Le tour de Gironde à vélo : deux roues, mille découvertes

23 mars 2026

Le vent dans les cheveux, les pédales sous les pieds et la Gironde comme terrain de jeu : le vélo offre une manière différente de découvrir le patrimoine, les forêts, les vignobles, les bastides et toutes les autres merveilles du territoire. Le tout grâce à une boucle ouverte à tous : le Tour de Gironde à vélo, un itinéraire de 480 km qui traverse le département. Une belle immersion à deux roues dans des paysages aussi riches qu’authentiques, où chaque coup de pédale raconte une histoire. On a testé deux tronçons de ce parcours incontournable pour les amoureux du vélo… et de la Gironde, bien sûr !



Le Tour de Gironde à vélo : 480 km de pistes cyclables

Le Tour de Gironde à vélo, c’est une boucle de 480 km — dont 90 % en site propre — composée de 15 étapes, dont plusieurs adaptées aux familles avec moins de 20 km par jour. On pourrait vous raconter ce séjour en chiffres… mais ce sont surtout des adjectifs qui viennent en tête dès le premier coup de pédale. Le parcours ne se résume pas à ses prouesses techniques : il se vit. Entièrement balisé, il offre une immersion totale dans la diversité des paysages girondins, entre océan et dunes, estuaire et vignobles, forêts et villages.
On traverse ainsi six grands secteurs : la Vélodyssée côtière jusqu’à Soulac-sur-Mer, l’estuaire de la Gironde et ses carrelets, le Médoc et ses domaines viticoles, Bordeaux et ses quais cyclables, l’Entre-deux-Mers et ses bastides, et enfin le bassin d’Arcachon, avec ses ports ostréicoles et ses cabanes colorées.

Le circuit emprunte plusieurs itinéraires européens — EuroVelo 1 (La Vélodyssée) et EuroVelo 3 (La Scandibérique) — ainsi que des itinéraires nationaux comme la V80 (Canal des 2 Mers). Un joli programme en perspective si l’on a du temps, de bons mollets ou un vélo à assistance électrique. Et si le timing est serré, rien n’empêche de n’en parcourir qu’une partie… et de revenir plus tard pour découvrir le reste.
Pour souffler entre les différentes étapes, des aires de repos sont disponibles, ainsi qu’un réseau de points Accueil Vélo : hôtels, gîtes, restaurants, loueurs proches des gares SNCF, offices de tourisme… Plus de 200 prestataires jouent le jeu du deux roues. Et pour laisser la voiture définitivement dans le garage, sachez que 15 liaisons TER sont compatibles avec le transport des vélos.
Un tourisme durable et convivial

Choisir le vélo, c’est ralentir, observer sans filtre — sans vitre — ce qui vous entoure, ressentir l’air sur son visage, capter les parfums de l’extérieur. C’est donner un autre rythme au voyage, renouer avec les paysages et les habitants. C’est s’offrir le luxe de l’imprévu : un marché de village, un point de vue, une rencontre impromptue… Le tout sans avoir à batailler pour garer son véhicule.
En Gironde, les initiatives en faveur du tourisme durable se multiplient : hébergements engagés, viticulteurs bio, restaurants en circuit court, activités douces… La mobilisation des acteurs du département permet de proposer une offre cohérente et responsable, dans un coin de France où l’on aime transmettre et partager.
Et si les jours que vous aviez prévus ne suffisaient pas pour tout voir ? Tant mieux. Le Tour de Gironde à vélo est aussi fait pour être exploré par morceaux, au gré des envies. Il suffit d’une selle, de deux roues et d’une soif de découverte.
De nombreux professionnels multiplient les initiatives en faveur du développement durable. Rien qu’à Bordeaux, de grands noms du tourisme ont décidé d’accélérer leurs engagements, tant pour l’environnement que pour leur personnel : l’hôtel First Name, la compagnie des Bateaux Bordelais, l’institution Cap Sciences ou encore la célèbre Cité du Vin. Par ailleurs, au sein du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, une cinquantaine d’hôtes s’est regroupée sous la bannière des Imaginaterres, un cercle qui met en avant un tourisme plus responsable.
De Bazas à Hostens : Pape, patrimoine et pins maritimes

