Turquie : la Lycie, terre de lumière

Eric Milet
par Eric Milet

29 octobre 2010

Eric Milet
La côte méditerranéenne turque est loin de se résumer aux alentours bétonnés d’Antalya. En poussant vers l’ouest, entre Finike et Dalyan, de belles surprises attendent les amateurs de beautés naturelles, de criques bien tranquilles, d’îles paradisiaques, de plongée et de randonnée.

Mais ce n’est pas tout : les sites antiques d’Arycanda, Patara, Letôon et Xanthos n’ont pas fini de nous émerveiller en conservant leur part de mystère sous l’immuable soleil méditerranéen. Ici, des siècles et des siècles de civilisation et d’histoire vous contemplent.

Petit périple le long d’une côte de dentelle, à la découverte d’un pays de lumière aux multiples splendeurs encore préservées.
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Que la lumière soit !

Eric Milet
Une côte de dentelle aux calanques turquoise plongeant dans l’outremer. La Lycie est pays de lumière. Longtemps isolée en raison du relief tourmenté de son arrière-pays, elle se dévoile aujourd’hui aux voyageurs motorisés. La partie comprise entre Antalya et Finike a joué la carte du tourisme de masse, avec de nombreux hôtels, où les accros de la bronzette sont à touche-touche sur les plages. Cependant, celle entre Finike et Dalyan recèle encore de belles surprises aux chasseurs de criques paradisiaques.

À la différence de sa sœur égéenne, la côte lycienne résiste mieux au béton armé. Elle offre encore au routard la possibilité d’une île, d’une plongée, d’une randonnée ou d’un peu d’air respiré au vent d’un théâtre grec perdu dans la montagne. La Lycie est desservie à l’est par l’aéroport d’Antalya et à l’ouest par celui de Dalaman : le voyageur averti saura trouver un vol à bon prix pour s’y rendre. Une fois sur place, la meilleure solution est de louer une voiture. Autre alternative, les transports en commun : bus, dolmuş, et, par voie maritime, l’affrètement d’une goélette ou d’un caïque.

Quant à l’hébergement, le pays regorge de pansiyon, toutes plus pittoresques les unes que les autres, offrant souvent un panel d’activités pour découvrir les environs. Qui plus est, cette partie de la Turquie possède la plus grande amplitude d’un point de vue de la saisonnalité : la météo y est raisonnablement clémente de début mars à fin octobre, ce qui offre une avant et une arrière-saison parmi les plus agréables du bassin méditerranéen. Quand à l’accueil, vous êtes en Turquie et c’est une garantie d’hospitalité !

Antalya, une perle de culture

Eric Milet
Il est bien loin le temps où la végétation qui dégringolait des pentes escarpées du mont Taurus enserrait la petite ville d'Antalya (photo) dans un écrin de verdure. La ville, qui comptait 30 000 âmes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en totalise aujourd’hui près d’un million ! Désormais plaque tournante du commerce maritime, la perle de la riviera turque se targue d’un ensoleillement exceptionnel : 300 jours par an ! Si l’été est quelque peu étouffant, le printemps et l’automne offrent de belles plages de douceur. Kaleiçi, (la ville historique) perchée sur un promontoire rocheux surplombant la grande bleue, avec ses vieilles maisons ottomanes, ses balcons fleuris et ses ruelles pavées, témoigne encore aujourd’hui d’un certain art de vivre.

Kaleiçi semble délaissée par les autochtones, mais elle n’en demeure pas moins une excellente base pour un séjour à Antalya. Quelques petites pansiyon ou hôtels bon marché disputent aux établissements de charme la clientèle des voyageurs en escale. Passée la demi-heure du petit déjeuner servi sous forme de buffet avec tomates, saucisson de dinde, féta, olives et concombre - sans oublier le traditionnel yaourt (les laitages sont omniprésents dans la cuisine turque) -, la matinée commence par un bain.

La mer est accessible en plein centre. Il suffit pour ça de descendre sur l’un des appontements aménagés en bar de plage. Le tout payant, et pas forcément bon marché, mais comprenant transat, parasol et douche d’eau claire pour se rincer. La journée peut se passer là, à ne rien faire. Mais ce serait sans compter la richesse de la collection d’antiquités du musée archéologique, qui mérite le détour. La statuaire provient majoritairement du site de Pergé. Si elle mériterait d’être mieux mise en valeur, elle n’en demeure pas moins le témoin de sa superbe d’antan.

