Sur la côte basque, de Bayonne à Hendaye

06 octobre 2015

Pour prendre un bon bol d’air marin et profiter des belles journées de l’arrière-saison, direction le Pays basque.
Dès l’automne, les cités balnéaires et les plages de sable fin retrouvent leur quiétude, les prix des hébergements se font plus doux, on oublie les embouteillages… Et le Pays basque se révèle alors dans toute son authenticité.
C’est le moment idéal pour apprécier les richesses de la province du Labourd, qui décline ses différents visages de Bayonne à Hendaye, en passant par Anglet, Biarritz et Saint-Jean-de-Luz.
Sur le chemin, on découvrira des petits ports de pêche, de belles villas, des falaises sauvages, un art de vivre qui met à l’honneur les produits du terroir, et le spectacle toujours renouvelé des rouleaux puissants de l’océan Atlantique.



Bayonne, l'épicurienne

Sur les rives de l’Adour et de la Nive, Bayonne est au cœur de l’identité basque, qui s’exprime de manière débridée pendant ses fameuses fêtes estivales. Une authentique fête populaire où la foule en liesse des « festayres », vêtus de blanc et arborant le traditionnel foulard rouge, investit la ville pendant cinq jours. Cette énergie ressurgit aussi lors des matchs de rugby, une véritable religion ici.
Le reste de l’année, on n’oublie pas d’être bons vivants. L’ambiance est conviviale dans le quartier populaire du Petit Bayonne. Il est agréable de flâner sur les quais de la Nive, surplombés par d’élégants immeubles aux volets colorés.
Sous les arcades du quai de la Galuperie, les cafés s’alignent, et s’animent dès l’apéro. Les Bayonnais s’y retrouvent pour boire un verre agrémenté de tapas ou d’une plancha de charcuterie.
Pour tout savoir sur la fabrication du fameux jambon de Bayonne, on peut faire la visite (5 € la visite) de l’atelier de Pierre Ibaïalde, qui se termine par une dégustation. L’autre produit phare de Bayonne est le chocolat. C’est ici qu’il fut introduit en France, au 17e siècle, par les Juifs espagnols et portugais qui avaient fui l’Inquisition. Les boutiques chics des chocolatiers, qui font souvent salon de thé, sont une tentation irrésistible pour les gourmands !
Côté culture, le Musée basque, installé sur le quai des Corsaires, offre une bonne introduction à l’histoire de Bayonne et à l’identité de la région. Et pour s’imprégner du riche passé de la cité, fondée au 4e siècle, on ira admirer les remparts de Vauban, avant de se balader dans les ruelles du centre historique, au cœur du quartier du Grand Bayonne, dominé par la cathédrale gothique Sainte-Marie.
Escale nature à Anglet

Anglet est l’endroit idéal pour faire une pause nature. Surnommée non sans raison la « petite Californie », elle aligne onze plages de sable sur 4,5 km entre le phare de Biarritz et l’estuaire de l’Adour.
Sur celle des Cavaliers, de nombreuses compétitions de surf sont organisées chaque année. Mais pas besoin d’adopter la panoplie combi-planche pour faire le plein d’air marin. Il suffit de marcher le nez au vent, sur la longue promenade qui longe l’océan.
Celle-ci est bordée par de nombreux bars et restaurants, avec vue sur la plage, dans le quartier de la Chambre d’Amour. Un joli nom hérité d’une histoire aussi romantique que tragique : on raconte qu’il y a fort longtemps, deux jeunes gens abritaient leurs amours interdites dans une grotte du littoral, où ils périrent noyés par la marée montante. Un panneau planté devant ladite grotte témoigne de cette légende.
Après avoir enfourché l’un des vélos prêtés gratuitement par la ville (une chouette initiative), on est prêt à s’élancer sur la piste cyclable du boulevard des Plages, à quelques tours de roue de la mer.
On peut aussi parcourir les voies vertes traversant les forêts de Chiberta et du Pignada, à l’ombre des pins maritimes, qui embaument l’atmosphère. Sous le couvert des arbres, un parcours d’accrobranche est à la portée des plus casse-cou. Tandis que les adeptes du cocooning se tourneront plutôt vers la thalasso.
Biarritz, l'élégante

