Tenerife, 100 % nature

Ténérife
Olivia Le Sidaner

Contrairement aux idées reçues, Tenerife, la plus grande île de l’archipel des Canaries, n’est pas seulement vouée au tourisme de masse. En dépit de quelques stations balnéaires bétonnées, elle recèle des trésors naturels exceptionnels et des paysages à couper le souffle.

Du souffle, il en faudra pourtant pour s’élancer sur les nombreux sentiers de randonnée qui sillonnent Tenerife : 1 500 km au total.

Au cœur des 43 espaces naturels protégés qui occupent la moitié de l’île, la variété est le maître-mot : des côtes sauvages léchées par l’Atlantique, des terres arides au sud, des forêts humides et luxuriantes au nord-est, et, au centre, l’imposante silhouette du volcan El Teide, le plus haut sommet d’Espagne.

Située au large des côtes africaines, à la hauteur du sud du Maroc et du nord de la Mauritanie, Tenerife bénéficie, en outre, d’un climat idéal, avec une température moyenne de 22 °C et plus de 3 000 heures de soleil par an.

Avec ces atouts, elle est le terrain de jeu parfait pour les adeptes de la randonnée. Ce n’est pas un hasard si, cette année, au mois de mars, s’est tenue la première édition du Tenerife Walking Festival : durant quatre jours, quelque 150 marcheurs venus de toute l’Europe et même d’outre-Atlantique ont parcouru les sentiers de l’île, à la découverte d’une nature XXL.

 

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Sur les terres volcaniques du Malpaís de Güímar

Ténérife Malpais
Olivia Le Sidaner

Pour se mettre en jambe avec une rando facile, rendez-vous au bien nommé petit port d’El Puertito de Güímar, au sud-est de l’île. Il faut environ 2 h 30 pour parcourir la boucle de 7 km qui traverse la réserve naturelle du Malpaís de Güímar, le dénivelé restant modeste (330 m).

Le chemin commence au niveau du Punta de los Canarios et suit la côte découpée. On comprend immédiatement pourquoi cette zone s’appelle le Malpaís, le « mauvais pays ». Ici, la nature, sauvage, n’a rien d’hospitalier, et c’est aussi ce qui fait son charme.

Sous les chaussures, roulent les pierres volcaniques noires, qui peuvent être coupantes (les sandales sont à bannir). Les coulées de lave qui ont jadis dévalé les contreforts du volcan de la Montaña Grande viennent se noyer dans l’océan, le basalte donnant au paysage un aspect fantastique. Question faune, les animaux les plus visibles sont les oiseaux ; les autres (scarabées, papillons, reptiles) se font très discrets.

Passée la Montaña de la Mar, le sentier quitte la côte pour bifurquer vers l’intérieur des terres, où le sol aride est ponctué de buissons d’euphorbes : les touffes de « tabaibal » et les « cardones » en forme de candélabre, qui peuvent atteindre plusieurs mètres de haut.

À l’arrivée, de retour au Puertito, il n’est pas interdit de s’attabler à l’un des cafés qui font face à l’océan, pour se désaltérer d’une cerveza bien fraîche.

De La Ensillada à Benijo, entre forêt primaire et océan

Ténérife De La Ensillada à Benijo
Olivia Le Sidaner

Sur le massif montagneux qui occupe le nord-est de Tenerife, le parc naturel d’Anaga est le royaume d’une forêt relique : la laurisilva. Avant la dernière glaciation, cette forêt de lauriers primaire recouvrait une bonne partie du sud de l’Europe. Aujourd’hui, ses derniers vestiges se trouvent aux Canaries, à Madère et aux Açores.

Pour découvrir ce trésor naturel préhistorique, on se rend à La Ensillada, qui est le point de départ d’une rando tranquille de 7,6 km entre bois et mer (environ 3 h 30, principalement en descente).

Ici, la forêt est d’autant plus sauvage que l’accès à la zone est restreint, la réserve naturelle intégrale de Pijaral abritant un écosystème fragile et de nombreuses espèces endémiques. Pour y accéder, il faut penser à demander une autorisation au moins une semaine à l’avance.

De chaque côté du sentier, s’épanouit une forêt humide où voisinent les fougères et les arbres aux troncs et aux branches tordues, recouverts de mousses et de lichens. Puis, on débouche sur un mirador, d’où le regard embrasse toute la côte.