Enfin, les amateurs de shopping trouveront leur bonheur au gré des rues commerçantes qui enserrent la vieille ville. Certes, la mondialisation y dicte sa loi comme dans toutes les grandes villes. Au voyageur de faire le tri. Mis à part les sempiternelles boutiques de souvenirs, le vieux bazar, avec ses estaminets résonnant du claquement des dominos, recèle encore quelques belles tranches de saveurs orientales. La Turquie pittoresque est bien là, dans la manière de boire le thé rouge, le vrai, pas le « pipi de chat » à la pomme verte instauré par la junte touristique.

Les monts du Taurus : en route pour Arycanda

Eric Milet
Les monts du Taurus (photo) font partie de la branche occidentale de la grande chaîne de montagnes qui traverse toute l’Asie. Un pays escarpé de pics et de vallées isolées, de colosses de calcaires rugueux, âpres, qui parfois plongent abruptement dans la mer. Cet aspect tourmenté a depuis toujours influencé l’évolution culturelle de ses habitants. Depuis des temps immémoriaux les peuples nomades ou semi-nomades se sont annuellement déplacés, abandonnant les piémonts ensoleillés où ils paissaient l’hiver pour conduire dès les premières chaleurs leurs troupeaux vers les alpages frais et verdoyants.

Mentionnés dans les textes hittites et proche-orientaux, les Lukkas habitaient jadis cette région. On ne sait pas grand-chose de ce peuple mystérieux qui vivait ici au IIe millénaire ; les géographes de l’Antiquité, Hérodote en tête - qui mélangeaient allègrement mythe et réalité -, écrivaient à peu près ce qu’ils voulaient des faits et mœurs des peuples de cette époque. Les Lyciens du 1er millénaire sont sans doute leurs descendants. Alliés des Troyens dans l’Iliade, ils paraissent s’être regroupés dans la vallée fertile baignée par le fleuve Xanthe, mais ce n’est qu’à partir du milieu du VIe siècle avant J.-C. qu’ils entrent véritablement dans l’histoire.

Aujourd’hui la région regorge de ces villes oubliées : Patara, Xanthos, Létôon, Tlas, Pinara pour ne citer que les plus visitées. Arycanda fait partie de ces sites mystérieux où résonne avec force l’âme d’un peuple à jamais disparu.

Arycanda ou l’harmonie

Eric Milet
Oubliée des circuits touristiques, Arycanda (photo), à mi-chemin entre le port de Finike et la petite ville d’Elmalı, cultive l’indolence comme une parure à sa beauté. Lovée au creux d’un cirque montagneux dont elle semble être le prolongement naturel, Arycanda fait aujourd’hui l’objet de fouilles de la part d’un groupe d’archéologues d’Ankara. Pierre après pierre, ils tentent de mettre à jour les témoins de sa prestigieuse histoire.

On ignore encore l’âge exact de cette cité habitée jusqu’au XIe siècle, découverte dans la première moitié du XIXe par l’archéologue britannique Charles Fellows. Le suffixe « anda » atteste d’une appartenance anatolienne. La disposition du site laisse penser qu’il devait être un lieu important dédié au culte solaire. Pour le moment, seules quelques pièces de monnaie datant du Ve siècle avant J.-C. ont permis de remonter le fil de son histoire. On sait qu’Alexandre le Grand y fit étape avec son armée. Au lendemain de la paix d’Apamée (188 avant J.-C.) qui sonna le glas de l’empire séleucide en Méditerranée occidentale et marquant l’éclatement de l’Asie mineure, elle revint à Rhodes. À l’époque romaine, Hadrien y séjourna également.

Il fait bon se balader parmi les murs cyclopéens, les arches, les niches et les tombes, imaginer les statues sur les piédestaux et gravir les marches jusqu’au théâtre admirablement conservé, ou poursuivre encore plus haut vers le stade. Ce site paraît en accord avec la Nature. Est-ce qu’il s’agit des pins ou les fragrances des plantes aromatiques que le vent transporte ? Ici, harmonie n’est pas un vain mot. Sous les grands pins qui déchirent le ciel en lambeaux, toute une épopée défile devant les yeux des visiteurs. Bien plus qu’une escapade « culturelle », la visite du site d’Arycanda est un véritable voyage dans le temps.

L’entrée du site, accessible en voiture de tourisme, coûte 3 livres (1,5 €). Il est combinable avec la visite du site de Limyra, situé un peu au nord de la petite ville de Finike, connue dans toute la Turquie pour ses plantations d’agrumes sous serre, et notamment pour ses oranges. Les plus curieux pousseront vers Elmalı, bourgade de montagne rafraîchie par la brise d’altitude en plein été. Là-haut se déroule chaque année à la fin du mois d’août, le festival Yeşil Yayla qui met en avant la culture régionale. On assiste ici à de nombreux concerts, mais aussi à du théâtre et à l’un des sports rois en Turquie, la lutte.

