Égine, l’île grecque la plus proche d’Athènes

20 mai 2025

Des îles Saroniques, Égine est la plus proche d’Athènes, mais aussi la plus peuplée. À 40 minutes du Pirée en catamaran rapide, cette destination est un must des fins de semaine athéniennes, mais aussi un site marqué par l’histoire.
Grande rivale d’Athènes dans l’Antiquité, Égine fut la toute première capitale de la Grèce moderne, en 1828-1829, à l’indépendance. Le splendide temple d’Aphéa (5e s. av. J.-C.) qui la coiffe mérite à lui seul le voyage.
Autre spécificité locale, la culture de la pistache dont l’île s’est fait une spécialité. Une séduisante échappée insulaire aux portes d’Athènes, idéale pour finir son city break en beauté.



Égine, un port demeuré authentique

Le port d'Égine a su préserver un certain charme. Dès le bout de la jetée, une chapelle chaulée plante le décor et saute à l’œil du voyageur en provenance du Pirée.
Le quai bordant le bassin principal est frangé par une longue bordée de petits bâtiments classiques qui attestent l’importance de l’île au XIXe siècle. Si les terrasses bâchées des bars et restos dénaturent quelque peu ce front du port, elles annoncent des soirées arrosées et animées.

Pittoresques, deux bateaux de primeurs amarrés au quai tiennent commerce chaque matin. L’arrière-port, lui, entrecroise ses ruelles au rythme indolent, où se succèdent boulangeries traditionnelles, fleuristes et vendeurs de couleurs.
Pour répondre à l’afflux de clientèle venue de la capitale, des boutiques plutôt chics ont également essaimé ces venelles pour beaucoup piétonnes. Pas de quoi affoler les moustaches des chats, qui participent assidûment aux activités du marché aux poissons. Décidément, Égine rime avec féline !
Pour visiter Égine dans les meilleures conditions, éviter absolument les week-ends, en particulier en été. L’affluence des Athéniens enlève tout son charme à ce joli port, si authentique la semaine.
Le riche patrimoine archéologique d’Égine

Égine est de ces coins de Grèce où l’Histoire a laissé des vestiges. Ainsi, à quelques centaines de mètres du port moderne, le promontoire de Kolona garde les restes de la grandeur des activités maritimes florissantes d’Égine 2 500 ans av. J.-C. Des bases de murs et une colonne encore dressée subsistent d’un ancien temple dédié à Apollon.
Le musée archéologique expose le résultat des fouilles menées ici, mais, surtout, autour du superbe temple d’Aphéa. Situé à 13 km du port, au nord-est de l’île, ce dernier a joliment conservé son alignement de 24 colonnes doriques au garde-à-vous (sur les 34 d’origine), remontant à 448 av. J.-C. Le site domine un sublime panorama à 360° : avec un bon œil, on aperçoit l’Acropole avec laquelle il formait – en adjoignant le temple de Poséidon du cap Sounion – un triangle sacré extrêmement vénéré durant l’Antiquité.

En redescendant vers le port, et en faisant un bond dans l’Histoire, on rejoint le site de Paliochora. Sur fond de collines à garrigues, cette ancienne capitale de l’île (IXe-XIXe siècles) déroule un chapelet d’églises et de chapelles ruinées. À quelques centaines de mètres, le monastère de Saint-Nectaire surplombe la deuxième plus grande église de Grèce. Pas de quoi en faire un fromage !
Les premières drachmes de la jeune république grecque indépendante furent frappées dans l’éphémère capitale d’Égine (1828-1829). Drôle de hasard, car Égine s’était déjà distinguée dans l’Antiquité en étant la toute première des cités grecques à battre monnaie.
La pistache : l’or vert d’Égine

La bande littorale d’Égine est dominée par de hautes collines pelées chapeautées de chapelles blanches. En parcourant des yeux le doux paysage insulaire, on observe le trio figuiers-oliviers-amandiers typiquement méditerranéen. Mais l'arbre roi, ici, est le pistachier.
Emblématique du levant, cet arbre originaire des confins de la Perse a pris racine à Égine au XXe siècle. Sa production, la plus importante de la sorte en Grèce, lui vaut une AOP « pistache d’Égine » depuis 1994.
Alors, évidemment, Égine-ville regorge de vendeurs de cet « or vert », décliné sous toutes ses merveilleuses versions. Classiquement décortiquées, émondées, crues ou, évidemment, grillées et salées (parfait pour l’apéro !). Mais aussi sous forme de glaces, de pistous aromatiques, de douceurs orientales (baklavas, kadaïfs, etc.), florentines, succulentes barres sésame-pistache ou caramel-pistache, nougat, loukoum…
Récoltées à la main en fin d’été, les pistaches d’Égine sont dépiautées de l’enveloppe de « velours » qui les protège, puis légèrement pressées dans une machine pour en entrouvrir la coque. Saupoudrées de sel et de jus de citron, elles sèchent 2 jours au soleil (ou au four).
Fiche pratique
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Lire aussi nos articles consacrés aux autres îles Saroniques : Hydra et Spetsès.
Comment y aller ?
Depuis le port du Pirée, en ferry (trajet env. 1 h 10), avec Saronic Ferries ou en bateau rapide (trajet env. 40 min), avec Flying Dolphins ou Hellenic Seaways.
Comment circuler sur l’île ?
– Bus : lignes pour Perdika, Vagia et Agia Marina (via le temple d’Aphéa et le monastère).
– Loueurs de scooters (env. 30 €/j) ou de voiture (env. 55 €/j) dans la rue parallèle au quai du port.
Bonnes adresses
– Hotel Plaza : 4, odos Kazantzaki. Doubles 60-90 €. Établissement coquet et familial aux chambres modernes et confortables, certaines avec balcon ouvrant sur la mer. Accueil chaleureux d’Erik, qui gère aussi l’hôtel Ulrika voisin, bon marché (chambres plus vastes mais sans vue).
– Avli : 17, odos Ireioti. Tél. : 22-97-02-64-38. Tlj 9h-3h. Plats 9-14 €. Voici notre adresse couteau-suisse du port d'Égine. Café du matin autour d'une carte de brunch, lunch fait de plats simplement bons, verre entre copains ou grignotage autour d'une faim d’après-midi ? Cette agréable cour (avli en grec) ombragée offre toutes ces options, bercées par des concerts réguliers (mer., ven., sam. et dim. vers 21h).
– Mourtzis : 57, odos Ireioti. Tlj. 8h-23h30. Outre les pistaches grillées (env. 20 €/kg), on trouve ici des pistaches aromatisant loukoums, pistou, pralines et même baignant dans du miel.
– Fistikato King : sur le port. Tlj. 6h30-minuit. Des glaces aux parfums très originaux (pistache-caramel-salé, bergamote, loukoum à l’orange, raki au miel…), mais aussi des pistaches grillées en vrac et des gâteaux aromatisés à la pistache.
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