En se rapprochant de la mer, la végétation change et se fait plus rase. On croise alors des palmiers, des euphorbes et les spectaculaires « dragon trees ».

Enfin, le rivage est là, avec ses côtes battues par les vagues de l’Atlantique et sa plage de sable noir. Un autre univers, déjà.

Parcours spectaculaire au parc national du Teide

Ténérife  Parc national du Teide
Olivia Le Sidaner

Au cœur du parc national du Teide, le sentier qui part du Parador de Cañada Blanca pour rejoindre le village de Vilaflor est l’une des plus belles randos que l’on puisse faire à Tenerife.

Une balade très variée, traversant des paysages extrêmement différents.

Si elle ne présente pas de difficulté particulière, elle demande cependant un peu d’endurance puisqu’il vous faudra marcher près de 18 km, entre 1 400 et 2 400 m d’altitude.

Elle emprunte le chemin de Chasna, qui était autrefois la voie principale reliant le nord et le sud de l’île, avant la construction des routes. Aujourd’hui, c’est le GR 131, qui appartient au sentier européen E 7.

On commence par monter, en s’arrêtant régulièrement pour admirer le spectaculaire cirque de Las Cañadas, qui se déploie aux pieds du Teide et de son compère, le Pico Viejo. Un paysage volcanique aride, où les roches ocre cohabitent avec une végétation buissonneuse.

Arrivé à la Degollada de Guajara, vient le moment de redescendre. On pénètre alors dans un décor fantastique, ambiance « On a marché sur la Lune ». Le sentier, délimité par des pierres, serpente au milieu d’une large étendue de lave noire. Puis, la végétation refait son apparition, et l’on rejoint une forêt de pins des Canaries.

La balade se poursuit sous le couvert des arbres, jusqu’à Vilaflor, le plus haut village de l’archipel (1 400 m).

Promenade forestière d’El Bailadero à Taganana

Ténérife d’El Bailadero à Taganana
Olivia Le Sidaner

Dans la partie nord-est de Tenerife, le sentier de Las Vueltas faisait autrefois partie du chemin royal, déjà emprunté par les populations autochtones, les Guanches. C’était l’unique route reliant Taganana et La Laguna, alors capitale de l’île, et des marchandises de toutes sortes (porcs, chèvres, poissons, légumes…) transitaient par ici.

Aujourd’hui, ce sont des marcheurs que l’on croise sur ce chemin qui appartient au parc naturel d’Anaga. Depuis El Bailadero, la rando de 6 km est assez facile. Elle traverse la laurisilva, la forêt de lauriers, qui abrite plus de 120 espèces de plantes et animaux endémiques.

On y découvre une végétation luxuriante (bruyères, fougères géantes, mousses, myricas fayas, arbres aux branches enchevêtrées). L’humidité qui règne ici est due au phénomène dit de pluie horizontale : les nuages portés par les alizés sont arrêtés par les montagnes, et les feuilles des arbres en profitent pour capter leur eau. C’est d’ailleurs pour cela que le massif d’Anaga est très souvent plongé dans la brume.

Le sentier sort ensuite de la forêt et descend en pente douce vers la mer, qui se découvre à l’horizon. On chemine alors au cœur d’un vert paysage, où les cultures en terrasses et les vignes côtoient buissons, ronces, palmiers, rochers et murets de pierres sèches.

Enfin, on atteint les maisons blanches du petit village de Taganana, où l’on peut faire une pause bien méritée à la terrasse d’un café.

Du Chinyero à Garachico : marcher sur la lave

Ténérife Garachico
Olivia Le Sidaner

La rando qui démarre à La Montañeta et se termine à Garachico, en passant par le volcan Chinyero, n’est pas très difficile, mais requiert un peu d’endurance (18 km).

L’itinéraire traverse la zone qui a connu l’activité volcanique la plus récente de l’île. C’est en 1909 qu’eut lieu la dernière éruption du Chinyero. Sur les étendues de lave, la végétation reprend peu à peu ses droits, le vert tendre des pins tranchant sur les cendres noires.

En redescendant en direction de la côte, on trouve les traces d’une autre éruption, plus ancienne : celle du volcan Arenas Negras, qui détruisit une grande partie de la cité de Garachico en 1706. Le village aux ruelles pavées est plein de charme, avec ses façades colorées, ses couvents, ses églises et le château de San Miguel (16e siècle), qui fait face à la mer.