Le Tour de Gironde à vélo débute où bon vous semble, porté par le vent et vos envies. Nous vous proposons de commencer cette chevauchée fantastique à Bazas, une commune de moins de 5 000 habitants, célèbre pour son fameux bœuf labellisé.
Derrière sa majestueuse cathédrale gothique, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la bastide offre un début d’aventure placé sous le signe de l’histoire et de la gastronomie. Amateurs de lieux insolites, poussez la porte de l’apothicairerie et faites un tour dans le mini-musée municipal installé dans l’ancien hôtel de ville.

L’histoire se prolonge à Uzeste, lieu de repos de Bertrand de Got, plus connu sous le nom de Clément V. Premier pape d’Avignon, figure majeure du Moyen Âge, son tombeau attire encore les passionnés d’histoire ecclésiastique. Le périple vous mène ensuite à Villandraut, qui abrite un imposant château construit au XIVᵉ siècle… pour Clément V lui-même.
La visite de ce bâtiment mêle histoire militaire, histoire papale… et quelques anecdotes surnaturelles. Le saint homme est d’ailleurs à l’origine d’autres châteaux dits « clémentins » dans le sud de la Gironde : Roquetaillade, Budos, Fargues ou La Trave.

La suite du parcours troque l’Histoire — qui n’est jamais bien loin — pour la nature, au cœur d’une portion de forêt dense : bienvenue dans le Parc naturel régional des Landes de Gascogne. Ici, la pinède est reine, entre chemins sablonneux et sentiers bordés de fougères.
Saint-Symphorien, village forestier typique, offre une pause bucolique et artistique grâce aux œuvres de la Forêt d’Art Contemporain, visibles dans le parc de l’ancien chalet de François Mauriac, qui malheureusement ne se visite pas.
Puis vient Hostens, son domaine départemental et ses sentiers balisés, un lieu prisé pour l’observation de la faune et de la flore, et un endroit idéal pour se reposer après une journée sur la route.
C’est à Bordeaux que le voyage débute pour bon nombre de cyclistes, qu’ils soient novices ou habitués de la bicyclette, seuls ou accompagnés, en couple, entre amis ou en famille. Particulièrement accessible grâce à sa gare Saint-Jean, la capitale girondine s’impose comme une belle première étape, mais elle peut tout aussi bien n’être qu’une escale… ou le point final de ce grand tour.
Créon à Bordeaux : Piste Lapébie et esprit guinguette

Autre portion à découvrir : la mythique piste Roger-Lapébie, longue de près de 57 km entre Sauveterre-de-Guyenne et Latresne, une commune située aux portes de Bordeaux. Aménagée sur une ancienne voie ferrée, elle forme une véritable coulée verte à travers l’Entre-deux-Mers. Bordée de forêts, de vignes, de bastides et de petits hameaux, elle offre une immersion totale dans le paysage vallonné typique de la région.
La journée débute à Créon, bastide médiévale et cœur battant de l’Entre-deux-Mers. Avant de partir, prenez le temps de flâner dans ses ruelles et de savourer un café en terrasse si le soleil est de la partie… avant de goûter, un peu plus tard, à un verre d’Entre-deux-Mers. Créon abrite également sa Station Vélo, la première du genre en France. Le site propose location, réparation, conseils, mais aussi des expositions et un espace convivial. Ancienne gare, l’endroit incarne parfaitement la reconversion du patrimoine ferroviaire local en ressource touristique.

Avant de filer vers Bordeaux, cap sur l’ancienne gare de La Sauve, elle aussi reconvertie en restaurant. Si les trains d’autrefois sont toujours là, les wagons, eux, ne bougent plus depuis longtemps et attendent sagement les visiteurs désireux d’y pique-niquer, de visiter un petit musée ou même d’y passer la nuit.
À deux coups de guidon de là, son abbaye, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, compte parmi les plus belles de Nouvelle-Aquitaine — et l’on serait tenté de dire de France. Elle témoigne de l’importance religieuse et culturelle de la région au Moyen Âge. En contrebas, la Maison des Vins de l’Entre-deux-Mers propose une dégustation d’appellations locales : blancs secs, moelleux ou rouges fruités.

