Le pire des mondes possibles

Auteur : Mike Davis

Editeur : Éditions de la Découverte

250 Pages

Le pire des mondes possibles

Terrible et fascinant tableau que celui-ci ! Chercheur indépendant, à la fois ethnologue, sociologue et historien, cet auteur américain nous envoie en pleine figure des réalités que les citoyens des pays de l’hémisphère Nord ne connaissent qu’imparfaitement, même si nombre de voyageurs ont pu constater tout ou partie de ce qu’il dépeint.
Les mégalopoles du tiers-monde sont entrées depuis les années 1970 dans une phase d’extension exponentielle en agrégeant des populations pauvres ou misérables d’origine rurale dans leurs périphéries ou leurs centres. Un milliard d’êtres humains y vivent dans un environnement excessivement précaire.
Mike Davis définit deux grandes catégories de logements : informels et formels. Les premiers correspondent à l’image que l’on se fait communément des bidonvilles, habitations faites de bric et de broc, mais aussi bâtisses en dur. Les seconds sont des immeubles abandonnés dans certains quartiers anciens. Il relève que les personnes qui occupent ces logements peuvent être des squatteurs, mais aussi des locataires. Mexico, Séoul, São Paulo, Bombay, Djakarta, Le Caire, Lagos, Shanghai, pour ne citer que ces seules grandes métropoles, connaissent toutes la même situation.
Après avoir dressé un état des lieux accablant, l’auteur donne les nombreuses raisons pour lesquelles ce phénomène existe. L’une des principales est selon lui l’application de politiques économiques imposées par les organismes internationaux, notamment ces plans d’ajustement structurel (PAS) qui ont contribué à désorganiser les sociétés traditionnelles et les États. Mike Davis n’est guère optimiste concernant l’avenir, au point de craindre des explosions politiques et sociales d’envergure. On a très envie qu’il ait tort.

Texte : Michel Doussot

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