Sur les traces des grands hommes

06 janvier 2015

Mandela, Luther King, Gandhi, le Che, de Gaulle, Walesa… Chacun à leur manière, ces grands hommes ont marqué l’histoire mondiale du XXe siècle. Révolutionnaires, militants de la paix, résistants, ils ont laissé leur empreinte sur leurs pays respectifs, jusqu’à en incarner, pour certains d’entre eux, l’image à travers le monde.
Aujourd’hui, pour leur rendre hommage ou pour mieux connaître l’histoire des nations ou des idées qu’ils ont défendues, des lieux de mémoire entretiennent le souvenir de ces grands hommes. Routard.com vous propose de les découvrir, de Cuba à l’Inde, en passant par les Etats-Unis, l’Afrique du Sud, Lille et la Pologne.
Nelson Mandela en Afrique du Sud

Héros de la lutte contre l’apartheid, symbole de paix et de respect des droits de l’homme, prisonnier politique le plus célèbre au monde… les qualificatifs ne manquent pas pour rendre hommage à Nelson Mandela, premier président noir de l'Afrique du Sud et prix Nobel de la paix, décédé en 2013 à l'âge de 95 ans. Merci pour tout et chapeau bas, M. Mandela !
Sur les traces de Nelson Mandela
Nelson Mandela voit le jour le 18 juillet 1918 à Mvezo, petit village situé au sud-est de l’Afrique du Sud. Trente ans plus tard, en 1948, la victoire du Parti National, - parti exclusivement Afrikaner -, entraîne la mise en place d’une politique de ségrégation raciale, connue sous le nom d’apartheid.
C’est le début pour Nelson Mandela d’un long combat contre les injustices infligées à la communauté noire par le régime raciste de l'apartheid. En 1952, Mandela est élu Président de l’ANC (African National Congress), qu’il a intégré en 1944. Trop encombrant et subversif pour les dirigeants de l'apartheid, il est rapidement arrêté et condamné à la prison à perpétuité. Nous sommes en 1963. Nelson Mandela ne retrouvera la liberté que le 11 février 1990.
27 longues années de détention durant lesquelles il ne cessera de lutter pour l’égalité des peuples, prônant inlassablement sa doctrine de non-violence directement inspirée de celle de Gandhi, qui a toujours été un modèle pour lui.
Tout s’enchaîne à sa libération. Prix Nobel de la paix en 1993 avec son homologue blanc Frederick De Klerk, Mandela est ensuite élu Président de l’Afrique du Sud en 1994, fonction qu’il endossera jusqu’en 1999. Prônant la réconciliation et le pardon, il engage alors son pays dans une transition pacifique vers une démocratie multiraciale, épargnant sans doute à l'Afrique du Sud une guerre civile. C’est le premier Président noir de l’Afrique du Sud.
Les lieux à visiter
Pour revivre les étapes clés de la vie de cet homme qui a libéré tout un peuple, voici maintenant quelques lieux mythiques à visiter. Un voyage chargé d’Histoire, d’émotion, sur les lieux où Mandela a laissé ses traces à jamais…
Robben Island
L'île de Robben Island est la célèbre prison dans laquelle Nelson Mandela passa 19 années sur les 27 de son emprisonnement. C'est l'une des îles-prisons les plus célèbres du monde, inscrite au patrimoine de l'UNESCO.
La visite, - d’une richesse extrême -, est conduite par d’anciens détenus politiques, la plupart du temps membres de l’ANC. Elle nous en apprend d’avantage sur les épouvantables conditions de vie des détenus. Le moment clé est la visite de la cellule de Mandela, qu’il occupa de 1963 à 1982.
- Prison de Robben Island
Le Cap
La poursuite de ce voyage nous conduit au Cap. C’est au balcon du City Hall que Mandela fit son premier discours d’homme libre, le 11 février 1990, devant une foule immense et émue. Un peu plus loin, à Victoria Wharf, on peut admirer les 4 statues de taille humaine qui représentent les 4 principales figures de la réconciliation du peuple, dont celles de Nelson Mandela et Frederick De Klerk.
