Bangkok cool

15 septembre 2010

Pourtant, cette métropole tentaculaire, écrasée par la moiteur tropicale, se révèle l’une des villes les plus fascinantes de la planète. De jour comme de nuit, Bangkok regorge de pépites et de plaisirs : balades en bateaux, oasis de verdure, marchés incroyables, vie nocturne trépidante, gastronomie d’exception...
Étouffante et stressante, Bangkok ? Non, tout simplement cool ! À condition de suivre sept petites règles…


Prenez le bateau !

Pourtant, ce magma explosif de 12 millions d’habitants se laisse facilement apprivoiser. Sans doute faut-il aborder le joyeux bordel local avec l’esprit ludique, en apprenant par exemple à jongler entre taxi, tuk-tuk et métro. Et surtout, une fois lassé de la voie terrestre, découvrir le must des transports de Bangkok : le bateau...
Car, au milieu de la ville, coule une rivière et pas n’importe laquelle : la Chao Phraya, « seigneur des eaux » en thaï, l’axe majeur du transport et du commerce du royaume de Siam. Un fleuve majestueux, et boueux, qui traverse, tel un serpent, la ville. Partant de la Chao Phraya, des canaux, les khlongs sillonnent la Venise de l’Orient. C’est sur leurs rives que l’on découvre la Bangkok populaire, notamment dans le quartier de Thonburi.
À Bangkok, comme à Venise, on peut ainsi se déplacer en bateau, en empruntant par exemple pour quelques dizaines de baths les navettes du Chao Phraya Express (photo), les ferries et les long-tails boats traditionnels. Un bonheur n’arrivant jamais seul, la plupart des attractions touristiques se concentrent le long de la rivière.
Règle n° 1 : prenez le bateau !
De temple en temple

Règle n°2 : faites une cure de bouddhisme.
Wat Arun, Wat Pho, Wat Phra Kaeo et Wat Mahatat, les grands temples, véritables icônes de Bangkok, se trouvent non loin de la Chao Phraya. Rien de mieux que de s’y rendre pour corriger les clichés de Bangkok bétonnée, dépravée et ultra-polluée.
La « cité des anges », Krung Thep comme on l’appelle ici, réussit le tour de force de faire cohabiter l’agitation compulsive de la modernité avec la quiétude zen du Siam millénaire. Parfois, de façon saisissante : au cœur du quartier d’affaires de Siam, le temple Erawan Shrine attire nombre de fidèles sous les lignes suspendues du métro aérien et les ombres écrasantes des centres commerciaux.
C’est dans les centaines de temples de la ville que s’exprime avec éclat – et quelle beauté ! – la spiritualité bouddhiste, faisant partie du quotidien des Thaïs. Une fois dans leur enceinte, le tumulte de la ville s’efface.
Joyau de la ville, le Wat Phra Kaeo (photo) du Grand Palais, où se niche la révérée statue du Bouddha d’émeraude, est un étourdissant ensemble de temples aux toits superposés et multicolores, de statues de divinités, de peintures murales et de chêdi dorés.
Non loin de là, le Wat Pho recèle une autre icône : le fameux bouddha couché, de 45 mètres de long et de 15 mètres de haut, recouvert de feuilles d’or, aux traits si délicats et au sourire énigmatique.
De l’autre côté de la Chao Phraya s’élève le Wat Arun ou le « temple de l’aube », dominé par sa tour de style khmer (prang) de 82 mètres de haut, revêtue d’une mosaïque de porcelaine chinoise. La nuit, illuminé, il se reflète tel un mirage dans les eaux noires de la Chao Phraya. Et c’est magique.
Oasis de verdure

