Hanoi : 4 expériences locales à vivre dans la capitale du Vietnam

17 novembre 2025

Multiculturelle et effervescente, de jour comme de nuit, Hanoï est une ville qui se vit pleinement. Ça tombe bien : nous vous proposons des expériences pour découvrir la capitale du Vietnam en l’abordant comme l’un de ses habitants. Chevaucher un scooter et se fondre dans la foule, savourer les délices de la street food à toute heure, s’activer autour d’un lac au petit matin ou en fin de journée… bienvenue dans le quotidien d’un Hanoïen !



Arpenter Hanoi en scooter

Quelque cinq millions de scooters pour 8,5 millions d’habitants : ils avancent en nuées gigantesques, s’engouffrant dans les moindres recoins de la capitale vietnamienne — jusque dans les étroites allées des marchés couverts ! Bref, à Hanoï, le scooter est le moyen de transport de prédilection.
Et il transporte absolument tout : des familles, des palettes d’œufs, des piles entières de nourriture, et même des volières d’oiseaux ! Ici, tout le monde semble maîtriser l’art de l’équilibrisme sur deux roues. Il faut dire que le scooter reste le moyen le plus commode pour se déplacer… et parfois même pour se reposer. Il n’est pas rare de voir un Hanoïen assis sur sa selle, contemplant la circulation depuis le trottoir — qui semble d’ailleurs plus dédié aux scooters qu’aux piétons !

Pour tenter l’expérience sans (trop) se faire peur, mieux vaut être passager. Alors, on grimpe derrière un taxi-scooter ! Il suffit d’interpeller un chauffeur directement dans la rue — leurs équipements verts estampillés « GRAB » les rendent facilement repérables — ou de réserver son trajet à l’avance via l’application dédiée. Un casque sur la tête, et nous voilà plongés dans un chaos organisé…
La circulation ? Au premier abord, totalement déconcertante. Chacun tente d’avancer, de doubler, franchement ou à tâtons, par la gauche, par la droite… Et tout cela sans jamais s’énerver. Un sang-froid qui force le respect.
Du sang-froid, il nous en faudra aussi pour traverser les grandes avenues de la capitale. Pas ou peu de passages piétons — « c’est juste pour les touristes », vous dira-t-on ! Il faut se lancer, au culot, sans trop hésiter, et les véhicules nous contournent… comme par magie. C’est effrayant le premier jour, mais on s’étonne de prendre le pli très vite.
Pour les conseils de sécurité, consulter notre page Transports au Vietnam
Découvrir Hanoï, ses sites touristiques et ses trésors cachés en scooter : tel est le credo de Vespa Adventures. L’agence propose d’agréables visites guidées à bord de vespas anciennes, équipées de dossiers confortables pour les passagers et pilotées avec douceur par de jeunes guides aussi joyeux qu’intéressants. En leur compagnie, on traverse notamment l’emblématique et très fréquenté pont métallique Long Biên, qui enjambe le fleuve Rouge. Édifié par les Français au début des années 1900 dans un style inspiré de Gustave Eiffel, il était alors l’un des plus longs ponts du monde (1,6 km) et a résisté aux bombardements américains.
Siroter un cà phê

Chaud, glacé, noir, au lait concentré sucré ou encore, agrémenté d’une crème aux œufs… le café, sous bien des formes, occupe une place centrale à Hanoi. Les coffee shops sont littéralement partout. Véritable art de vivre, le café se prend ici dans le brouhaha de la rue, en parlant de tout et de rien… En vietnamien, on dit bà tám, expression en référence à des femmes, souvent du marché, parlant beaucoup, à haute voix et le plus souvent de potins.
Le café vietnamien est préparé à l’aide d’un filtre à café métallique individuel, appelé phin. On vient y placer la mouture, on verse l’eau chaude et l’extraction se fait directement dans notre tasse. On peut le commander noir, cà phê đen nóng, mais le plus populaire reste celui au lait concentré sucré, cà phê sữa nóng. Goûtez sans et vous comprendrez vite pourquoi.
Le café utilisé est du Robusta, plus caféiné, bien plus fort et plus amère que l’Arabica dont on a l’habitude. Le lait concentré sucré vient l’adoucir. Enfin, remplacez « nóng » (chaud) par « đá » et vous les obtiendrez glacés, remplis de glaçons.