Johannesburg
Puis, en route pour Johannesburg. Là, on visite l’autre prison mythique dans laquelle Mandela fut emprisonné : Constitution Hill. Outre Nelson Mandela, Gandhi ou Albert Luthuli (autre figure majeure de la lutte contre l’apartheid) furent emprisonnés à Constitution Hill. L’ancienne cellule de Mandela a été transformée en musée où de nombreux documents, dont certains écrits de la main de Mandela pendant sa captivité, sont présentés.
- Constitution Hill
Puis, cap sur le Mandela House de Soweto, la maison dans laquelle Nelson Mandela et ses deux premières femmes (il fut marié trois fois) vécurent de 1946 à 1961 avant son arrestation. Dans cette ancienne maison transformée en musée, on peut aujourd’hui contempler de nombreuses photos et objets personnels de Mandela (notamment les chaussures qu’il acheta après sa libération).
- Mandela House
Mvezo, Qunu et Umtata
Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur Mandela, vous pouvez visiter deux villages dans lesquels il passa son enfance. Le pèlerinage commence à Mvezo, le village natal de Mandela, où lui et sa famille vécurent deux ans avant de s’installer à Qunu. Rien de particulier n’est à visiter dans ce petit village reculé d’Afrique du Sud, l’essentiel est plutôt à ressentir.
Le village de Qunu, - où Mandela vécu de 1920 à 1935 -, regorge lui, de monuments à l’effigie de cet homme exceptionnel qui a changé le cours de l’Histoire. Parmi ceux-ci, le Nelson Mandela Youth & Heritage Centre, à 2 km au nord du village, qui accueille les jeunes du monde entier désireux d'en savoir plus sur les valeurs qui ont guidé Mandela (liberté, antiracisme, tolérance, justice...). Egalement des expos temporaires.
Le point de départ est le musée Nelson Mandela d’Umtata (un village situé à quelques kilomètres de Qunu). S’ensuit la visite de l’église protestante de Qunu, dans laquelle il fut baptisé, ainsi que l’école où il apprit à lire et écrire. Le dernier bâtiment à voir est la maison particulière qu’il fit construire en 1993, 3 ans après sa sortie de prison. La maison ne se visite pas, mais avec un peu de chance vous pourrez peut-être apercevoir Mandela, qui a pour habitude de venir y passer quelques jours à Noël et à Pâques.
- Musée Nelson Mandela
Bunga Building, Owen Street.
Pour aller plus loin… de chez vous
- Un long chemin vers la liberté, N. Mandela
Gandhi en Afrique du Sud et en Inde

Avec Nelson Mandela, l’autre figure emblématique de la lutte pour la paix et les droits de l’Homme est bien entendu le célèbre Gandhi, dont la non-violence était l’arme principale. Une idée qui a d'ailleurs beaucoup influencé... Nelson Mandela dans ses combats.
Sur les traces de… Gandhi
Mahatma Gandhi, de son vrai nom Mohandas Karamchand Gandhi, naît le 2 octobre 1869 à Porbandar, un petit village de la côte ouest de l’Inde. Après des études de droit à Londres, il part s’installer en 1890 à Durban, en Afrique du Sud, où il découvre les discriminations raciales. C’est ce voyage qui éveille sa conscience politique.
Il développe alors un fort intérêt pour la religion et devient rapidement un symbole de paix pour tous les Indiens d’Afrique du Sud, mais également pour tous les Noirs. Profond pacifiste, Gandhi décide de mettre en place un mouvement de résistance à l’oppression par le biais de la désobéissance civile de masse, fondé sur l’ahimsa, le principe de totale non-violence.
Une fois son œuvre achevée en Afrique du Sud, Gandhi repart pour l’Inde en 1915. Porté par le succès reçu en Afrique, il créé de nombreux ashrams (l’équivalent d’un monastère pour la religion catholique). Dans ces ashrams, environ 25 hommes et femmes font vœu de vérité, de pauvreté. Leur mot d’ordre : servir le peuple indien.
Désormais, l’objectif de Gandhi est l’indépendance de son pays, sous le joug colonial anglais depuis trop longtemps (1750). Ce sera chose faite en 1947 après de longues années de lutte pacifique. Il meurt assassiné le 30 janvier 1948 par un hindou nationaliste, laissant tout un peuple orphelin.
