Mieux connaître l'archéologie

Petite définition pour commencer : l'archéologie, c'est l'étude du passé à partir des vestiges matériels laissés par nos ancêtres et qui se sont conservés au cours des siècles. N'allez surtout pas confondre histoire et archéologie. Les deux sciences sont bien distinctes, mais demeurent cependant complémentaires. L'archéologue interroge le sol. Il creuse minutieusement, analyse les objets qu'il exhume, et, à partir de ses trouvailles, dresse le panorama d'un groupe, d'une famille, d'un peuple ou de toute autre présence humaine dans le secteur qu'il étudie. Petite précision, l'archéologie s'intéresse aux populations humaines. Les espèces animales aujourd'hui disparues, comme les dinosaures, font l'objet d'une autre science, la paléontologie, une cousine de l'archéologie.

Si l'archéologie a très tôt préoccupé les esprits les plus savants (les Grecs Homère et Thucydide s'interrogeaient déjà sur l'importance des traces matérielles des civilisations disparues), l'apparition des fouilles telles qu'elles existent de nos jours est relativement récente. Même si certains nostalgiques ont entrepris au cours de la Renaissance d'étudier les ruines des anciennes cités grecques et romaines, il faut en fait attendre la deuxième moitié du XVIIIe siècle pour voir se développer les fouilles systématiques autour des sites antiques (découverte, par hasard, des villes ensevelies de Pompéi et d'Herculanum dans le sud de l'Italie, expéditions en Égypte…). Mais à cette époque, l'archéologie se limite encore à une chasse au trésor dont le but est d'enrichir sa collection personnelle. Au XIXe siècle, sous l'impulsion d'amateurs passionnés (et fortunés !), les chantiers se multiplient, l'archéologie se structure, cesse d'être une annexe de l'histoire et devient une science à part entière. On fonde l'École française d'Athènes (1846), puis celles de Rome (1874), du Caire (1879) et d'Extrême-Orient (1898). L'Allemagne, l'Italie et les États-Unis se dotent eux aussi de leurs propres instituts, qui, au fil de leurs missions à l'étranger (Égypte, Grèce, Turquie, Afghanistan, Irak…), vont contribuer à améliorer notre connaissance des sociétés préhistoriques ainsi que des civilisations de l'Antiquité. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'archéologie se développe en assimilant des méthodes empruntées à d'autres sciences (comme les mathématiques, pour le traitement des données). Grâce aux préhistoriens, les techniques de fouilles se modernisent : elles sont désormais stratigraphiques, autrement dit, on étudie un site à partir des différentes couches qui le composent, chaque couche correspondant à une occupation différente (donc à une civilisation différente).

En France, les fouilles archéologiques sont soumises au contrôle de l'État (loi du 27 septembre 1941). Toute personne, association, organisme public ou privé souhaitant fouiller le sol national doit se manifester auprès du ministère de la Culture et de la Communication ou auprès des directions régionales des Affaires culturelles (ou DRAC), qui étudient les demandes et délivrent des autorisations. On distingue aujourd'hui deux types de fouilles en recherche archéologique : les fouilles dites préventives, et les fouilles programmées (celles qui nous intéressent ici).

- Les fouilles préventives. Elles sont déclenchées lors de travaux d'aménagement ou d'urbanisation. Ce sont des opérations de secours visant à préserver des vestiges susceptibles de se trouver sur le tracé d'une autoroute ou d'une voie ferrée en construction. L'État, ou les autorités régionales concernées, sollicitent alors des archéologues compétents (rattachés généralement à l'INRAP, Institut national de recherches archéologiques préventives) pour des missions de relative courte durée.

- Les fouilles programmées. Elles sont l'initiative de chercheurs (rattachés au CNRS, à une université ou à une institution compétente dans le domaine de la fouille archéologique) et poursuivent des objectifs bien précis, sur des sites reconnus. L'autorisation de fouiller ne pouvant être accordée à une entreprise ou à un organisme privé, elle est délivrée à une personne physique. C'est à elle que l'on confie la direction du chantier. Les fouilles programmées impliquent donc un directeur de chantier (généralement un archéologue confirmé), épaulé par quelques confrères, ainsi qu''une équipe de bénévoles (étudiants en archéologie, en histoire, passionnés ou simples curieux…).

Les fouilles préventives se déroulant très souvent dans l'urgence, il est rare de faire appel à des bénévoles. En revanche, les fouilles programmées sont toujours à la recherche de bras volontaires ! Selon la taille du site fouillé, le nombre de bénévoles peut varier d'une demi-douzaine à plusieurs dizaines.

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Photo : Parc archéologique européen du Mont Beuvray © Bibracte / A. Maillier

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