Perpignan, séduisante Catalane

Perpignan, séduisante Catalane
Perpignan © MangAllyPop@ER - stock.adobe.com

La préfecture des Pyrénées-Orientales est idéalement située entre montagnes (les Albères, les Corbières) et plages de la Méditerranée. Avec 300 jours de soleil par an, Perpignan est une agréable escale, à explorer au fil du labyrinthe de venelles qui sillonnent son centre historique, ponctué de fontaines rafraîchissantes, palmiers élancés, vénérables platanes, façades colorées. Ses rues animées, comme celle du Maréchal Leclerc, haut lieu de sorties avec ses bars et restaurants aux terrasses bondées, nous rappellent que l’Espagne et Barcelone ne sont pas très loin…

Perpignan, témoin d’un glorieux passé

Perpignan, témoin d’un glorieux passé
Cathédrale Saint-Jean-Baptiste © JackF - stock.adobe.com

L’âge d’or de Perpignan remonte au 13e siècle, et s’étale jusqu’au tout début du 16e siècle, avec son apogée au moment où la ville fut déclarée capitale continentale du royaume de Majorque, qui dura de 1276 à 1344.

Le palais des rois de Majorque, perché sur les hauteurs au sud de l’hypercentre, est une forteresse gothique bien conservée, bâtie à partir de 1276 pour loger la cour de Jaume II de Mallorca. Un superbe exemple d’architecture civile et militaire du Moyen Âge, à la fois imposante et majestueuse. Converti au milieu du 15e siècle en arsenal, puis en caserne, le palais est ouvert au public depuis 1958. Il est très peu meublé, mais les visiteurs y découvrent quelques pièces remarquables : buffets, tables et autre mobilier en bois massif. Le donjon abrite deux belles chapelles : la basse, dédiée à sainte Madeleine, et la haute, dite de Sainte-Croix ou chapelle royale. Depuis le sommet de la tour de l’Hommage se dévoile un magnifique panorama sur la ville et, au loin, le mont Canigou.

La construction de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste a, quant à elle, débuté en 1324, toujours sous le règne des souverains de Majorque, mais fut interrompue par la chute du régime. Les travaux reprirent au 15e siècle et l’édifice de style gothique méridional fut enfin consacré en 1509, puis reconnu comme cathédrale en 1601. Ses volumes intérieurs sont impressionnants, avec une seule nef, longue de plus de 70 m. Son charmant campanile en fer forgé, du 18e siècle, apporte une touche de légèreté à l’ensemble. Attenant à la cathédrale, le Campo Santo, construit à partir du début 14e siècle, est le seul cloître-cimetière de France, entouré de quatre galeries couvertes, aux portiques gothiques.

Le Castillet © dietwalther - stock.adobe.com

Non loin, se dresse le Castillet, l’emblème de la cité : c’est un vestige des anciens remparts, à la jonction entre la ville moderne et le centre ancien. Il fut érigé, à la fin du 14e siècle, en tant que porte principale, puis transformé, au cours des siècles, en prison et, aujourd’hui, en musée catalan des arts et traditions populaires. Depuis son chemin de ronde, on embrasse une jolie vue sur les toits de tuile et la cathédrale.

À deux pas, la place de la Loge de Mer est bordée par cette loge de 1397 qui hébergea la bourse du commerce, puis le siège du consulat de mer. Juste à côté, l’Hôtel de ville, du 13e siècle, cache dans son patio une œuvre majeure du sculpteur Aristide Maillol, un bronze baptisé La Méditerranée, tandis que l’ancien palais de la Députation, du 15e siècle, présente une belle façade à baies gothiques et colonnettes.

La région de Perpignan, terre de peintres

La région de Perpignan, terre de peintres
Musée Hyacinthe Rigaud © Pascale Marchesan

Dans les années 1960, Salvador Dalí peignit un tableau intitulé « La Gare de Perpignan », déclarant que l'univers était semblable, par sa structure, à cette gare. Il la considérait comme le centre du monde. Une théorie tout aussi surréaliste que le style artistique du célèbre Catalan…

Cependant, Perpignan et ses environs ont bien exercé une force d’attraction sur de nombreux peintres à différentes époques, comme le montre le musée Hyacinthe Rigaud. Inauguré en 1979, il a été entièrement rénové et agrandi fin 2017, occupant désormais deux anciens hôtels particuliers, celui de Lazerme et de celui de Mailly. Il révèle, à travers les œuvres exposées, l’attachement de Pablo Picasso, Raoul Dufy et Aristide Maillol à la capitale du Roussillon, qui, auparavant, avait vu naître Hyacinthe Rigaud, en 1659, portraitiste de Louis XIV et de la noblesse.

Dans les nombreuses salles intimistes avec leurs cheminées en marbre et leurs sols en tomettes ou parquet, les collections retracent l’art et la culture dans le département depuis le 14e siècle, avec, en point d’orgue, le retable de la Trinité (1489). Le délicieux petit jardin, niché dans une cour intérieure, permet de faire une agréable pause durant la visite.