C’est au 19e siècle que Biarritz, qui n’est encore qu’un petit village de pêcheurs, devient l’une des stations balnéaires les plus en vogue du pays.
Alors que l’engouement pour les bains de mer est en plein essor, Napoléon III y fait construire en 1854 sa résidence d’été, la Villa Eugénie. Rebâti en 1905 après un incendie et devenu le luxueux Hôtel du Palais, l’édifice a fière allure, sur sa colline surplombant l’océan.
Depuis cette époque, les belles demeures ont fleuri dans toute la ville, et le regard est sans cesse attiré par un hôtel particulier, une villa néobasque, un château de style néogothique ou encore un édifice Art déco, comme le casino qui domine la Grande Plage.
Cette dernière est particulièrement agréable hors saison. Assis sur le sable, on peut se contenter de contempler les prouesses des surfeurs, ou tenter d’imiter les « Ours blancs », ces fans de baignade qui n’hésitent pas à nager dans l’océan en toute saison.
Si la météo n’est pas clémente, direction les musées, qui réservent de belles surprises. Face au rocher de la Vierge, on peut aller admirer les aquariums du Musée de la Mer, ou filer plus au sud, à Ilbaritz, pour découvrir les animations ludo-scientifiques de Cité de l’Océan. Enfin, de retour dans le centre-ville, les amoureux d’art oriental ne doivent pas manquer de visiter le musée Asiatica.
Côté gastronomie, les bonnes adresses ne manquent pas. Pour faire le plein de bons produits locaux, les Halles, récemment rénovées, sont incontournables. Le midi, on peut y déguster des huîtres directement au comptoir. A moins qu’on ne préfère s’attabler dans un des petits restos alentour, ou rejoindre le bord de mer pour grignoter des tapas et autres pintxos sur le Port des Pêcheurs.
Pour en savoir plus, lire notre idée week-end Biarritz, l'air du large
Saint-Jean-de-Luz, en rouge et blanc

En quittant Biarritz, plutôt que de filer sur l’autoroute, on peut faire halte dans les deux petites villes côtières de Bidart et Guéthary, avant de rejoindre Saint-Jean-de-Luz, installée le long de sa large baie.
Cette cité balnéaire au charme fou fut autrefois un important port de pêche à la baleine et à la morue, mais aussi une cité de corsaires, dont les noms restent gravés sur les plaques de certaines rues. De cette époque florissante, subsistent des maisons d’armateurs cossues datant du 17e siècle.
L’une d’elles porte le nom de Louis XIV, sur la place éponyme, où trône un charmant kiosque à musique cerné de terrasses. C’est en effet ici que le Roi-Soleil séjourna en 1660, lorsqu’il épousa l’infante d’Espagne Marie-Thérèse dans la belle église Saint-Jean-Baptiste.
La même année, fut fondée la Maison Adam, où l’on confectionne depuis plus de trois siècles les fameux macarons de Saint-Jean-de-Luz, qui méritent bien leur nom de « Parea Gabea » (« sans pareil »). Au rayon gourmandise, on pourra aussi faire un tour chez Pariès, pour goûter au gâteau basque ou aux mouchous fabriqués à base d’amande douce.
Le centre-ville est agréable, avec ses ruelles piétonnes, ses jolies boutiques et ses immeubles traditionnels, aux façades blanches égayées de rouge. Sur le front de mer, dominant la longue plage de sable, se succèdent des villas où l’on retrouve tous les styles architecturaux, du néogothique au néobasque, en passant par l’Art déco.
Les activités nautiques ne s’arrêtent pas avec la fin de l’été, et l’on peut s’adonner au paddle même en automne. Enfin, la ville compte deux centres de thalasso et spa, face à la baie.
Ciboure, la discrète

