Après le Camino de Santiago et la Via Francigena, je cherchais un nouveau sentier “longue distance” à parcourir pendant les 5 ou 6 prochaines années.
La Via Transilvanica semblait correspondre en tous points à mes attentes : 1.400 km bien balisés à travers les plus belles parties de la Roumanie. Mais j’ai trouvé très peu d’infos concrètes en français, raison pour laquelle je poste cet article, espérant vous donner envie de ressortir votre sac à dos et partir à l’aventure.
Drum bun !
Toutes les généralités se trouvent ici, je ne vais pas faire double emploi :
Le sentier à été créé par une super ONG - Tășuleasa Social, active depuis 25 ans dans des projets sociaux, humanitaires ou environnementaux.
Leur site foisonne d’infos utiles :
Ils mettent à jour chaque année un guide complet (hébergements, conseils, description des étapes) qu’on peut télécharger gratuitement en pdf.
Les traces gpx sont aussi disponibles gratuitement (le sentier est déjà sur mappy.cz).
Mais après 5 jours de marche, j’ai découvert que tout était intégré dans une appli pour smartphone gratuite ! (cherchez “Via Transilanica” sur PlayStore)
Tout ce que j’aurais aimé lire avant mon départ, pour me rassurer :
• Le balisage est excellent, les sentiers sont bien entretenus (parfois abîmés par le transport du bois)
• Très bonne couverture 4G, sauf de rares vallées encaissées. Et comme la Roumanie fait partie de l’UE, votre plan tarifaire reste inchangé (pas de roaming)
• La langue roumaine descend du latin, nombreuses similitudes avec l’italien, l’espagnol ou le français. Et les applis de traduction permettent de se débrouiller (j’utilisais DeepL, mais il y en a d’autres). Il est donc facile de réserver un logement par SMS ou WhatsApp.
• Les hébergements sont listés dans le guide pdf gratuit ou sur la carte interactive de l’appli. Une majorité de petites pensions familiales ou d’accueil chez l’habitant. Comme j’adore la décoration kitch, je n’ai pas été déçu. Accueil authentique et enthousiaste, repas copieux et produits locaux.
• Si on choisit la demi-pension (sans doute la meilleure formule), on peut se contenter d’un sac à dos très léger : pas besoin de duvet, sac à viande, serviette, réserve de nourriture, etc… Compter 40 à 50 € par jour. Et comme les repas sont très copieux, j’emportais une partie dans un tupperware bien étanche pour le picnic du lendemain.
• Je marchais seul et ne me suis jamais senti en insécurité. Les Roumains sont ravis qu’on vienne à leur rencontre et reparte avec une image positive de leur pays
• Équipement : une majorité de sentiers forestiers, parfois très boueux ou défoncés par le transport du bois, quelques raidillons à plus de 20 %, beaucoup de pierres, peu de macadam : j’ai apprécié mes chaussures hautes, un peu rigides, et mes bâtons de marche. Pour le reste, en ce début de printemps, il est difficile de trouver les vêtements adaptés aux gelées matinales, aux grands dénivelés (et la transpiration qui les accompagne), aux rafales de vent et aux chaudes après-midi ensoleillées. Le mieux est d’alterner les couches et changer en fonction de la météo
• Les ours : celui qui cherche des infos anxiogènes en trouvera… Et certains panneaux à ľorée des bois en effrayeront plus d’un. Ces peurs irrationnelles ont un peu gâché mes 2 premiers jours de marche en solo : je scrutais les sous-bois et sursautais au moindre bruit. Jusqu’à ce qu’un marcheur roumain me rassure : depuis l’existence de la VT, AUCUN randonneur n’a rencontré le moindre ours, or on estime que plus de 60.000 personnes marchent chaque année sur ces sentiers. Statistiquement la probabilité de faire une mauvaise rencontre en journée est donc pratiquement nulle. En 10 jours, j’ai vu 2 biches, un renard et un gros sanglier, mais pas ďours… C’est un peu comme les consignes d’évacuation dans les avions : on informe les passagers sur le pire scénario, mais qui a déjà utilisé son gilet de sauvetage ?
• Les chiens : ma seconde peur irrationnelle… Mais j’ai choisi par hasard les meilleures dates : entre le 15 avril et le 1er mai, la neige a fondu sur les pâturages d’altitude, mais l’herbe n’a pas encore poussé. Les bergers ne sortent pas les troupeaux, et les patous ou autres molosses restent en cage. J’ai malgré tout fait 2 mauvaises rencontres (des gros chiens qui passent sous la barrière) et c’est sans doute le seul point négatif de ces vacances. J’étais content d’avoir mes bâtons pour les tenir à distance, mais j’ai un peu regretté de randonner seul.