Québec : 4 randonnées en Gaspésie et dans le Bas Saint-Laurent

12 août 2025

Quand on évoque la Gaspésie, cette vaste péninsule s’avançant dans le golfe du Saint-Laurent, on pense à la route des Phares, à Percé et son majestueux rocher, et à tous ses attributs maritimes.
Loin de se résumer à son littoral, cette région, située à près de 600 km au nord-ouest de la ville de Québec, possède un superbe arrière-pays, mis en valeur par ses nombreux parcs nationaux.
En route, on fait volontiers escale dans la région du Bas Saint-Laurent, sur la rive droite de son estuaire, notamment au parc national du Bic, pour ses splendides paysages de hautes collines boisées, ses promontoires rocheux et ses anses aussi amples que vierges.
Enfilez vos chaussures, on vous emmène sur 4 randonnées coups de cœur entre terre et mer.



L’ascension du Pic Champlain au parc du Bic, dans le Bas Saint-Laurent

C’est le premier parc que l’on croise en venant de Montréal, juste avant d’arriver en Gaspésie, à 15km à l’ouest de Rimouski. Petit par sa superficie — moins de 18 km² —, le parc national du Bic n’en offre pas moins un condensé des plus beaux paysages du Bas-Saint-Laurent : côtes déchiquetées, forêt boréale, faune sauvage…
Si l’on consacre une journée au parc, la randonnée menant au pic Champlain est un excellent moyen d’en découvrir le cœur et les hauteurs, tout en gardant du temps pour observer les phoques communs. L’ascension du pic, un aller-retour de 6 km, ne présente pas de difficulté technique.
La montée est parfois un peu raide, mais le sentier reste accessible à tous. On traverse une forêt dense de bouleaux, d’érables et de sapins. En période de cueillette, on peut même trouver des framboises et des myrtilles — ou, comme on les appelle ici, des bleuets — de part et d’autre du chemin.

Quelques points de vue jalonnent le parcours, mais le plus spectaculaire reste celui du sommet, qui offre une vue à 180° sur le paysage appalachien et une partie de l’estuaire. C’est Samuel de Champlain qui, en 1603, donna à cette montagne le nom de « Pic », devenu « Bic » avec le temps, et qui désigne aujourd’hui le parc. C’est également ici que les premiers navigateurs se postaient durant les guerres, entre 1755 et 1760.
Avec ses 375 mètres de hauteur, le site constituait un point d’observation idéal. Aujourd’hui, sa fonction n’est plus militaire : l’espace aménagé invite plutôt à un pique-nique contemplatif.
Parmi les autres randonnées à faire :
- Le Parcours Les Anses (5,7 km)
- Le Parcours Le Grand Tour (8,7 km)
- Le Chemin-du-Nord (4 km)
Le parc offre de nombreuses possibilités de sortie en kayak ou en canoë afin d’avoir un autre regard sur son littoral découpé par la mer. Pendant votre sortie, vous pourrez peut-être même apercevoir un phoque commun curieux.
L’île Bonaventure, sur les traces des fous de Bassan

Face au célèbre rocher de Percé, dans le golfe du Saint-Laurent, l’île Bonaventure déploie ses 4,16 km² de nature brute. Classée parc national depuis 1985, elle abrite la plus grande colonie de fous de Bassan au monde. Si les derniers habitants ont quitté l’île en 1970, elle attire aujourd’hui des milliers de visiteurs, passionnés d’ornithologie ou curieux de son histoire.
Le meilleur moyen de découvrir l’île est d’en faire le tour à pied, en empruntant le chemin du Roy, du nom d’un ancien évêque local. Parmi les quatre sentiers balisés, celui-ci offre un condensé parfait de l’île : forêt dense, falaises spectaculaires, vestiges du village et, bien sûr, la fameuse colonie d’oiseaux.
Le parcours débute à gauche du point d’accueil, par le sentier du Petit Mousse. On s’enfonce rapidement dans une forêt de feuillus, où pousse notamment l’épibole à feuilles étroites, une plante endémique. À l’approche des falaises, le paysage évoque par moments les côtes bretonnes. En contrebas, les vagues s’écrasent sur les rochers, parfois sous le regard nonchalant de phoques gris.

Après 3,5 km de marche, la colonie apparaît, perchée sur un promontoire rocheux. Chaque été, environ 35 000 fous de Bassan viennent y nicher. Le cri perçant et l’odeur des volatiles ne doivent pas décourager l’observation : leurs comportements, leurs parades nuptiales et leurs envols synchronisés sont un spectacle fascinant. Une aire d’observation et de pique-nique a été aménagée à proximité.
Le sentier poursuit ensuite sa boucle le long de la côte, passant devant deux autres colonies. On rejoint enfin la côte Marigot, ancien lieu de vie des insulaires, choisi pour sa facilité d’accès au golfe. On y découvre les maisons qu’ils avaient construites de leurs mains, aujourd’hui restaurées. En tendant l’oreille, on entend parfois les plaintes des phoques gris, toujours présents au pied des falaises.
La boucle se termine au quai, le même d’où, il y a un demi-siècle, les derniers résidents ont quitté l’île.
Autres sentiers à explorer :
- Les Mousses (7 km)
- Les Colonies (5,6 km)
- Le Paget (7,4 km)
De 9h à 17h, environ quatre bateaux par heure quittent le port de Percé pour l’île Bonaventure (45 $/personne l’aller-retour, accès à l'île : 9$). Il est conseillé de partir tôt : aucune nuitée n’est autorisée sur l’île.
La Grande-Grave : un sentier côtier jusqu’au « bout du monde » à Forillon

Qui n’a jamais rêvé d’aller « au bout du monde » ? La randonnée de La Grande-Grave, d’une longueur de 16 km aller-retour, dans le parc national Forillon, permet de s’en approcher. Si le concept de bout du monde reste relatif, ce sentier mène néanmoins à la pointe du parc et offre une vue à 180° sur le golfe du Saint-Laurent.
La marche débute au parking de La Grande-Grave. Pour ceux qui souhaitent raccourcir le parcours, il est possible de se garer 3 km plus loin, réduisant ainsi la randonnée à 10 km aller-retour. Le début du sentier nous plonge dans les années 1920, en traversant un ancien village de pêcheurs et de commerçants gaspésiens. Le magasin Hyman & Sons, reconstitué, témoigne de l’âge d’or de l’industrie morutière.

