Skopje, à la découverte de la Macédoine

Skopje, à la découverte de la Macédoine
Olivia Le Sidaner

Peu connue, la Macédoine s’ouvre au tourisme. Désormais desservie en vol low cost direct depuis la France, sa capitale Skopje offre, le temps d’un week-end ou plus, un réel dépaysement aux voyageurs en quête de nouveaux horizons. Avec, aux portes de la ville, des possibilités d’excursion bucoliques, dont la plus connue reste le lac d’Ohrid. Un escapade originale, entre Occident et Orient, au cœur des Balkans et juste au nord de la Grèce.

Skopje, une capitale méconnue

Skopje, la capitale de la Macédoine, est une cité étonnante et méconnue, qui réserve bien des surprises. Coupée en deux par le fleuve Vardar, elle offre des visages différents sur chacune de ses rives.

 D’un côté, la ville ancienne est très vivante, avec son Vieux Bazar, ses mosquées, ses caravansérails, ses églises, sa forteresse byzantine, ses restaurants, ses cafés et ses terrasses.

De l’autre côté, la ville nouvelle est encore en chantier, les statues géantes et les bâtiments monumentaux n’en finissant pas de pousser comme des champignons, entre kitsch et ostentation.

Non loin de là, les Skopiotes aiment se retrouver dans le quartier « bohème », le Debar Maalo. Enfin, si l’on veut se mettre au vert, la nature n’est jamais très loin.

La folie des grandeurs

En arrivant à Skopje, on a tout d’abord l’impression de débarquer sur un chantier géant, dominé par les grues. Puis, une fois au cœur de l’action, en approchant du fleuve Vardar, on prend conscience de l’ampleur de l’entreprise du projet « Skopje 2014 » et de la folie des grandeurs qui semble s’être emparée de la capitale.

Au départ, il s’agissait de donner un nouveau visage au centre-ville, détruit par le séisme de 1963, et de doter de bâtiments officiels la jeune République, sortie du giron de l’ex-Yougoslavie en 1991.

Mais, bien vite, les choses ont pris une toute autre dimension, et l’on a vu fleurir des monuments aussi coûteux que grandiloquents.

Aujourd’hui, sur les rives du fleuve Vardar, se dressent des édifices de style néoclassique, arborant des colonnes antiques, comme le ministère des Affaires étrangères et le musée archéologique, qui abrite par ailleurs des collections dignes d’intérêt.

 Un arc de triomphe (la « Porte de Macédoine ») est sorti de terre, et des fontaines et des statues ont proliféré, jusque sur les nouveaux ponts jetés sur le Vardar, où elles forment des haies d’honneur.

 L’une des plus monumentales est celle d’Alexandre le Grand, rebaptisée « La statue du guerrier à cheval » pour ne pas froisser la susceptibilité des Grecs, qui estiment que leur voisin usurpe leur patrimoine historique.

Erigé en héros national, Alexandre regarde de haut la place de Macédoine, juché sur son fier destrier et un piédestal-fontaine qui s’allume et change de couleurs la nuit, au son d’une musique classique conquérante. Kitsch à souhait.

A quelques pas de là, dans la rue de Macédoine, une maison-mémorial a été construite en l’honneur de Mère Teresa, l’autre grande figure nationale, Prix Nobel de la Paix, née ici en 1910.

Parmi les autres réalisations à venir, un troisième faux galion espagnol est en construction sur le Vardar, et la municipalité rêve d’une grande roue, histoire de se donner des airs londoniens.

Skopje authentique

Pour découvrir un visage plus authentique de Skopje, il faut aller dans le quartier « bohème », le Debar Maalo, où les habitants se retrouvent pour dîner et boire des verres. De petits restaurants typiques y servent les plats traditionnels, notamment la salade shopska et des viandes grillées.

De l’autre côté du Vardar, bien que touchée par le séisme de 1963, la vieille ville, dominée par sa forteresse byzantine, a pu conserver des pièces maîtresses de son patrimoine, dont plusieurs mosquées, notamment celle de Mustafa Pacha (15e s.) et celle du Sultan Murat, la plus ancienne de la ville (1436), qui abrite dans sa cour la tour de l’Horloge, un point de repère visuel dans la cité.

On peut aussi visiter les deux hammams, Daout Pacha et Tchifté, aujourd’hui transformés en lieux d’expositions, et aller faire un tour dans le Bezistan, un ancien marché couvert où de petits cafés se sont installés. En se promenant dans ce quartier à majorité albanaise, on se croirait presque à Istanbul.

