Je ne connais pas d’autres coin d’Indonésie, que j’ai silloné de Sabang à Merauke, aussi bipolaire que le Kawa Ijen. Kuta n’en est pas loin pour illustrer ces avis de rejet ou d’attirance.
Après de très nombreuses visites sur place, je rejoins GANDA en insistant sur le fait que la venue de touristes n’est pas considérée par les travailleurs, “forçats de l’enfer”, comme insultant ou voyeuriste. En tout cas pas plus que lors d’une crémation à Bali sans y être invité personnellement.
Lorsque l’on y va, plusieurs étapes ou grades de sentiments peuvent apparaître:
-Comme le dit GANDA qui vit le problème, il y a une taxe à payer aux autorités gouvernementales…qui ne revient en rien dans la poches des travailleurs pourtant l’objet de beaucoup de photos.
-Justement, ces même autorités demandent un droit de photo, depuis peu, alors que les travailleurs, là aussi, ne voit pas la couleur de lcet argent. Vous pouvez vous en dispenser en précisant que vous n’allez pas prendre de photos, ou alors prendre un seul ticket pour un groupe: il n’y a pas de contrôle…jusqu’à présent, mais GANDA peut nous le confirmer.
-La montée est facile mais un peu longue par rapport à d’autres sites volcaniques (Kelimutu, Bromo…). Les travailleurs, qui redescendent le chemin chargés lorsque les touristes montent, sont heureux de voir des “bulé” faire l’effort d’aller voir leurs conditions de travail. Ce n’est pas un safari, nous ne sommes pas derrière une vitre à les photographier mais avons (légèrement) enduré pour les rencontrer.
-Il est tentant, pour certains de s’apitoyer sur leur conditions et de vouloir leur donner une somme d’argent pour les photographier. Certains demanderont d’ailleurs cela en échange. Les “cadeaux” les plus appréciés sont, selon leurs demandes: des cigarettes!, des colyres, des biscuits et autres aliments. On est toujours gêné d’offrir des cigarettes à des gens qui se détruisent les poumons dans le cratère sulfureux…mais nous n’avons pas la même composition! Testez, regardez juste l’état de leurs épaules habituées à porter une centaine de kilo, parfois plus: de la vraie pierre!
-Vous serez parfois choqué de voir des détritus ça et là même si le chemin qui y mène est globalement nickel. Sans faire du manichéisme, les touristes internationaux qui se rendent au Kawa Ijen sont très respectueux de la nature, souvent écologistes dans l’âme. Par contre, il y a toujours un gros effort à faire auprès des touristes du dimanche indonésiens chez qui la notion de déposer les ordures dans un endroit approprié est encore peu ancré…mais cela commence à changer!
-Enfin, je ne reviendrais pas sur mes propos précédents concernant le travail et ses bénéfices mais il s’agit bien d’une élite, assez jalousée localement, régit par une corporation très stricte qui contrôle donc les méthodes de travail en interdisant les amélioration pour ne pas perdre des bénéfices (pas de véhicules, pas de poulie, pas de transports…) et fixant des quotas de personnel, des cadences, des horaires bien définis. Il existe parallèlement des “clandestins” qui travaillent la nuit et qui ont, eux, des conditions bien plus difficile.
-Dernière chose, selon les vulcanologues, le site est strictement fermé aux touristes et plusieurs experts canadiens ou australiens m’ont montré comment ils désapprouvaient la venue de “voyeurs” sur leur terrain de travail…En cas d’accident, normalement vous êtes couverts par la pseudo assurance incluse dans le droit d’entrée mais les rangers vous conseillent de prendre aussi un guide…qui n’en est pas un et qui alimente leur fonds de prélèvement.
De mon point de vue, il est toujours possible d’aller voir ce lieu unique sans se considérer soi-même comme un voyeur allant regarder des animaux dans un zoo. Juste avoir du respect, être propre, comme le dit GANDA, en ramenant ce que vous avez amené et vous aurez eu une expérience extraordinaire.
Ce que je peux vous recommander aussi est de passer une nuit supplémentaire à l’ARABIKA (mais aussi au CATIMOR) pour visiter les plantations de café, faire de belles ballades dans la caldeira, voir la cascade, les sources chaudes très bien aménagées et surtout visiter une des deux usines à café qui méritent une visite obligatoire: le matin, vous pourrez voir des centaines de femmes trier chaque grain de café à 4 reprises dans une seule pièce avec un surveillant en chef et de la musique dangdut en fond. Cela rappelle les usines de havane à CUBA! Là, les conditions de travail semblent très difficiles par rapport au salaire mais les avantages en parallèle sont immenses (nourries, logées, soignées, éduquées…). Prenez du temps, enfin, pour visiter l’un des deux villages surtout celui près de l’ARABIKA où existe de l’autre côté de la rivière une village similaire pour abriter les animaux! On se ballade au milieu de ruelles, de maisons, parfois à étages…où sont entassés chèvres, vaches et chevaux. C’est très peu visité et l’accueil y est génial.