Bonjour,
Les jinetero/as sont dans les starting blocks pour l’arrivée des premiers yumas au 15 novembre. Témoignages:
Liensay, une jeune holguinière de 20 ans, récemment arrivée clandestinement à La Havane, nous raconte pourquoi elle s’empresse d’arriver parmi les premiers, et ce qu’elle attend de la réouverture au tourisme le 15 novembre prochain.
“J’ai essayé d’arriver avec le laissez-passer mais je n’ai pas pu l’obtenir; puis on m’a parlé d’un camion qui venait chaque semaine [à La Havane] pour charger de l’acier et j’ai parlé au chauffeur pour qu’il me cache sous la cargaison. Il me faisait payer 8000 pesos, mais je n’en avais pas, j’ai dû vendre une télé et je lui ai donné un petit cochon que ma mère élevait pour la fin de l’année. Bien sûr que ça vaut le coup, parce que quand les gens seront plus nombreux, il y aura plus de concurrence. Ici, la lutte a toujours été dure, et maintenant, j’imagine que c’est sans pitié, à mort. Avant [la pandémie] je faisais ici en un jour jusqu’à 100 fulas [dollars]. En supposant que la chose ne soit pas très bonne, en gagnant 20, je résous plus que là-bas [à Holguín. C’est la pauvreté partout. La Havane est la Yuma par rapport à cela. Si une autre pandémie revient, je ne partirai plus. De là, je vais juste de l’autre côté du détroit”, dit Liensay.
Pour Andy, un jeune homme de 22 ans, de Las Tunas, qui partage une location avec Liensay à La Vieille Havane, plutôt que de craindre la concurrence pour “pêcher un Yuma”, sa plus grande contrainte a été de ne pas obtenir un bon loyer, bon marché et bien situé.
“Je suis arrivé à la fin du mois d’août, quand les choses empiraient. Mais j’ai un ami qui m’a dit qu’il y avait des rumeurs d’ouverture pour la haute saison [de novembre à avril]. J’ai payé 5000 pesos pour un laissez-passer luttant pour l’obtenir et là plus de 3000 pour la voiture qui m’a amené. Puis j’ai vendu la moto quand j’avais tout sécurisé. Mon ennui était le loyer; presque personne ne loue en monnaie nationale et ce que vous trouvez pas cher est une chambrette sans toilettes, sans conditions. Ici je peux apporter un Yuma sans problème. C’est vrai que je dépense un peu plus mais l’impression est ce qu’elle vaut. Le Yuma voit ceci et dit : ‘C’est un type décent. Ce n’est pas un bandit’. Si je l’emmène à un taudis il voudra me payer une misère. Parfois, il faut investir pour gagner plus”, explique Andy.
Pour sa part, Sergio, 34 ans, de Las Tunas, a décidé de retourner dans la capitale de l’île bien avant le 15 novembre pour, selon ses propres mots, aller “péparer le terrain” parce que, étant un résident illégal à La Havane et sous menace d’expulsion, Vous devez faire de nouveaux contacts dans la police qui vous “épargnent la vie” parce que “la rue est chaude” après les manifestations populaires du 11 juillet dernier.
“Presque tous les flics que je connaissais ont été enlevés. La rue est chaude, les bérets noirs [brigades spécialisées du MININT] sont agités, lâchés dans tous les coins. Je sors tous les jours pour qu’ils me voient, qu’ils sachent que je suis du quartier, que tout va bien. Parfois, je leur donne de l’eau, je leur achète leur boîte à cigares, je les aide à m’épargner. J’ai payé 10.000 pesos pour qu’ils me passent, 6.000 pour le transport et 4.000 que j’ai dû donner au point de contrôle à Camagüey parce qu’ils y sont devenus un peu fous”, assure Sergio.
(traduction d’un article CUBANET: Arriver à la Havane avant les yumas)
Hasta pronto
Chavitomiamor