Les lieux à visiter
Pour revivre ce long chemin, voici quelques lieux indispensables où cette « Grande âme » (Mahatma signifiant « Grande âme » en indien), sema les fruits de la libération de l’Inde
Ahmedabad
Le début de la route vers la liberté commence à Ahmedabad, en Inde du Nord. On y visite l’ashram créé par Gandhi, où il vécut de 1918 à 1930.
Le Gandhi Ashram est composé de plusieurs édifices : le musée dédié à Gandhi, dans lequel on peut admirer des portraits peints du Mahatma, et la maison dans laquelle il vécut. A l’intérieur, on visite l’espace où il priait, mais aussi l’endroit où il filait le coton. Gandhi avait en effet incité son peuple à produire lui-même sa propre étoffe afin de ne plus dépendre des Anglais.
- Gandhi Ashram (Ahmedabad)
Sur Ashram Road, au nord-ouest de la ville.
C’est également d’Ahmedabad qu’il débuta sa célèbre marche du sel, dont on fête cette année les 80 ans. En 1930, pour protester contre la taxe injustement imposée aux Indiens, Gandhi se lance dans une longue marche de 400 km, d’Ahmedabad à Dandi. Il sera rejoint par des milliers d’Indiens. Une nouvelle étape vers la voie de l’Indépendance.
New Delhi
Puis, direction New Delhi avec la visite du Gandhi Museum où est retracé le parcours du Sage. Une galerie de tableaux et une bibliothèque sont centrées sur l’Homme et sa pensée politique. On y découvre de nombreux souvenirs et objets personnels lui ayant appartenu, comme ses sandales, ou son dhoti ensanglanté, qu’il portait le jour de son assassinat. On peut y voir également des photos ou écouter des enregistrements d’époque.
- Gandhi Museum (New Delhi)
Un peu plus loin, à Tees January Road, visite du Gandhi Smriti Museum, la dernière résidence dans laquelle Gandhi vécut ses 144 derniers jours. On y trouve d’autres objets lui ayant appartenu (natte, rouet…) Enfin, en face du Gandhi Museum, le Raj Ghât, le monument commémoratif où il fut inhumé le 31 janvier 1948.
- Gandhi Smirti Museum (New Delhi)
5, Tess January Road
Afrique du Sud
Vous souhaitez en savoir davantage sur ce Père de la nation indienne ? Direction… l’Afrique du Sud ! Gandhi y vécut de 1890 à 1915.
Premier itinéraire : Durban. Là, visite du Phoenix Settlement, la Tolsoï farm fondée en 1904 à Inanda, située à environ 20 km au nord-est de Durban. C’est dans ce premier ashram que Gandhi vécut 10 ans et élabora son idéal de résistance passive avant de rentrer en Inde. La maison fut détruite en 1985 lors de violents affrontements entre Indiens et Africains. Reconstruite à l’identique en 2000 et classée au patrimoine national, elle abrite aujourd’hui des documents et des photos de Gandhi.
A côté de la maison, visite de l’imprimerie du journal Indian Opinion, créé en 1904 par Gandhi, et dans lequel les Indiens se servaient de leur plume pour protester contre le pouvoir colonial.
- Phoenix Settlement (dans les environs de Durban, à Inanda) Main Road, Inanda. A environ 20 km au nord-est de Durban. Prendre la N2 vers le Nord, puis la M25 en direction de Kwamashu et Avoca.
Enfin, en route pour le dernier itinéraire : Pietermaritzburg, où trône une statue en bronze de Gandhi à Church Street. Un peu plus loin, sur la façade de la gare ferroviaire, une plaque rappelle l’histoire de Gandhi à Pietermaritzburg.
En 1893, alors qu’il se rend en train à Pretoria, Gandhi est prié de rejoindre la 3e classe malgré son billet de 1ère, (la 1ère classe étant à l’époque interdite aux Indiens et Africains). Le Mahatma, qui proteste, est alors expulsé du train, et finit la nuit dans la gare. C’est le début pour lui de la résistance passive et de la désobéissance civile face à tant d’injustice.