Plusieurs points d’observation jalonnent ce parcours relativement facile et bien aménagé. Gardez l’œil ouvert : il n’est pas rare d’apercevoir des baleines fendant les eaux du Saint-Laurent.
L’arrivée au Cap Gaspé constitue une halte idéale pour un pique-nique au pied du phare. Mais pour atteindre le véritable « bout du monde », il faut descendre 375 mètres plus bas, jusqu’au promontoire. Une affiche vous y attend pour marquer votre arrivée.
Autres randonnées :
- La Vallée (9,2 km)
- Le Portage (20 km)
- Les Lacs (35,4 km)
Il est possible de visiter une partie du parc gratuitement. Une large portion de la zone ouest est en accès libre et propose quatre randonnées différentes. Du 20 juin au 2 septembre 2025, Parcs Canada offre l’entrée gratuite et une réduction de 25 % sur les frais de camping et d’hébergement.
Dans la toundra du mont Jacques Cartier, au centre de la Gaspésie

9h40 : premier départ de la navette depuis le camping du mont Jacques-Cartier, à Rivière-à-Claude, au coeur du parc national de la Gaspésie. À peine dix minutes plus tard, elle nous dépose au pied du sommet éponyme. Rebaptisé en 1934, soit 400 ans après le premier voyage de l’explorateur, le mont Jacques-Cartier est le plus haut sommet du massif McGerrigle (1 270 m), au sein de la chaîne des Appalaches.
D’une longueur de 10 km aller-retour, la randonnée promet un paysage de toundra à couper le souffle, avec une forte probabilité de croiser l’une des dernières petites dizaines de caribous encore à l’état sauvage. Certes, ils sont peu nombreux, mais ils se trouvent souvent au même endroit.

La montée s’effectue en environ deux heures. Elle débute dans une forêt dense, mais plus on approche du sommet, plus le sol devient rocailleux, jusqu’à se transformer en un véritable champ de pierres, parfois profond de plus de 10 mètres. Ce phénomène est dû à la gélifraction, soit l’éclatement des roches causé par l’alternance de gel et de dégel.
Le dernier kilomètre comprend l’ascension d’un escalier en bois, suivi d’une longue ligne droite bordée de cairns jusqu’au belvédère. De là-haut, la vue sur le sommet et la toundra est spectaculaire. Sortez les jumelles : les caribous sont tout au fond.
Autres randonnées :
- Le lac aux Américains (2,6 km)
- Mont Ernest-Laforce (4,6 km)
- Mont Xalibu (10,6 km)
Dans un souci de préservation des 12 derniers caribous sauvages du parc, il est demandé de ne pas accéder au sentier par ses propres moyens ni en dehors des heures d’ouverture. L’usage des navettes, au départ du camping Jacques-Cartier, est obligatoire. Les randonneurs qui s’aventureraient trop tôt ou trop tard pourraient perturber le cycle de vie des caribous et nuire directement à leur survie. Sur place, des naturalistes vous expliqueront comment les observer tout en les respectant.
Fiche pratique
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Comment y aller ?
Vols directs Paris CDG – Québec avec Air France et Air Transat. De Québec, on peut rejoindre Gaspé par bus via Rimouski. Voiture indispensable pour se déplacer dans la région. Gaspé est également relié par avion à Québec et Montréal (cher). Trouvez votre billet d’avion.
Bonnes adresses
Les offres d’hébergement sont peu nombreuses aux abords des parcs nationaux. La meilleure option consiste à loger dans les campings des parcs en fonction de son type de transport.
- Chez Rose Belaïd : 232 QC-132, Percé. Infos et résa. : 418-680-3519. Ouvert toute l’année. Boîte à lunch - automne/hiver à 100 $. Une jolie adresse nichée au-dessus de la boutique-ludique éponyme. Elle est bien pratique puisqu’elle est la seule ouverte en hiver ! Rose Belaïd propose 6 confortables chambres dont certaines jouissent d’une vue sur le rocher percé. En hiver, elle s’associe avec Black & Nat pour proposer également un repas sous forme de boxe car les restaurants ouverts en hiver sont peu nombreux.
- La Maison du Pêcheur : 155, place du quai à Percé. Infos et résa. : 418-782-5331. De juin à mi octobre midi et soir. Un joli restaurant en bois au bout du quai avec vue sur le rocher. Il est réputé pour sa cuisine fraîche, avec une part belle aux produits de la mer, mais aussi pour ses pizzas au four et ses pâtes fraiches. On peut y déguster une poutine au homard ! Poisson de 20 à 35$, pizza entre 15 et 27$.
- La Cantine du Pêcheur : 16, route du quai à Cloridorme. Infos et résa. : +1 418-395-2121. Service continu de 11h30 à 20h. Une cabane en bois peinte de jaune et de rouge posée sur le bord d’une route. Si le lieu ne paye pas de mine, passer son chemin serait une grave erreur ! On y savoure des snacks frais et travaillés sur les tables de pique-niques qui jouxtent la cabane : godilles de homard, chaudrée du Golfe, poutine au saumon et des hamburgers. Entre 7 et 20 $
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