De l’autre côté du port de Saint-Jean-de-Luz, la petite cité de Ciboure, blottie au creux de sa baie, nous a séduit, avec ses façades blanchies à la chaux rehaussées de rouge.
Une belle balade est à faire sur les hauteurs de la ville. Première étape : l’église Saint-Vincent, qui a l’originalité d’être dotée d’un clocher octogonal, unique au Pays basque. A l’intérieur, on remarque un orgue monumental, un toit en forme de bateau retourné, trois galeries typiques de la région et un baptistère de grès.
C’est là que fut baptisé le compositeur Maurice Ravel, qui naquit en 1875 non loin de là, dans la maison « Estebania », de style hollandais, face au quai qui porte maintenant son nom.
Derrière l’église, en montant, on découvre plusieurs maisons de type néobasque et, plus loin, la villa Art déco Leïhorra, construite par l’architecte Joseph Hiriart. Tout en haut, la colline est coiffée par la tour de Bordagain, dont l’office du tourisme a la clé. De retour au bord de la mer, on pourra faire un tour sur le joli port de plaisance.
Pour les activités nautiques, il faudra pousser un plus loin vers le sud, à Socoa, où se trouvent les plages de sable et les clubs nautiques proposant toutes sortes d’activités, dont le stand up paddle ou le kayak. L’un des prestataires, Atlantic Pirogue, propose une sortie vraiment sympa en fin de journée : une initiation à la pêche au chipirons à bord d’une pirogue hawaïenne.
Après avoir ramé et trouvé un spot adéquat, chacun est invité à manier la turlutte (une palangrotte), avec l’espoir qu’un petit calamar mordra à l’hameçon. Même si l’on revient bredouille, on est certain de faire une belle balade dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, avec en prime un coucher du soleil sur le fort historique de Socoa.
Les surprises de la route de la Corniche

Entre Socoa et la frontière espagnole, la route de la Corniche suit les courbes de la côte, offrant des points de vue magnifiques. Sur quelque 6 km, se succèdent des falaises abruptes de flysch et des landes de bruyères, que l’on peut découvrir à pied en marchant sur le Sentier du Littoral, aménagé entre la route et la falaise.
En hiver, la corniche est l’endroit idéal pour observer la terrible Belharra, l’une des plus grosses vagues d’Europe, qui fait fantasmer tous les surfeurs professionnels. Mais pas évident d’être là au bon moment : il est rare qu’elle se forme plus d’une fois par an.
Avant d’arriver à Hendaye, le château-observatoire d’Abbadia exauce un rêve de pierre dressé face à l’océan. À la fois savant, philosophe et linguiste (il parlait 14 langues !), Antoine d’Abbadie fit appel à Viollet-le-Duc pour dessiner les plans de ce fabuleux château, qui arbore un style néogothique mâtiné d’influences mauresques (1864-1884).
Pour en appréhender toute la richesse, le mieux est d’opter pour la visite guidée. Au fil des pièces, on découvre un hall décoré d’étonnantes fresques représentant l’Ethiopie, un observatoire équipé d’une lunette méridienne, une bibliothèque fournie, une chapelle et des chambres dont la décoration et l’ameublement – des pièces créées sur mesure – sont remarquables.
Enfin, la balade côtière se termine à Hendaye, où s’étirent d’immenses plages de sable, aux portes de l’Espagne.
Fiche pratique