Il existe un musée-hôtel consacré à Gandhi à Johannesburg
Pour aller plus loin… de chez vous
- Gandhi , de Richard Attenborough (film réalisé en 1982)
- Gandhi Express, la Marche du sel, F. Gaignault, Monteaux
- Gandhi, sa véritable histoire par son petit-fils, Rajmohan Gandhi
- Guide du routard Inde du Nord, Hachette
Martin Luther King aux Etats-Unis

« I have a dream… » Un rêve semblable à ceux de Gandhi et Mandela. Lutte pour l’égalité entre les peuples, droit de vote des Noirs, et ce, de façon pacifique. Mais une histoire tragique : Martin Luther King Jr fut assassiné pour le combat qu’il menait.
Sur les traces de… Martin Luther King
Martin Luther King naît à Atlanta le 15 janvier 1929. Après une licence de théologie et un doctorat de philosophie obtenu en 1955 à l’Université de Boston, il devient rapidement le militant pour les droits des Noirs le plus connu des Etats-Unis.
En 1953, il est nommé pasteur de l’église baptiste de l’avenue Dexter, à Montgomery. C’est ici qu’il rencontre Rosa Parks, célèbre pour avoir refusé de céder sa place à un voyageur blanc dans un bus de Montgomery. Martin Luther King devient le symbole d’une révolte non violente pour plus de justice et d’équité.
Il est élu Président de la SCLC (Southern Christian Leadership Conference) en 1957. Son combat commence à prendre de l’ampleur. Il organise alors plusieurs marches pacifistes, qui réunissent chaque fois des milliers de personnes. La plus connue restera celle de Washington, en 1963, d’où il fera son célèbre discours « I have a dream ». En 1964, il reçoit le prix Nobel de la paix. C’est le plus jeune lauréat à le recevoir. Il n’a que 35 ans.
Après les succès du Sud, il souhaite étendre le mouvement vers le Nord des Etats-Unis. Mais c’est sans compter la haine qu’il inspire à plusieurs Blancs. Il en paiera de sa vie. En visite à Memphis pour soutenir la grève des éboueurs Noirs - qui souhaitaient obtenir un meilleur traitement et un meilleur salaire -, Luther King se fait tuer d’une balle dans la gorge par un fanatique blanc, le 4 avril 1968.
Les lieux à visiter
Atlanta
Le pèlerinage commence à Atlanta, à Auburn, le quartier natal de Martin Luther King. On commence par la visite de la maison dans laquelle il est né et où il vit jusqu’à l’âge de 12 ans, The Martin Luther King House. C’est là qu’il est élevé par son père, le pasteur Martin Luther King Senior, et sa mère, Alberta Williams King, ainsi que sa grande sœur et son petit frère. Il grandit au sein de l’Amérique ségrégationniste et fait très jeune l’expérience de la ségrégation lorsque ses camarades de classe refusent de jouer avec lui à cause de sa couleur de peau.
- Martin Luther King House (Atlanta)
501 Auburn Avenue.
La visite se poursuit au Martin Luther King National Site and Visitor Center, un musée dédié au combat du révérend noir, qui retrace les étapes douloureuses de la présence des Africains en Amérique depuis leur arrivée. Cette visite est une étape essentielle pour mieux comprendre cette page de l’histoire américaine et le combat mené par Luther King. Des photos, documents, films et objets y sont présentés. De l’autre côté de la rue, on trouve le tombeau de Martin Luther King et de sa femme, sur lequel on peut lire l’inscription « Free at last », qui signifie « Enfin libre ». Chaque année, 3 millions de personnes viennent s’y recueillir.
- Martin Luther King National Historic Site and Visitor Center (Atlanta)
450 Auburn Avenue NE.
Washington
Notre périple sur les traces de Martin Luther King nous emmène ensuite à Washington, au Lincoln Memorial. Rien d’étonnant à qu’il choisisse ce lieu. C’est Abraham Lincoln qui, en 1860, abolit l’esclavage. Point d’arrivée de la « marche vers Washington », c’est du Lincoln Memorial qu’il prononça son célèbre discours « I have a dream » le 28 août 1963, devant une foule de 200 000 personnes.
