Bonjour,
Nous venons de passer sept semaines en Ethiopie ; voici la conclusion du
journal écrit par Christine (elle peut vous l’envoyer si vous nous le
demandez) :
"Ce voyage en Ethiopie aura été très dur.
En réalité, on se fait à tout lorsqu’on voyage
comme nous le faisons. L’inconfort, le manque d’hygiène, la misère même si elle
est difficile à gérer au fond de nous restent des choses que nous acceptons
parce que le monde est ainsi fait et que, si cela ne nous convient pas de nous
confronter à ces réalités, il faut rester chez soi.
En revanche, ce à quoi nous ne nous attendions
pas, ce pour quoi nous avons été désarmés et profondément dérangés, c’est
l’état d’esprit des Ethiopiens et, ce qui est encore plus difficile, c’est de
se l’avouer et de le dire au risque de passer pour des vieux cons tenant des
propos racistes.
Partout dans le monde, dans tous les pays dits
sous développés ou en voie de développement, on nous presse, on sollicite notre
portefeuille, on essaie de nous extorquer le plus d’euros possible. Là encore,
on le sait, on le gère du mieux que nous pouvons. Cela nous agace parfois mais,
dans l’ensemble, ça reste acceptable.
En Ethiopie, on a eu affaire à des gens envieux,
menteurs, arnaqueurs au delà du tolérable, à des voleurs aussi. En ce qui
concerne l’accueil dans les hôtels et les restaurants, le jemenfoutisme
et le laisser aller ou l’incompréhension totale ont été omniprésents frisant
parfois l’inacceptable.
Oui, j’ai eu, pour la première fois de ma vie de
voyageuse, l’envie de rentrer.
Tout cela nous a conduit à un état de relation de force
très présent avec les gens, à une tension permanente et à une surveillance de
nos affaires qui serait passée pour de la parano n’importe où ailleurs.
Non, si c’était à refaire, nous ne le referions
pas.
Je suis montée dans l’avion avec soulagement.
Oui, nous avons foulé un bien beau pays et
découvert d’étonnantes choses et on espère qu’avec le temps, c’est ça qui
restera.
Le beauté du Simien, la rencontre avec les peuples
du sud si différents de l’idée qu’on a de l’humanité en général ont été de
grands moments de voyage.
Dommage que les Ethiopiens aient un peu gâché
notre plaisir.
Si des voyageurs routards me demandaient un jour
ce que je pense d’un projet de voyage vers l’Ethiopie, je leur dirait que le
monde est grand, qu’il existe des destinations extraordinaires, des pays où les
gens ont vraiment envie de nous accueillir et que l’Ethiopie, à moins d’être
anthropologue ou ethnologue, n’est peut
être pas la meilleure idée qui soit…
Pour les autres, il existe sans doute des voyages
organisés mais là, c’est une autre histoire."
A bientôt