Culture Jordanie

Population

La Jordanie compte environ 6,6 millions d'habitants (près de 9,5 millions avec les réfugiés syriens et irakiens d'après le recensement de 2015). Le peuplement est mixte : Transjordaniens et Palestiniens se partagent le pays. Les Transjordaniens sont répartis sur l'ensemble du territoire, tandis que les Palestiniens se concentrent essentiellement dans les villes du Nord - où ils occupent des postes importants (cadres, ingénieurs, banquiers, etc.) - et dans les camps, situés également dans le Nord.
On recense aussi autour de 100 000 Circassiens, venus du Caucase au XIXe siècle, des Turcs, des Arméniens et quelques communautés kurdes et bahaïes.

Les Bédouins

Le nombre des Bédouins (Bedu en arabe) diminue sans cesse du fait de la politique de sédentarisation entreprise depuis plusieurs décennies par le gouvernement jordanien. Bien souvent, la tente noire en poil de chèvre est installée à côté d'une maison en dur et sert d'entrepôt.
Mais il y a encore en Jordanie des irréductibles : dans le désert de l'Est, et dans les régions du Sud, quelques dizaines de milliers de Bédouins nomadisent toujours et vivent encore de l'élevage et du commerce, bien qu'ils aient dû abandonner leur troisième source traditionnelle de revenus : le pillage.
Il n'y a hélas plus que quelques familles bédouines vivant dans le wadi Ram, et presque chaque année, l'une d'elles rejoint le village pour cause de mariage d'une fille, d'école, etc.

Malgré leur grande fierté, les Bédouins sont très hospitaliers. En signe de bienvenue, ils vous offriront le thé, bien sûr, mais aussi le café. La plupart des Jordaniens descendent des Bédouins, comme en témoignent les traditions ancestrales présentées notamment dans les musées folkloriques du pays, à Amman et à Madaba. Tous vouent une grande admiration à ceux qui dorment encore dehors.

Les « Camel Corps », garde personnelle du roi, sont d'authentiques Bédouins.

Les réfugiés

Sur les 700 000 réfugiés irakiens arrivés en Jordanie depuis 2003, beaucoup sont repartis (ils sont autour de 58 000 aujourd’hui, suite à des incitations au retour volontaire, mais cela pourrait changer compte tenu du contexte actuel en Irak). Et il en va de même pour les réfugiés libyens venus se faire soigner à partir de 2011 et en grande partie rentrés. En revanche, les Syriens fuyant la guerre civile ne cessent d’affluer. Leur nombre atteignait 655 000 début 2017, selon le Haut Commissariat aux réfugiés, le double d'après le gouvernement.

La Jordanie, qui fait déjà face à de sérieux problèmes d’approvisionnement en eau et en énergie, voit ainsi sa population augmenter de plus de 10 %. Elle a tiré la sonnette d’alarme pour qu’une aide lui soit accordée afin d’améliorer les conditions de vie et d’accueil des réfugiés, mais aussi pour soulager la pression qui pèse sur ses modestes ressources.

Si les Syriens les plus aisés ont pu louer des logements, nombreux sont ceux qui ont tout perdu et qui vivent dans de la famille, chez des amis (et qui ne sont pas forcément référencés), ou, au pire dans des camps installés par le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR).
Le principal se trouve à Zaatari, à environ 11 km de la frontière syrienne. Il accueille plus de 100 000 personnes, en majorité des femmes et des enfants qui se retrouvent coincés, faute de parrainage d’une famille jordanienne susceptible de les accueillir ou de les aider financièrement.
Pour alléger la pression de ce camp, un autre a été ouvert à Azraq, à une centaine de kilomètres à l’est d’Amman. Il est susceptible de recevoir jusqu’à 130 000 réfugiés. Ce qui en fait le plus grand camp de réfugiés du monde.
Compte tenu des conditions de vie difficiles, des heurts éclatent régulièrement et des cas de harcèlements envers les femmes ont notamment été rapportés. Combien de temps les réfugiés devront-ils vivre ainsi ? Cela reste cependant la solution la moins imparfaite pour leur garantir une aide humanitaire.

Cette situation est de plus en plus lourde à gérer pour la Jordanie, qui a pu obtenir le soutien de la communauté internationale dans le cadre du « Jordan Compact », un plan qui vise à booster l’économie jordanienne grâce entre autres aux investissements étrangers et à la création de zones économiques spéciales pour mettre en place les conditions favorables à l’intégration des réfugiés syriens sur le marché du travail en Jordanie.

Les relations jordano-palestiniennes

La cohabitation entre Palestiniens et Transjordaniens ne se déroule pas sans heurts. Source d'enjeux politiques, économiques et sociaux, elle est placée sous le signe d'une méfiance réciproque, que les accords de paix ont finalement accentuée. Les peuples de Palestine et de l'actuelle Jordanie ont tissé des liens familiaux et économiques, mais la création, en 1948, d'un État juif en Palestine a exacerbé la reconnaissance d'une double identité : palestinienne d'un côté, transjordanienne de l'autre. Elle permet à chacun de revendiquer son territoire propre.

Le futur royaume hachémite, encore à la recherche de sa « jordanité », doit faire face à l'arrivée massive de Palestiniens, qui déséquilibre le rapport démographique entre les deux communautés. Le premier exode a lieu en 1948, au lendemain de la première guerre israélo-arabe. Avec l'annexion de la Cisjordanie, la population triple en l'espace de 2 ans, de 1948 à 1950. Les réfugiés accèdent à la nationalité jordanienne. La seconde vague suit la guerre des Six Jours, en 1967, et la perte de la Cisjordanie. En tout, près de 1 million de Palestiniens trouvent refuge en Jordanie.

La plupart ont été installés dans des camps, devenus aujourd'hui des villages, pourvus en eau et en électricité, et toujours appelés « camps » dans le sens de rassemblement d'une population de même origine. Ce sont aussi des quartiers.

Tout en possédant une forte conscience de leur « palestinité », leur degré d'intégration montre qu'il existe un clivage au sein même du peuple palestinien. La perception de leur identité est liée à la date de leur exode, leur statut social, leur rapport à l'État, etc. Beaucoup ont fait leur vie dans le royaume et expriment le désir d'y rester. Autant d'identités que de fractures, entre Palestiniens, mais plus encore (on s'en doute) entre Transjordaniens et Palestiniens.

Car ces derniers effraient. Que ce soit au niveau du pouvoir ou de celui de la population, une défiance réciproque continue de nourrir les rapports entre les deux communautés.

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