Les temples ne sont pas les seules oasis de paix et de tranquillité de Bangkok. L’ambiance se révèle aussi particulièrement zen dans les jardins et les parcs de la ville.
À mi-chemin du stade national et des colossaux malls de Siam square, la ravissante maison de Jim Thompson (photo) invite à un voyage dans le temps. Cette demeure rouge, lovée dans la verdure d’un jardin luxuriant, est l’une des dernières maisons traditionnelles en teck de Bangkok. Le magnat de la soie Jim Thompson, son ancien propriétaire, l’a construite dans les années cinquante en assemblant des pans de maisons en ruine du centre de la Thaïlande. Les pièces abritent une magnifique collection d’objets d’art, de porcelaine et de bouddhas venant de toute l’Asie.
Autre poumon de la ville, le parc Dusit offre d’agréables possibilités de promenade. C’est ici que le roi Rama V déplaça le palais royal. Il y fit également transporter ( !) en 1901 une demeure traditionnelle de l’île de Ko Si Chang, le palais Vimanmek. Cette magnifique construction en teck de trois étages mêle style traditionnel thaï et touches européennes. Pratiquement jamais habitée, elle est restée fermée pendant plus d’un demi-siècle. Aujourd’hui, le palais Vimanmek est ouvert à la visite. Ambiance rétro assurée : on se croirait dans un décor d’Anna et le Roi avec Jodie Foster.
Aucun palais dans l’immense parc Lumphini, mais des plans d’eau, des sentiers ombragés et des pelouses bien entretenues. Bien agréable, le parc Lumphini, qui se trouve au cœur du Bangkok actuel, entre Siam et Silom, attire toutes sortes de gens, des vieux Chinois y pratiquant le tai-chi aux sportifs venant s’y entraîner, en passant par les ados et les enfants qui jouent au cerf-volant.
Des marchés pour tous

Que l’on aime ou pas marchander, les marchés, disséminés partout dans la ville, offrent l’un des spectacles de rue les plus saisissants de Bangkok. Objets domestiques, bibelots inutiles, vêtements de qualité inégale, épices, fruits exotiques, contrefaçons ou sacs de marque, on y trouve absolument de tout pour pas cher.
S’il fallait n’en retenir qu’un seul, ce serait le marché du week-end de Chatuchak, le plus grand de Thaïlande, au nord de la ville. Entre la foire et le marché aux puces, Chatuchak draine des centaines de milliers de personnes. C’est la Mecque des chineurs, qui y restent une journée entière en quête d’une bonne affaire. Ouvrez grand les yeux et profitez pour déjeuner dans l’un des nombreux restos en plein air.
Les marchés spécialisés ne manquent pas : à Ratanakosin se trouve un marché aux amulettes, un festival de gadgets bouddhistes. Profusion de lotus, d’orchidées et de plantes aux marchés aux fleurs de Thewet et du Pak Khlong. Tout près du parc Lumphini, le Suan Luma Night Bazaar combine marché de nuit et fête foraine, avec un théâtre de marionnettes, des bars à bière et des restos typiques. Autre marché de nuit, le célébrissime Patpong aligne les stands envahis d’objets (des contrefaçons le plus souvent) en face des bars de go-go danseuses qui ont fait la réputation sulfureuse de Bangkok.
Encore plus surprenant, le quartier de Chinatown (photo) a des allures de gigantesque marché. Dans le dédale de ses ruelles, - coincées entre le fleuve et Charoen Krung, la plus vieille artère de Bangkok -, s’étend un immense souk extrême-oriental, grouillant de monde, d’objets et de victuailles. À l’ouest de Chinatown, changement d’atmosphère : voici le marché de Pahurat avec ses épices et ses bijoux indiens. Bienvenue à Little India !
De marché en marché, on passe d’un univers à un autre. Bangkok est une ville-monde. En observant bien, on peut même voir au détour d’une rue un clocher d’église ou des cafés où fumer le narghilé.
Go shopping

Le nouveau visage de Bangkok, moderne et globalisé, s’affiche sur les murs des gigantesques centres commerciaux de Siam Square et de Sukhumvit. Dans cette ville où tout se vend et s’achète, les malls climatisés ont poussé comme des champignons après la pluie. Ouvert sept jours sur sept, ils sont fréquentés toute la journée par des dizaines de milliers de jeunes.
Oubliez la pittoresque Khao San Road, désormais repère exclusif de farangs (étrangers) routards émules de Leo Di Caprio dans The Beach. La jeunesse de Bangkok aime à se retrouver dans les rayons du populaire MBK. Bondé le dimanche, ce gigantesque vaisseau tient à la fois du centre commercial et du souk climatisé. Le rayon de la téléphonie est proprement ahurissant et les bonnes affaires sont nombreuses.
Sur des centaines de mètres, dans le quartier de Siam, les malls rutilants succèdent aux malls flambant neufs. On se rend volontiers à l’Emporium, au Siam Paragon (photo) ou au Siam Discovery pour échapper à la moiteur du climat, faire ses courses, mais aussi aller au resto, au ciné, au bowling et même visiter un gigantesque aquarium, le Siam Ocean World.
À 22 heures, lorsqu’ils ferment leurs portes, la foule s’engouffre dans le métro aérien ou les taxis. Thanon Ploenchit, la rue qui les traverse, brille de mille feux.
One night in Bangkok