Entre Finike et Kaş, l’île de Kekova

Eric Milet

En dehors des sites de Phalesis et d’Olympos, le littoral sud d’Antalya ne contentera que les consommateurs de soleil et de mer. Plus grand-chose à voir avec ce qui fut des villages de pêcheurs. Il y a une vingtaine d’années, on jouait aux dominos sous les tonnelles, et des embruns de raki parfumaient les soirées routardes. Aujourd’hui, les enseignes publicitaires affichent leur insolente vulgarité et les formules « all inclusive » des tour-opérateurs ont rendu les villages exsangues. 

C’est seulement à partir de Finike que la côte acquiert ses lettres de noblesse. La route côtière ondule et se cabre, surplombant la mer, où chaque bassin versant dessine des petites criques à l’embouchure des rivières. En été, l’appel du grand bleu est irrésistible. Quelques goélettes au mouillage accentuent la mise idyllique du tableau. 

Peu avant Kaş, une route part en direction de la côte. Elle conduit à Űçağız, d’où l’on embarque pour l’île de Kekova, point de convergence des excursions pour la journée en caïque. Pleines à ras-bord de vacanciers, les embarcations font la course au meilleur mouillage. C’est à qui poussera la musique le plus à fond, dans une joyeuse fanfaronnade à mi-chemin entre un mariage à la Kusturica et une épopée fellinienne. Et partout, du bleu, du ciel jusqu’au plus profond de la mer, passant de l’outremer au turquoise et au cristallin, laissant deviner là une grotte, ici le dallage d’une cité engloutie. 

Kekova (photo) est l’une des perles maîtresses du chapelet d’îles désertiques qu’égraine la côte à l’approche de Kaş. On y vient pour la baignade, entrecoupée de quelques heures à ne rien faire, alanguis sur le pont d’un bateau. Snorkelling et plongée en bouteille sont les mamelles de cet éden aquatique. Si la faune halieutique a pratiquement disparu, la magie d’une immersion n’en est pas moins opérante. 

Le tour de l’île est indissociable d’une escale à Kaleköy. Construite sur les ruines de l’antique Simena, ce petit port naturel se targue d’être une carte postale de la Turquie. C’est en effet à Kaleköy que se trouve le sarcophage lycien à demi-immergé. La montée jusqu’à la citadelle se mérite. Là-haut, les restes d’un temple, d’une stoa et d’un tout petit théâtre qui semble daté de la période romaine. Dans la partie basse du village, on trouve quelques pansiyon et des restaurants « les pieds dans l’eau ».

Kaş, plaisirs aquatiques

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Kaş a su garder le charme du petit port de pêche d’antan. Même si le béton part à l’assaut de la montagne, il y règne encore la douce ambiance des cités balnéaires à dimension humaine. Ici, les pansiyon hébergent le plus souvent les amateurs de sports en plein air. Le mythe du grand bleu est plus perceptible qu’ailleurs. La petite cité lycienne se vante d’ailleurs d’être devenue la Mecque de la plongée. Tous les matins vers 10h, de nombreux bateaux quittent le port en quête du meilleur mouillage pour leurs clients. Le cadre est idéal pour l’initiation, mais les mordus ne seront pas en reste : on leur a coulé quelques épaves afin qu’ils puissent jouer les chercheurs d’Atlantide.

Kaş est bien desservie par les services de bus en provenance des aéroports d’Antalya ou de Dalaman (à environ trois heures de route). La fréquentation touristique bat son plein en juillet et août. Il vaut mieux s’y rendre au printemps et en automne. Les prix des pensions dégringolent sérieusement et les plages, bondées au plus fort de l’été, offrent hors saison de véritables petits îlots de tranquillité.

La plage dans la ville se résume à quelques appontements devant les bars ou les restaurants situés à l’est du port. Les plagistes patentés préfèreront les services de la coopérative des marins qui, pour une dizaine de livres turques (environ 5 €), les conduiront pour la journée sur l’une des plages aménagées de Liman Ağzı, à quelques encablures à l’est du village, au fond d’une baie tranquille. Sur place, quelques « paillottes » proposent une cuisine locale. L’occasion de savourer les traditionnelles gözleme (les crêpes fourrées), en sirotant un thé, ou une Efès, la bière locale. L’ambiance est délicieusement familiale. On est loin des étalages régis par la loi des transats alignés comme des places de parking que l’on trouve du côté de Kemer ou sur la côte égéenne. Ici, la mer est encore sauvage.