Consultez notre guide en ligne Pays basque et Béarn
Lire aussi notre idée week-end Biarritz, l'air du large
Comité départemental de tourisme Béarn Pyrénées-Pays basque
Office de tourisme de Biarritz
Office de tourisme de Saint-Jean-de-Luz
Comment y aller et se déplacer ?
- Avion : vol Paris-Biarritz avec EasyJet et Air France (env. 1h15). Réservez votre billet d’avion
- Train : en TGV, de Paris-Montparnasse à Bayonne, comptez près de 5 heures.
Pour se déplacer de ville en ville le long de la côte basque, on peut prendre le bus, mais la voiture offre cependant plus de liberté.
Il est beaucoup plus agréable de circuler hors saison qu’aux mois de juillet et août, où les embouteillages sont fréquents, notamment dans les stations balnéaires. De même, il est plus facile de se garer. En été, trouver une place de parking (surtout gratuite) reste un vrai défi ! Encore une bonne raison de visiter la côte basque hors saison.
Où manger ?
Côté français, la cuisine basque a beaucoup de points communs avec celle du voisin espagnol. Ici, comme de l’autre côté de la frontière, on se régale de pintxos (tapas), de chipirons, de chuletas (bœuf à la plancha), de charcuterie ibérique, accompagnée de sangria.
Entre autres choses, on mange aussi des huîtres, beaucoup de poissons grillés, et du fromage de brebis qui se marie à merveille avec une confiture de cerise ou de la pâte de coing.
Enfin, pour les boissons locales, on a le choix entre le cidre ou la bière (Eki) basques, à moins qu’on n’opte pour un verre d’irouléguy.
- Bar Jean, à Biarritz, juste en face des Halles. On y déguste des huîtres (23 € la douzaine), des tapas ou encore des chipirons à la plancha (11 €), dans un décor typique.
- A Biarritz, l’ambiance est sympa dans les restos et les bars à tapas installés sur le Port des Pêcheurs. Notamment, chez Crampotte 30, qui sert en terrasse des tapas, pintxos, verrines et des produits locaux (assiette basque à 12,50 € : assortiment de charcuterie, fromage de brebis et petits piments). Fermeture annuelle du 1er-novembre au 10 avril, et par temps de pluie.
- Café ô Garra, à Ciboure. Du poisson extra-frais et un bon rapport qualité-prix dans ce restaurant situé juste en face de la baie.
- Aux Pigeons blancs, à Saint-Jean-de-Luz. Une cuisine basque de qualité en plein centre-ville, à un prix très raisonnable (entrée, plat et dessert : 19,50 €).
Où dormir ?
- Hôtel des Basses Pyrénées, à Bayonne. Récemment rénové, cet hôtel cosy est très bien situé, en plein cœur du centre historique. Double à partir de 85 €/nuit. Bon petit déj. (10 €).
- Hôtel Escale Océania. Un 3 étoiles pas trop cher et confortable dans le centre-ville. Accueil chaleureux. A partir de 62 € la chambre.
Trouvez votre hôtel au Pays basque
Activités nautiques
- Atlantic Pirogue, à Ciboure (port de Socoa), , 05 59 47 21 67. Pour faire une sortie en kayak de mer ou pirogue hawaïenne, dans la baie de Saint-Jean-de-Luz. Soirée pêche au chipiron ou coucher de soleil (environ 2h, adulte : 29 €/enfant : 23 €).
- Ocean Paddle Evolution 2, au bout de la grande plage de Saint-Jean-de-Luz. Cours collectifs de stand up paddle (30 € / 1h30), ou location (15 €/heure). Pour découvrir la côte avec un autre point de vue, et aller taquiner les vagues.
Shopping gourmand
Au Pays basque, la gastronomie n’est pas un vain mot et les bons produits sont légion.
A Bayonne, on se régale chez les nombreux chocolatiers : Cazenave, Pariès, Daranatz, l’Atelier du chocolat ou encore Pascal.
Côté charcuterie, ne pas hésiter à entrer dans les boutiques de Pierre Oteiza, et à déguster ses jambons, ses saucissons et autres chorizos, à Bayonne, Saint-Jean-de-Luz ou Biarritz.
Question gâteaux basques, on a l’embarras du choix. L’un des plus réputés est celui du moulin de Bassilour, près de Bidart, en activité depuis 1741. Pour faire bonne mesure, il faut goûter aux deux versions du gâteau : à la crème et à la cerise noire.
On retrouve le gâteau basque du Moulin de Bassilour dans la glace artisanale Agour, au lait de brebis de la vallée d’Iraty, qui décline d’autres spécialités basques dans sa gamme, notamment le chocolat et le macaron de l’Atelier du Chocolat. La glace aux cerises noires est aussi très bonne.
Enfin, le cidre basque, au caractère bien trempé, vaut le détour. Celui de la cidrerie Txopinondo, à Ascain, est excellent (visite et dégustation gratuites).
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