Règle n°6 : vivez la nuit !
Zapping permanent en remontant Sukhumvit Road dans les environs de Soi 4 : en quelques centaines de mètres, on croise discothèques et bars branchés, étals de marchés de nuit débordant de babioles, prostituées, dealers, rabatteurs proposant massages, DVD porno, fausses Rolex... Puis, plus loin, des cafés arabes, des coiffeurs afros, des bus Volkswagen aménagés en bar de rue, des mendiants, des bars à hôtesses et, évidemment, d’innombrables gargotes où se restaurer.
La nuit s’ouvre à l’infini des possibles. Débutez-la avec l’un des musts du Bangkok nocturne : les bars installés sur les toits-terrasses des hôtels de luxe comme le Sky Bar, le Moon @ Vertigo ou le Sirocco (photo) où l’on prend un verre sous les étoiles. De là, on contemple, scotché, les lumières de la ville se reflétant dans la Chao Phraya et les immeubles de verre du business district.
Ensuite, redescendez dans les bars branchés de Thong Lor, fief de la jeunesse dorée, avant de faire une halte dans les clubs en vogue de Sukhumvit Soi 11 - Q Bar et Bed Supperclub - très appréciés des branchés thaïs et des expats. Pour une atmosphère plus délurée, cap sur Silom Road, avec ses bars gays en plein air et ses boîtes techno très chaudes (DJ Station), ou - pour les amateurs - dans les parages sulfureux et peu recommandables de Surawong Road avec ses cabarets louches aux lumières blafardes.
Un conseil, commencez votre virée tôt : les établissements nocturnes ferment officiellement à 2 h du matin. La nuit continue toutefois jusqu’au petit matin, dans des afters clandestins - et illégaux - dont les adresses se transmettent de bouche à oreille... À vos risques et périls, bien entendu.
Péchés de gourmandise

Les Thaïs sont des épicuriens et de bons vivants. La gastronomie est un élément essentiel de la sociabilité. Une fois à table, d’ailleurs, les convives partagent les plats qui ont été commandés par chacun. Une excellente coutume ! On peut ainsi découvrir, tout en les partageant, les différentes saveurs d’un repas thaïlandais.
Métissée, influencée par l’Inde, la Chine, l’Océanie et même l’Europe (notamment le Portugal), la cuisine thaïlandaise est l’une des meilleures du monde, de par la richesse de ses saveurs et le raffinement de ses préparations. C’est évidemment à Bangkok, l’une des deux capitales gastronomiques de Thaïlande avec Chiang Mai, qu’il faut la découvrir.
Vous aurez l’embarras du choix : le nombre de restaurants au km2 est démentiel. On mange partout, dans des restaurants en intérieur, accoudé à des échoppes dans la rue, assis près de chariots ambulants (les rot nkhen), ou devant des étals de marché. Et, surtout, on se régale pour trois fois rien. Dans la rue, un bon repas coûte à peine quelques dizaines de baths.
Profitez de votre séjour à Bangkok pour faire honneur aux nouilles sautées (phat thay), au tom yang kung (soupe aux crevettes et à la citronnelle), au lap, aux curries vert ou rouge, au som tam (salade de papaye), au canard au basilic, aux crevettes au poivre, au riz sauté, c’est sublime ! Essayez les restos de rue – particulièrement ceux de Chinatown sur Yaowarat Road (photo) - en privilégiant les aliments cuits et offrez-vous une bonne table dans l’un des grands hôtels sur les rives de la Chao Phraya ou, pourquoi pas, un dîner-croisière sur la rivière.
Sachez enfin que l’on trouve toutes les cuisines du monde à Bangkok, l’une des capitales mondiales de la gastronomie. Vous l’avez compris : Bangkok est la ville de tous les plaisirs, de ceux qui se consomment sans modération.
Fiche pratique