Dans le caravansérail de Kapan An, on fume le narguilé en buvant un café turc, non loin des artisans qui tiennent boutique au rez-de-chaussée.

Malheureusement, dans les ruelles du bazar (Old Bazar), qui est le plus grand des Balkans après Istanbul, on constate que le « made in China » a souvent pris le pas sur l’artisanat traditionnel.

On y trouve cependant quelques bijoutiers, et des pâtisseries, où l’on peut faire provision de loukoums. Le soir venu, les terrasses des cafés et des restaurants ne désemplissent pas.

Autour de Skopje

Plusieurs belles excursions sont à faire en périphérie de la ville. Vous pouvez, par exemple, aller voir le grand aqueduc, un lieu méconnu (même les taxis ignorent souvent où il se trouve) ; ou, plus classiquement, vous rendre au mont Vodno, qui domine la capitale du haut de ses 1 066 mètres. Au sommet, se dresse la Millenium Cross, une impressionnante croix en métal. Pour y accéder, si vous n’êtes pas d’humeur à randonner, empruntez le téléphérique, construit en 2011.

Sur les pentes du Vodno, le monastère Saint-Pantaleimon, à Gorno Nerezi, mérite le détour. De style byzantin, il fut construit en 1164 et possède des fresques remarquables, dont une peinture très expressive de la Vierge.

Enfin, pour achever de se mettre au vert, rendez-vous au canyon de Matka, à une demi-heure de là. Le dépaysement est total quand on pénètre dans les gorges encaissées. Après avoir longé la sauvage rivière Treska et dépassé le barrage, on atteint le lac de Matka, alangui entre ses montagnes envahies par la végétation. Près de l’église Saint-André, vous pourrez déjeuner, le regard sur le lac, avant d’aller marcher sur les sentiers, pagayer en kayak ou faire une balade en bateau.

Enfin, si vous avez la chance de pouvoir prolonger votre week-end, il ne faut pas manquer d’aller voir Ohrid, la « Riviera » macédonienne, blottie sur les rives du plus grand lac du pays.

La région, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, allie attraits patrimoniaux et naturels. Après avoir visité ses monastères et ses églises, ses vestiges antiques, ses ruelles médiévales et sa forteresse, vous pourrez vous permettre une pause lacustre et plonger dans les eaux translucides.

Et, pourquoi pas, conclure la journée par un cocktail dans un des bars lounge installés sur la rive.

 

Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez notre guide en ligne Macédoine

Office national du tourisme en Macédoine (Macedonia Timeless) 

Agence de promotion du tourisme en Macédoine 

Comment y aller ?

En avion : la compagnie low cost Wizz Air affrète deux ou trois vols directs par semaine pour Skopje depuis Paris-Beauvais (2h45 de vol). D’autres compagnies desservent la capitale macédonienne, mais avec escale (à Belgrade, notamment).

Réservez votre billet d’avion.

Se déplacer

La ville est étendue, mais le centre n’est pas très grand et se parcourt facilement à pied. Sinon, les taxis sont vraiment bon marché à Skopje.

Pour aller voir la Millenium Cross, un bus va jusqu’à la moitié du mont Vodno. Après, vous aurez le choix entre la marche et le téléphérique.

Pour se rendre à Matka, il faut compter une demi-heure de bus depuis le centre-ville.

Où manger ?

On trouve de bons restaurants dans le quartier « bohème », le Debar Maalo, considéré par les habitants comme le « vrai Skope ». Au Kaj Pero ou au Skopski Merak, on goûte à la cuisine locale. Grillades et salade shopska au programme, accompagnés d’une Skopsko, la bière locale. Chez Dada, la spécialité est la Pastrmajlija.

- Hôtel-restaurant Canyon Matka, à Saraj. Sur la terrasse en bois, très fleurie, on déguste une bonne cuisine macédonienne en regardant le lac de Matka. Paisible.

Où dormir ?

Bushi Resort & Spa. Un bel hôtel cinq étoiles, tenu par des Turcs, au cœur de la vieille ville, avec spa, piscine et restaurant. Doubles à partir de 85 €. Juste un détail : en période de ramadan, les haut-parleurs du minaret, tout proche, vous réveilleront probablement au beau milieu de la nuit ! Le reste de l’année, le calme est assuré, et l’emplacement idéal pour explorer la cité.

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Texte : Olivia Le Sidaner

Mise en ligne :

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