Le chemin dépose ensuite les valeureux cyclistes, après un pédalage digestif, au Château Le Grand Verdus à Sadirac, un domaine viticole familial où l’on découvre l’art de la vinification bio, entre méthodes ancestrales et modernité. Puis l’on rejoint la Maison de la Poterie, véritable conservatoire d’un savoir-faire ancestral, dont le clou du spectacle est un four original du XIXᵉ siècle.
Il sera alors temps de reprendre la route pour rejoindre la belle Bordeaux, avant de repartir vers d’autres horizons aux mille et une nuances de bleu — ceux, par exemple, du bassin d’Arcachon. Un tout autre programme.
10 communes, 77 kilomètres, une traversée en bateau… Le tour du Bassin à vélo offre une nouvelle aventure à deux roues dans un lieu emblématique de la Gironde : le bassin d’Arcachon. Au programme : la jetée d’Andernos-les-Bains, le port d’Audenge, la Pointe aux Chevaux ou la Réserve Ornithologique du Teich, pour ne citer qu’eux.
Fiche pratique
Consulter notre guide en ligne Aquitaine, Bordelais-Landes
S’informer et réserver :
Office de tourisme de la Gironde du Sud
Bonnes adresses
- Hôtel Atena Créon : 55 avenue de l’entre-deux-mers 33670 Créon. Tél. : 05 57 34 45 35. Un hôtel très simple mais efficace pour passer une douce nuit pendant que votre destrier dort sur ses deux roues dans un local sécurisé. Centième établissement labellisé Accueil Vélo en Gironde, il propose en prime un kit de réparation et des conseils personnalisés aux cyclistes de passage. Chambre double à partir de 65 euros.
- La Blanche Girondine : 18 route de Bazas 33125 Hostens. Tél. : 06 75 24 03 47. Il ne faut pas montrer patte blanche pour séjourner à La Blanche Girondine, belle bâtisse du XIXème siècle rénovée de fond en comble, mais réserver en avance pour avoir la chance de dormir dans l’une des deux chambres d’hôtes décorées avec goût. A votre disposition également : un salon agrémenté d’un frigo, une piscine et des vélos si vous avez encore un peu d’énergie ! Chambre double à partir de 100 euros.
- L’escale du Ciron : 19 rue Dupuy Jean 33730 Villandraut. Tél. : 06 99 10 60 90. Voilà un restaurant où l’on s’installerait bien en terrasse pour refaire le monde entre deux sessions vélo. Les plats simples et travaillés (rillettes de thon maison, filet mignon de cochon sauce aïoli, magret de canard sauce au poivre, crème brulé à la fève de tonka…) feront le reste. Formule du midi à 18 euros avec entrée, plat, dessert.
- La Pimpine : 1 chemin du Bon Coin 33360 Lignan-de-Bordeaux. Tél. : 05 56 78 38 81.Encore un bel exemple de reconversion avec cette gare devenue le point de ralliement de tout Lignan-de-Bordeaux et même davantage. Ici, on papote autour d’un café, d’un apéro, de planches ou de plats du jour concoctés à partir de produits frais locaux ou internationaux. En plus des burgers, tartares ou salades, l’établissement propose en effet un délicieux taboulé. Plats de 16 à 26 euros.
- L’Aiguillage : Ancienne gare de L a Sauve, 71 Rue du Gestas 33670 La Sauve. Son nom est un clin d’œil à sa carrière d’autrefois. Devenu restaurant, bar et guinguette, l’établissement rend hommage aux produits locaux de saison débusqués en circuit court auprès d’une centaine de producteurs. Des plats simples faits maison feront battre les cœurs (et les estomacs) comme la tarte thon-tomate, l’œuf parfait façon chasseur, la salade de cœur de canard, le pavé de saumon ou la crème brûlée. Menu du jour (entrée, plat, dessert) à 20 euros.

