Memphis
Enfin, direction le Middle West, à Memphis, la cité d’Elvis. C’est au balcon de sa chambre du Lorraine Motel que Martin Luther King fut assassiné le 4 avril 1968. C’était à l’époque l’un des rares établissements à accepter les gens de couleur.
En 1991, l’hôtel est transformé en musée sur l’histoire du combat des Noirs pour leurs droits, le National Civil Rights Museum. Aujourd’hui encore trône au pied du musée, la voiture de Martin Luther King, symbole de lutte et d’espoir pour tous les Afro-américains.
- National Civil Rights Museum (Memphis)
450 Mulberry Street.
Dearborn et Montgomery
Si vous souhaitez parfaire le chemin de cette lutte contre les discriminations raciales, deux derniers lieux sont à visiter : le musée Henri Ford de Dearborn, situé dans la banlieue de Detroit, et le musée Rosa Parks, à Montgomery.
C’est dans le musée Ford qu’est exposé le bus d’origine dans lequel Rosa Parks refusa de céder sa place à un voyageur Blanc, provoquant ainsi le boycott des bus de Montgomery, événement qui marqua le début du Mouvement des droits civiques, le 1er décembre 1955.
- Musée Henry Ford (Dearborn, banlieue de Détroit)
20900 Oakwood Boulevard, Dearborn.
- Musée Rosa Parks (Montgomery)
252 Montgomery Street, Montgomery.
Pour aller plus loin… de chez vous
- Martin Luther King, autobiographie, Martin Luther King, C. Carson, M. Saporta, M. Truchan-Saporta, Bayard, mars 2008
- Martin Luther King : 40e anniversaire, documentaire de Tom Friedman, 14 mars 2008
- Guide du routard Etats-Unis Nord-Est, Hachette
- Guide du routard Louisiane et les villes du Sud, Hachette
Sur les traces de Che Guevara en Amérique du Sud

Comme il l’avait proclamé haut et fort, « triompher ou mourir », Ernest Che Guevara a voué toute sa vie à la lutte révolutionnaire. Sa détermination a contribué à faire de lui un héros des temps modernes à travers le monde entier. Bien que son parcours fasse encore l’objet de controverses, le Che passionne pour l’engagement qu’il a su mener au prix de sa vie.
Sur les traces… du Che
C’est au cours de ses voyages à travers l’Amérique latine que Che Guevara, né à Rosario (Argentine) en 1928, forge son idéologie révolutionnaire. La pauvreté qu’il découvre sur le continent et l’influence de ses lectures marxistes le persuadent que seule la révolution peut abolir les inégalités sociales.
Lorsqu’il croise, en 1954, le chemin de Fidel Castro, en exil à Mexico avec son frère Raul, son engagement politique prend un tournant majeur. Après avoir rejoint le mouvement du 26 juillet, il s’engage dans la Révolution cubaine auprès des 81 guérilleros qui ont embarqués sur le Granma bien décidé à renverser le dictateur cubain, Batista. Très vite, il se fait remarquer pour sa combativité sur le terrain.
L’événement qui le fait entrer dans la légende est la prise de Santa Clara depuis son campement situé dans le Maquis de l’Escambray qui accélère la chute du dictateur cubain.
A la surprise générale, il abandonne ses fonctions de ministre en octobre 1965. Il souhaite amener le socialisme dans sa version cubaine dans le monde. Annoncé disparu, le Che a finalement repris les armes en Bolivie. Sa lutte est sans issue, en 1967 son destin est scellé. Capturé dans la forêt, le Che est exécuté.
Depuis, à Cuba comme à l’étranger, le Che fait l’objet d’un véritable culte. Partout, à Cuba, la mémoire du Che est célébrée que ce soit sur les murs de la ville ou dans les administrations. Et la propagande veille à ce que cela reste ainsi !
