Carte d'identité Sénégal
- Population : 19 000 000 habitants (recensement 2025).
- Superficie : 196 722 km².
- Capitale : Dakar (3 938 000 habitants).
- Langues : français (langue officielle), wolof (langue nationale), peul, sérère, dioula.
- Monnaie : le franc CFA.
- Salaire mensuel minimum garanti : environ l’équivalent de 90 €. Encore faut-il être salarié pour y avoir droit.
- Indice de développement humain : 168e place sur 191 pays (2023).
- Régime : présidentiel.
- Chef de l'État : Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024..
- Sites inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco : l’île de Gorée, l’île de Saint-Louis, le parc national du Djoudj, le parc national du Niokolo Koba, les cercles mégalithiques de Sine Ngayène et de Wanar (Nioro du Rip), le delta du Saloum et le pays bassari.
Le Kankourang, rite d’initiation mandingue (principalement en Casamance), et le Xooy, cérémonie divinatoire sérère, ont également été inscrits au Patrimoine immatériel de l’Unesco.
Économie
Le Sénégal est un pays pauvre. Les indicateurs économiques sont ceux d’un pays dit « en développement ». Si la croissance est restée plutôt satisfaisante durant la dernière décennie (elle a su se maintenir autour de 6,5 %), elle a évidemment fortement chuté en 2020 avec la pandémie. Et même si la croissance a vigoureusement repris depuis, elle ne profite que très peu aux Sénégalais. En effet, le chômage est très élevé (officiellement, 20 % de la population active fin 2024, selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, mais le taux d’emploi est assez faible), et le secteur informel est très développé parmi les petits commerces, l’artisanat ou la pêche. Près de 40 % de la population vit sous le seuil (national) de pauvreté.
Le Sénégal est un pays rural : le secteur primaire emploie 30 % de la population active. Mais l'agriculture ne rapporte que 15 % du produit intérieur brut (PIB). Un plan de financement de plus de 2 milliards de dollars a été lancé dans le but de doubler sa production et d’atteindre une situation d’autosuffisance en riz d’ici à 2030.
Les produits de la pêche représentent près de 21 % du total des exportations et 3,5 % du PIB. Mais la pêche est elle aussi en crise, car, en 30 ans, les ressources halieutiques du Sénégal ont diminué de 75 %, à cause de la surpêche due aux gros chalutiers étrangers (européens, russes, chinois) qui, en vertu d’accords bilatéraux passés avec différents pays d’Afrique de l’Ouest, sont venus détruire de nombreux habitats naturels et piller les fonds marins particulièrement poissonneux. Certes, l’État sénégalais a touché au passage de coquettes sommes, mais aux dépens de sa population (baisse de la quantité et de la qualité des produits, moins de travail et de rendement pour les populations locales). Aujourd’hui, une législation existe qui défend les eaux territoriales contre la pêche industrielle pratiquée par les navires étrangers, mais rien de plus facile que de la contourner en créant une société mixte à 51 % de capitaux sénégalais et 49 % de capitaux étrangers...
Le secteur industriel connaît un certain dynamisme (24 % du PIB total), tiré par le secteur du BTP, mais a longtemps vu son élan stoppé par les fréquentes coupures d’électricité. Le Sénégal mise désormais sur le solaire. Plusieurs centrales solaires sont opérationnelles, dont celle de Taïba Ndiaye (région de Thiès) qui apporte de l’électricité à 2 millions de Sénégalais. Début 2020, l’objectif de 22 % d’électricité renouvelable a été atteint, les 30 % seront sans doute atteints en 2030. On estime aujourd’hui que plus de 3 Sénégalais sur 5 ont accès à l’électricité (seulement 2 sur 5 dans les milieux ruraux), et l’objectif d’accès universel à l’électricité est annoncé pour 2025.
Le Sénégal mise également sur le secteur minier. La production d’or, dans l’est du pays, n’est pas négligeable, mais surtout, on compte beaucoup sur la mine de zircon et d’ilménite, 2 minéraux lourds utilisés, pour le 1er dans les écrans plasma et l’industrie aérospatiale, et pour le 2d, dans l’industrie chimique. Située à Diogo (sur la côte, à mi-chemin entre Dakar et Saint-Louis), cette mine, la 6e au monde pour le zircon, la 7e pour l’ilménite, doit assurer 8 % de la production mondiale. 2 géants du secteur, français et australien, se sont associés et ont investi 650 millions de dollars. L’exploitation du site a débuté, mais les bénéfices réels pour le pays et les recrutements en masse annoncés se font encore attendre. En revanche, les dégâts environnementaux sont considérables...
Les hydrocarbures constituent un levier de développement important. Depuis début 2023, l’exploitation de nouveaux gisements de pétrole, notamment celui de Sangomar au large de Rufisque, a commencé.
