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Qui
dit projet périlleux, dit préparation
Logistique
La première
chose à faire quand on a décidé de voyager dans des
conditions extrêmes, est évidente : il faut définir
son projet clairement. Alexandre Poussin, parti sur les sentiers africains
pendant trois ans avec sa femme Sonia, explique que « le
plus important, c'est d'avoir un projet bien défini et une date
de retour. Sinon, on s'égare. Et il est à la limite plus
dangereux pour un jeune Occidental de partir à Goa sans but précis
que de marcher dans la savane au milieu des lions ». Il
faut savoir où l'on va et comment. Par ailleurs, il ne doit pas
y avoir de départ sans documentation adéquate. Connaître
la situation politique et les traditions de l'endroit où vous vous
rendez ne peut nuire. Les forums, comme ceux de Routard.com, vous seront
également une précieuse source d'informations.
Préparation
physique
Évidemment, celui qui n'est jamais allé à la montagne
ne va pas s'attaquer à l'Everest. Un minimum de préparation,
disons au moins une bonne condition physique générale, sont
essentiels pour se lancer dans une expédition un rien sportive.
Les grands habitués de ce genre de projets ne font pourtant pas
de l'entraînement intensif une condition sine qua non. Pour
autant, Philippe Frey, ethnologue et grand explorateur de déserts
depuis plus de vingt ans, explique que s'il n'a jamais suivi de formation
particulière avant de se lancer dans le Sahara, il voyageait régulièrement
en Afrique depuis des années. Quant à Alexandre Poussin
et Sylvain Tesson, qui traversèrent à pied les 5 000 km
de l'Himalaya, ils ne s'étaient pas non plus particulièrement
entraînés. Mais Alexandre a une formation de guide de montagne
On ne passe pas de la condition de sédentaire empâté
à nomade sportif du jour au lendemain. Si votre projet n'est pas
un exploit sportif, le mieux est encore de commencer doucement avant de
monter en puissance.
Préparation
matérielle
Lestez votre sac et portez-le plusieurs heures par jour avant votre départ,
aussi bien pour évaluer sa résistance que pour muscler votre
dos. N'allez pas étrenner des chaussures de randonnée le
jour de votre départ
Ne vous encombrez pas : pour trois
ans en Afrique, Sonia et Alexandre Poussin n'ont emporté que 7 kg
d'affaires chacun. Sur place, vous trouverez facilement des vêtements
à des prix dérisoires.
Des magasins de camping spécialisés, comme le fameux Vieux
Campeur à Paris (publicité gratuite) vous permettront de
trouver le matériel adéquat et même quelques surprises :
allumettes étanches, stylo de la Nasa (résistant à
toutes les températures), bonbons au glucose, sol de tente isolant
ultra-léger
Préparation
médicale
Mieux vaut
prévenir que guérir ! Avant le départ, faites
donc un tour chez votre médecin pour un check-up complet
et les vaccins nécessaires. Et si, vraiment, on part loin
de toute civilisation et pour longtemps, on peut envisager de se faire
ôter l'appendice avant de partir
C'est ce qu'ont fait Jacques
Séguéla et Jean-Claude Baudot avant de se lancer dans un
tour du monde en 2CV ! Pensez également au personnage de Tom
Hanks, dans le film Seul au monde, perdu sur une île déserte
avec une dent cariée
Donc n'oubliez pas le dentiste :
une dent peut se réveiller au froid ou à la chaleur
Connaissez-vous vous-même : vous ne résistez
pas à la chaleur, au vertige, vous êtes allergique à
tel et tel autre médicament
? Autant de situations qu'il
faut savoir prévoir et dont vous devez informer vos partenaires
de voyage.
Prévoyez une trousse de survie adaptée à vos
besoins. Pour Philippe Frey, le plus important est de prendre les médicaments
adaptés à la zone où l'on se rend : le paludisme,
en particulier, nécessite des précautions. La maladie du
sommeil, due aux mouches tsé-tsé porteuses de la maladie,
est aujourd'hui encore incurable. On évitera donc de prendre des
risques inutiles. Certains ouvrages délivrent de précieux
conseils. Saviez-vous que le paracétamol résiste mieux à
la chaleur que l'aspirine ou l'ibuprofène ? Dans leur trousse
de survie, les Poussin n'ont emporté qu'un Aspivenin, strict minimum
contre les piqûres de serpents, scorpions et autres bestioles. Philippe
Frey, lui, avoue partir les mains dans les poches. N'étant ni les
uns ni l'autre, on vous conseillera tout de même d'emporter le minimum
vital. Aspirine, sérum anti-venin si vous vous risquez dans une
région où cela peut être nécessaire, quelques
pansements contre les ampoules
La Croix-Rouge vend des trousses
de premiers secours déjà préparées. À
vous d'y ajouter les indispensables suppléments pour la zone où
vous vous rendez. Qui veut aller loin ménage sa monture
Donc,
on se bichonne les pieds en rando, les fesses à vélo, etc.
Les
stages de survie
Eh
oui ! Ça existe
Il y en a de toutes sortes, souvent
destinés à booster la confiance des cadres en entreprise.
Certains sont néanmoins de véritables passeports pour la
survie, comme ceux qui vous préparent à un éventuel
naufrage. Réactions et réflexes à acquérir,
matériel à emporter, orientation
tout y passe. Les
entraînements, d'abord en piscine puis en mer, durent parfois plusieurs
heures, surveillés par des plongeurs confirmés. Il s'agit
de recréer au plus près les conditions extrêmes de
la survie.
Pour y participer, adressez-vous au CEPS (Centre d'étude et de
pratique de la survie), qui forme notamment les participants au Vendée
Globe ou à l'IASST (Association internationale pour le sauvetage
et l'entraînement à la survie), qui vous indiquera la liste
de ses membres et de centres de formation partout dans le monde. Vous
pouvez aussi faire appel à la Royal yachting association, en Grande-Bretagne.
Pensez aussi à l'incontournable brevet de secourisme, qui peut
sauver bien des vies. Le stage pour obtenir l'Attestation de formation
aux premiers secours (AFPS) dure une dizaine d'heures et coûte entre
50 et 60 € selon le centre de la Croix-Rouge qui délivre
la formation. En cas de grosse paresse, vous pouvez vous rabattre sur
l'IPS (Initiation aux premiers secours) pour apprendre en une heure les
six gestes susceptibles de sauver des vies. Quand on sait que chaque année,
15 000 personnes en France meurent des suites d'un accident domestique,
on se dit que ça peut valoir le coup.
Si vous avez été scout, vous aurez certainement appris un
certain nombre de choses : dresser une tente, coller une patate au
sommet des piquets en cas d'orage pour ne pas attirer la foudre, allumer
un feu, bricoler un siège

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