Les « Belles Américaines » (voitures) de années 50, le charme fou d’un temps qui s’est figé il y a presque 60 ans, une peuple chaleureux et cultivé, une musique envoutante qui danse à chaque coin de rue ou une ambiance de fête dans les bars/restaurants chaque nuit de la semaine… c’est bien Cuba ! Vous en rêvez et vous allez adorer si vous en connaissez le mode d’emploi.
Ce qu’il faut savoir, c’est que les cubains sont pauvres. Ils ont des salaires de misère, entre 15 et 30 CUC par mois (1 peso convertible = environ 1€), venant du seul et unique employeur : l’État. Alors que les prix sont parfois aussi cher que chez nous, voir plus : 1 litre d’essence coûte 1,20CUC ; une entrée de musée 5CUC et un expresso entre 1 et 2 CUC…
L’État : voici des héros idéalistes et romantiques, Los Barbudos, qui en 1959 ont mis dehors un dictateur pourri et corrompu jusqu’à l’os à la botte de la mafia américaine, Batista. Jusque là tout va plutôt bien. Et puis comme d’habitude dans le lot il y en a toujours un qui cachait bien son jeu et qui voulait en fait être Calife à la place du Calife, alors avant de les ériger en Icônes Nationales (Camillio Cienfuego et Che Guevara), on commence par se débarrasser des personnes gênantes qui commençaient à voir la vrai face du Lider. Ensuite la route est libre pour s’engraisser la panse et asservir le peuple à grand coup de slogans ridicules (La revolucion invincible ; Hasta la victoria siempre ;La patria grande que crece…) et à grand coups de matraques s’il refuse d’obtempérer. Bien entendu pour le peuple c’est comme si on avait changé l’emballage mais pas le produit. Et il se retrouve dans une situation gère meilleure quand ce n’est pas pire…
Donc les temps changent… mais qu’un peu car les Liders ne sont plus tout jeunes ! Mais il y a encore du chemin à faire et avec le changement certains cubains ont un peu tendance à nous voir comme des coffres fort sur pattes (ce qui n’est pas faux) dès la descente de l’avion. Donc ils pètent les plombs et nous prennent pour des cons. Evidemment si l’on ne se laisse pas faire ils retournent dans leur case puisqu’il cela fait 60 ans qu’ils y sont dressés et cela qu’il s’agisse du chauffeur de taxi, du vendeur de cacahuètes, du militaire ou flic de service.
Quelques conseils pratiques :
1°) La monnaie : L’attrape-con par excellence. Il y a le CUP (peso cubain) et le CUC (Peso cubain convertible). 1 CUP = 0,04 CUC et 1 CUC = 26,50 CUP donc pour se faire avoir il n’y a rien de mieux et le cubain habitué, par force, à la démerde maitrise parfaitement la chose. Donc quand dans un resto populaire un sandwich est à 5 CUP (soit 0,19 CUC ou 19 centavos), n’allez pas donner 5CUC car vous le payerez 132,50 CUP. Ce qui ne fait jamais que 26,5 fois le prix… Je vous rassure, je me suis fais piéger plusieurs fois !
2°) Comme partout, c’est mieux de parler la langue, mais comme je le dis plus haut le peuple est cultivé donc nombreux sont ceux qui maitrisent des langues étrangères puisque pour eux c’est une source de revenu. Entre parenthèses, il est même étonnant qu’un peuple qui ne voyage quasiment pas soit aussi doué pour les langues. Chers enseignants en langues étrangères posez vous des questions vu le résultat des élèves qui sortent de vos classes. Ca c’est dit !
3°) Transport à l’arrivée (un point toujours épineux…) : dès l’aéroport José Marti, vous serez assaillis par une ordre de chauffeurs de taxi vous proposant de vous conduire au centre de la Havane (entre 25 et 30 km). Le prix c’est 25CUC. Une solution, la plus simple, si vous avez une réservation (hôtel ou casa particular), demandez de vous faire récupérer à l’aéroport. Normalement c’est le même prix.
4°) Transport locaux : demandez systématiquement et fermement combien ça coûte après vous être renseigné sur le trajet à faire et du prix auprès d’un local (le patron d’une casa particular par exemple !). Refusez de payer si on vous demande une somme vraiment au dessus du prix normal et demandez à aller à la police pour vérifier, en principe tout se régularise très, très vite. Un trajet en bus et en bateau coûte 10 centavos de CUC (10 cents d’€) et il n’est pas rare de se voir réclamer 1 ou 2CUC.