Les lieux à visiter
Aujourd’hui, ses admirateurs viennent toujours nombreux à Cuba pour se recueillir sur les lieux où Ernest Che Guevara a combattu. Voici une sélection de lieu à ne pas manquer si vous souhaitez marcher sur les traces du Che :
La Havane
Le musée de la Révolution de La Havane retrace toute l’épopée de Cuba dans un parcours chronologique. Une salle est spécialement consacrée au Che lorsqu’il vivait en Bolivie. Vous y trouvez des photos, des objets personnels, une mèche de cheveux, des poils de sa barbe et même ses chaussettes!
Le musée de la Révolution : 1 Rue El Refugio. Prévoir 1h30 de visite.
Pour découvrir la vie du Che mais cette fois-ci à Cuba, nous vous conseillons aussi le musée Che Guevara, toujours à La Havane, dans lequel plusieurs salles lui sont consacrées. Pour les fans, vous y trouverez ses affaires personnelles comme son sac à dos, ses jumelles, son fusil mais aussi des photos et la reconstitution de son bureau de ministre.
Musée Che Guevara : dans la forteresse San Carlos de la Cabana.
Ne quittez pas la Havane sans faire un tour sur la Place de la Révolution où a eu lieu une grande cérémonie d’adieux quelques jours après sa mort. Ici, vous ne pourrez le manquer : un immense portrait du héros national trône sur la place.
Santa Clara
Enfin, les mordus du Che vous le diront, l’étape à ne pas manquer pour rien au monde, c’est la ville de Santa Clara. C’est ici que repose la dépouille du Che au Mausolée des Martyrs de la Révolution sur la place de la Révolution.
Ne quittez pas Santa Clara sans faire un tour également au Monument du train blindé, ce haut lieu de la Révolution. C’est ici que le Che fit vaciller l’armée régulière en s’emparant d’un train blindé rempli de munitions. Les wagons ont été conservés et transformés en musée.
Enfin pour les amoureux de la randonnée, vous pourrez aussi emprunter le chemin du Che, celui qu’il a parcouru avec ses compagnons dans le Massif de l’Escambray. Attention, ça grimpe dur ! Récompense assurée à la fin avec cette superbe vue sur la péninsule d’Ancón et la baie de Casilda.
Pour aller plus loin… de chez vous
- La Guerre de guérilla d’Ernesto Che Guevara (2009)
- Journal du Congo d’Ernesto Che Guevara (2009)
- Journal de Bolivie, d’Ernesto Che Guevara (2008)
- Voyage à motocyclette d’Ernesto Che Guevara (2007)
- Justice globale : libération et socialisme d'Ernesto Che Guevara (2007)
- Carnet de voyage de Walter Salles (réalisé en 2004)
- Che, l'Argentin - 1re partie de Steven Soderbergh
- Guide du routard Cuba, Hachette
Sur les traces de Charles De Gaulle

« C’est ma demeure », avait écrit le général de Gaulle à propos de Colombey-les-Deux-Eglises dans ses Mémoires de guerre. Colombey, la deuxième capitale de la France, avait-on entendu. Lorsque Charles de Gaulle achète la Boiserie en 1934, Colombey-les-deux-Eglises ne pensait pas qu’un jour, son nom appartiendrait à la Grande Histoire. Au début, simple demeure de vacances, la Boiserie deviendra un lieu de retraite pour y écrire Ses mémoires mais aussi un lieu de repli politique jusqu’à sa mort.
Sur les traces de… Charles de Gaulle
Issu d’une famille bourgeoise du Nord de la France, saint-cyrien, Charles de Gaulle se fait très tôt remarquer auprès de sa hiérarchie militaire pour ses théories militaires en faveur d’une stratégie nouvelle de guerre de mouvement qui n'est pas suivie par l'état-major français. Nommé sous-secrétaire d'Etat à la guerre en 1940, il refuse l’armistice défendu par le maréchal Pétain après la débâcle française. Il lance son célébrissime appel du 18 juin 1940, depuis la BBC pour organiser la résistance extérieure. La France libre est née.
Après avoir été président du gouvernement provisoire de 1944 à 1946, l’homme de tête, insatisfait de la IVe République quitte le gouvernement et crée un parti politique, le RPF (Rassemblement du peuple Français). En mai 58, rappelé au pouvoir lors de la crise algérienne, il réclame une nouvelle constitution taillée à sa mesure, à l’origine de la Ve République.