Quant au secteur tertiaire, c’est le plus performant, grâce au développement rapide des télécommunications et de l’informatique. Mais, là aussi, s’il contribue à hauteur d’environ 48,4 % au PIB total, il ne fait vivre que 15 % de la population active.
Le tourisme est l’une des plus importantes sources de revenus, mais l’argent qu’il génère profite plus aux agences de voyages et aux organismes gérés par des toubabs qu’aux habitants. On a noté une certaine désaffection de la part des Français, qui constituent pourtant plus de la moitié des visiteurs. L’abandon du visa biométrique, en 2015, n’a pas suffi à changer la donne... La crise sanitaire de 2020-2021 a évidemment tari les ressources touristiques et le tourisme peine à redémarrer. Cette retenue du tourisme est également due aux redevances et taxes aéroportuaires élevées du Sénégal, qui influent sur le prix du billet depuis la mise en place du nouvel aéroport Blaise-Diagne, inauguré en 2017.
Droits de l'homme
Durant le dernier mandat du président Macky Sall, le pouvoir s’est illustré par des procédés entravant la liberté d’expression. La répression policière aura été d’une rare violence avec au moins 65 personnes tuées, 1 000 autres blessées et plus de 2 000 arrêtées entre 2021 et février 2024. Durant cette même période, sous des prétextes fallacieux tels que « offense au chef de l’État », « diffusion de fausses nouvelles », corruption ou détournement de fonds, nombre de journalistes et d’opposants ont été arrêtés, au 1er rang desquels Bassirou Diomaye Faye (président élu en avril 2024) et Ousmane Sonko (1er ministre nommé en 2024). Le pouvoir sénégalais avait émis un décret interdisant les manifestations politiques à Dakar (décret pourtant non conforme à la Constitution) et, pour tenter d’apaiser les rancœurs, avait édicté une loi d’amnistie – loi vite perçue par l’opposition comme l’expression de l’impunité des violences gouvernementales. Aussi, une fois aux affaires, les anciens prisonniers politiques en ont obtenu l’abrogation partielle par le parlement. Le nouveau pouvoir s’est aussi engagé en faveur du renforcement de la protection des Droits humains.
Par ailleurs, les yeux des ONG sont toujours braqués sur le mauvais traitement réservé aux talibés, ces enfants des rues censés être éduqués dans des écoles coraniques. Selon Global Solidarity Initiative, on compte environ 200 000 enfants rien qu’à Dakar « forcés de mendier chaque jour par leur maître coranique, sous peine de brimades physiques ou psychologiques ». Sur les 15 dernières années Human Rights Watch dénombrait plus de 60 cas de maltraitance physique, mais aussi d’abus sexuel. Et en décembre 2022, Amnesty International dénonçait l’inaction du pouvoir. L’adoption d’un Code de l’enfant par le nouveau gouvernement devrait permettre de limiter les violations des droits des enfants, dont la mendicité mais aussi les mariages précoces et forcés. Il permettrait aussi au Sénégal de se conformer à la Convention internationale des droits de l’enfant ratifiée en 1990.
Pour compléter le tableau, précisons que les relations homosexuelles sont toujours passibles de 5 ans de prison et que la tendance serait même au durcissement de la peine. L’avortement demeure un crime au Sénégal. À ce chapitre, petit coin de ciel bleu dans ce sombre horizon, grâce à l’action des militantes sénégalaises, le viol est néanmoins devenu un crime – il n’était, jusqu’en 2020, considéré que comme un délit. Amnesty International constatait début 2025, une prise de conscience de la part de femmes victimes de mutilations génitales féminines, perçues par elles-mêmes comme un traitement cruel, inhumain et dégradant. Les mouvements féministes demandant l’application du protocole de Maputo prennent aussi de l’ampleur. Ce texte garantit théoriquement le respect des droits des femmes face, entre autres, aux « pratiques traditionnelles néfastes ».
Notons, enfin, que le conflit en Casamance, après avoir connu un accès de fièvre en 2022, pourrait toucher à sa fin. En février 2025, le gouvernement a signé un protocole d’accord de paix avec le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance.
Les derniers reportages sur le meilleur au Sénégal

Sénégal : la Casamance, en pays diola

Sénégal : la playlist et les coups de cœur de Stranded Horse

100 % Sénégal : de la Petite Côte au pays bassari
Infos pratiques
Bons plans voyage Sénégal

Vous préparez un voyage au Sénégal ?
Recevez gratuitement nos newsletters personnalisées pour préparer au mieux votre séjour
(2 e-mails avant le départ, 2 à votre retour)
Les événements Sénégal
Photos Sénégal
.1367582.w1000.jpg)

