5°) Hôtels d’état : demandez systématiquement combien ça coûte. Le service est souvent nul, le personnel traine les pieds mais on ferait pareil à 15€ par mois. On ne peut vraiment pas leur en vouloir. L’état des chambres est souvent limite et même quand c’est correct il y toujours des trucs de cassé (plomberie, plafond, électricité, etc.). A éviter si possible.
6°) Casas particulares : Même si c’est plutôt entre correct et très bien ne pas déroger à la règle de demandez systématiquement combien ça coûte. Les prix des chambres sont fixés par l’État et Il leur en pompe un max, comme tous les États. Par contre les propriétaires vous proposent des repas et le petit-déjeuner. Sur ça ils gagnent leur vie car ils ne doivent pas déclarer grand chose au Lider Maximo Racketeur et c’est pour ça qu’ils vous le proposent d’entrée. Donc n’hésitez pas car c’est toujours bon, copieux et à prix très raisonnables : 10 CUC pour langouste + accompagnement, Morito 3 CUC (mais bien mieux dosé que dans les bars) et 5 CUC le petit déjeuner.
7°) Restaurants/Bars : appliquez la règle de demandez systématiquement la carte avec les prix et combien ça coûte s’il la carte ne vient pas. N’hésitez pas à faire demi tour si vous voyez que ça pédale dans la semoule pour vous les fournir. Si vous avez choisi un plat avec le prix en face (poisson par exemple) et que l’on vous demande si vous souhaitez du poisson X ou du poisson Y demandez s’il y a une différence de prix. Faute de cette question, il y aura automatiquement un supplément… et de taille ! (5 à 6 CUC).
8°) Musées, c’est pareil : demandez systématiquement combien ça coûte. Outre le fait que c’est entre 3 et 10 CUC, ne vous attendez pas à ce que les tous éclairages marchent. La torche de votre portable vous sera bien utile pour distinguer les étiquettes décolorées (quand il y en a) au milieu des mouches crevées. Vous n’échapperez pas aux gardiennes de salle qui tenteront de vous soutirer una contribucion après quelques explications pas toujours inintéressante d’ailleurs. A vous de voir et de prévoir des petites pièces (10 et 25 centavos) dans votre poche pour éviter de raquer 1 CUC parce que finalement ses femmes sont souvent sympathiques. Mais il y a quelques garces !
9°) Pourboires : et bien on peut dire que c’est un pays ou il faut toujours avoir la main au CUC. Donc même règle que ci-dessus : prévoir de garder les petites pièces de 10 et 25 centavos pour éviter de raquer 1 CUC. Quand le service est bien, il n’y a pas de raison de ne pas marquer le coup, mais le faire avec modération pour ne pas enflammer leurs esprits.
Quand les gens dans la rue vous abordent pour discuter ou vous guider c’est souvent dans le but de gratter une pièce mais pas toujours. Dans tous les cas l’approche est la même, on vous demande d’où vous êtes dans plusieurs langues puis de quelle ville, etc. Si l’on vous aborde en vous disant que l’on ne va pas vous demander d’argent c’est qu’on va vous demander d’aller acheter du lait pour le bébé malade dont on a pris soin de ne pas enlever les croûtes aux yeux du matin… Au bout d’un moment ça peut vous brouter le minou !
10°) Internet : le point d’orgue qui fait si peur au Régime, si bien qu’Il freine des quatre fers depuis des années, mais, pour le bien de tous, la gangrène gagne du terrain. Alors que les apparatchiks du Régime se gavent d’internet grâce à leurs privilèges, le peuple est obligé de passer par le seul et unique opérateur d’état, ETECSA. Ce dernier n’ayant pas de concurrence, pratique les prix qu’il veut. Pour se connecter il faut donc acheter une carte pour une connexion d’une heure valable 30 jours (à partir de la première utilisation) et qui coûte 3 CUC dans les grandes villes et 2 CUC ailleurs. Le système D étant de mise, un commerce parallèle de cartes s’est instauré avec des gens qui les achètent à la campagne pour les revendre en ville. Et ils ont raison.