Président de la République de 1958 à 1969, le général de Gaulle mène une politique d'indépendance et de prestige extérieur de la France. Toutefois, de plus en plus contesté politiquement, notamment en mai 1968, il démissionne en 1969 après l’échec du référendum sur la réforme des collectivités territoriales. A la fin de sa vie, il se consacre à l’écriture de ses Mémoires dans sa demeure de Colombey-les-Deux-Eglises.
Les lieux à visiter
Voici une sélection de lieux incontournables à Colombey-les-Deux-Eglises pour découvrir le général de Gaulle dans l’intimité :
Située au cœur d’un parc verdoyant et boisé, La Boiserie, construite en 1810, est aujourd’hui le siège de la fondation Charles de Gaulle. On ne visite que le salon (tableaux de famille et photos) la bibliothèque (remplie de livres et souvenirs) et le bureau du général où il écrivit ses mémoires.
- Fondation Charles-de-Gaulle
Le Mémorial Charles de Gaulle présente les différentes étapes de sa vie. De Lille, où il est né, jusqu’à Colombey-les-Deux-Eglises où il meurt, le musée retrace tous les instants de sa carrière militaire et politique. Des salles sont consacrées à la pensée et la stratégie militaire du jeune de Gaulle, à la guerre de 1939-1945 et son départ en Angleterre, à l’appel du 18 juin, puis à sa tentative de réunification de la résistance extérieure et intérieure. Vous y trouverez une collection de documents uniques, des journaux, des photos, des films et même la vieille Citroën noire qu’il utilisait dans les années 1950 !
- Mémorial Charles de Gaulle
Au pied de la colline de la Croix de Lorraine.
Vous pourrez également vous recueillir sur la tombe du Général de Gaulle au cimetière de Colombey. De Gaulle ne voulait pas d’obsèques nationales mais avait mentionné sur son testament : « Je veux que mes obsèques aient lieu à Colombey-les-Deux-Eglises ». La tombe du général de Gaulle est simple, sans prétention, presque modeste.
Adresse : au cimetière du village.
Enfin, vous ne pourrez pas la louper, le symbole de la Résistance et de la libération de la France, la Croix de Lorraine élevée en 1972 dans des blocs de granit rose de Bretagne et culminante à 398 m au sommet d’une colline.
Adresse : Depuis le parking du mémorial, empruntez l’escalier monumental pour y accéder. Entrée gratuite.
Si vous voulez approfondir votre connaissance du général, vous trouverez en dehors de Colombey-les-deux-Eglises d’autres lieux de mémoire parmi lesquels sa maison natale, à Lille. C’est au n°9 de la rue Princesse, dans ce quartier paisible, que vous pourrez visiter la maison dans laquelle le petit de Gaulle a grandi. Cette demeure a appartenu à la famille maternelle de Charles, les Maillot, jusqu’à la fin des années 1940. Elle a été rachetée en 1971 par l’institut Charles de Gaulle. L’atmosphère teintée d’austérité très XIXe siècle permet de cerner en partie la personnalité du général. Au fond de la cour, vous trouverez le centre multimédia qui retrace la vie et l’œuvre du général de Gaulle par la projection de documentaires.
- Maison natale de Charles de Gaulle
9 rue Princesse.
Le musée-mémorial de la Bataille de Normandie de Bayeux rend un poignant hommage au chef de la France libre. Il faut dire qu’entre la ville de Bayeux et le général de Gaulle, une solide relation de confiance s’est installée. Bayeux est la première ville continentale à avoir été libérée puis choisie par le général de Gaulle comme la « capitale territoriale du gouvernement provisoire de la République ». C’est aussi ici que le général prononça deux de ses plus célèbres discours dans la France occupée en juin 1944 et 1946.
Adresse : boulevard Fabien Ware.
Pour aller plus loin… de chez vous
- Mémoires, de Gaulle (2000)
- Le mystère de Gaulle de Benjamin Stora (2009)
- De Gaulle de Jean Lacouture
Sur les traces de Lech Walesa en Pologne

Lorsque Lech Walesa fonde avec Anna Walentynowicz le syndicat Solidarność, au début des années 1980, qui aurait imaginé que son combat de syndicaliste le conduirait, dix ans plus tard, jusqu’à la présidence de la République polonaise ?
