L'eau en voyage

Que faire en cas de problème : diarrhée et choléra ?

Que faire en cas de problème : diarrhée et choléra ?
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Diarrhée

La moindre toxine, la moindre bactérie, déclenchera chez le voyageur une diarrhée (turistaaussi banale qu'inévitable. C'est le risque majeur - et très mineur en même temps - pour le touriste. 

Mais le péril alimentaire ne se limite pas à ce simple inconfort : de nombreuses et parfois sévères maladies sont véhiculées par l’eau et les aliments. Ceci vient le plus souvent du fait que se croisent deux chaînes qui ne devraient jamais se rencontrer : la chaîne alimentaire et la chaîne des excréments humains. Ce croisement, c'est l'eau souillée (que l'on boit ou qui sert à arroser les légumes) et les mains sales (qui manipulent les aliments).

Une diarrhée lors (ou au décours immédiat) d’un séjour en zone tropicale est extrêmement banale : plus de la moitié des voyageurs tropicaux en font l’expérience.

Mais une diarrhée peut être aussi le symptôme d’une maladie grave et urgente. Le tout est de porter rapidement le diagnostic et de procéder au traitement adéquat. Toutes les maladies en cause se soignent aujourd’hui de manière rapide et efficace. On peut facilement faire la différence entre ces deux types de diarrhée en tenant compte de :

– l’existence ou l’absence d’une fièvre (température > 38°5 pendant plus de 24 heures),
– l’aspect des selles ou émissions.

Les diarrhées peuvent être graves :

– S’il existe une fièvre : en effet, il peut s’agir d’un paludisme (toujours penser au paludisme en cas de fièvre), d’une salmonellose (typhoïde), d’une shigellose ou autre infection bactérienne au nom bizarre, mais souvent sévère.

– Si la diarrhée s’accompagne d’émissions de glaires et/ou pus et/ou sang : la diarrhée est alors toujours synonyme d’une infection à traiter rapidement. Il peut s’agir d’une dysenterie amibienne (pas de fièvre) ou d’une salmonellose ou shigellose (avec fièvre).

– Eau abondante : les émissions ne contiennent plus de matières fécales mais sont constituées d’une " eau de riz ", d’un liquide incolore.

Attention, il peut s’agir du choléra surtout si cette diarrhée dure depuis plus de 48 heures.
Dans tous ces cas, consulter rapidement un médecin.

Une diarrhée n‘est donc pas grave si :

– Elle ne s’accompagne pas de fièvre.

– Et si elle est simplement constituée de selles normalement colorées mais anormalement molles.
Ceci est heureusement le cas de loin le plus fréquent. Dans ces conditions, aucun médicament n’est vraiment nécessaire, si ce n’est pour le confort ; on peut prendre par exemple (adulte seulement) :

– IMODIUM® : 2 gélules d’emblée, puis 1 gélule à chaque selle diarrhéique (maximum 6 gélules par jour), avec ERCEFURYL® 200 : 4 gélules (maximum) réparties dans la journée.
– En cas de vomissements : PRIMPERAN® : au maximum 3 comprimés par jour.

– On peut associer aussi des pansements gastriques (type PHOSPHALUGEL® , SMECTA® 1 sachet 3 fois par jour) en cas de " crampes abdominales ", d’aigreurs d’estomac : ne pas prendre en même temps que les autres médicaments.
Ce traitement doit être arrêté dès que les symptômes sont terminés. Si la diarrhée n’est pas arrêtée au bout d’une semaine, il faut consulter un médecin.

Dans tous les cas, bien noter les recommandations suivantes :

– Cesser de consommer les aliments qui contiennent des fibres alimentaires (légumes, fruits), au profit de ceux qui n’en contiennent pas (riz en particulier) pendant la période diarrhéique. Ou bien, si vous êtes un adulte antérieurement en bonne santé, mettez-vous carrément à la diète en vous contentant de vous réhydrater.

– Chez l’enfant, toute diarrhée même " banale " doit être considérée comme grave à cause des pertes liquidiennes qu’elle entraîne, et ce, d’autant plus que l’enfant est plus jeune : consulter sans délai et, dans l’attente, faire boire à l’enfant une quantité au moins équivalente à celle de ses pertes.

– Assurer une bonne hydratation : coca cola, bouillon de légumes, eau de riz…, et chez l’enfant selon l’âge : biberon, bouillie, sachets de réhydratation orale.

En cas d’épidémie de choléra

Le choléra existe dans une grande partie des pays tropicaux, mais généralement à un faible niveau épidémique. Il convient donc d’appliquer les mesures d’hygiène universelles et d’être vigilant à propos de toute diarrhée qui serait constituée d’émissions liquides abondantes (incolore comme de l’eau), sans fièvre.

Parfois, dans un pays, survient une flambée épidémique. Il peut être alors conseillé :
– De prendre un comprimé par jour (éventuellement deux selon le poids) de doxycycline (type VIBRAMYCINE®) ou un autre antibiotique de la classe des cyclines. Ceci pendant toute la durée du séjour en zone épidémique et pendant les huit jours qui suivent. Attention, les cyclines et le soleil ne font pas bon ménage ; il y a risque de brûlures graves en cas d’exposition solaire.

– À défaut de cycline, on peut prendre sur place de la sulfadoxine (FANASIL® : rythme et doses différents).

– Ne pas oublier de faire très attention à tout ce que l’on consomme ou que l’on porte à sa bouche, et bien se laver les mains avant de manger. 

Le choléra est une maladie très grave lorsque l’on est loin de tout centre médical de bonne qualité. À l’opposé, il se soigne très bien dans une structure hospitalière adéquate.

En cas de symptômes évocateurs (" diarrhée " aqueuse incolore abondante, qui dure depuis plus de 48 heures, sans fièvre) : se faire rapatrier d’urgence en évitant de prononcer le mot " choléra ", avant d’avoir quitté le pays en question, puis en le criant bien haut et fort une fois revenu de façon à être dirigé sur un service hospitalier spécialisé. 

Dans l’attente, se réhydrater au maximum (voir ci-dessus), autant que le supportera votre estomac : le choléra n’est grave que par les pertes qu’il entraîne en eau, sodium, potassium… : dès que ces pertes sont compensées, on peut être considéré comme guéri.

Texte : Laurence Pinsard

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