À partir de 7 ou 8 personnes (maximum 12) et pour environ 25 € par personne, il est possible d’affréter un caïque pour visiter le petit archipel d’îlots désertiques au large. En général, le capitaine organise les temps forts de la journée. Il fournit masque et tuba et prépare les repas où le poisson a toujours une place de choix. Il est également possible de louer ce type d’embarcation pour 2 ou 3 jours et pousser un peu plus loin le long de la côte, vers le golfe de Fethiye.

Kalkan, l’ex-grecque

Eric Milet
À la différence de Kaş, Kalkan (photo) est plutôt bling-bling. Avec ses ruelles pavées cascadant jusqu’au port, Kalkan, qui depuis des lustres vivait de l’huile d’olive et du savon, est devenue l’archétype de la cité balnéaire méditerranéenne. Les boutiques de souvenirs y sont légion, et il n’y a pas un rez-de-chaussée où ne soit établi un bar à shisha, un restaurant ou un marchand d’artisanat. Avec ses maisons à encorbellement vampirisées par les grappes de bougainvilliers, ses murs chaulés d’un blanc éclatant et ses terrasses toutes plus colorées les unes que les autres, la belle fleure bon les îles des Cyclades.

Rien d’étonnant, quand on sait que la ville, qui s’appelait autrefois Kalamaki, était grecque. Ce n’est qu’en 1922, suite à un échange de population que ses habitants originels migrèrent vers Athènes ou vers l’Australie ! Côté hébergement, quelques pansiyon tentent de survivre grâce aux voyageurs de passage, car ici, la clientèle, majoritairement britannique, a investi dans l’immobilier. Le soir, les terrasses des cafés, copieusement arrosées de musique live, rassemblent les oiseaux de nuit en partance pour les nightlife torrides.

Kalkan s’avère une bonne base pour rayonner dans la région. À moins d’une demi-heure de route se trouvent les sites antiques de Patara, Letôon et Xanthos, pour ne citer que les plus prestigieux.

Patara, Letôon et Xanthos : voyages dans le temps

Eric Milet
Il y a de cela 2 000 ans, Patara (photo) était le port le plus important de la côte lycienne. Apollon y serait né, de même que saint Nicolas. La plage de sable fin, longue d’une quinzaine de kilomètres, est l’une des plus sauvages de la côte turque. À Patara, pas de complexes hôteliers. La raison ? Ici pond Caretta caretta, la grande tortue méditerranéenne dont le poids avoisine les 200 kilos. Une soixantaine de jours d’incubation est nécessaire pour donner naissance aux jeunes tortues. Pour assurer la tranquillité de ces pondeuses hors normes, la plage est fermée entre le coucher et le lever du soleil.

Il y a quelque chose d’envoûtant à déambuler dans les ruines du Letôon. Le site doit son nom à la déesse Leto, qui y était vénérée avec ses deux enfants Artémis et Apollon, fruits de sa liaison avec Zeus. À l’époque des Lyciens, on y vénérait une divinité féminine des eaux qui fut par la suite hellénisée. Le Letôon n’est pas une ville mais un sanctuaire religieux. Les fouilles ont permis d’attester qu’il était occupé par l’homme à partir de 700 avant J.-C. Le dynaste lycien Arbinas (fin du Ve siècle avant J.-C.) fit édifier les temples dont les piètements émergent aujourd’hui des petits marécages qui caractérisent le site. Construit vers le milieu du IIe siècle avant J.-C., le théâtre est l’un des monuments les mieux conservés.

Xanthos a marqué l’histoire. En 1 200 avant J.-C., Sarpédon conduisait son peuple aux portes de Troie. Hérodote évoque la résistance de ses habitants, unis jusqu’à la mort, dans leur bataille contre le commandant perse Harpagos en 545 avant J.-C. Puis la ville croisa le fer avec l’Athénien Mélessandros, avec Alexandre le Grand, avant de tomber sous la férule des Ptolémée Égyptiens, des Séleucides, des Rhodiens. Xanthos fera face aux catastrophes naturelles : incendies, tremblements de terre. En 42 de notre ère l’empereur romain Brutus l’assiège, mais la population décide de s’immoler plutôt que de se rendre. Marc-Antoine et Vespasien tenteront ensuite de l’asservir. Évêché sous Byzance, Xanthos tombe en décrépitude sous le joug des invasions arabes.

