Bonjour,
Suite à un séjour en CI et au regard du peu d’avis trouvé sur internet, je me devais de vous faire part de mon expérience en tant que touriste.
Petit rappel: ce pays a connu des événements ces dernières décennies qui ne peuvent pas être occultés pour comprendre l’ambiance en CI.
Infrastructures touristiques:
Il n’y a presque rien.
Les hôtels sont chers pour une qualité de service très relative.
Il y a bien Assinie où sont proposés des sports nautiques, de la pirogue, mais rien de plus.
Côté culturel, le musée des civilisations d’Abidjan, le zoo et quelques autres sites à touristes vous occuperons une journée ou deux, sans grande satisfaction.
Le seul véritable gros monument à voir est sans conteste la basilique de Yamoussoukro! Démesurée.
Le quartier France de Grand-Bassam offre une balade d’une demi-journée. Il y a un petit artisanat assez sympa du côté du musée de la céramique (notamment un tisserand et un sculpteur dans une vieille maison coloniale à moitié en ruine, un monsieur très gentil!)
Malheureusement, de bons ouvrages seront vos meilleurs alliés pour en savoir un peu sur le rôle des anciennes capitales, la soixantaine d’ethnie qui compose la CI, etc… n’attendez rien des possibles guides ou autre (sauf à la basilique de Yamoussoukro)
Côté nature… puisque rien n’est fait pour un minimum de tourisme, il est difficile de se rendre dans un parc national. Vous trouverez des piroguiers pour la lagune mais pas grand chose d’autre.
De toute façon, la CI est gravement polluée, 4/5ème des forets ne sont plus primaires, la faune est décimée. Il n’y aura qu’une certaine variété d’oiseaux sur la lagune qui donnera le sourire à ceux qui aiment s’émerveiller devant la nature. Pour le reste, à vos mouchoirs, vraiment!
Les transports: En ville, les taxis sont LE moyen de transport. Pour Abidjan, compter plus ou moins 2.000 cfa selon le trajet
Pour Yamoussoukro,compter plus ou moins 200cfa.
Pour aller d’une ville à une autre (courtes distances):
les chauffeurs se trouvent assez facilement (demandez aux réceptions d’hotel ou aux taxis), le tarif pouvant être raisonnable pour un service d’une demi-journée ou d’une journée.
Plus sympa et plus “roots”, les 503 break, vous partagerez le trajet avec deux ou trois locaux au milieu des caisses de banane ou de manioc. Solution qui se trouve plutôt au départ des petites villes.
Pour aller d’une ville à une autre (longues distances): préférez le bus (la société UTB dessert de nombreuses villes, bus climatisés, tarifs modestes). Attention: A partir d’Abidjan, il faut se rendre dans le quartier d’Adjamé, il faut faire attention là-bas. N’y allez pas la nuit!
L’ambiance: bon, il ne faut pas se leurrer les événements sont encore dans les esprits. Pour ce qui est du français, soit on l’aime, soit on le déteste… c’est en tout cas ce que j’ai un peu ressenti. Il y a d’ailleurs un amalgame anti-français et anti-blanc.
Sur ce point, il faut vraiment avoir consience du vécu de ce pays et bien comprendre que l’homme blanc et le français n’ont jamais fait l’unanimité. A cela, vous ajoutez une classe politique qui a fait de graves amalgames et qui a divisé son peuple depuis la mort du “Vieux”… Nous voici au beau milieu d’un mélange explosif, intéressant mais sensible. Prenez vos précautions si vous êtes amenés à aborder ce sujet avec des ivoiriens.
La CI est un pays dont plus de la moitié de la population est analphabète, avec des inégalités de richesse folles. Attendez-vous à être tout le temps sollicité par de vrais miséreux.
Les personnes les plus sympa ont été des petites dames qui vous vendent un demi-poulet dans la rue ou un vieil artisan dans sa boutique.
Laissez tomber les taxi et les réceptionniste d’hôtel qui vous proposerons sans cesse des plans mal ficelés pour visiter tel ou tel endroit. Ils n’en veulent qu’à votre argent et ne connaissent rien de leur pays.
Il faut rester prudent et comprendre les douleurs encore récentes du pays.