Pour les plus courageux, notons qu’il est aussi possible de faire une grande boucle en partant de Garachico, via La Montañeta et El Tanque.

Et pour ceux qui préfèrent une courte rando, une jolie balade à partir de San Juan del Reparo permet de descendre jusqu’à Garachico en empruntant un ancien chemin muletier. L’occasion d’observer les coulées de lave encore visibles et la végétation locale (pins des Canaries, fougères, lichens, thym, chardons argentés).

À l’assaut du Teide, le 3e plus haut volcan du monde

Ténérife  Parc national du Teide
Olivia Le Sidaner

La randonnée la plus sportive est sans conteste l’ascension du Teide, l’une des difficultés principales étant l’altitude : le volcan culmine en effet à 3 718 m.

Pour aller jusqu’au sommet et redescendre (17,6 km aller-retour), il faut compter au moins 8 h de marche, avec un dénivelé de 1 536 m. Attention : il faut demander un permis au parc national pour accéder au sommet du Pico del Teide.

Le départ se fait de la base de la Montaña Blanca, à 2 200 m d’altitude. Le sentier n° 7 monte doucement au cœur d’un paysage aride parsemé de gros blocs de basaltes, surnommés les « œufs du Teide ». Le chemin traverse ensuite des champs de lave solidifiée totalement désertiques. Attention à prévoir des vêtements chauds : avec l’altitude, la température descend rapidement.

Ceux qui ne souhaitent pas faire l’aller-retour dans la même journée peuvent faire halte au refuge d’Altavista, à 3 270 m d’altitude, à condition d’avoir réservé à l’avance. Notez qu’il n’y a ni douche ni restauration sur place. Le must : se lever bien avant l’aube pour atteindre le sommet au moment où le soleil se lève (compter 2 h de marche depuis le refuge).

Arrivé au Pilón de Azúcar, à 3 718 m d’altitude, on peut observer l’activité du stratovolcan, qui se manifeste par des fumerolles et une forte odeur de soufre.

Pour le retour, deux solutions : soit redescendre par le même sentier, soit emprunter le sentier n° 12, qui passe par le Pico Viejo.

Si vous ne vous sentez pas d’attaque pour partir à l’assaut du Teide, vous pouvez tout de même arriver jusqu’à son sommet, sans aucune fatigue, en empruntant le téléphérique, qui vous emmène à 200 m du cône volcanique.

Fiche pratique

Ténérife Garachico
Olivia Le Sidaner

Consultez notre guide en ligne Canaries

Office du tourisme de Tenerife

Office du tourisme d’Espagne

Le réseau des sentiers de Tenerife

Tenerife Walking Festival

Comment y aller ?

En avion : depuis Paris, les vols directs pour Tenerife sont rares. Iberia en opère un tous les samedis et Easyjet les mardis et samedis (comptez en moyenne 4 h 15 de vol).

Sinon, plusieurs compagnies (Vueling, Air Europa, Iberia…) proposent des vols avec escale à Madrid ou Barcelone, permettant de rallier Tenerife en 6 h minimum.

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Revenir au point de départ

Pour les randonnées dont l’itinéraire ne forme pas une boucle, il faut vous assurer que vous serez en mesure de rejoindre votre point de départ sans problème. Vous pouvez emprunter les lignes de bus (qu’on appelle ici « guaguas »), mais prenez garde aux horaires pour ne pas vous retrouver bloqué à la fin de votre balade.

Si vous ne pouvez (ou ne souhaitez) pas utiliser les transports en commun, vous pouvez faire appel à l’un des prestataires locaux qui proposent des randonnées guidées :

El Cardón

Teno Activo 

Où manger ?

Il ne faut pas manquer d’aller dîner dans une guachinche. Entendez par là une taverne familiale qui sert le vin de la maison et des tapas traditionnelles (pois chiches, pommes de terres agrémentées de la fameuse sauce mojo, chèvre grillée, thon, fromage), pour un prix plus que modique. Une véritable institution à Tenerife.

Les guachinches n’étant pas ouverts en permanence et pas forcément évidents à trouver non plus, n’hésitez pas à télécharger l’application Guachapp !

Où dormir ?

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