Collioure © IRINA - stock.adobe.com

La balade picturale se poursuit près de Perpignan, sur la côte Vermeille, qui débute à Argelès-sur-Mer et s’étire jusqu’à la frontière espagnole. Un littoral à la lumière si particulière qu’il a séduit Paul Signac et donné naissance au mouvement des fauves : Henri Matisse, André Derain et Georges Braque fréquentaient Collioure, inspirés par son adorable port et son pittoresque clocher. À travers la bourgade, le chemin du fauvisme permet de suivre leurs traces, grâce à la reproduction de leurs tableaux, là même où ils les avaient peints. L’adorable cité balnéaire accueille, par ailleurs, un musée d’art moderne et contemporain.

À quelques encablures à peine, la commune de Banyuls-sur-Mer est surtout connue pour son vin éponyme. C’est également la terre natale d’Aristide Maillol, peintre puis sculpteur, qui y est venu très régulièrement jusqu’à sa mort en 1944. Son contemporain, Maurice Denis, fondateur, avec Paul Gauguin, du groupe des nabis, appréciait aussi cette localité où les vignes semblent se jeter dans la Méditerranée.

Fiche pratique

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Site de l’office du tourisme de Perpignan

Comment y aller ?

- En avion : l’aéroport de Perpignan-Rivesaltes est desservi par des liaisons quotidiennes de HOP ! Air France avec Paris Orly et par deux vols hebdomadaires de et vers Nantes, avec Volotea. Trouvez votre billet d’avion.

- En train : la gare de Perpignan est à 5 h de TGV de Paris-Gare de Lyon. Elle est reliée aussi à Toulouse, Montpellier, Bordeaux, Marseille…

Où dormir ?

- Hôtel de la Loge : 1, rue des Fabriques d’en Nabot, Perpignan. Chambre double : à partir de 60 €. À deux pas de la mairie, dans une discrète ruelle, le deux-étoiles occupe un hôtel particulier du 16e s, d’architecture typiquement catalane, avec un superbe escalier monumental à la rampe en ferronnerie ouvragée. L’esprit rétro règne aussi sur les 22 chambres, dont des triples et certaines avec un balcon, confortables et équipées de salle de bain et toilettes privatives.

- Can Artists : 6, place de La Loge, Perpignan. Chambre double : à partir de 125 €. Quelle surprise de découvrir, en sortant de l’ascenseur, cette « chambre d'hôtes et de culture » ! Nichée dans une ruelle étroite et sombre du vieux centre, elle s’avère très moderne et lumineuse. Mais aussi originale, avec son décor minimaliste et design, aux belles harmonies de matières, entre bois, béton, pierre, verre et métal. Les trois suites et le coin salon-salle à manger sont perchés tout en haut d’un immeuble ancien, autour d’un agréable patio très calme.

Où manger ?

- Via del vi : 43, av. du Maréchal Leclerc, Perpignan. Tél. : 04 68 67 84 96. Mar-sam 19 h 30-2 h. Plats : environ 16 €. Poétiquement baptisé « le chemin du vin », le caviste-restaurant amène ses convives encore plus loin, vers la slow food et les circuits courts, avec son appétissante carte d’inspiration locale et japonisante, qui change tous les jours en fonction du marché. Les produits frais et bio sont sublimés en cuisine, ouverte sur la salle au décor épuré, avec chaises design et bois sombre. Les plats fins et joliment présentés s’accompagnent de vins naturels, sur les bons conseils d’un sommelier passionné.

- Le Tartard : 6, rue Sainte-Magdeleine, Perpignan. Tél. : 09 54 38 53 58. Mar-sam 11 h-15 h et 19 h-23 h. Formule midi : 16,80 €. Plats : 15,30-29,90 €. Le nom de ce restaurant, caché dans une petite rue du centre-ville, ne laisse planer aucun doute, son slogan non plus : « cuit ou cru, le tartare revisité ». Il est décliné en version viande (bœuf, canard, cheval) ou mer (saint-jacques, thon, saumon), en recettes traditionnelles ou moins classiques, en portion normale ou « gargantua », et même en dessert (tartare d’ananas avec mousse à la mangue). L’annexe des Halles Vauban propose, quant à elle, une carte plus simple mais tout aussi alléchante.

- Les Halles Vauban : 37-39, quai Vauban, Perpignan. Mar-mer 8 h-21 h 30, jeu-sam 8 h-23 h, dim 8 h-15 h. Il s’agit en fait d’un passage couvert perpendiculaire au quai de la Basse, inauguré fin 2017, qui propose, sur plus de 2 000 m², des étals et des stands très variés, pour déguster sur place ou pour emporter : pizzeria, cuisines libanaise, portugaise ou vietnamienne, burgers, sushis, brochettes, poissonnier-écailler, boucher-charcutier-traiteur, fromager, épicerie fine de produits catalans, boulangerie-pâtisserie, etc.

Texte : Stéphanie Condis

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