Aujourd’hui Xanthos livre ses ruines écrasées de soleil à la vulgate touristique. Mais il règne à Xanthos, dans le dédale des pierres chamboulées, comme une part d’éternité. Ici résonnent avec force les peines guerrières des âmes qui l’ont défendue.

Fethiye et la voie Lycienne

Eric Milet
Le golfe de Fethiye est lové au pied du mont Mendos. Il sert d’écrin à l’antique Telmessos, dont il ne reste aujourd’hui que quelques sarcophages et tombes monumentales enkystées dans la falaise. Le port de Fethiye, où il n’est pas rare de voir de superbes yachts au mouillage, est très prisé des plaisanciers. Dans les environs, on trouve de belles plages naturelles, telles celles de çaliş ou de Karagözler. Les plus sauvages ne sont accessibles qu’en bateau, à la faveur d’une journée de mer. Dans ces petits paradis, les criques aux eaux cristallines émergent d’un camaïeu de vert tendre où se mêlent les pins, les pistachiers et les genévriers à encens.

Fethiye est le point de départ de la voie lycienne (photo). Longue de 509 kilomètres, la Lycian Way, déclarée comme l’un des plus beaux treks du monde par le très sérieux Sunday Times, fait la liaison entre les sites antiques de la région jusqu’à Antalya. Il faut compter cinq bonnes semaines pour la parcourir dans son intégralité. Bien balisée, elle chemine tantôt à l’intérieur des terres, tantôt en bordure du littoral. C’est un véritable parcours nature qui permet d’allier découverte culturelle et approche de la faune et de la flore.

Aujourd’hui, nombreuses sont les petites auberges qui ont éclos le long de son tracé. Les meilleurs mois pour envisager cette randonnée sont avril, mai et octobre, car en plein été la température est vraiment insupportable. Au printemps, l’altitude tempère agréablement l’ardeur du soleil et le paysage, avec les cimes enneigées des montagnes tranchant sur le bleu du ciel, est de toute beauté.

Dalyan, une saveur orientale

Eric Milet
Il n’y a pas si longtemps, la petite bourgade de Dalyan comptait à peine un millier d’âmes, vivant de la culture du sésame, de ses vergers et du coton. À la fin des années 1980, quand un complexe touristique faillit s’implanter sur la plage d’Itzuzu, le village a commencé à faire parler de lui. Heureusement, farouchement combattu par les écolos du monde entier, le projet n’a finalement jamais vu le jour. Mais Dalyan était sortie de l’ombre. Emboîtant le pas de ses sœurs de la côte, elle eut tôt fait de convertir sa poignée de pêcheurs en prestataires de service. Aujourd’hui, ce sont des dizaines d’embarcations qui, chaque matin à la belle saison, partent en excursion avec leurs vacanciers à bord.

Un petit air d’Asie y règne au plus fort de l’été. Est-ce la moiteur, les roseaux, l’omniprésence de l’eau douce où le va-et-vient des bateaux pareil à un balais de jonques ? Avec ses falaises abruptes plongeant dans la rivière, ses tombes lyciennes suspendues entre terre et ciel et le très émouvant site Kaunos, Dalyan attire toujours plus de vacanciers. Cependant, contrairement à Fethiye, les soirées y sont plutôt tranquilles, car on y vient majoritairement en famille, avec des enfants. Dans la journée, la plage d’Itzuzu, toute aussi célèbre que celle de Patara pour héberger la ponte des tortues marines (la ville en a même fait son emblème), ravit les amateurs de baignade.

L'endroit est occupé depuis la nuit des temps. Les tombes lyciennes, excavées à même la roche prennent souvent l’apparence d’une façade de temple avec deux colonnes ioniques supportant un fronton, le plus souvent orné de bas-relief. Non loin de là, de l’autre côté de la rivière, que l’on traverse en faisant appel à la coopérative des femmes, le site de Kaunos est d’une beauté envoûtante. Il faut s’y rendre au soleil couchant et ne pas hésiter à escalader le sommet de la colline. De là-haut, le panorama est à couper le souffle.

Fiche pratique

Eric Milet

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Comment y aller ?

Turkish Airlines et Pegasus Airlines desservent l’aéroport d’Antalya quotidiennement via Istanbul.

Où dormir ?

- Blue Sea Garden, Hesapçi Sok 65, à Antalya : une quinzaine de chambres climatisées tout confort dans une vieille maison restaurée. Piscine, solarium et bon petit dej’ sous forme de buffet.
- Hideway, Eski Kilise Arkasi 7, à Kas : notre adresse coup de cœur à Kas !
- Bin Kaya, Gülpinar Mah à Dalyan : chambres de bon standard, jardin, piscine et petit resto.

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