Pour préparer votre séjour, consultez notre fiche Thaïlande
Office de tourisme de Thaïlande
Comment y aller ?
Vols directs depuis Paris-CDG avec Air France et Thai Airways. Compter au moins 800 € l’aller-retour.
Tarifs à partir de 550 € avec escale avec Royal Jordanian, Eva Air, Emirates, Etihad ou Qatar Airways.
Où dormir ?
Trouvez votre hôtel à Bangkok.
Où bien manger ?
- Harmonique : 22 Charoen Krung, Soi 34. Tél. : 02-237-81-75. Une maison traditionnelle, décorée avec des antiquités, dans une ruelle tout près de l’ambassade de France. Beaucoup de charme pour une cuisine thaï classique et fort bien troussée. Autour de 300-500 Bts (6-10 €).
- The Deck à Arun Residence : 36-38 Soi Pratu Nokyung, sur Maharat Road. Tél. : 02-221-91-58. Restaurant en terrasse de l’hôtel de charme Arun Residence, au bord de la Chao Phraya, avec une vue imprenable sur le Wat Arun. Très bonne cuisine thaïe avec des touches internationales. Atmosphère chic et décontractée, idéal pour un dîner en amoureux. Compter 500-700 Bts. (10-14 €) maximum/personne.
- Gedhawa : 24, Sukhumvit Soi 35. Tél : 02-662-0501. Service 11h-14h et 17h-22h, fermé le lundi. Dans une ruelle (soi) du quartier branché de Sukhumvit, ce petit resto à l'écart des foules est une perle. La carte, longue comme le bras, est une véritable encyclopédie de la gastronomie thaï, avec une préférence pour le Nord. Toutes les régions du pays sont bien représentées, par une cuisine aussi savoureuse que généreuse (et épicée). Accueil gentil comme tout, déco originale et ambiance intimiste. C'est simple, on a l'impression de dîner chez une amie... Compter 350-400 baths (8-10 €) pour un repas complet. On adore !
- Xuân Mai : 351/3 Sukhumvit 55 (Thonglor, corner Soi 17). Tél. : 02/185-2619. Pour faire une infidélité à la cuisine thaï, l’un des meilleurs restaurants vietnamiens de Bangkok. Un régal. Compter 500 Bts. par personne (10 €).
- Yaowarat Road : d’innombrables gargotes sur l’artère principale de Chinatown pour manger dans la rue de bons petits plats chinois. Compter 250 Bts. par personne.
Où sortir ?
- Q Bar : l’un des bars branchés de Sukhumvit (Soi 11).
- Bed Supperclub : le club à la mode de Sukhumvit (Soi 11). Décor futuriste et sets de DJ.
- DJ Station : pour les gays et/ou les fans de techno, à Silom (Soi 2).
- Lucifer : de la dance music au cœur de Patpong. Très populaire et pas glauque.
- Tapas : house music, influence latine et bon vibe au cœur de Silom Soi 4.
- Royal City Avenue : au nord de Sukhumvit, nombreux bars et clubs prisés par la jeunesse locale.
Bars-terrasses d’hôtel
- Moon Bar @ Vertigo : magnifique bar-terrasse au sommet du Banyan Tree Hotel. Vue inoubliable sur les gratte-ciels de Bangkok.
- Sirocco Sky Bar : au 63e étage du Dome, l’un des bars-terrasses les plus courus de Bangkok. Vue à couper le souffle sur la Chao Phraya.
- Red Sky : au 55e étage du Central World, un bar lounge avec une vue plongeante sur les tours de Siam et Sukhumvit.
- Amorosa : au 4e étage (seulement) de l’Arun Residence avec vue sur le Wat Arun. Pour les romantiques.
Massage
- Health Land : ambiance clean et zen pour un massage thaï. Compter 450 Bts (9 €) le massage thaï de 2 heures.
Shopping
MBK
Siam Square
Siam Paragon
Emporium
Marchés
- Marché de Chatuchak : Phahon Yothin. BTS Skytrain Mo Chit.
- Marché aux amulettes de Ratanakosin : Maha Chai Road.
- Marché aux fleurs de Thewet : le long du Khlong Phadung Krung, station de ferry Thewet.
- Marché aux fleurs du Pak Khlong : sur le Pak Khlong, non loin de Thewet, descendre à Saphan Phut Ferry Pier.
- Suan Luma Night Bazaar : dans le parc Lumphini.
- Patpong : Patpong I, entre Silom et Surawong.
- Chinatown : entre Yaowarat et Charoen Krung. En bateau, station de Tha Ratchawong.
- Marché de Pahurat : Chakraphet, Pahurat et Tri Phet.
Liens utiles
Chao Phraya Express
Jim Thompson House
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