Une fois la carte en main, ce n’est pas encore gagné ! Il faut alors chercher une connexion WIFI ce qui est relativement facile puisqu’on les trouvent à proximité d’hôtels et/ou sur des places publiques. Il suffit simplement de repérer les locaux en grande conversation via Skype, Viber ou Whatsap avec le cousin de Floride. A partir de là il va falloir être patient et parfois renoncer car il arrive qu’il soit impossible d’accéder au réseau.
11°) Les activités culturelles et sportives… une exception : la musique et les « musicos » sont tous incroyablement très bons. Même si au bout de quelques jours « Guantanamera » et « Commandante Che Guevara » commence à vous courir sur le haricot n’hésitez pas à donner votre obole à la superbe chanteuse ou au très sympathique guitariste qui vous tendra son chapeau. Là rien n’est obligatoire et on donne ce que l’on veut et pour 1 CUC, on est jamais volé.
Pour les autres c’est comme tout le reste, ne pas déroger à la règle : connaître le prix avant de partir à l’aventure. Que ce soit une balade en voiture, une visite guidée, de la randonnée à pied, à cheval, en charrette, le but est d’abord de vous soutirer un max de pèze au détriment de l’intérêt bien réel de l’activité. Ainsi si vous pensiez découvrir la beauté sauvage de cette belle nature qui vous entoure, vous serez déçu. Vous serez intégré à un gros troupeau de victimes comme vous, se déplaçant avec une lenteur extrême ponctuée d’arrêts dont le but pseudo culturel est de vous faire consommer et acheter rhum, cigares, café, etc.
Ne chercher pas les cartes, topos guides ou chemins balisés, il n’y en a pas ! Pourtant le potentiel est énorme mais le gouvernement n’a pas encore compris qu’en investissant dans un écotourisme et la valorisation de son intéressant patrimoine il attirerait une clientèle plutôt que de la faire fuir et dénoncer ses abus sur le WEB au retour.
Grace à notre accès internet faites votre propre repérage en téléchargeant des applications et en imprimant des cartes avant de quitter la France. Il paraît même que le GPS marche contrairement à ce qui est dit sur certains guides. Sans rien demander à personne vous pourrez faire quelques ballades des plus attractives avec une formule jamais proposée. De plus, les cubains que vous croiserez sur votre chemin sont absolument charmants.
La plongée : attention c’est hors de prix mais bon, c’est une activité de nantis et si on ne veut pas dépenser on a qu’à faire du tricot ! Globalement le matériel est correct, les bateaux très bien et les moniteurs connaissent bien les fonds. Le problème est que leur méthode d’encadrement est complètement débile et surtout extrêmement dangereuse. En effet, ils ne tiennent pas du tout compte de votre niveau de plongeur (débutant, autonome ou moniteur) et forme des énormes palanquées de 8 à 10 plongeurs pour un guide de plongées. Bien entendu c’est un bordel monstre sous l’eau avec à chaque voyage des gags qui frôlent la catastrophe. Malgré des fonds dignes du plus grand intérêt, dans ces conditions, ça perd beaucoup de charme et parfois c’est même carrément nul !
Conclusion : Pour contrer tous désagréments évitez les situations qui vous mettent en position de faiblesse (arriver en pleine nuit sans lieux pour dormir ; vous retrouver qu’avec des grosses coupures pour payer un taxi ; ne pas avoir d’idée d’un trajet que vous souhaitez faire ; etc.). Demandez toujours les prix avant de consommer quoi que ce soit même si vous trouvez cela un peu déplacé. Même si cela n’est pas dans vos critères d’éducation, n’oubliez pas que c’est le meilleur moyen d’éviter de vous faire piéger. N’hésitez pas à vous fâcher systématiquement tout rouge, car si vous êtes dans votre droit vous aurez gain de cause.
Une dernière nouvelle vient de tomber sur les téléscripteurs. Fidel est mort ! Je ne donne pas longtemps qu’une fois incinéré il aille reposer, comme ses camarades « bienfaiteurs » de l’humanité (Lénine, Kim Il Sung, Mao, Hô Chi Minh, etc.), dans un mausolée démesuré et isolent construit à grand frais avec la sueur du peuple.
Maintenant, si vous avez encore envie de partir, ce que je vous encourage à faire, vous devriez êtes parés pour profiter pleinement de votre séjour.

