Antibes, une perle de la Côte d’Azur

Paula Boyer
par Paula Boyer

08 janvier 2026

Antibes
Antibes - vieille ville © Aleh Varanishcha - stock.adobe.com

Besoin d'une parenthèse ensoleillée sur la Côte d'Azur ? Direction Antibes qui se visite toute l'année ! Connue dans le monde entier pour son festival de jazz, Antibes pelotonne sa pittoresque vieille ville, désormais en partie piétonne, au pied de l’ancien château des Grimaldi et de l’imposant fort Carré.

Aisément accessible en train, cette ville balnéaire (75 000 habitants), située entre Cannes et Nice, est agréable à vivre en toute saison. Destination luxe recherchée depuis l’arrivée de riches Américains au début du XXe siècle, elle a assez bien préservé son identité méridionale en même temps qu’une certaine simplicité.

Antibes, où plusieurs peintres et écrivains ont séjourné, doit une bonne partie de son charme à ses plages, ses jardins, ses pinèdes, ses sentiers côtiers et ses criques presque secrètes. On y jette volontiers l’ancre…

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Balade dans la vieille ville d’Antibes

Rue la vieille ville d’Antibes
Rue la vieille ville d’Antibes © rh2010 - stock.adobe.com

Des toits de tuiles rouges, des façades colorées, des persiennes, des rues et des places avenantes, des ruelles fleuries, des fresques de street art ici et là et d’élégantes boutiques… Révisez vos préjugés ! La Côte d’Azur a conservé son âme : la preuve à Antibes, qui a su rester une cité provençale encore authentique où l’on flâne avec plaisir.

La ville n’est pas née d’hier… Créée par les Grecs au Ve siècle av. J.-C. sous le nom d’Antipolis, Antibes se trouva à la merci des divers envahisseurs « barbares » se disputant la Provence, mais aussi des fréquentes incursions sur ses rivages des sarrasins venus d’Afrique du Nord.

Fort Carré - Antibes
Fort Carré © dvoevnore - stock.adobe.com

Pour se protéger, Antibes éleva d’abord ses « murailles de l’an Mille » et sa tour dite sarrasine (ou encore Grimaldi), aménagée plus tard en clocher. Après le rattachement de la Provence à la France en 1481, elle devint la dernière place forte du royaume de France face au Comté de Nice qui dépendait du duché de Savoie. Le Var – fleuve côtier – faisait frontière entre ces puissances rivales. Par précaution, au XVIe siècle, le roi de France Henri II fit édifier le fort Carré, pourvu de puissants bastions, sur la presqu'île Saint-Roch.

Désormais classé monument historique (entrée : 5 €), il culmine à 26 m au-dessus de la mer et offre une vue panoramique exceptionnelle – à ne pas rater – sur Antibes, son port et sur toute la côte, jusqu’à la baie des Anges.

Malgré cet ouvrage militaire et les fortifications que, plus tard, Louis XIV fit redessiner par Vauban, Antibes subit encore des troubles. Par chance pour elle, la ville perdit toute importance stratégique après qu’en 1860, le comté de Nice fut cédé à la France de Napoléon III.

Quartier Safranier
Quartier Safranier © F.Trotobas, ville d'Antibes

Elle put dès lors multiplier les projets d’avenir, favoriser le développement de l’horticulture, puis du tourisme, et, bien plus tard, dans les années 1970, contribuer à la naissance de Sophia-Antipolis, premier technopôle d’Europe et « pépinière » d’entreprises et de richesses. À la même époque fut inauguré le port Vauban, plus grand port de plaisance d’Europe avec 1 650 places.

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Comment ne pas tomber amoureux du Safranier ? Ce tout petit quartier typique de la vieille ville déroule de jolies rues paisibles et très fleuries. Il est créé en « commune libre » pour « organiser ses fêtes et perpétuer les traditions », mais son maire n’a pas de rôle institutionnel. Place du Safranier, une plaque commémorative rappelle que l’écrivain grec Níkos Kazantzákis (auteur d’Alexis Zorba) y a écrit ses œuvres majeures. Pour lui, Antibes, « c’était encore la Grèce »...

Juan-les-Pins, patrie du jazz

Plage de Juan-les-Pins
Plage de Juan-les-Pins © Gilles Lefrancq

Une fois le comté de Nice rattaché à la France, Antibes put araser une partie de ses fortifications pour créer, en 1882, vers le cap d’Antibes, un nouveau quartier bordé de plages et parsemé de pinèdes : Juan-les-Pins. Après la Première Guerre mondiale, celui-ci est devenu la première grande station estivale à la mode du littoral à l’initiative de Frank Jay Gould, héritier du roi des chemins de fer américains.