Un autre café attire l’attention, présent à la carte de nombreuses adresses : le cà phê trứng, ou « egg coffee ». Pas de panique : on ne vous cassera pas un œuf tel quel dans votre petit noir. Il s’agit d’une préparation mousseuse, réalisée à base de jaune d’œuf fouetté, façon sabayon.
Cette étonnante spécialité a vu le jour dans les années 1940 à l’hôtel Métropole — le plus ancien de la ville, construit par les Français en 1901. Nguyen Giang, alors barman de l’établissement, confronté à une pénurie de lait due à la guerre, eut l’idée de le remplacer ainsi. C’est ainsi qu’est né le célèbre egg coffee !
Café, cà phê… ça ne sonnerait pas un peu français ? Et pour cause : la culture du café a été introduite au Vietnam par les colons français en 1857. Aujourd’hui, le Vietnam est l’un des deux plus grands producteurs mondiaux, aux côtés du Brésil. Le café est d’ailleurs le deuxième produit agricole le plus exporté du pays, juste après le riz.
La majorité des plantations se trouvent sur les hauts plateaux du centre, où les conditions climatiques sont particulièrement favorables à la culture du Robusta, variété emblématique du café vietnamien.
Se ressourcer près d’un lac… en ville

Sous ses airs de grande ville grouillante de piétons, de circulation et de pollution, Hanoï sait pourtant faire une place à la nature. Dans les rues, les grands arbres sont omniprésents, notamment les majestueux banians, qui contribuent à l’atmosphère si singulière de la capitale. Mais ce qui frappe surtout, c’est l’omniprésence de l’eau. D’ailleurs, cet élément est à l’origine même du nom de la ville : « Hà » signifie « rivière » et « Nội » « à l’intérieur ».
Disséminés un peu partout, quelque trente grands lacs — sans compter les plus petits — forment autant de mondes à part. De véritables havres de paix où l’on peut se ressourcer à tout moment de la journée. Leur importance se révèle pleinement à l’aube. Très tôt, même. Les Hanoïens sont debout avant le soleil, déjà actifs autour des étendues d’eau.
Hommes et femmes s’adonnent à toutes sortes d’activités : tai-chi, danse, gymnastique, musculation, chant, course à pied, vélo… En silence ou en musique, seuls ou en groupe. Et surtout, dans une indifférence totale aux âges et aux jugements. Se promener et les observer suffit déjà à se sentir rempli d’énergie pour toute la journée.

Au cœur de la capitale, à la croisée de grandes avenues, le lac Hoan Kiem est le plus mythique (et mystique) de tous. Il abrite de grands arbres et, en son centre, une petite île, où se trouve le temple Ngoc Son (XVe). Ancien bras du fleuve Rouge, le lac de l’Ouest (Hồ Tây) est le lac naturel le plus large de la capitale : 17 km !
Sur une petite presqu’île se dresse la plus ancienne pagode bouddhiste de la ville : Trấn Quốc Pagoda (VIe), qui fait partie des incontournables. Dans le district de Ba Dinh, le lac Huu Tiep abrite encore l’épave d’un bombardier B-52, échoué là après avoir été abattu par l’armée nord-vietnamienne le 27 décembre 1972.
On se régénère aussi en poussant la porte d’un salon de massage à Hanoï. Le massage traditionnel vietnamien, Dâm Bop Tâm Quất, repose sur la stimulation de la circulation sanguine. Pour soulager les tensions musculaires, les masseurs exercent des pressions avec les pouces et les paumes, dans un geste précis et profond. Et pour se chouchouter jusqu’au bout des ongles, direction l’un des nombreux salons de manucure — aussi répandus que les cafés ! Une parenthèse bien-être bienvenue dans l’effervescence de la capitale;
Goûter aux délices de la street food

Hanoï est réputée pour sa cuisine de rue. Partout, à toute heure, on aperçoit les Hanoïens s’en délecter, assis sur de minuscules tabourets en plastique, au plus près de l’agitation urbaine.
La spécialité emblématique de la ville : le bún chả. Ce plat savoureux se compose de porc grillé, de vermicelles de riz, d’herbes aromatiques (coriandre, menthe), le tout relevé par la fameuse sauce nuoc-mâm — LA sauce vietnamienne par excellence, à base de poisson fermenté. On y ajoute quelques nems (eh oui, ils sont aussi vietnamiens !), un peu de piment pour les amateurs… et c’est le régal assuré.

Au paradis de la street food, impossible de passer à côté du bánh mì. Typiquement vietnamien, ce sandwich à la baguette nous semble pourtant familier… et pour cause : il a été introduit par les Français à l’époque coloniale.
Plus courte que la baguette traditionnelle française, celle utilisée au Vietnam se distingue par sa texture : une mie plus moelleuse et une croûte plus craquante. Au fil du temps, les Vietnamiens ont remplacé une partie du blé — importé et coûteux — par de la farine de riz, donnant au pain son caractère unique.
Le bánh mì est généralement garni de beurre et de pâté, de morceaux de viande (porc grillé, poulet…), de carottes marinées, de tranches de concombre frais, de coriandre et de sauce pimentée. La fraîcheur des crudités contraste avec le gras des viandes : c’est un équilibre de saveurs franchement délicieux !
Autre incontournable de la gastronomie vietnamienne : la soupe phở, à prononcer « feu », comme pot-au-feu. Selon une version, elle tirerait d’ailleurs son nom de ce plat français. Ce bouillon savoureux, préparé à base d’os et d’épices, est servi avec des nouilles de riz, des tranches de bœuf et des herbes aromatiques. Un plat emblématique, réconfortant et profondément enraciné dans la culture culinaire du pays.

