Le stop sur les autoroutes
Il présente de grands avantages, notamment celui de faire de longues
distances sans changer de véhicule. Le mieux est de stopper sur les bretelles
de raccordement ou aux postes à péage, ou – mieux – dans les stations-service
en demandant directement. Mais attention, stopper sur l’autoroute même est non
seulement interdit mais fort difficile. En conséquence, bien se faire préciser
au préalable la destination de votre chauffeur afin de ne pas débarquer dans
un endroit désert !
N’oubliez pas que dans certaines aires de repos (très cheres d’ailleurs), il
existe des douches chaudes, réservées normalement à la clientèle mais, en se
débrouillant…
Il existe une carte Michelin (no 914) traitant uniquement des
autoroutes françaises, avec toutes les entrées, sorties, haltes, aires de repos,
et surtout barrières de péages. Elle est indispensable. Extrêmement pratique
donc pour ne pas stopper sur un périphérique. Permet aussi de se faire déposer
avant une sortie peu fréquentée. Chaque autoroute est notée avec toutes les
villes et villages situés à moins de 15 km de celle-ci. Idéale pour passer
du train ou du car au stop.
« Les routiers sont sympas »
Bon nombre de stoppeurs rechignent devant les routiers, prétextant
que les camions sont moins rapides que les voitures. L’expérience prouve que
c’est rarement vrai. En effet, les routiers sont peut-être moins rapides en
vitesse de pointe mais ils tiennent beaucoup mieux les moyennes. Ils s’arrêtent
peu et effectuent de plus longues distances.
Auto-stoppeur, prenez garde de respecter le camion du chauffeur-routier ;
lorsque vous y montez, vous pénétrez dans sa maison. Conduisez-vous en hôte !
Soyez propre et courtois. La cigarette écrasée par terre, les pieds sur le tableau
de bord sont des moyens sûrs de se faire vider. Évitez de vouloir l’endoctriner,
c’est rarement un gauchiste et la politique lui casse les pieds. Ayez des prévenances,
le routier a le cœur tendre, sa chère solitude lui pèse aussi. Passez-lui le
torchon pour s’essuyer les mains, allumez-lui ses cigarettes.
C’est avec des routiers que vous risquez d’avoir vos meilleurs souvenirs de
stop. Bien sûr, un camion de 25 tonnes ne s’arrête pas aussi facilement
qu’une voiture. Aussi est-il plus simple d’aller directement leur demander une
place dans les restaurants qu’ils fréquentent ou dans les gares routières.
De Paris pour aller :
– vers le sud : prendre un camion au marché de Rungis. Le bus
285 R qui part de la porte d’Italie vous y conduit ;
– vers le nord : prendre un camion à Garonor. Bus 350 qui
part de la gare de l’Est.
Repérez la provenance des camions par la plaque minéralogique. Donnez-leur
un coup de main pour décharger et leur demander une place. S’ils vous trouvent
sympa, ils vous dégotteront toujours un de leurs copains qui vous conduira où
vous voulez.
Sachez aussi que certains camions ont le droit de transporter deux personnes
gratuitement sur les ferries et bateaux. Si vous êtes pris en stop par un chauffeur
seul, peut-être vous en fera-t-il profiter.
Vous connaissez certainement la CB, autrement dit l’émission-réception d’ondes
sur 27 MHz. Si votre automobiliste en possède une, vous avez une chance
de trouver un correspondant qui continuera votre route. Presque tous les poids
lourds en ont une.
Le stop pour les filles
Évidemment, il y a plus de risques pour une fille à faire du stop
que pour un garçon. Même La Palice l’aurait trouvé si le stop avait été de son
époque. Il est tout aussi évident de dire que deux filles ensemble risquent
moins de se faire agresser.
Sans faire de parano, on peut suivre ces quelques trucs :
– Toujours prendre le temps de lire la plaque d’immatriculation avant de
monter, et essayer d’en garder au moins la moitié en tête pendant le trajet.
– Toujours devancer le conducteur en lui demandant la première où il va,
lui. S’il n’a pas de but précis et se propose de vous emmener où vous voulez,
refusez, au risque de décevoir quelqu’un qui ne pensait qu’à vous rendre effectivement
service, mais tant pis. Dédaignez les voitures à deux portes quand il y a déjà
deux hommes devant : vous seriez bêtement coincée (tout ça, bien sûr, sous
le prétexte que vous n’allez pas dans leur direction).
– Une fois dans la voiture, rouvrir très brièvement la portière comme si
quelque chose était coincé. Personne ne s’en aperçoit, et vous savez si elle
s’ouvre et comment. Même chose pour la ceinture de sécurité.
– Si vous vous sentez menacée d’une manière quelconque, ouvrez la portière
en menaçant de sauter, mais ne sautez jamais. Il reste aussi la clé de contact
à enlever, le levier de vitesse à déplacer en tous sens sans prévenir. Le tout
est de ne jamais montrer qu’on a peur et de faire comme si on restait maître
de la situation.
– Essayez de trouver un garçon qui va au même endroit que vous et proposez-lui
de faire la route ensemble : il sera plus rapidement pris que seul, et
vous serez plus tranquille.
– Vous pouvez aussi essayer de choisir un routier dans un resto de routiers :
certes l’habit ne fait pas le moine, mais il vaut mieux choisir qu’être choisie.
– Et puis, une petite bombe lacrymogène de sac découragera les plus audacieux.
Le stop en couple
Voyager en couple a un côté indéniablement sécurisant pour l’automobiliste.
Un jeune qui part avec sa femme en vacances ne peut pas être un voyou !
De plus, vos chances d’être pris par une femme augmentent sérieusement. Les
stoppeurs expérimentés savent que les femmes seules prennent rarement. Il ne
faut pas se faire d’illusions : la femme splendide qui arrête sa Mercedes
décapotable parce qu’elle a un faible pour le routard hagard et désespéré ne
se rencontre pas à tous les carrefours. C’est le genre d’expérience qui n’arrive
qu’aux autres.
Le stop de nuit
Très fatigant, quelquefois risqué, mais incontestablement avantageux.
S’il est plus difficile de se faire prendre et si l’on ne voit pas le paysage,
la voiture vous fera faire un plus long trajet (du moins d’habitude !).
De plus, la nuit, il n’y a guère de concurrents, fait intéressant lorsque l’on
sait que pour sortir de Paris ou de Rome par exemple, il faut, en été, attendre
son tour quelquefois un ou deux jours. Il est banal de déconseiller le stop
de nuit aux filles. Enfin, si vous êtes pris de nuit, jouez le jeu ; discutez
– ne serait-ce que pour empêcher votre conducteur de somnoler ! (C’est
d’ailleurs dans votre intérêt.)
Un tuyau bien utile pour les adeptes du stop de nuit : mettre une bande
réflechissante derrière son sac à dos.
L’endroit idéal pour stopper la nuit est incontestablement les pompes à essence
ou encore les bretelles d’autoroutes. Mais mettez-vous toujours sous un réverbère.
En rase campagne, une lampe
de poche est indispensable.