Associé au français Édouard Baudoin, l’un des promoteurs de Deauville, Gould fit aussi de l’ancien casino l’un des plus beaux et plus actifs de la Côte d’Azur où les Américains venaient dépenser sans compter leurs dollars.

Hôtel Belles Rives
Hôtel Belles Rives © Hôtel Belles Rives

Parmi l’élite intellectuelle et mondaine fréquentant alors Juan se trouvaient l’écrivain américain Francis Scott Fitzgerald et sa femme Zelda qui faisaient la fête avec leurs riches amis dans la villa Saint-Louis (devenue depuis l’Hôtel Belles Rives). Antibes lui a inspiré les inoubliables Tendre est la nuit et Les Enfants du jazz.

À la même période, un autre couple d’Américains, jeunes, beaux et riches – Gerald et Sarah Murphy – se fit construire au cap d’Antibes la villa America. Grâce à eux, Antibes deviendra un creuset capital de la musique afro-américaine, mais aussi de l’art et de la culture modernes.

Fastival de jazz
Fastival de jazz © M.Igersheim - Office de Tourisme Antibes

À partir de 1950, le célèbre saxophoniste et clarinettiste afro-américain, Sidney Bechet, vint jouer chaque été à Antibes. En 1960, dans la pinède Gould, fut lancé un festival qui attire toujours de grands noms du jazz.

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Au cap d’Antibes, Frank Jay Gould avait ouvert en 1927 le premier grand palace de la Côte d’Azur, Le Provençal. Fermé depuis près de 50 ans, actuellement en travaux, il abritera bientôt des résidences ultra-luxueuses. Mais si Antibes rime toujours avec hôtels de luxe – Hôtel Cap-Eden-Roc, Belles Rives et autres –, cela ne l’empêche pas d’abriter des établissements bien plus abordables.

Le musée Picasso d’Antibes

Musée Picasso
Musée Picasso © Mairie d'Antibes

Antibes possède des théâtres, une école d’art dramatique et plusieurs musées (dédiés à l’archéologie, à Peynet, à la carte postale), mais son joyau reste incontestablement le musée Picasso. Il est installé dans l’ancien château de la famille Grimaldi – les princes de Monaco – bâti sur l’ancienne acropole de la cité grecque d’Antipolis.

À l’été 1946, Dor de la Souchère, son conservateur, eut l’idée géniale de proposer à Picasso qui résidait alors à Golfe-Juan, d’utiliser une partie de ce château comme atelier. Séduit, l’artiste espagnol vint y réaliser, à l’automne 1946, de nombreuses œuvres qu’il laissa en partie en dépôt à son retour à Paris. Depuis, la collection Picasso (245 œuvres au total) du musée s’est fortement agrandie, grâce à d’autres dépôts, dons et achats.

Musée Picasso - sculptures sur la terrasse
Musée Picasso - sculptures sur la terrasse © Adagp, Paris, 2008

Si ce musée consacre aussi deux salles à Hans Hartung et expose une belle collection de sculptures sur la terrasse, son œuvre la plus impressionnante par sa taille (21 m²) et sa puissance expressive, est évidemment le « Concert », peint à Antibes, en mars 1955, dans les derniers jours de sa vie, par Nicolas de Staël.

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L’offre d’Antibes dans le domaine des arts prend bien d’autres chemins : résidences d’artistes, expositions estivales d’œuvres monumentales, salon Art Fair et aussi « Casemates de la création ». Les anciennes casemates du boulevard d’Aguillon ont en effet été reconverties en salles d’expositions et ateliers – ouverts au public. On y fait de très belles rencontres. Par exemple celle de Dominique Prevost, spécialiste de la gravure qui expose sur place des œuvres splendides. Ou celle de Firmin Sanou, qui y travaille le bronze selon les procédés traditionnels de son pays natal, le Burkina Faso.

Les roses et les jardins d’Antibes

Villa Eilenroc - Antibes
Villa Eilenroc © Bernard - stock.adobe.com

Il y a un siècle, les collines alentour étaient couvertes de serres et Antibes était la « capitale de la rose ». Ce temps est révolu, mais elle abrite toujours de très beaux jardins. Par exemple ceux de la somptueuse Villa Eilenroc – désormais propriété de la ville – dont la roseraie compte beaucoup de variétés, créées jadis à Antibes (elle se visite).

Ne pas rater non plus, à Juan-les-Pins, le parc Exflora dédié aux jardins du bassin méditerranéen (accès libre).

Marché provençal
Marché provençal © Mairie d'Antibes Juan-les-Pins - Julien Brosset

Le plus passionnant de tous est cependant, au cap d’Antibes, la Villa Thuret et son parc, labellisé « Jardin remarquable ». Le botaniste français Gustave Thuret y a installé au milieu du XIXe siècle son « jardin d’essais » et notamment toutes sortes de palmiers. « Le plus beau jardin que j’ai vu de ma vie », écrira George Sand.

