guide.com  

www.parcs-madagascar.com  

www.madonline.com  

www.tourisme-antananarivo.com  

www.saintemarie-tourisme.mg  

www.office-tourisme-diego-suarez.com  

www.nosybe-tourisme.com

www.nocomment.mg

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