Si viandes et poissons occupent une place importante dans la cuisine vietnamienne, on trouve néanmoins d’excellents plats végétariens. Parmi eux, la salade mangue-papaye, à la fois sucrée et légèrement pimentée, assaisonnée d’ail, de vinaigre et de menthe fraîche, offre une explosion de saveurs tout en légèreté.
Encore un peu de place pour le dessert ? On se laisse tenter par une petite crème caramel, kem caramen — clin d’œil évident à l’héritage français — ou par un beignet de banane, frit sous nos yeux à même le bitume, au détour d’un carrefour. Gras, certes, mais si délicieux qu’on le termine sans peine… même après avoir juré qu’on n’avait plus faim !
Pour découvrir le meilleur de la cuisine de rue, on peut faire confiance au sympathique et passionnant Tu, qui organise les Street Eats Hanoi, des street food tours hauts en saveurs. Avec lui, on part à la découverte des marchés les plus secrets de la ville et d’une multitude d’échoppes où l’on se régale comme un véritable Hanoïen. Une immersion gourmande, authentique et chaleureuse, au plus près de la vie locale.
Fiche pratique
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Pour préparer votre séjour, consultez notre guide en ligne Vietnam.
Comment y aller ?
Vols directs Paris CDG – Hanoi avec Air France et Vietnam Airlines. Vols avec escales avec Thai, Qatar, Emirates… Trouvez votre billet d’avion.
Où dormir et prendre un bon petit-déjeuner ?
Little Pie Home : 9 lane 267 Bo De, Hanoi. À l’écart du centre-ville, dans une rue paisible, on se sent comme chez soi dans ce charmant café à plusieurs étages. Ses quelques chambres tout confort promettent de douces nuits, tandis que, le jour, on se régale des pâtisseries maison de la talentueuse et adorable Thu Thuy. Autodidacte passionnée, elle réalise de véritables merveilles, notamment de savoureux roulés à la cannelle ou aux fruits rouges. Avec sa décoration chinée, ses plantes suspendues et son ambiance feutrée, l’endroit invite au repos, à la lecture, à une partie d’échecs… toujours sous l’œil attentif de la mascotte des lieux : Cuc Sat, le chat !
Où manger ?
- Bun Cha 34: 34 Hang Than Ba Dinh. Comme son nom l’indique, cette adresse est idéale pour déguster un délicieux bún chả, typiquement hanoïen. À l’entrée, on vous remet un bol généreusement rempli de sauce et de porc grillé, puis vous vous installez sur de grandes tables métalliques pour compléter vous-même votre plat : piment, herbes aromatiques, nems… chacun compose à sa guise.
- Bánh Tráng Trộn Cô Hiếu : 90 Hàng Trống. On goûte ici à la salade mangue-papaye, délicieuse.
- Miến trộn mực : Ngõ Trung Yên, Hoàn Kiếm. Juste en face du café « Ca Phè Litaliti », une cantine de poche qui ne paie pas de mine, où l’on mange d’excellents plats à base de vermicelles (de riz, de patate douce…). Excellent « Bahn da cua », au crabe. Il faut aussi tester leurs délicieuses boulettes de poisson.
Où manger une crème caramel ?
Kem Caramen Dương Hoa : 29 Hang Than. Qu’elles sont délicieuses, ces petites crèmes, pour seulement 35 centimes d’euros… On les déguste assis sur l’un de ses fameux mini tabourets, en observant le va-et-vient local.
Où boire un café vietnamien et/ou un egg coffee?
- Loading T : 8 rue Chan Cam, Hang Trong, Hoan Kiem. Encore un endroit où l’on se sent comme chez soi : ce coffee shop s’est installé au premier étage d’une maison ancienne, à la façade recouverte de plantes. Ils servent toutes sortes de café et notamment le fameux egg coffee.
- Sofitel Legend Metropole Hanoi : Ngo Quyen St. 15, Hoa Kiem. Édifié par les Français, chargé d’histoire, c’est le plus ancien hôtel de la ville (1901). C’est ici qu’est né le fameux egg coffee, dans les années 40 ! On le déguste toujours sur la terrasse, qui n’est pas sans rappeler celles des boulevards parisiens…
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