Eivissa, la capitale d’Ibiza : que voir, que faire ?

13 octobre 2025

Eivissa (Ibiza-ville) ne se résume pas aux lieux de fête qui encanaillent sa proche périphérie. Sa vieille ville (Dalt Vila), altière et perchée, regorge de merveilles patrimoniales avec ses fortifications médiévales, ses maisons blanches et ses petites places. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999, c’est l’une des cités les plus anciennes du monde, fondée par les Phéniciens vers 654 av. J.-C.
La réputation fêtarde de l’île ferait presque oublier les 2 600 ans d’histoire d’Eivissa, où sont passés les Phéniciens, les Romains, les Barbares, les Arabes, les Normands ou les Catalans. Et il est toujours frappant de constater la relative tranquillité du cœur historique d’Ibiza comparée à la frénésie de ses marinas.
Une ville de contrastes pour tous les goûts, encore plus séduisante hors saison !
Les remparts d’Eivissa (Ibiza-ville)

Impossible de les manquer ! Les remparts d’Ibiza ont été bâtis au XVIe siècle durant les règnes de Charles Quint et Philippe II, sous la houlette de deux architectes italiens, Giovanni Battista Calvi (à qui l’on doit, notamment, le mur Charles V à Gibraltar) puis Jacobo Paleazzo Fratin. Il fallut 31 ans (1554-1585) pour en venir à bout.
Aujourd’hui, ces fortifications Renaissance heptagonales sont parmi les mieux conservées d’Europe. En déambulant sur le chemin de ronde (1,8 km avec des montées pas de tout repos), on ne peut qu’apprécier la vigueur des sept bastions-résistants (Baluarte de Sant Jaume, de Sant Père, de Sant Bernat, de Sant Jordi, de Sant Joan, de Santa Llúcia, de Santa Tecla). À cette hauteur et à 360°, on ne connaît pas meilleure vue sur Ibiza.
Bon à savoir si vous cherchez un hébergement : la vieille ville, tout comme le front de mer et toutes les rues où l’on trouve des bars sont très animés jusqu’à tard dans la nuit, de mai à octobre. N’oubliez pas vos bouchons d’oreille ou dormez ailleurs. Hors saison, Eivissa est très calme et plus abordable, jusqu’à 2 à 3 fois moins chère !
Les monuments d’Eivissa (Ibiza-ville)

Comparés à leurs homologues noctambules, les monuments d’Eivissa font preuve d’une surprenante sobriété. La cathédrale Notre-Dame des Neiges, immanquable à des centaines de mètres à la ronde, est la grande patronne des lieux avec ses 14 chapelles latérales. Elle a été construite au XIVe siècle sur les fondations de l’ancienne mosquée de Yebisah. D’abord gothique, elle a été arrangée au goût baroque au XVIIIe siècle.
Elle joue à touche-touche avec le castell Almudaina, du moins ce qu’il en reste, conglomérat de bâtiments (dont un donjon arabe) dont on peine à imaginer l’ancienneté (façades peintes) et qui devrait bientôt renaître en hôtel Parador.

Les curieux ne manqueront pas l’església de Sant Domingo de 1587 avec ses 11 chapelles, le couvent Santo Domingo (seul le cloître est accessible) ou la capella de Sant Ciriac qui marque l’endroit où les bataillons de Guillem de Montgri (qui a droit à sa statue non loin) rompirent les lignes arabes au XIIIe siècle.
Le site Ibiza Spotlight propose des tours gratuits de la ville en anglais et espagnol (réservation obligatoire).
Les musées d’Eivissa (Ibiza-ville)

À 500 m au sud de Puig de Vila (vieille ville), le Museu i Necropolis Punica de puig des Molins (2,40 €, tarif réduit 1,20 € ; gratuit le dimanche) fouille le passé carthaginois de l’île et ce depuis... 1907 ! S’étendent devant vous le cimetière des premiers temps d’Ibiza mais aussi la plus grande nécropole punique exhumée à ce jour au monde avec 4 000 sépultures (seules quelques-unes se visitent).
Le Museu Puget (entrée gratuite), sis dans un beau palais gothique (can Comasema qui vaut à lui seul le détour), est constellé de 130 œuvres, principalement de Narcis Puget i Viñas et de son fils Narcis Puget Riquer. Des huiles et des aquarelles qui croquent les couleurs et la vie quotidienne d’Ibiza aux XIXe et XXe siècles.

Enfin, le centre d’interprétation Madina Yabisa – La Cúria (sur le passé arabe de la ville ; entrée gratuite ; fermé le lundi) et le Museu d’Art Contemporani d’Eivissa (le MACE ; entrée gratuite ; quelques tableaux de Tàpiès ou Miralles) peuvent constituer des respirations culturelles bienvenues à vos pérégrinations.
Évitez la visite le lundi et les jours fériés, car les principaux édifices et musées sont fermés.
Les portes et les ruelles d’Eivissa (Ibiza-ville)

Quoi de mieux pour faire sa grande entrée dans la vieille ville que d’emprunter les anciennes portes ? La plus célèbre est la Portal de ses Taules (dite aussi Puerta del Mar ou de las tablas), flanquée des armoiries de Philippe II et de deux statues décapitées représentant Junon et un soldat. Elle débouche sur la populaire plaza de Vila.
Portal Nou est le deuxième accès, entre la plaza del Sol et le parc de la Reina Sofía. Un tunnel de 50 m moins raffiné que sa prestigieuse comparse. Vous verrez que Dalt Vila a conservé son enchevêtrement très « médiéval » de ruelles désordonnées.