Syndicaliste modéré et fervent catholique, Lech Walesa fédère autour de lui tous les mécontents du régime communiste de la République populaire de Pologne. L’homme providentiel de la nouvelle Pologne devient un symbole de résistance contre l’oppression des dictatures communistes d’Europe centrale et de l’Est.
Sur les traces… de Lech Walesa
Electricien sur les chantiers navals de Gdańsk, Lech Walesa s’engage dans le combat syndical en 1980 lorsque des grèves éclatent à la suite du licenciement d’Anna Walentynowicz pour le seul motif d’avoir défendu les intérêts des ouvriers du chantier.
Malgré sa détermination, l’attitude modérée de Lech Walesa est très vite remarquée par le gouvernement communiste de Jaruzelski qui le choisit pour représenter le mouvement Solidarność à la table des négociations.
Au terme des pourparlers (31 août 1980), il réussit à faire accepter les 21 points revendiqués par les grévistes comme le droit de grève, le droit de l’information, l’augmentation des salaires, la libération des prisonniers politiques et enfin la reconnaissance du syndicat indépendant Solidarnosc.
Mais la victoire sera de courte durée. Lorsque Jaruzelski instaure la loi martiale dans la nuit du 12 au 13 décembre 1982, il décide de faire interner les principaux représentants du syndicat dont le charismatique Lech Walesa. Libéré un an plus tard, Walesa reçoit en 1983 le Prix Nobel de la Paix.
Devant l’impuissance du gouvernement à enrayer la contestation de plus en plus croissante au fil des ans, les accords de la « Table ronde » (5 avril 1989) accordent une légitimité au syndicat Solidarność qui peut désormais participer aux élections.
Le succès ne se fait pas attendre puisqu’aux élections législatives de 1989, les candidats de Solidarność remportent une écrasante victoire. L’année suivante, Lech Walesa est élu président de la République.
Les lieux à visiter
Gdańsk
Le pèlerinage commence au nouveau Centre Européen de Solidarité qui propose de revivre les grands moments de la lutte syndicale de Solidarność, mais aussi des mouvements de libération dans l'ancien bloc de l'Est.
- Plus d'infos : Centre Européen de Solidarité
Le centre se trouve à l'endroit où se sont déroulées les grandes grèves de 1980 : les chantiers navals Lénine de Gdańsk, où l’électricien Lech Walesa fonde avec Anna Walentynowicz le syndicat Solidarność. On peut aussi apercevoir l’ensemble du chantier depuis les bateaux-navettes en direction de Westerplatte ou de Sopot.
Adresse : Place Solidarnosc.
Face à la grille d'entrée des chantiers, vous pourrez vous recueillir sur le monument aux morts des ouvriers du chantier naval, tombés sous les balles de l’armée lors des émeutes de 1970 déclenchées par l’augmentation des prix des denrées. L'endroit est devenu un lieu symbolique pour Solidarność : les ouvriers y apportaient chaque jour une pierre pour rappeler au gouvernement communiste que la lutte continuait malgré la répression.
Adresse : Place Solidarnocsi Robotniczej.
Pour terminer votre escapade au cœur de combat ouvrier polonais, visitez l’Eglise Sainte Brigitte, la paroisse des chantiers navals Lénine de Gdańsk et bastion du syndicat pendant les grèves de 1980. Son intérieur moderne conserve quelques reliques du syndicat comme une série de croix utilisée pendant les grèves (au fond à droite).
Adresse : Rue Profesorska.
Pour aller plus loin… de chez vous
Nouveau en salles : le biopic sur Lech Walesa L'Homme du peuple réalisé par Andrzej Wajda, sortie le 19 novembre 2014.
- Mémoires - Les Chemins de vérité de Lech Walesa
- Un chemin d’espoir de Lech Walesa (1987)
- L’Homme de fer d’Andrzej Wadja (réalisé en 1981)
- Guide du routard Pologne , Hachette
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