Désormais, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) y travaille à l’acclimatation d’innombrables espèces exotiques, parfois très rares, comme le fantôme blanc (Eucalyptus dorrigoensis), le désespoir des singes (Araucaria araucana) ou le cocotier du Chili (Jubaea chilensis). Visite libre tous les jours (sauf le week-end).

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Ne surtout pas rater le « marché provençal » (tous les matins de 7 h 30 à 13 h, sauf le lundi), sur le cours Massena, sous une halle à la Baltard. Un festival pour les yeux et les papilles. On a envie de tout acheter, surtout au stand de Jonathan Preda, spécialiste des antipasti...

Promenade dans la nature au cap d’Antibes

Sentier de Tire-Poil
Sentier de Tire-Poil © Piot - stock.adobe.com

Antibes est appréciée pour ses plages labellisées Pavillon bleu. Celles du Ponteil et de la Salis, peu profondes, sont parfaites pour les enfants. Le littoral se prête à la pratique de la planche à voile, de la plongée, de la voile, du ski nautique.

C’est aussi une destination qui séduira amateurs de nature et de marche. Au très chic cap d’Antibes, on peut apercevoir au milieu des pins parasols de prestigieuses demeures (château de la Garoupe, château de la Croë, Villa Eilenroc), avant d’emprunter, au départ de la plage du Ponteil, le sentier de Tire-Poil, ouvert à tous.

Taillé dans les rochers, entrecoupé d’escaliers (donc inaccessible aux PMR), souvent battu par le vent et les embruns (fermé par mauvais temps), il fait le tour de la pointe du cap et débouche sur la plage de la Salis. Ce parcours permet de s’immerger pendant deux heures dans des paysages sublimes et de découvrir – le site est classé Natura 2000 – des spécimens rares de la flore et de la faune locales. Bien se chausser, car le sentier est parfois glissant. À éviter également si l’on est sujet au vertige.

Chapelle de la Garoupe - Antibes
Chapelle de la Garoupe © gimsan - stock.adobe.com

De la plage de la Salis part ensuite le chemin du Calvaire qui grimpe assez rudement jusqu’au plateau – panorama magnifique et table d’orientation – où sont juchés le phare de la Garoupe – il se visite – et la chapelle du même nom, monument historique qui abrite une belle collection d’ex-voto.

Plus loin, en surplomb de la pittoresque anse de la Salis, s’étend le petit bois de la Garoupe, peuplé de chênes verts, d’oliviers sauvages et de pins, au milieu duquel sinue un autre sentier.

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À l’extrémité sud du cap d’Antibes, la pinède de 2 ha de la Batterie du Graillon débouche sur des falaises rocheuses. La commune d’Antibes et le Conservatoire du littoral – il en est propriétaire – y ont créé Posidonia, Espace Mer et Littoral : un parcours muséal et des animations pédagogiques font découvrir les richesses de la faune et de la flore locales.

Fiche pratique

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Office de tourisme d’Antibes-Juan les Pins 

Destination Côte d’Azur 

Comment y aller ?

Antibes est desservie par le TGV au départ de Paris-Gare-de-Lyon et d’autres gares françaises.

Bonnes adresses

– Hôtel de la Place : 1, av. du 24-Août. Un établissement agréable, bien situé, sans chichi ni ascenseur. La double à partir de 100 € en basse saison, 190 € en haute saison. Excellent petit déj.-buffet avec produits frais 16,50 €.

– La Cour des thés : 14, av. du 24-Août. Plats de 18,80 à 26 €. Décor cosy, accueil agréable, cuisine simple mais délicieuse.

– Da Vinci : 9, av. du 11-Novembre. Plats (copieux) de 16 à 26 €. À midi, plat du jour (pâtes ou pizza) à 13,50 €. Excellente cuisine italienne.

– Chez Mô : 46 , bd Albert Ier. Menu à 32 € sans vin, à 39 € avec vin. Saveurs méditerranéennes, spécialiste des poissons et fruits de mer. Cuisine goûteuse et authentique.

– Bistrot Margaux : 17, av. du 11-Novembre. Compter 30-40 € par personne. Ardoise renouvelée quotidiennement. Excellente cuisine française.

– Absinthe bar : 25, cours Massena. Étonnant. Dans ce bar-musée installé dans une cave voûtée par les Rosenfelder, on apprend absolument tout sur l’histoire de la « fée verte » qui a fait tant de ravages il y a un siècle, mais est de nouveau autorisée depuis 2002. Prudente, la maison sert pas plus de trois verres (8 € le verre) !

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