Nos préférées : la carrer de la Conquista qui déborde de végétaux (et de moulures de mains de célébrités aux murs, vous verrez), la Carrer Major (ou Carrer de la Mare de Déu) qui dessert les principaux monuments de Dalt Vila, la calle San Carlos, la Carrer Sant Josep, celle de Sant Lluis, de Sant Ciriac (ah ! les bougainvilliers et la casa Colom).
Autres artères à croquer : la carrer de San Rafael (avec le photogénique restaurant Can den Parra) et surtout la plaça del Regent Gotarredona (vous risquez de rester longtemps devant la maison au numéro 4) ou celle del desemparats. En dehors de la vieille ville, on aime bien le passeig de Vara de Rey.
À la haute saison, il est préférable d’effectuer sa visite le matin ou en fin d’après-midi pour éviter la chaleur et la foule, portez des chaussures confortables, car les pavés peuvent être glissants et les ruelles pentues.
Les lieux de fête d’Ibiza

Impossible de les rater à Ibiza, même si on n’en a pas croisé beaucoup à Dalt Vila. C’est autour du port ou sur la platja d’en Bossa (celle de ses Figueretes est plus calme) que les oiseaux de nuit se réparent de la veille ou préparent les festivités à venir. Il faut dire que les clubs ne lésinent pas sur les moyens pour les séduire.
Ouvertes en général de mi-mai à mi-octobre, les boîtes sont situées à l’extérieur d’Eivissa : près de la platja d’en Bossa (Hï Ibiza, Ushuaïa) ou de la plage de Talamanca (Pacha), en direction de San Rafel dans les terres (Amnesia). La fête commence tard, vers 2h ou 3h, et le DJ star mixe rarement avant 4h !

Outre les célèbres Pacha, Ushuaïa, Hï Ibiza, Amnesia, il existe des lieux plus confidentiels comme Chinois ou DC-10 (avec la soirée Circoloco les lundis) et des mastodontes tel le nouveau [UNVRS] (6 500 m², 10 000 personnes !) en lieu et place de l’ancien Privilege.
Tous rivalisent de DJs mythiques, de résidences fameuses, de sound systems pétaradants, de performers, de spectacles son et lumière. Une expérience qui vaut son pesant d’euros (entre 50 et 80 € l’entrée) et de Paracétamol. Près de 40 ans (les années 1990) que ça dure pour la musique électronique alors qu’Ibiza a toujours attiré la crème du 4e art : Nick Cave, Bob Marley, Cat Stevens, James Brown, Duran Duran...
L’été, les beach bars sont de plus en plus populaires, notamment pour les before parties. On y danse les pieds dans le sable, un cocktail à la main, notamment sur la platja d’en Bossa, la plus grande plage d’Ibiza (presque 3 km), et l’une des plus festives.
Fiche pratique
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Comment y aller ?
– Vols directs depuis Paris-Orly ou avec escale à Barcelone ou Madrid depuis d’autres aéroports avec Vueling, Transavia, Air France. Trouvez votre billet d’avion
Bonnes adresses
– Juanita Hostal : c/ Juan de Austria, 17. Congés : janv-mars. Doubles 70-185 €. Min 2 nuits. Un petit hôtel agréable avec clim à deux pas seulement des rues les plus animées d’Ibiza. Toit-terrasse pour le petit déj ou pour prendre un verre.
– Hostal Europa Púnico : c/ Aragó, 28. Congés : déc-janv. Doubles 90-190 €, petit déj inclus. À mi-chemin du centre-ville et de la plage de Figueretes, ce petit hôtel familial accueillant dispose de chambres très classiques, mais d’un bon rapport qualité-prix pour Eivissa.
– Tiki Taco : c/ de Ramón i Cajal, 9. Tlj 13h-minuit (1h en saison). Mini-tacos 1-4 € ; quesadillas 2,90-3,70 € ; margarita 5 €. Tacos à la mexicaine, avec une margarita abordable. Bon et pas cher.
– La Ventana : Carrer de sa Carrossa, 13. Une cuisine méditerranéenne de qualité, à l’accent italien. Les linguine al gambero rosso (32,30 €) portent haut l’al dente tandis que le lubina de la casa (26 €) fondait presque dans la bouche. Et que dire du cheesecake de pistacho casero (12 €), une dinguerie. Réservation conseillée ici.
– TiraPallá : c/ d’Alfons XII, 10. Tlj 19h30-jusqu’à tard. Cocktail 13 €. Ce bar à cocktails se niche sur un rooftop donnant sur la muraille de Dalt Vila. Magnifique !
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